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recteurs. Les Espagnols reprirent le cours de leurs cruautés et les peuples leurs chaînes.
Les possessions espagnoles en Amérique, se composaient alors des vastes territoires connus sous les noms de Buenos- Ayres, soumis à un gouverneur espagnol du Chili , dont une partie fut toujours occupée par des sauvages indépendans et ennemis des Européens ; du riche et vaste empire du Pérou, dont la conquête immortalisa les Incas et le nom de Pizare; de l'empire du Mexique soumis à Montezuma , avant que le féroce Gortès eût planté ses drapeaux sur des ruines fumantes, et enfin de la Nouvelle- Grenade gouvernée par un vice-roi.
Il n'y a que peu de choses à dire sur le gouvernement de ces vastes colonies ; les sauvages étaient subjugués ou retirés dans des contrées éloignées. Les Indiens soumis aux Espagnols, étaient obligés de fournir pour le travail des mines, une certaine quantité d'hommes, que la terre engloutissait tout vivans, et ceux que le sort épargnait étaient à la disposition des Européens; seulement la loi fixait le tarif de leur paiement et la durée de leur travail. C'était là une sujétion d'homme à homme; mais ce n'était pas tout, et les Indiens étaient encore obligés de payer au gouvernement, sans doute pour la protection qu'ils en recevaient, des tributs qui achetaient de les accabler, en les privant du fruit de leurs travaux ; d'ailleurs, ce même gouvernement s'arrogeait encore le monopole exclusif du commerce, comme pour enlever aux malheureux habitans la dernière ressource qui leur restât; mais la vexation la plus intolérable , peut - être , parce qu'elle était plus directement sentie partout , venait des magistrats, qui, au mépris des défenses expresses de la loi, s'emparaient de tout le commerce qui pouvait se faire avec les Indiens soumis à leur juridiction, et employaient le pouvoir que leur donnaient leurs places, pour forcer les malheureux Indiens à leur acheter des, marchandises, dont ils taxaient îe prix eux-mêmes.
258 PRÉCIS de l'histoire
Cependant les colonies espagnoles avaient vu la révolution des Etats-Unis; elles purent comparer à leur situation actuelle, l'état des nouvelles républiques et, dès cet instant leur sort fut pour ainsi dire arrêté : suivons les développemens de cette mémorable révolution.
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Révolution,
Les Anglais savaient combien le joug espagnol devait être pesant pour les Indiens, et ils tentèrent de substituer leur autorité à celle de l'Espagne , mais leur espérance fut trompée, ilsfurentrepoussés.Toutefois ; cet événement apprit aux habitans des provinces qu'ils attaquèrent, quelle était leur force. « Cet effort , ce succès , dit un écrivain , rendit à ces peuples, accourus pour défendre leur patrie, le sentiment de leur indépendance; ils rougirent , après , avoir cbassé des Européens , d'être encore courbés sous le joug d'une nation européenne. Enfin, l'invasion de l'Espagne par les troupes françaises acheva de déterminer les Américains à rompre les liens qui les enchaînaient à la métropole. » Le premier cri de liberté ne tarda pas en effet à se faire entendre àBuenos- Ayres.
Un petit nombre d'hommes hardis formèrent le dessein de secouer le joug de l'Espagne , et ils l'exécutèrent; ils se réunirent secrètement , gagnèrent une partie des troupes, et le ^5 mai 18 io, le vice-roi fut remplacé par une junte qui prit la direction du gouvernement, mais toujours au nom de Ferdinand VII. Les membres de la junte furent bientôt remplacés par des députés des provinces. Cependant quelques points de la vice-royauté de Buenos-Ayres , et le Paraguay entr'autres , refusaient de se rendre aux indépendans; mais bientôt les succès de ces derniers les rangèrent de leur parti. Les Espagnols, battus dans presque toutes les rencontres , virent ie mouvement d'indépendance et ne purent l'arrêter.
de l'Amérique méridionale. 2 3o,
En 1816, Buenos - Ayres publia une déclaration formelle et parla prit rang parmi les nations indépendantes; elle jouit maintenant de la tranquillité intérieure ; elle exerce la pleine souveraineté sans opposition ni attaque quelconque.
Les provinces de Venezuela et de la Nouvelle-Grenade , après avoir, pendant dix ans, repoussé les efforts des Espagnols, se déclarèrent séparément indépendantes, et se réunirent enfin, par un acte fondamental du mois de décembre 1819, en une seule nation , sous titre de République de Colombla; dès-lors, les troupes espagnoles qui occupaient encore une partie du territoire furent constamment repoussées et enfin détruites ou expulsées du pays , et aujourd'hui la république de Colombia jouit d'un gouvernement bien organisé, institué par la libre volonté des citoyens. « Les. petits restes des armées envoyées pour conserver la suprématie de la métropole (lit-on dans le rapport du comité des affaires étrangères des Etats-Unis, sur la situation de l'Amérique méridionale), sont maintenant bloqués dans deux forteresses où ils ne peuvent rien faire, et où, privés d'espoir du succès, ils seront bientôt forcés de se rendre à discrétion. Lorsque cet événement aura lieu ? il ne restera pas une seule trace de puissance étrangère dans cette immense république , contenant trois à quatre millions d'habitans. » Ce rapport est de 1822.
Le Chili suivit de près les autres provinces espagnoles dans la route de l'indépendance; il se déclara, en 1818 , dégagé des liens qui l'unissaient à l'Espagne , et depuis cette époque, il a joui sans obstacles de sa régénération.
Le Pérou était comprimé par la présence d'une armée européenne ; mais. le mouvement s'étendait de proche en proche, l'esprit d'affranchissement embrasait tous les esprits; Buenos-Àyres et le Chili montrèrent leurs étendards, et les Péruviens furent libres.
Le vaste empire mexicain céda aussi au mouvement gêné-
2i\0 PRÉCIS DE L'HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE MÉRIDIONALE.
rai ; et , quoique sa révolution ait eu un caractère et une marche toute particulière, son indépendance n'est pas moins affermie que celle des autres provinces de l'Amérique espagnole.
Telles sont les républiques de l'Amérique méridionale et telles elles se maintiendront sans doute ; car un état qui s'est l'ait lui-même n'a besoin de personne pour le soutenir. Telles sont ces républiques où le gouvernement espagnol semble avoir renoncé d'envoyer des troupes. Telles sont ces républiques , que les Etats-Unis ont mises au rang des nations alliées , parce que « la reconnaissance des colonies espagnoles... s'accorde strictement avec la loi des nations, qu'elle est juste pour les parties, et que les Etats-Unis doivent à leur rang, à leur réputation , ainsi qu'à leurs véritables intérêts, d'adopter cette mesure (1). »
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(i) Message du président des Etats-Unis à la chambre des représentai.
CONSTITUTION DE l'amÉIUQUE DU SUD. 2^i
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