D. — Pourquoi ajoute-t-il le mot « projeter
S.— Il ne parle pas des choses dites au commencement, maïs de celles qu’il faut entendre. Voilà pourquoi il dit encore : « Traitez par (projection) l’or, par le corail d’or; l’argent, par l'or; le cuivre, par l'or; le plomb ou
l’étain, par le molybdochalque » (3). Voici qu’il nous a fait monter les degrés
(1) Le mot lait est pris ici dans un sens symbolique ; de même que les mots sang, bile, semence, etc., dans la langue des prophètes ou prêtres égyptiens.
(Introd., p. 10). Ainsi, le lait de la vache noire a signifié le mercure (Lexique, p. 6). — Les mots lait de chaux, lait de
cieux, destiné à le transformer en en changeant les propriétés; de façon à le rendre identique à lui-même (diplosis), par une sorte de fermentation. Rappelons d’ailleurs que les recettes (7) et (60) du Papyrus (Zntrod., p. 20, 41, 57) reposent sur une pratique analogue.
soufre, se sont conservés jusqu’à notre temps dans la langue des chimistes.
(2) Les non initiés étant décus, parce qu'ils prennent les noms dans leur sens littéral.
(3) Ainsi chaque métal est modifié par la projection d’un métal plus pré-
On voit comment la préparation des alliages décrits dans le Papyrus de Leide (Zntrod., p. 70, et dans les Questions naturelles et mystérieuses, p.44 et suivantes) est devenue, par une interprétation mystique, la transmutation même des métaux.
ER
74 TRAITÉS DÉMOCRITAINS
de l'Art, (afin que) nous n’allions pas, en faisant de vains efforts, tomber dans le gouffre de l'ignorance et méconnaître les choses qu’ils ont voulu désigner (1). Grande est l’habileté de l’auteur ; car après qu'il a dit : «Ainsi a été exposée la matière de la Chrysopée » ; il ajoute ces mots : « maintenant, et à la suite, traitons amplement la question de l’Argyropée (2) »; afin de montrer qu'il y a deux opérations (distinctes), et que l'Argyropée a été considérée avant toutes les autres; elle les précède et, sans elle, rien ne se fera.
18. Écoute-le encore lorsqu'il dit: « Le mercure tiré de l’arsenic, ou du soufre (3), ou de la céruse, ou de la magnésie, ou de l’antimoine d'Italie.» Et (plus) haut dans la Chrysopée : « Le mercure, qui provient du cinabre» (4). Ici il dit : « le mercure, tiré de l’arsenic, ou de la céruse, etc.
D. — Et comment admet-il que la céruse se change en mercure ?
S.— Π n’a pas dit que nous extrayons le mercure de la céruse: maisila voulu exprimer le blanchiment des corps (métalliques), c'est-à-dire leur retour (à une forme commune ?) (5). En effet, ici, il parle de toutes les (substances) blanches, et dans l’autre passage, des substances jaunes, afin que nous comprenions.
Vois comment il s’est exprimé : « Le corps (métal) de la magnésie (produit) seul le chrysocorail. » Là il s’agit du corps (métal) de la magnésie, de celui de la magnésie seulement, ou de celui de l’antimoine d’Italie.
Qu'il suffise de vous dire ceci brièvement. Mais il faut exercer l’esprit d'avance, afin que nous discernionsles actions de la nature, relativement aux
choses qui doivent être accomplies avec leconcoursde Dieu (6). Sachez qu’il
(1) Probablement il s’agit des anciens chimistes, ou prophètes égyptiens.
(2) Cette phrase et diverses autres, citées par Synésius, ne se retrouvent pas dans les Questions naturelles de Démocrite, telles que nous les possédons. Il est probable que nous avons seulement un extrait de l'ouvrage original.
(3) Var. : de la couperose, Fabr.
(4) Var. : du sel ammoniac, Fabr.
