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PR ER ARE ER RER NS CRAN E vertes continuent toujours à leur ordinaire. Il n’y a guère de jours qu’il n’y ait quelques coups tirés au camp de M. de Contrecœur ; les partis anglois sont toujours de ce côté. Il arrive souvent aussi qu’on croit d’y en avoir et qu’il n’y en à pas, ce qui fait que nos sentinelles tirent mal à propos.
Perthuis, interprète des sauvages, qui m’a apporté votre dernière lettre, est arrivé le 5 au soir avec cent soixante-quinze sauvages. J’en avois ici une trentaine, de façon qu’il y en a actuellement deux cents, avec douze Amalécites de la Rivière Saint-Jean, qui sont arrivés hier au soir.
J'en vais faire passer la plus grande partie aux postes avancés et je n’en garderai ici que le moins que je pourrai.
Il y a actuellement un parti de sept à huit sauvages qui ont été pour faire coup du côté du fort Georges ; ils n’ont pas voulu être plus nombreux ; ils m'ont promis de m’amener un prisonnier.
Je compte de former deux ou trois gros partis qui iront en même temps du côté du fort Lydius et du côté du fort Georges, et pour reconnoître les îles que les ennemis occupent sur le lac Saint-Sacrement,.
Il nous est arrivé hier un événement dont je suis très fâché : ce sont deux officiers du régiment de la Reine qui avoient été à la chasse aux canards, avec une pirogue, dans une anse qui est de l’autre côté de la Rivière au Pendu, vis-à-vis la redoute. Il y avoit un parti ennemi, qui-y étoit embusqué et qui a fait sa
décharge sur ces deux officiers, qui sont MM. de Biville et Tarsac, tous les deux lieutenants; ils ont été tués. On a trouvé la pirogue chavirée et percée de plusieurs coups. J’ai envoyé sur le champ tous les sauvages qui étoient ici avec un détachement à leur poursuite. Comme il faisoit un gros vent, je n’ai pas pu envoyer du côté des Deux Rochers pour tâcher de les couper sur cette partie.
Les sauvages que j’ai envoyés ont suivi la trace du parti ennemi tout le reste de la journée et toute la nuit; ils ne sont revenus que ce matin, sans avoir pu les joindre, nonobstant toute la diligence qu’ils aient pu faire. C’est un parti anglois qu’ils disent être d’une cinquantaine d'hommes. Ils ont trouvé, au bord du rivage où le coup s’est fait, la tête de M. de Tarsac avec la chevelure levée; ils n’ont point trouvé le corps. De celui de M. de Biville, on n’a trouvé que le chapeau dans l’eau. Il y a apparence que les deux corps sont au fond de l’eau; j’enverrai aujourd’hui pour tâcher de les retrouver. C’est un accident très triste et très désagréable. Je n’ai cependant rien à me reprocher à cet égard, ayant défendu à MM. les offciers d'aller à la pêche et à la chasse, et notamment sur cette partie. Pour y aller furtivement, ils avoient pris une pirogue qu’ils avoient chez eux. Je suis toujours très fâché, nonobstant les précautions que j’ai prises, que cet accident soit arrivé, d’autant plus que cela a tombé sur deux bons sujets. M. de Roquemaure