‹ Collection des manuscrits du maréchal de Lévis (volume 3)Chapitre 12 sur 85 · ARR · texte numérisé non relu

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La 200 0 cost A en a 0 En 2 4 En Es OPEN regrette beaucoup M. de Tarsac qu’il aimoit et qui lui étoit recommandé.

Le régiment de Béarn est arrivé hier, je l’ai fait camper à la Chûte pour être plus à portée de soutenir nôs postes avancés. J'ai été surpris qu’ils soient arrivés sans m'apporter aucune lettre ni aucun ordre de votre part.

Voilà le temps qui s’avance. Si les ennemis ne viennent pas d’ici au 20, je ne pense pas qu’ils entreprennent rien de cette campagne sur cette partie.

Vous me faites l'honneur de me demander mon avis sur les dispositions qu’il y auroït à faire pour faire un mouvement en avant. Je le regarde comme fort difficile dans la position qu’occupent actuellement les ennemis, où vraisemblablement ils ont rassemblé toutes les forces qu’ils peuvent avoir entre le fort Lydius et le fort Georges. Ainsi je pense que dans la circonstance présente, il ne seroït pas prudent de rien entreprendre sur ces deux forts jusqu’à ce qu’on fût très certain qu’ils eussent séparé ou divisé leurs forces, ce qu’ils ne feront vraisemblablement que quand la saison sera bien avancée et qu’ils jugeront que nous aurons séparé les nôtres.

Je ne connois que deux moyens pour marcher en avant. Le premier seroit de se porter au fond de la baie où M. de Dieskau débarqua l’année dernière, et de là au fort Lydius ou au fort Georges. Par cette route il faut faire dix lieues par eau et douze lieues par terre, dont il y a environ quatre lieues, en partant

de la baïe, de fort mauvais chemin, ce qui me fait penser qu’il ne seroïit pas possible de mener par cette partie de l’artillerie. Il y auroit aussi un très grand inconvénient pour les vivres : on ne pourroit tout au plus en porter que pour huit ou dix jours. Il faut deux jours pour aller au fond de la baïe, et deux pour se rendre au fort Lydius, et autant de temps pour revenir ; ce qui fait que, quand même on ne seroit pas contrarié par le mauvais temps ou par l’ennemi, on n’auroit au plus que deux jours pour opérer; et, sans canon, on ne peut rien entreprendre contre ces forts. Ainsi je crois que, si on vouloit sérieusement entreprendre par cette route, il faudroit commencer par s'établir au fond de la baïe, y faire un retranchement et des fours pour la subsistance des troupes qui opéreroient ; et, quelques précautions que l’on pût prendre, la communication seroit bien longue, et il y auroit toujours à craindre qu’elle ne fût interceptée. Il faudroïit même laisser un parti considérable aux Deux Rochers et laisser aussi un corps de troupes à Carillon pour couvrir cette partie et masquer ce qui pourroit venir par le lac Saint-Sacrement.

Toutes ces considérations me font penser qu’il n’est pas possible d’entreprendre rien de considérable et sans beaucoup de danger par cette route, Celle qui est la plus facile est de passer par le lac Saint-Sacrement, et qui est aussi la moins dangereuse pour les événements qui peuvent arriver. Du camp de M. de Contrecœur au fort Georges, on peut y aller dans huit à dix

heures, et l'ennemi n’ayant aucun établissement au fond de la baie, ni de bateaux ne peut rien entreprendre sur cette route. Une simple garnison au fort Carillon peut suffire, ce qui feroit que l’on porteroit tontes ses forces par le lac Saint-Sacrement sans avoir la moindre inquiétude pour nos derrières. Mais, pour prendre ce parti, il faut ouvrir un chemin au portage pour y faire passer les bateaux et de l’artillerie. Il n’y a qu’une demi-lieue de chemin qui ne seroit pas difficile à faire. Je suis persuadé que dans deux ou trois jours on le rendroit praticable. Il faudroit y faire passer suffisamment des bateaux pour y être supérieurs à ceux que l’ennemi y à; il faudroit préalablement s'emparer des îles qu’il occupe, d’où l’on iroit dans la baie qui est derrière ces îles, du côté du nord. L’on m'a assuré que le débarquement y est très commode et que le chemin par terre, pour aller jusques au fort Georges, seroit très aisé à faire, le pays étant plat et n’y ayant que trois lieues. Par cette route, on ne craindroit point de manquer de subsistance. L’on pourroit même établir des fours au camp de M. le chevalier de la Corne.

