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de venir ici cette année, et qu’il se contente de faire un ‘grand fort à Saint-Frédéric,
P.S.—TIlya un parti de trente sauvages Puants vers Saint-Frédéric et Carillon, à qui j'ai demandé de m'amener un prisonnier, Les Puants sont bons, mais ils ont pris Kisensik pour conducteur, et je ne sais s'ils feront quelque chose.
À M. LE MARQUIS DE VAUDREUIL
À l’Ile-aux-Noix, le 6 septembre 1759, à 6 heures du soir.
Je recois, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, et ferai partir, demain matin, les deux cents Canadiens que vous m’ordonnez d'envoyer aux récoltes. |
J'en ai déjà fait partir deux cents des différentes paroisses du gouvernement de Montréal sans avoir eu l'ordre que les représentations des habitants et les nouvelles que j'avois de l’état des récoltes. M. de Vassan, à qui j'avois écrit, pour avoir de lui quelques détails là-dessus, m'a mandé que toutes celles de Laprairie et des paroisses voisines, étoient fort avancées, et qu'il comptoit faire tout finir avec le monde qu’il avoit,
À M. LE MARQUIS DE VAUDREUIL
À lIle-aux-Noix, le 7 septembre 1759, à 6 heures du soir.
Je recois, Monsieur, dans le moment, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 5, avec l’ordre
de faire passer par terre les cent habitants qui vont à Terrebonne. Ils sont partis ce matin, en passant par la rivière Chambly, conformément à votre premier ordre.
Vous ne m'avez pas prescrit de quel gouvernement doivent être ces deux cents habitants détachés. Je les ai envoyés de celui de Québec. M. de Combres commande ceux de Berthier, et M. de Linctôt ceux de Terrebonne.
A M. LE MARQUIS DE VAUDREUIL À l’Ile-aux-Noix, le 12 septembre 1759.
J'ai, Monsieur, l'honneur de vous adresser quelques lettres qui m'ont été envoyées de l’armée angloise pour des prisonniers.
Je vous supplie de faire passer le paquet à l'adresse de M. de Montcalm.
J’envoie à M. de Rigaud beaucoup de lettres pour des personnes du pays, qui viennent des prisonniers.
P.$.— Il ya six portugaises pour le sieur de Royer, fait prisonnier dernièrement.
Les sauvages ont manqué la piste des Anglois qui sont venus à la cabare, la nuit derniere.
À M. LE MARQUIS DE VAUDREUIL À l’Ile-aux-Noix, le 12 septembre 1759.
J’ai recu, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, hier.
Vous avez très bien fait de vous servir de mon cheval, et vous deviez être bien sûr que je serois très
aise qu'il pût vous être utile. (C’est à moi à vous remercier de l'avoir sauvé de Deschambault,
Hier au soir, à onze heures, deux Anglois partirent à la nage de la côte du sud, pour venir mettre le feu à la gabare. Ils furent apercus par le matelot de quart; on leur tira, maladroitement, quelques coups de fusil ; ils s’en allérent et abandonnèrent un baril d'artifices qu'ils avoient apporté. Je fis partir, sur le champ, cent hommes, pour aller les guetter sur la rivière, et ce matin, trente Canadiens ou sauvages sont allés sur les pistes. Un brouillard plus obscur que la nuit les aura sans doute sauvés ce matin. Ce coup est hardi.
A l’Ile-aux-Noix, le 18 septembre 1759.
J'apprends, Monsieur, dans le moment, la mort de M. de Montcalm. J’en suis dans la plus grande douleur, et elle seroit bien plus grande s’il n’étoit pas remplacé par vous. |
Les troupes qui sont ici, ne sont pas encore instruites de ce malheur; mais, comme je sais la confiance qu’elles. ont en vous, je suis persuadé qu’elles ne ressentiront pas la perte de leur général, comme elles le feroient, si vous ne preniez pas sa place,
Puissé-je, Monsieur, être à même de vous seconder d’une manière qui vous soit agréable ! Vous connoissez mon zèle pour le service ; je n’en aurai pas moins pour m'attirer votre confiance et votre approbation.