(51 Celle du mercure des philosophes ? — On pourrait encore appliquer
ce passage à l’asèm, lequel désigne tout alliage doué d'un brillant argentin :
qu’ilaitété préparé, soit par amalgamation superficielle ; soit par blanchiment superficiel au moyen de l’arsenic; ou bien encore, par des compositions diverses de cuivre, de plomb, d’étain, ou d’antimoine. — Jntrod., p. 62.
(6) Cette phrase a une signification mystique et implique l'intervention
d'actions supérieures à celles de l'homme. — Voir plus loin Olympiodore, 81 εἴ 89.
faut d’abord faire macérer les espèces et, dans les fusions, amener celles qui
ont des couleurs pareilles à l'identité de couleur. Les deux mercures (1) exer-
cent ainsi leur action mercurifiante, et se séparent dans la décomposition.
Avec le secours de Dieu, je commencerai mon commentaire (2).
Il. τν. — OLYMPIODORE, PHILOSOPHE D'ALEXANDRIE ὃ
Commentaire sur le livre « Sur l’action » de Zosime, et sur les dires
d'Hermès et des philosophes.
1.« La macération se fait depuis le 25 méchir (février) jusqu’au 25 mésori
(août). Toutes les choses que tu peux faire macérer et lessiver, laisse-les
- - “ déposer dans des vases (convenables); et, si tu le peux, accomplis l'œuvre de
la macération, toi le meilleur des sages » (4).
IL était d'usage chez les anciens de cacher la vérité et les choses tout
à fait évidentes pour les hommes, au moyen des allégories et (du langage) de
(1) Celui du cinabre et celui de l’arsenic (/ntrod., p. 09 et 239).
(2) Il semble par ces mots que le petit traité de Synésius soit l'extrait et le préambule d’un ouvrage plus étendu.
(3) À ajoute ces mots intercalaires :
« à Pétasius, roi d'Arménie, sur l’art divin et sacré et sur la pierre des philosophes ». Les diverses copies de ce traité offrent des variantes considérables; spécialement le manuscrit L, qui appartient à une classe à part. Petasius ou Petesis (Isidore), peut être un personnage réel; mais le titre de roi d’Arménie est fictif, et ajouté par quelque adepte (v. Orig. de l’Alchimie, p. 139 et 168.)
(4) Ce premier paragraphe représente le texte proprement dit (de Zosime sans
doute); puis vient le commentaire. Ce texte répondait à l’origine à l'opération de la lévigation des minerais d’or; comme le montre l'insertion du morceau d’Agatharchide relatif aux mines d’or dans M.; (Orig. de l’Alchimie, p.
22), morceau abrégé et mutilé dans À (v. le présent volume, p. 27). Ce traitement des mineraisnaturels semble avoir été envisagé plus tard comme représentantsymboliquement la transmutation.
C'est toujours le passage du sens matériel et positif d’une opération pratique, à un sens mystique postérieur.
Peut-être s'agit-il d’ailleurs d’une opération réelle, accomplie surles minerais destinés à fournir plus tard par des traitements convenables) non plus les paillettes d’or, mais un alliage imitant l'or.
76 TRAITÉS DÉMOCRITAINS
l’art des philosophes (1). En effet, non seulement ils ont tenu dans l'ombre ces arts honorables et philosophiques par leur exposition obscure et ténébreuse;maisencore ils ontremplacé les termes communs par d’autres termes: comme cela a lieu quand on intervertit ce qui est dans le sujet et ce qui n’est pas dans le sujet. Tu sais toi-même, philosophe mon maitre, que Platon et Aristote ont procédé de même par allégories et modifié le sens des mots. Ainsi Aristote dit que la substance n’est pas dans le sujet, mais que c’est l’accident qui est dans le sujet. Platon de son côté établit la même opposition : d’une part, il ne place pas la substance dans le sujet; et, d’autre part, il place l'accident dans le sujet. En un mot, de même qu’ils ont exposé beaucoup de choses de cette nature, suivant la manière qui leur a paru convenable ; de même, en ce qui concerne cet art honorable, les anciens y ont mis toute leur application, ayant pour unique affaire et pour art unique d'exposer (les faits) au moyen de certaines considérations et énigmes ; ils se proposaient d’aiguillonner les chercheurs et de les faire sortir des choses naturelles, pour les tourner vers la poursuite des choses mystérieuses : ce qui eut lieu en effet. C'est ce que montrera le présent traité.