Voilà tous les moyens que je connois pour entreprendre sur l’ennemi. Je pense qu’il seroit à souhaiter que nous eussions des barques et des bateaux sur le lac Saint-Sacrement ; il seroit facile d’y en faire construire ; mais je crois que la saison est bien avancée pour y penser cette année.

Puisque vous m'avez permis d’avoir l’honneur de

vous dire mon avis, le voilà tel que je le pense; je le soumets à vos réflexions et aux gens qui connoissent peut-être mieux cette partie que moi.

A M. LE MARQUIS DE VAUDREUIL Le 11 septembre 1756.

J’ai l'honneur de vous informer que le parti de huit sauvages que j’avois envoyé du côté du fort Georges, qui m’avoit promis de m’amener des prisonniers, est de retour depuis deux jours, sans qu’ils aient pu effectuer leur promesse. Ils m'ont assuré qu’ils se sont approchés de très près du Camp des ennemis, qu’ils ont compté sept rangs de tentes de cent trente chacun, qu’ils ont vu beaucoup de drapeaux à la tête du camp, qu’il est placé des deux côtés du fort, ainsi que M. de Florimond l’a dit ; ils disent aussi qu’il y a un retranchement autour, et qu’ils en ont été si près qu’ils ont vu faire l’exercice aux troupes.

J’avois formé un détachement de trois cents hommes, tant Canadiens que sauvages, dont j'avais destiné le commandement à M. de la Perrière. Il devoit se porter par le côté du nord du lac Saint-Sacrement, partie par eau et partie par terre, jusques à la hauteur des îles que les ennemis occupent. M. de la Perrière

devoit former un détachement de cinquante des meilleures jambes, qui se seroit approché du camp des ennemis pour reconnoître la position et tâcher de faire quelques prisonniers.

M. de Florimond devoit aussi commander un détachement de sauvages Amalécites et Abénakis, qui devoit se porter du côté du sud du lac Saint-Sacrement jusques à la hauteur des îles, d’où il devoit prendre au travers des terres pour se porter sur le chemin du fort Georges au fort Lydius, pour tâcher d’y faire aussi quelques prisonniers. Ces détachements alloient partir, quand ils ont appris la nouvelle de l’arrivée de M. de Montcalm, ce qui a fait relâcher tous les sauvages qui ont voulu le voir avant que de partir. Pour les satisfaire et pour les y déterminer, M. de Montcalm, qui est arrivé hier au soir, a été ce matin au camp de M. de Contrecœur. Il a approuvé les dispositions que j’avois faites pour le départ de ces deux détachements et a engagé les sauvages à partir, ce qu'ils ont promis de faire demain matin.

J'ai fait camper le régiment de Guyenne, qui est arrivé hier matin, à la Chute, à droite du régiment de Béarn.

J'ai fait voir tous les arrangements et dispositions que j'ai faites à M. le marquis de Montcalm ; il me paroit les approuver, et je ne crois pas qu’il y fasse de changement.

J'ai reçu hier par le régiment de Guyenne la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire du 30 du

mois dernier. Vous me trouverez toujours disposé à exécuter avec zèle les ordres qu’il vous plaira me donner

XXXIIIT A M. LE COMTE D’ARGENSON

Le 18 septembre 1756.

Depuis la dernière lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire du premier du mois, il ne s’est rien passé de bien intéressant dans cette partie.

