PR EM TT SE REP LIU NES CROSS LETTRES DU CHEVALIER DE LÉVIS
pen mn 22 2 gr dr au monde n’est plus reconnoissant que je le suis de toutes vos bontés. Je vous supplie de me les conserver et d’être bien persuadée du désir que j'ai de les mériter et de vous témoigner qu’il n’est pas possible de vous être plus sincèrement et plus respectueusement attaché que je le suis.
(Semblable lettre, du 23 septembre, à M. le maréchal de Mirepoix.)
A M.LE MARQUIS DE PAULMY
Le 8 octobre 1757.
J’ai l’honneur de vous rendre compte que les quatre bataillons destinés à passer l’hiver dans le gouvernement de Montréal ont été rendus dans leurs quartiers le 1° octobre; les bataillons de la Reine et Languedoc sont en marche pour se rendre dans celui de Québec ; les deux bataillons de Berry y sont déjà établis.
Au départ de M. le marquis de Vaudreuil pour Québec, je suis resté chargé de la correspondance des postes de la frontière et de l’établissement des quartiers de ce gouvernement, dont j'ai fait la tournée pour visiter les paroïsses et savoir les habitants qui étoient en état de nourrir les soldats ; ce qui a souf-
fert beaucoup de difficultés, à cause de la situation où se trouve réduite la colonie par le manque de récolte. Je n’entrerai pas, sur cet article, dans de plus grands détails, parce que j'ignore le sort que peut avoir ma lettre; MM. de Vaudreuil, de Montcalm et Bigot ne vous laissent rien ignorer. Les bataïllons de la Sarre, de Royal-Roussillon et de Guyenne sont nourris par les habitants et se contenteront de la même nourriture que leurs hôtes ; le bataillon de Béarn aura sept compagnies dans la ville de Montréal, qui seront nourries à la ration, qui a été réglée ; les six autres compagnies sont réparties dans les paroïsses voisines ; les soldats sont aussi nourris par les habitants.
Les soldats se sont soumis à toutes les réductions que l’on a jugé nécessaire dans les circonstances où nous nous trouvons, sans témoigner le moindre mécontentement.
Les habitants se prêtent aussi avec bien du zèle à donner des preuves de leur bonne volonté et de leur fidélité. Avec les soins que chacun, dans sa partie, y apportera, et Les ordres qui sont donnés par les chefs, nous nous soutiendrons et gagnerons le temps de recevoir les secours qu’il plaira au Roi de nous envoyer.
M. le marquis de Vaudreuil ne reviendra de Québec que dans les premiers jours du moiïs prochaïn ; la présence de M. de Montcalm y sera nécessaire pour plus longtemps. M. de Bourlamaque, qui n’est parti de Carillon qu'après le départ des troupes et qu'après
avoir établi la garnison de ce fort et celle de celui de Saint-Frédéric, est actuellement en chemin pour se rendre à Québec, où il doit passer l’hiver.
Quant à moi, je suis destiné pour rester à Montréal ; je l’ai demandé de préférence, étant plus à portée de la frontière, s’il y a quelque mouvement pendant l’hiver,
J’avois eu l’honneur de vous demander une augmentation d’appointements pour le sieur de Fontbrune, dans mes dernières lettres. Il est mort de maladie le mois dernier ; c’est une perte pour le service du Roï. Il étoit passé avec moi en Canada ; je le regrette infiniment ; il m'’étoit attaché et je l’avois engagé de venir en Amérique.