2. « La macération s’effectue au moyen de la terre limoneuse ».
Ici le philosophe veut parler de la terre qui doit être lessivée. Car il faut laver et relaver, jusqu’à ce que la partie limoneuse disparaisse,
suivant ce que dit la divine Marie. En effet toute terre de cette nature,
(1) Cp. Origines de l’Alchimie, p.20.
τὰς ἀρχὰς τῶν πραγμάτων ἀποχρύψαντες (Clément d'Alexandrie, Stromates, V).
D’après la lettre apocryphe, mais antique, de Platon à Denis: les philosophes employaient des symboles, susceptibles deplusieursexplications, qui permissent de communiquer le secret à des personnes choisies, en maintenant les autres dans l’illusion. — On lit dans le Pseudo-Aristote arabe (Bibl. Chemica de Manget, t. I, p. 622, citation de Roger Bacon) : « Celui qui révèle les secrets naturels, rompt le sceau divin et il en résulte pour lui de grands maux. On rencontre dans les livres une multitude
dechoses quel'’onne peut entendre sans un maître ». — D’après Rhazès (même ouvrage, t. I, p. 923) : « Il a plû aux anciens de cacher le sens de ces choses sous tant de noms qu’on n’en peut guère inventer de nouveaux.— De même Morienus : « Rien n’a causé plus d’erreurs dans cetart que la multitüde des noms.
Les anciens se sont servi de comparaisons, d’énigmes, de fables poétiques. »
— D'après Geber (p.918) : «ilsont écrit de telle sorte, qu’ils ne peuvent être compris que par Dieu, ou par l’aide de sa grâce, etc.» — C'était là unetradition constante, jusqu’au temps de la science moderne.
ἊΨ OLYMPIODORE. — sun L'ART SACRÉ 77
contenant un corps (métallique), lorsqu'elle est lavée, est réduite à l’état de minerai (1).
Ainsi donc, après un lavage sérieux et purificateur, tu trouveras les corps métalliques dans les sables; c’est-à-dire les paillettes d’or (2), argentées ou plombées {ce qui veut dire ayant la couleur de l'argent ou du plomb), ainsi que les pierres (3); le minerai qui contient la substance s’apercevant d’en haut. C’est celui que les anciens ont appelé par le nom propre de pierre d'argent, et il est permis d'y trouver le mot dont le nom a quatre syllabes et neuf lettres (4).
3. L'expression « depuis le mois de méchir » ne signifie rien (en soi) : elle a été placée là, afin que celui qui la rencontre croie que la poudre sèche (5) et la manipulation dépendent d’un certain intervalle de temps, et que, laissant de côté la droite voie, il recoure à la route incertaine et épineuse.
4. L'expression « déposer dans des vases », signifie les digesteurs de terre cuite. Zosime est le seul à en faire mention.
5. Par les mots « Accomplir l’art de la macération », il nous exhorte à l'œuvre efficace. Et en effet le mot « action » est pris ici dans 16 sens d’opération pratique. Sache que celui qui macère a besoïn d'ingrédients, d'un certain (laps de) temps et d’une époque favorable (6). Ainsi donc le limon
lessivé à cette époque, ayant été réduit à l’état de sable, est desséché.
(1) La lévigation isole ainsi les pail- les deux dernières lettres ne comptent
lettes d’or et les autres minerais métalliques, plus denses que les matières argileuses et les gangues analogues, qui sont entraînées par l’eau.
(2) C'est-à-dire l’or, ou les métaux susceptibles de l’imiter par leuralliage.