Il y à eu seulement trois barques angloises et dix bateaux qui ont paru le 8 de ce mois dans le lac Saint- Sacrement, à la vue du camp de M. de Contrecœur. Deux canots armés, de vingt hommes chacun, que nous avions à la découverte, avertirent qu’il paroissoit des barques et des bateaux anglois. Au premier avis que j’en eus, je fis marcher les grenadiers et les piquets au camp de M. de Contrecœur, où je me rendis aussi. Je fis sur le champ armer une dizaine de canots pour aller soutenir les deux que nous avions à la découverte, qui firent bonne contenance à la vue des barques angloises qui tiroient quelques coups de canon ; nos canots répondirent par quelques coups de fusil. Les barques angloises, qui ne pouvoient pas voir la quantité de nos canots, parce qu’ils s’étoient rangés derrière un cap et qu’elles craignoient que nous n’eussions du

monde à terre, revirèrent de bord, firent leur retraite en continuant de tirer quelques coups de canon. Le lendemain, à la pointe du jour, je fis armer tous les canots que nous avions dans le lac Saint-Sacrement, et je fus reconnoître jusques à l’Ile à la Barque, qui est à près de quatre lieues du camp de M. de Contrecœur, où je craignois que les ennemis ne fissent quelques dispositions pour venir m’attaquer. Je n’y vis ni barques ni bateaux. Depuis ce temps-là, ils n’ont point reparu dans cette partie. J’ai lieu de croire que nos manœuvres leur en ont imposé.

Le 6 de ce mois, MM. de Biville et de Tarsac, lieutenants au régiment de la Reine, ont été tués et ont eu la chevelure levée, étant à la chasse, malgré les défenses réitérées que j’avois faites. Pour y aller furtivement, ils avoient pris une pirogue pour tirer des canards. Ils furent jusques à un quart de lieue du camp, de l’autre côté de la rivière, où un parti de sauvages anglois s’étoit embusqué, qui leur fit une décharge à bout portant, dont ils ont été percés en plusieurs endroits. J’en fus avertis sur-le-champ et j’envoyai deux cents sauvages à la poursuite de ce parti, qu’ils ont suivi pendant deux jours, sans pouvoir le joindre. Quoique je n’aie rien à me reprocher, ayant défendu la chasse et la pêche, je suis très fâché de cet événement, qui est la perte de deux officiers qui étoient d’ailleurs deux bons sujets.

Les régiments de Béarn et de Guyenne sont arrivés ici dans les premiers jours de ce mois. Je Les ai fait

TR I COUT EE CR TR OT TT Re RL LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS 95

un camper au poste de la Chute, pour être plus à portée de se porter et de soutenir les camps avancés que nous avons sur le lac Saint-Sacrement.

M. le marquis de Montcalm est arrivé avant-hier. I1 n’a rien changé à mes dispositions et les a toutes approuvées, de même que le départ d’un détachement de quatre cents sauvages ou Canadiens, qui doit aller pour reconnoftre les îles que les ennemis occupent dans le lac Saint-Sacrement et, de là, se porter du côté du fort Georges, pour faire des prisonniers sur cette partie et savoir au vrai la position de l’ennemi. Ce détachement partira aussitôt que les sauvages des différentes nations dont il est composé seront unis.

Selon les dernières nouvelles que j’ai eu des ennemis, le 6 de ce mois, par un détachement de sauvages et Canadiens, commandés par M. de Florimond, officier des troupes de la Marine, qui s’est porté jusques sur les hauteurs qui découvrent le fort Georges, il paroit, par ce qu'il a vû du fort et du camp des ennemis, qu’il est beaucoup plus nombreux que celui que nous avons ici. Il dit qu’il est situé des deux côtés du fort et qu’il est entouré d’un retranchement siln’a pas pu bien découvrir la quantité de bateaux et de barques qu’ils ont dans le lac Saint-Sacrement.

Quoiqu'il n’y ait point à douter que les ennemis n'aient toutes leurs forces au fort Georges et au fort Lydius, je suis très persuadé qu’ils ne viendront point nous attaquer ; s’ils avoient dû le faire, ils n’auroient pas tant tardé et ne nous auroient pas donné le temps

96 LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS Le LA RDC SR de réunir nos forces. M. le marquis de Montcalm pense de même que moi à cet égard et compte s’en retourner dans fort peu de jours à Montréal.