A Vfle-aux-Noix, le 21 septembre 1759,
Les malheurs, Monsieur, arrivés à Québec, ont transpiré ici maloré mes précautions, et sous différentes formes. Un plus long silence auroit fait croire qu’ils étoient plus grands. Aïnsi j'ai pris le parti de tout dire, en recevant la lettre que vous m'avez fait l’honneur de m'écrire le 18, et J'ai présenté notre situation d’une manière très favorable. J’ai peut-être persuadé que le sort de la colonie n’avoit pas empiré, et j'ai peint la position de l'ennemi comme insoutenable,
La confiance que votre arrivée a rendu aux troupes battues a passé jusqu’à celles-ci, et l’on s'attend à vous voir bientôt rétablir nos affaires, Ce qui est de sûr, et je le dis sans compliment, parce que je suis dans l'usage de n’en point faire, c’est qu’elles sont en bien bonnes mains, |
Je me ferai toujours gloire de vous seconder de mon * mieux ; il ne tiendra pas à moi que ce ne soit à votre satisfaction, et je serai bien content de moi, lorsque je pourrai contribuer en quelque chose à vos succès, Ce ne sera jamais par mes avis, dont vous n'avez assurément pas besoin, mais par mon attention à vous aider, encore moins comine citoyen que comme votre serviteur et votre ami. Je vous supplie de me regarder comme tel : -ce sont ces sentiments que j'aurai toujours en vue lorsque j'exécuterai vos ordres, autant que le bien du service, | | |
Je ne pense pas qu'il y ait rien à faire à Saint-Jean de plus que ce que vous y avez vu. À l'égard de Chambly on pourroit lui faire un entourage de palissades du côté de la terre pour le mettre à l'abri d’esca-
lade ; mais les bras manquent. Il ne reste ici que cinq cents Canadiens, dont plus de cent vingt malades ou estropiés.
Je n'ai encore pu commencer le fort d'hiver faute de monde. Les soldats vont aussi tous à l'hôpital; pluies continuelles, campés dans un marais, peu de nourriture. Je ne sais sil en restera beaucoup de sains dans un mois. Quoiqu'il en soit, je tâcherai d'attraper le bout de la campagne, et de bien me battre d'ici là, si ennemi se présente. J'espère qu’il ne me surprendra pas etqu’il ne me fera point de prisonniers.
J’ai reconnu la baie de Missiscoui. Je voudrois être à la place de M. Amherst; j'attaquerois par là sans difficulté. Au reste, je m'y prépare autant que je le puis, avec si peu de monde et si harassé de travail.
Le fort de Chambly auroit besoin sûrement d’un commandant, si l’ennemi approche. Celui que vous nommez ne manqueroit pas de talents ; mais c’est l’homme d’affaires du régiment. D'iulleurs il m’a paru trop inquiet à Carillon, et trop prévoir les inconvénients. Il ne faut pas de ces gens-là. J’en trouverai un meilleur dans son corps ou dans la marine, Melhau ou Raymond. Dans la Reine, quatre pour un: mais votre intention n’est pas, sans doute, de donner toute la confiance au même corps.
Donnez-moi de vos nouvelles, je vous supplie, aussi souvent que vos affaires vous le permettront, Il est nécessaire, dans les circonstances, que j'amuse un peu, par le détail de ce qui se passe à Québec, les officiers de cette armée qui n’ont rien à faire, et qui, quand on ne leur dit rien, font le mal très grand.
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Je serois bien aise que vous me fixiez, par des ordres donnés à M. de Rigaud, à l'égard des Rapides, parce que, si les deux parties sont attaquées, elles le seront en même temps, et il seroit bon que je susse sur quoi compter.
A V’Ile-aux-Noiïx, le 27 septembre 1759.
J’appris, 1l y a trois jours, Monsieur, par mes découvreurs, quil y avoit dix-sept berges dans la baie de Missiscoul. Je jugeai que ce détachement pouvoit avoir dessein d'aller vers Québec-ou Saint-François, et J'envoyai, en conséquence, un courrier à M. de Rigaud. Trois cents hommes que j'ai envoyés sur les pistes de ces Anglois, ont trouvé qu'ils dirigeoient leur marche sur Chambly, Maska ou Saint-François : on juge qu'ils peuvent être deux cents ou deux cent quarante hommes.