(3) Les pierres, c’est-à-dire les fragments de roche volumineux, ne sont pas entraînées par la lévigation à cause de leur poids.
(4) Allusion à l’Énigme de la Sibylle (Origines de l'Alchimie, p. 136). Le mot grec λιθάργυρος ayant dix lettres, on ne voit pas bien comment Olympiodore l'applique à cette énigme; à moins que
que pour une seule, ou que l’on ne prenne une autre terminaison, telle que λιθάργυρα.
(5) La poudre ἀφ projection,ou pierre philosophale. — Ce paragraphe semble une interpolation postérieure.
(6) La nécessité d’une époque favorable, et d’un laps de temps déterminé, a toujours été reconnue par les alchimistes, conformément aux doctrines de l'astrologie. Sa dernière expression se trouve dans le Lexicon Alchemiæ Rulandi, p. 330, à l’article Mensis philosophicus (mois philosophique). « C’est dit-il, le temps de la décomposition,
78 TRAI IOCRITAINS
6. L'expression « depuis le 25 du mois de méchir, jusqu’au 25 mésori », signifie que, à la suite dela macération, le minerai est traité par le feu. Or, il n’a pas dit : € après la fin de mésori », il est traité par le feu; maïs à partir de la macération, ou du lessivage, ou plutôt du desséchement.
7. Les mots : « Toutes les choses que tu peux faire macérer et lessiver », signifient l’espèce qui renferme la substance (1) et celle qui est obtenue par le desséchement., « Toutes les choses », c’est l'espèce qui renferme la substance; « macérer et lessiver », c’est l'espèce obtenue par le desséchement; car on a toujours besoin d’y recourir. Ainsi s’opère le lessivage. Ces mots: « l'espèce qui renferme lasubstance » ont fait voir à mon maître ceque c’est que la macération, le lessivage, la dessiccation, l’évaporation. Démocrite parle quelque part de l’alun décomposé (2) : ce philosophe (n’)a (pas) voulu que les lecteurs imaginassent qu'il fallait prendre n'importe quels aluns, ou qu’ils fussent égarés parmi les espèces, gaspillant (ainsi) tout leur temps. Il y a deux sortes de lessivage, le lessivage mystique et le lessivage au sens propre. On a donc parlé du lessivage mystique et du lessivage au sens propre. Le lessivage mystique est précisément celui qui se fait au moyen de l’eau divine.
C'est là le lessivage essentiel, celui dont on assure le succès par les paroles de bon augure et l’obéissance (aux règles) (3) : il s’agit des matières fluides qui s’écoulent ensemble, c’est-à dire de la régénération à l’état métallique des métaux qui en avaient été dépouillés, ainsi que des esprits, c’est-à-dire de
leurs âmes (4) : opération qui s’accomplit par la seule action de la nature (4 q put p ᾽
dont la durée répond au mouvement dans Olympiodore, $ 12, et qui pré-
de la lune; il est de trente jours pour les uns; de quarante pour les autres. Il répond à la fabrication de la pierre philosophale; et peut être renfermé dans un moindre nombre de jours, étant défini par la nature de l’objet et l’accomplissement de l’œuvre. »
(1) C'est-à-dire le minerai, dont l’or (ou l’alliage qui offre l'apparence) sera extrait ensuite par l’action du feu.
(2) P. 47; $7. Il s’agit probablement du sulfure d’arsenic, changé en acide arsénieux par oxydation, à l’aide de diverses opérations décrites plus loin
cisent les désignations vagues : macération, lessivage, etc.
(3) Réd. de L : « en suivant les règles de l’œuvre unique et excellent. »
(4) Les métaux purs ou alliés sont d’abord transformés par des opérations chimiques, qui les privent de leur état ou apparence métallique. Puis, en y fixant certains éléments volatils (esprits) qui restituent aux métaux leurs âmes, (principes intérieurs d’activité), on les régénère avec une couleur et des propriétés nouvelles.