À M. LE MARÉCHAL DE BELLE-ISLE

Le 9 octobre 1756.

Il y a longtemps que les vœux de la France et de l’état militaire vous destinoit une place au Conseil. J'ai tant de raisons particulières pour m’intéresser à ce qui vous regarde, que vous devez être bien persuadé de la sincérité de mon compliment dans cette occasion.

J’ose me flatter que vous avez appris avec quelque satisfaction le succès de notre campagne et que l’on puisse croire que deux officiers qui vous sont aussi attachés que M. le marquis de Montcalm et moi y avons eu quelque part. Avec au plus trois mille hommes, il a pris le fort de Choagen, où les ennemis en avoient dix-huit cents avec beaucoup d'artillerie. Avec le même nombre que je n’ai pas toujours eu, j’ai mis hors d’insulte un fort à quatre bastions commencé le 15 octobre de l’année dernière ; je me suis fait respecter par les ennemis qui ont toujours eu six à sept mille hommes devant moi. Je m’étois posté de façon

A M Rd TT à bien défendre mon terrain à milord Loundon. J'ai toujours eu de très gros détachements sur eux, qui ont très bien réussi, avec des partis de sauvages, qui ont pénétré jusques dans l’intérieur de la Nouvelle-Angleterre, où ils ont fait beaucoup de prisonniers et de chevelures, ont porté l’effroi et la terreur parmi les habitants qui ont laissé perdre la plus grande partie de leur récolte. Tout cela les a si fort occupés, et je les ai observés de si près qu’ils n’ont pu rien entreprendre sur moi, ni envoyer du secours à Choagen.

M. le marquis de Montcalm qui est resté ici environ un mois et qui est parti hier pour Montréal, n’a rien changé à mes dispositions ; au contraire, il les a confirmées, ainsi que toutes mes manœuvres.

Malgré le succès de cette campagne où, s’il y a eu du bien joué, il y a eu aussi du bonheur, la paix est à désirer partout et surtout dans un pays où il y a des obstacles inconnus en Europe.

La saison commence à devenir rude. Je ferai commencer à défiler l’armée pour entrer dans ses quartiers à la fin de ce mois. Je ne partirai qu'avec la dernière division qui sera du 12 au 15 de novembre.

Vous connoissez les sentiments inséparables du nom que je porte ; je vous les ai voués, et à M. le comte de Gisors, et jy joins ceux du respect avec lesquels, etc.

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A M. LE MARQUIS DE PAULMY Le 9 octobre 1756.

Je me serois fait un devoir de vous écrire dans le courant de la campagne, si je n’avois su l’exactitude de M. le marquis de Montcalm à cet égard. Je ne veux cependant pas la terminer sans avoir l'honneur de me rappeler à celui de votre souvenir et vous demander vos bontés dans toutes les occasions.

J'ai fait tous mes efforts pour me maintenir contre des forces très supérieures sur la frontière du lac Saint- Sacrement.… *

Postscriptum.—Comme j’ai plus de part que personne à l’heureuse expédition de M. de Montcalm sur la prise de Choagen, j'espère que, si on lui accorde des grâces, je ne serai point oublié. Quoique j'écrive à Monsieur votre oncle et que je ne lui demande rien, il est trop juste et trop équitable, s’il lui en fait donner, pour que j'en sois frustré. Il seroit désagréable pour moi qu’il en eut et que je n’en eusse point. Aussi j’espère tout de vos bontés pour moi dans cette occasion, etc.

* La suite de cette lettre n’est que la répétition de la lettre précédente au maréchal de Belle-Isle.

XX X VT A M. LE COMTE D'ARGENSON

Le 26 octobre 1756.

J’ai l'honneur de vous envoyer par la frégate l’Abénakise, qui est le dernier bâtiment qui partira cette année-ci pour la France, les duplicata des lettres que j'ai eu celui de vous écrire pendant tout le cours de la campagne, où je joins le croquis de la position de cette partie, qui, par les connoïissances que j’en ai acquises, est un peu plus exact que le premier.

