ADRESSE
Habitans de Venezuela, deux ans ne se sont pas encore écoulés depuis que vous êtes* devenus libres; et déjà vous êtes prêts de fixer la destinée de votre pays, en sanctionnant la constitution que vos représentais mettent devant vous.
Ni la révolution de Vautre hémisphère , ni les convulsions des grands empires entre lesquels il est divisé , ni les intérêts de la politique européenne qui se choquent, n'ont obstrué la pacifique et sage carrière dans laquelle vous êtes entrés , le mémorable dix-neuf avril 1810.
Votre glorieux exemple^ a réveillé et mis en action l'intérêt général de l'Amérique. Le patriotisme guidé par la phiîantrophie, et la liberté aidée par la justice, ont été les agens qui ont dirigé votre conduite , et vous ont rendus capables d'offrir au monde le premier exemple d'une nation devenue libre , sans s'être livrée aux horreurs de l'anarchie et. aux crimes des passions révolutionnaires.
Eternelle sera dans les annales dé l'Amérique , cette période dans laquelle vous avez accompli ce qui a coûté aux autres nations des siècles desan^ et de désolation ; et si l'Europe étonnée ne trouve rien à admirer dans votre constitution , elle reconnaîtra du moins que ceux-là sont dignes d'être citoyens , qui ont su obtenir cette constitution sans se détruire , et sont déjà prêts à la sanctionner avec toute la dignité d'hommes libres.
Le temps est arrivé , habitans de Venezuela , oit vous possédez un gouvernement qui, dans la juste combinaison de ses élémens , contient la garantie de sa durée, et assure votr& union et votre bonheur.
Tel a été le devoir que vous avez imposé, le deux mars^ à
ceux que vous aviez constitués vos représentais : il vous appartient de juger s'ils l'ont rempli ; et il reste à ceux-ci , seulement de vous assurer que leurs plus vifs désirs , leur infatigable constance et leur bonne foi sont leurs seuls titres pour désirer vous voir approuver une tâche si pénible , entreprise, achevée uniquement dans la vue de votre bonheur.
Patriotes du dix-neuf avril , vous qui êtes demeurés fermes pendant l'adversité, et invulnérables contre les attaques des factions; généreux guerriers qui avez versé votre sang pour la patrie; et vous, citoyens, qui aimez l'ordre et la tranquillité , acceptez comme un gage de votre futur bonheur, le gouvernement que vos représentans vous présentent aujourd'hui.
Lui seul , en vous faisant connaître vos droits et vos devoirs, peut opérer votre sécurité sociale, et avec elle la liberté , la paix , l'abondance et la félicité.
L'indépendance politique et le bonheur social, voilà à quoi vous aspiriez , le 5 juillet 1811. L'indépendance politique et le bonheur social ont été les principes qui, depuis cette époque, ont dirigé ceux qui , pour remplir l'objet auquel votre confiance les avait élevés, ont sacrifié leur existence à une entreprise aussi difficile, aussi importante.
Habitans de Venezuela, citoyens de toute espèce , l'union et la confiance sont tout ce que nous vous demandons en récompense du travail et des sacrifices auxquels nous nous sommes livrés pour vous. Unissez-vous tous en une grande famille pour le bien de la patrie, et jetez le voile de l'oubli sur tout ce qui a précédé l'ère auguste dans laquelle vous allez entrer.
Elle sera mémorable dans les annales de l'Amérique , cette époque, qui s'est écoulée depuis le moment où vous avez voulu être libres jusqu'à celui où cette constitution tous a rendus tels. Vous avez, pendant cette époque, fait counaître solennellement au monde, et votre intention , et les moyens que vous aviez pour la remplir.
Le terme de la révolution s'approche : hâtez-le en recevant cette constitution que nous vous soumettons, si vous dési^ rez frustrer les projets de vos ennemis, et éloigner pour jamais les maux qui jusqu'à ce jour s'étaient réunis en foule sur vous.
Peuple souverain , écoutez la voix de vos représentai. Le contrat social qu'ils vous offrent aujourd'hui a été seulement dicté pour votre prospérité; c'est à vous seuls qu'est le droit de le sanctionner. Réfléchissez sur ce qu'il renferme, sur ce qu'il doit produire ; consultez votre intérêt, votre gloire , et la patrie est sauvée.
Donné au palais fédéral de Venezuela, le 2 3 décembre 1811, l'an premier de notre indépendance.
Signé , Juan Toro ,, président ; Francisco Lnardi , secrétaire.
<W\ W« W\ >W> VAA VW W <VW V*\ VM W\ VM <W\ W\ \/V\ *W. W\ V\A MA VW W\ VV\ V\A \ \,\ W\ W\ W» \/V\ *V> V«A W»