OLYMPIODORE. — SUR L'ART SACRÉ 79 ie
et non par la main des hommes, comme le croient quelques-uns. Car Hermès dit : « Lorsque tu auras pris (quelque substance) après le grand traitement, c’est-à-dire le lessivage du minerai...» Voilà donc qu’il a nommé le minerai, substance, et le lessivage, grand traitement. Agathodémon parle dans le même sens. Ah ! quelle libéralité chez le Philosophe! Aucun des anciens n’a jeté ainsi la lumière sur l'œuvre; aucun n’a appelé l'espèce par son nom, sinon cet homme excellent et doué de toute science ; car le lessivage purificateur est évidemment le grand traitement.
Je vais expliquer (maintenant) l’économie de la soudure d’or. SUR LA SOUDURE D'OR
8. La soudure d’or, c’est (1) l’art de réunir l’or avec l’or, en opérant sur les paillettes d’or tirées du minerai. Comment faut-il unifier ces paillettes, c'est-à-dire les souder et les joindre entre elles, afin que l'esprit tinctorial de la chrysocolle y soit conservé (2)?
Pour conserver cet esprit, il dit qu’il convient d'employer une combustion à feu modéré, afin que, par suite d’une grande incandescence, des choses non convenables n'arrivent pas. Il faut que le feu brûle avec modération et douceur, de crainte que la vapeur ne s’en aille en fumée et ne soit perdue. Il s’agit de la vapeur, qui tend à s'échapper. Cette vapeur, c’est le mercure. Cette vapeur donc, autrement dit le mercure (3), éprouvant l’action du feu, s’en va en fumée. Or, lorsqu'elle s’en va en fumée et sort du creuset, les paillettes d’or, celles que Zosime appelle paillettes de clau-
dianos, brûlées maladroitement par la violence du feu, s’en vont aussi en
fumée (4).
(1) C’est la réunion de l'or avec l'or. (3) Réd. de L : « Donc cette vapeur, Les paillettes d’or sont les parties tirées autrement dit l’eau d’argent, c’est-àdu minerai. Le mot or comprend dire l’(élément) qui atténue l'argent ». d’ailleurs aussi les alliages couleur d’or. Le mercure dont il s’agit ici paraît être
(2) Il s'agit de réunir les paillettes l'arsenic métallique (/ntrod., p. 61, 99 métalliques d’or (ou de l’alliage qui en et 230). offrel’apparence), en une masse unique, (4) Toute cette description est obsau moyen de la chrysocolle ; en leur cure, quoiqu'’elle paraisse se rapporter à donnant une couleur homogène, et desopérationsréelles. La mention finale
sans qu’on voie la soudure. du claudianos, alliage de plomb, de
80 TRAITÉS DÉMOCRITAINS
9. Apprends, ὃ ami des Muses, ce que signifie le mot économie (1), et ne va pas croire, comme le font quelques-uns, que l’action manuelle à elle seule soit suffisante; il faut encore celle de la nature, une action supérieure à l'homme (2). Lorsque tu as pris de l'or (3), tu dois le traiter, et si tu opères avec soin, tu obtiendras de l'or {4). Et ne suppose pas, dit-il, que la teinture aura lieu avec certaines autres idées'et certaines autres plantes (5); mais travaille suivant une pratique conforme à la nature (6), et tu obtiendras l’objet cherché.
Quant au mot économie, il a été employé en mille endroits par tous les anciens (7); car ils veulent parler de la marche opératoire pour fixer la teinture (8). Or qu'est-ce que la fixation d’une teinture? sinon la fixation
de quelque mercure fugace. Car Zosime dit: « Fixe le mercure avec le corps
(métallique) de la magnésie. »
cuivre, dezincetautres métaux (/ntrod., p- 244), y jette quelque jour; car c'était launalliage métallique, destiné à imiter l'or. — La description s'applique à la fois à l’or pur et à l’or simulé, c’est-àdire au claudianos. Il semble que l’or véritable, aussi bien que le faux or, fussent obtenus d’abord à l’état de paillettes ; que l’on agglomérait ensuite au moyen du mercure (ou plutôt de l’arsenic métallique, envisagé comme un second mercure). Puis on chauffait à feu doux, en évitant la déperdition de la vapeur, du mercure, ou de l’arsenic par volatilisation ou oxydation.