Vous trouverez aussi la disposition de l’ordre de marche et de bataille que j’avois faite en cas d'attaque. M. le marquis de Montcalm n’y a apporté d’autres changements que celui de me remplacer au poste de la Chûte, où il auroït été à portée de faire passer ses ordres dans toutes les parties. Je devois me porter avec les régiments de Guyenne et de Béarn, qui sont campés à la Chute, au secours des trois camps avancés que nous avions sur le lac Saint-Sacrement.

Le régiment de Royal-Roussillon, la compagnie de grenadiers et un piquet du régiment de la Sarre avec quatre compagnies de la Marine devoient rester à la Chute avec M. le marquis de Montcalm. Les régiments de la Reine et de Languedoc, avec deux compagnies de la Marine, devoient marcher aux ordres de M. de Bourlamaque, qui devoit remplir l’objet dont M. de

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2 PRE NE A EE ee SR Montreuil, capitaine dans le régiment de la Reine, étoit chargé conformément à ma première disposition.

M. le marquis de Montcalm part aujourd’hui pour Montréal. Je reste chargé de terminer la campagne et du déblaiement de l’armée. Je compte que les dernières troupes partiront du 15 au 20 du mois prochain pour le plus tard ; il n’est pas possible de tenir la campagne plus longtemps parce que les glaces fermeroient le retour des troupes dans leurs quartiers.

Je ne pense pas que, d’ici à la fin de la campagne, il se passe rien d’intéressant ; il pourra seulement y avoir quelque légère escarmouche de part et d'autre entre les détachements qui pourront se rencontrer.

M.le marquis de Montcalm a l’honneur de vous rendre un compte très exact de tout ce qui se passe, de même que de ce qui regarde l’augmentation des troupes et les besoins en général de cette colonie ; il a bien voulu me communiquer toutes ses demandes. Je pense qu’il n’y a rien à ajouter à sa prévoyance, et nous sommes très d’accord sur tous les articles qu’il vous détaillera par son chiffre.

Nous terminons cette campagne très glorieusement et très heureusement, vis-à-vis de forces beaucoup supérieures aux nôtres.

J'espère que nous aurons mérité votre approbation. En mon particulier, je vous supplie de m’accorder vos bontés et votre protection ; vous ne pouvez en honorer personne qui vous soit plus respectueusement attaché.

Je vous supplie de vouloir bien vous ressouvenir

que je ne suis venu dans ce pays-ci que pour y chercher et y mériter mon avancement militaire. J’ai sacrifié pour cela beaucoup d’agrément que je pouvois avoir en France, et même des emplois à la cour, dont j'étois très à portée. Je me flatte que vous voudrez bien avoir la bonté de faire valoir mes services auprès du Roi ; ce sera à vous seul que je devrai les grâces qu’il vous plaira me faire accorder.

A M. LE MARQUIS DE VAUDREUIL

Le 26 octobre 1756.

J’ai reçu hier par M. de Bleury la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire du 16 de ce mois. M. le marquis de Montcalm, qui part dans ce moment, me laisse le commandement de l’armée; il vous rendra compte des arrangements que nous avons pris pour terminer la campagne et le déblaiement des troupes. Vous devez être bien persuadé de toutes mes attentions pour suivre vos intentions et pour exécuter vos ordres. J'espère que tout se passera de façon que vous aurez lieu d’être satisfait. Je ne pense pas que les ennemis entreprennent rien ; cela ne m’empêchera point de me tenir sur mes gardes, et je ne partirai avec les dernières troupes que du 10 au 15 comme vous le désirez, hors que la saison ne devint assez mauvaise pour me

RSR TRES NS ERNST Re 102 LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS

RO RL ie EE OS AD ENS Sable faire craindre d’être arrêté par les glaces ; comme aussi je resterai plus longtemps si les ennemis nous faisoient craindre quelque entreprise.

. Je suis bien sensible à la part que vous voulez bien prendre à ma santé ; je me porte beaucoup mieux et je compte qu’elle ne m’empêchera pas d’aller visiter souvent les postes avancés.

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