GRAND-DUCHE DE BADE
La maison de Bade descend de cette antique famille dé Zeringen , sur le berceau de laquelle les généalogistes de l'Allemagne ont beaucoup varié et beaucoup écrit, mais dont actuellement on rapporte généralement l'origine aux comtes d'Alsace (i) vers le septième siècle.
Herman I, frère de Berthold II, duc de Zeringen, fut, à ce qu'on croit, le premier marquis ou margrave de Bade, Son territoire était peu étendu; il vivait vers le milieu du onzième siècle.
La branche aînée de ces nouveaux margraves descendans d'Herman, s'éteignit l'an 1267 dans la personne de ce jeune et infortuné Frédéric, qui, devenu l'ami de Conradin , combattit avec lui pour chasser la maison d'Anjou du trône de Naples, et périt avec lui sur l'échafaud après une défaite mémorable. Frédéric était parent de Conradin par sa mère Gertrude, princesse de la première maison d'Autriche , et il prétendait avoir par elle aussi des droits à l'héritage de cette maison. Ces droits ne furent point soutenus par la branche cadette, qui continua à occuper le margraviat.
Cet Etat se trouva divisé en plusieurs seigneuries héré^ ditaires , vers la fin du treizième siècle; mais en i356, Rodolphe \ll/eLong, issu de la nouvelle branche aînée, fit , avec un autre Rodolphe, son oncle, un pacte de famille, dont les principaux articles portaient, i*^ que Tun des deux décédant sans postérité mâle , l'autre lui succéderait j 2^^que
(i) Schœpflin , histoire générale et diplomatique de la maison de Zeriogen-Bad.
v^ïO GRÀ^Vn-DUCIlÉ
les filles ne pourraient désormais avoir pour dot qu'une somme de* mille marcs d'argent, et nulle espérance de territoire ; 5° qu'ils ne pourraient aliéner leurs terres ni leurs sujets, mais simplement les engager; 4° qu'ils s'aideraient mutuellement ; 5°que leurs contestations seraient terminées par la voie d'Austrègues. Ce pacte est remarquable dans les annales de cet état. Il peut en être considéré comme la première loi fondamentale.
En i56i, Rodolphe devint, conformément à ces dispositions, l'héritier de son oncle,et il reçut à Nuremberg, l'année suivante, de l'Empereur, l'investiture de tout le margraviat. Il s'étendait alors depuis Graben jusqu'à Albeck, et de là jusqu'à Schv^^arzak, en y comprenant la ville d'Etlingen. Il est fait mention du droit de battre monnaie dans le diplôme.
Un nouveau traité de succession réciproque fut fait , en 1490, entre le margrave de Bade Christophe et le margrave d'Hochberg Philippe , issu d'une branche de la maison de Bade qui existait depuis la fin du douzième siècle. Le dernier étant mort sans fils en 1 5o5, le territoire de Hochberg se trouva annexé au margraviat.
Deux fils de ce Christophe furent, au commencement du seizième siècle l'origine de deux familles qui se partagèrent long-temps le margraviat. Bernard III fut la tige des margraves de Bade-Baden , et Ernest le premier margrave de Bade-Dourlach. Ce petit Etat subit, sous ces deux maisons, diverses vicissitudes qu'il faut livrer au zèle fastidieux des généalogistes de la Germanie , et dont le récit n'aurait qu'un très-mince intérêt pour nous.
En 1765, les margraves Auguste, Georges et Charles-Frédéric, chef des deux branches, conclurent un traité de succession mutuelle semblable à ceux conclus précédemment dans cette maison. Ce fut le dernier, c'est à dire le Margrave de Bade-Dourlach, qui profita de ce traité en 1771, par la mort de son parent. L'Etat se trouva ainsi réuni de nouveau en to-
DE BA.DE. 3ri
talité dans sa personne. L'alliance de la France valut, en i8o5, à ce même Charles-Frédéric , l'érection de son margraviat enélectorat, puis en grand-duché en 1806. Un agrandissement considérable de territoire avait fait dès-lors de cet Etat l'un des membres les plus importans de la confédération Rhénane. Le rôle que cette puissance germanique a joué dans les derniers évènemens lui a mérité de nouveaux accroissemens de la part de l'Europe^ coalisée , et il est à remarquer que son existence et peut-être sa pipspérité future semblent être assurés par des intérêts politiques, absolument contraires à ceux qui l'avaient fait créer.