La mention finale s’appliquerait à la destruction de l’alliage et à la vaporisation de certains de ses composants, tels que le zinc, sous forme d’oxydes, par l'influence d’une calcination trop énergique.
(1) Le mot économie est employé, même dans la pratique de notre temps, avec le même sens que dans ces textes.
On dit, par exemple : « Voici toute l'économie du procédé », etc.
(2) Le côté mystique et magique des opérations apparaît ici.
(3) Il semble que dans cette phrase le mot or soit employé successivement dans deuxsens différents : Lorsquetuas un métal quial’apparencedel'or..., etc.; tu obtiendras de l’or véritable. On peut encore entendre d’abord le métal en paillettes ; puis le métal aggloméré par la soudure.
(4) Réd. de L : « Tu auras de l’or; mais travaille toujours conformément à la pratique de l'or ».
(5) Plantes, dans le même sens mystique que fleurs, p. 71.
(6) C'est-à-dire les opérations purement manuelles sont insuffisantes, etc.;
(7) Réd. de L: « Car ils veulent qu'il y ait dans l’art un principe fixateur, qui retienne les substances fugaces; ce principe, c’est le feu, qui fixe le mercure, c’est-à-dire la vapeur. Or ce n’est pas seulement le mercure qui fuit le feu, mais encore toutes les substances (de la même classe) du catalogue ».
(8) Κάτοχος fixation d’une matière colorante, sur uneétoffe, par exemple.
ET
10. On a dit que la soudure d’or est le mélange des deux substances; le principe fixateur qui en résulte, je sais le maintenir dans le composé. Nous savons en effet que la vapeur (mercurielle) (1) est fugace; et il est spécifié en mille endroits que ce n’est pas seulement la vapeur (mercurielle) qui est fugace, mais encore toutes les {substances de la même classe) du catalogue. Avant et après, le philosophe s'attache au mercure, comme à toutes les substances fugaces du catalogue, telles que celles dont les anciens ont fait mention, couleurs et plantes, et autres; parce que toutes ces substances, en éprouvant l’action du feu (2), sont fugaces.
11. Quant à moi, je ne t’en expose pas toutes les classes, vu leur grand nombre etles témoignages des anciens, tous d’accord sur ce point; afin de ne pas perdre le temps mal à propos. Mais je te soumettrai un petit nombre de choses, comme les plus intéressantes, les plus faciles à comprendre, et à l'abri du reproche de futilité.
Il fait allusion ici (3) aux anciens, dont quelques-uns ont dit des choses futiles et fait perdre aux chercheurs un temps infini. Sache donc, dans ta science excellente, que les anciens font trois teintures : La première est celle qui se dissipe promptement (4), comme les soufres; la seconde, celle qui se dissipe lentement, comme les matières sulfureuses ; la troisième, celle qui ne se dissipe pas du tout, comme les corps métalliques liquéfiés et les pierres (5).
12. Première teinture, teignant le cuivre en blanc au moyen de l’arsenic,
comme il suit.
(1) Le mercure proprement dit (ou l’arsenic métallique), employé dans la teinture du métal, est volatil; mais le mercure des philosophes, fixé par l’action du feu, ne doit pas l'être : de telle façon que la teinture dont il fait partie demeure fixée sur le fond métallique. Il ya là un mélange d’idées réelles et d'idées mystiques.
(2) Le mot fugace s'applique ici à la teinture et aux agents qui la produisent.
Il signifie, non seulement la volatilité de l’agent colorant, mais le défaut de
fixité de la teinture, dû à une oxydation ou à une cause quelconque.