J’expédie un courrier pour vous donner avis, et j'écris à M. de Rouville de faire passer à Maska et à Saint- Francois. J'écris au Père missionnaire de ce village.
Il se pourroit faire, au reste, que ce détachement eût ordre d'aller à Québec. Toutes les apparances sont cependant qu'ils veulent punir le village de Saint-Francois de sa fidélité. Quoiqu'il en soit, je crois qu’il seroit bon que l’on fit des découvertes sur le chemin que ces gens-là doivent tenir pour aller à Québec et en avertir M. de Vaudreuil.
A l'égard de Saint-François et de Maska, je pense que vous y enverrez des secours, si ces endroits ne sont pas en état de se défendre d'eux-mêmes.
Les Anglois sont partis de la baie de Missiscoui le 23 au matin. À
P.S. — Je n’écris point à M. de Vaudreuil; je vous supplie de lui en donner avis.
Mandez-moi, je vous prie, ce qu'on apprendra de ce détachement, pour que je prenne mes mesures en conséquence. |
J’ai trois cent soixante hommes qui les attendent au lieu où étoient leurs berges.
À Flle-aux-Noix, le 29 septembre 1759.
La nouvelle de la prise de Québec, Monsieur, a consterné tous les esprits. Le peu de Canadiens que j'ai ici ne montrent encore aucune mauvaise volonté ;
mais je crains qu’en apprenant le bon traitement que les Anglois font à leurs familles, 1ls ne Fe a pour les aller joindre.
J’ai beau dire que les Anglois ne garderont pas Québec cet hiver; on sait qu'ils attendent un grand convoi de vivres, et on en infère, avec raison, qu'ils veulent y laisser un corps de troupes. D'ailleurs les raisonnements vont leur train. On dit votre armée très petite et dépourvue de tout ; point de places pour opposer cet hiver aux Anglois qui seront à Québec ; point de position actuelle pour empêcher les Anglois de pénétrer dans l'intérieur, ou par la rivière ou par la côte du sud. Sorel et toute la rivière de Chambly sont exposés aux courses des Anglois.
Voilà les raisonnements publics, et je n’ai rien à y opposer qui puisse satisfaire. |
Je désirerois que vous me fissiez part des projets que l’on a pour la conservation du pays. Je pourTois là-dessus bâtir un système plausible pour tranquilliser les esprits.
Le retour de M. de Vaudreuil à Montréal est un nouveau sujet de découragement.
Je pense que M. Amherst est instruit actuellement des avantages que l’armée de Québec à remportés, soit par des partis venus de cette armée, ou par des sauvages ou par les prisonniers anglois de Montréal, à qui on a laissé toute liberté. Je ne doute pas qu’il ne fasse incessamment un mouvement pour s'approcher de la rivière Saint-Jean. Je ferai mon possible pour lui en défendre l'entrée, et je crois pouvoir assurer qu'il ne pénètrera pas par l’Ile-aux-Noix. Je ne pourrois répondre également de la baie de Missiscoui, surtout si les chébecs, comme je l’appréhende, se laissent couper.
Dix-sept berges angloises ont été trouvées par des découvreurs dans la baie de Missiscoui. Ce détachement qui est de deux cents ou deux cent cinquante hommes au plus, paroît avoir dirigé sa marche sur Maska, Chambly ou Saint-François, peut-être même vers Québec. J’ai quatre cents hommes embusqués au lieu où étoient ces berges. J'ai fait avertir dans les côtes. J'ai écrit à M. de Longueuil et au missionnaire de Saint-François. On doit aussi en avoir donné avis à M. de Vaudreuil, que je croyais pour lors à l’armée. Je n'ai eu aucune lettre de lui depuis plus de trois semaines.
P,S.— Si vous avez appris quelque chose de la marche des Anglois passés par la bai: de Missiscou!,
je vous supplie de me le mander le plus promptement qu'il vous sera possible.
Je vous supplie aussi de me mander si les Anglois donneront liberté d'écrire en France.
A l'Ile-aux-Noix, le 29 septembre 1759.