(5) C’est uneglose ducommentateur ; la phrase précédente est probablement de Zosime.
(4) On avait d'abord traduit φευχτά par volatiles. Mais le sens semble comprendre aussi les corps colorants quidisparaissent parliquéfaction, dissolution, oxydation,etc.;c’est-à-direqu’ilest plus général.
(5) L ajoute : « Et la terre ».
82 TRAITÉS DÉMOCRITAINS
L'arsenic (sulfuré) est une espèce de soufre quise volatilise promptement; je veux dire, se volatilise au feu. Toutes les substances semblables à l'arsenic sont aussi appelées des soufres et des corps volatils (1). Or la préparation se fait ainsi : prenant de l’arsenic lamelleux couleur d’or, 14 onces (2), tu le coupes en morceaux, tu le porphyrises de façon à le réduire en parties aussi fines que du duvet ; puis tu fais tremper dans du vinaigre, pendant deux ou trois jours et autant de nuits, la matière renfermée dans un vase de verre à col étroit, en lutantle haut avecsoin, afin qu’elle ne sedissipe pas. Agitantune fois où deux par jour, fais cela pendant plusieurs jours; puis, vidant le (vase), lave avec de l’eau pure, seulement jusqu’à ce que l’odeur du vinaigre ait disparu. Garde la partie la plus subtile de la substance ; maïs ne la laisses pas s’écouler avec l’eau (3). Ensuite, laissant la masse se dessécher et se contracter à l’air, mélange et broie avec 5 onces de sel de Cappadoce.
Or l'emploi du sel a été imaginé par les anciens pour éviter que l’arsenic adhère au vaisseau de verre. Ce vaisseau de verre est nommé asy-mpoton, par Africanus. Il est luté avec de l'argile (4); un couvercle de verre en forme de coupe est posé par-dessus. A la partie supérieure, une autre coupe enveloppe le tout ; elle est assujettie de tous les côtés, afin que l’arsenic brûlé ne se dissipe pas (5).
Fais-le donc brûler à plusieurs reprises et pulvérise-le, jusqu’à ce qu'ilsoit devenu blanc; on obtient ainsi de l’alun blanc et compacte (6). Puis on fait
fondre le cuivre avec du cuivre dur de Nicée ; ensuite tu prends de la fleur
(1) Réd. de L:« Or il se dissipe sous l'influence du feu, etc. ».
(2) Var. AL : 4 onces.
(3) C'est-à-dire : décante avec soin le dépôt du liquide surnageant.
(4) Réd. de L : «Ensuite lute la coupe et assujettis-la de tous les côtés ».
(5) Cette description répond à celle d’un appareil de sublimation, formé d’un récipient inférieur, surmonté de deux coupes ou chapiteaux, emboîtés l’un dans l’autre en forme d’aludel.
Ce dernier appareil a été attribué aux Arabes; mais la description actuelle le fait remonter jusqu’à Africanus (re siè-
cle). On lutait avec soin; et on condensait dans ces chapiteaux la partie sublimée. — Voir Zntrod.; p. 143, 146, fig. 20 et 22. La double coupe répond à la figure 22, mais sans kérotakis; ou bien encore aux figures 26 et 27, p. 150, 151. — Voir aussi fig. 44 et 45, P- 170, 172.
(6) Dans cette opération, on oxyde lentement l’orpiment ou sulfure d’arsenic, de façon à le changer en acide arsénieux. On voit que ce dernier est désigné ici sous le nom d’alun blanc.
de natron, tu en jettes au fond du creuset 2 ou 3 parties pour ramollir (τὴ. Tu projettes alors la poudre sèche (arsenic brûlé), avec une cuiller de fer; tu en jettes la valeur d’une once pour 2 livres de cuivre. Après cela, tu ajoutes dans le creuset pour une once (46 cuivre) un peu (2) d'argent, en vue de rendre la teinture uniforme. Tu projettes encore dansle creusetune petite quantité de sel. Tu auras ainsi un très bel asèm (3).