M. de Chambaran, Monsieur, mauvais sujet, inconnu, désagréable à son corps, vint me demander, il y a quelque temps, d'aller finir sa campagne dans les côtes, ne voulant pas servir au régiment de Berry, où il est enseigne, Je le lui refusai et lui ordonnai de continuer ce service jusqu’à la fin de la campagne, et qu'alors 1l auroit liberté d'abandonner son emploi. Il a refusé de faire son service sans autre raison que de très mauvais propos. Je l'ai envoyé à Saint-Jean, en prison, par la crainte qu’en lui laissant la liberté de se déshonorer à sa fantaisie, il ne fit quelque méchante action et ne passât aux ennemis.
Il restera au fort Saint-Jean jusqu'à ce que vous ordonniez de son sort. Je crois qu’il seroit dangereux de lui donner sa liberté dans ce pays-e1.
A l’Ile-aux-Noix, le 2 octobre 1759.
Je recois, mon cher général, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 28, et suis on ne peut plus sensible aux marques que vous avez la bonté de me donner de votre confiance et de votre amitié.
La capitulation de Québec a dû être pour vous un coup terrible; elle me paroît incompréhensible. Peut-.
être, et même il y a à parier, que vous auriez pu réparer nos malheurs sans cet événement,
J’épuise mon éloquence, depuis que cette nouvelle est parvenue 161, pour rassurer les esprits qui ont été furieusement consternés. J’ai eu peine à persuader que la colonie n’alloit pas capituler. J’étois bien persuadé que vous faisiez un fort pour mettre nos quartiers en sûreté pour l'hiver. Presque tous les: officiers qui sont ici ont leurs effets dans Québec. Les uns ont tout perdu par l'effet des bombes et par Le feu, les autres espèrent conserver ce qu'ils y ont encore en vertu de la capitulation. On dit que plusieurs personnes ont eu permission d'entrer dans la place pour retirer leurs effets; mais on assure que les Anolois n’en laissent sortir personne de ceux qui y sont entrés de cette manière, pas même les femmes.
Je vous supplie de me mander ce quien est. Les officiers pourroient envoyer, sur la fin de la campagne, pour retirer ce qui leur appartient. J'ai permis à Cadillac d'envoyer un domestique qui sondera le terrain, Vous savez ce que c’est que de perdre des bagages ; ce n'est rien vis-à-vis le reste, mais c’est toujours quelque chose.
J’ai eu l'honneur de vous écrire, il y a trois jours, pour être instruit de la situation de nos affaires. Votre lettre du 28 est un canevas suffisant pour me donner le moyen de rassurer les esprits; mais je désirerois savoir encore si vous êtes sûr de barrer la rivière, et si la côte du sud est gardée.
L'on me mande que quatre cents Canadiens ont été enlevés à Sainte-Croix. Je garde cela secret; mais on
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le saura bientôt, et l’on sera inquiet pour Sorel et la rivière de Chambly.
Vous êtes dans une position bien intéressante et où il n’y à rien à vous imputer si vous ne sauvez pas le paÿs; mais qui sera glorieuse, si nous conservons au Roi le nom du Canada.
A mon égard, je ferai ce que je pourrai avec deux mille deux cents hommes, que j'ai en tout, sur lesquels il faudra, peut-être, faire des détachements pour Chambly et Saint-Jean.
Je ne doute pas que M. Amherst ne soit instruit de la prise de Québec par plus d’une voie, et je compte qu'il va se mettre en mouvement, ainsi que M. Gage, avant peu.
Si les Anolois n’ont pas le temps de faire venir de Louisbourg un grand convoi de vivres, 1ls s’efforceront de nous faire croire qu'ils s’établissent pour lhiver, dans la vue de nous engager à capituler pour le pays, d’ici à la fin de la campagne, et partiront tous dans un mois, après avoir détruit Québec. S'ils peuvent avoir des vivres, ils seroient fous de s’en aller.
‘Je suis très flatté de la confiance que vous voulez bien me marquer; mais je vous serai très obligé de me mander, quand vous en aurez le temps, ce que vous penserez de mieux pour cette partie-ci. Outre la satisfaction que j'aurai toujours à exécuter vos ordres, les lumières que vous me donnerez par là me seront toujours très nécessaires, |