M. DE VAUDREUIL À M. DE MONTCALM
Au quartier général, à Beauport, Le 22 juillet 1759.
Je suis très sensible, Monsieur, à l’attention que vous avez bien voulu avoir de me faire part de la lettre de M. le chevalier de Bernetz. Vous la trouverez ci-jointe, Je pense tout comme vous que tout ce qu’il dit est bien vraisemblable, hors la consommation de la poudre.
M. de Ramezay m'écrit qu'un nommé Michaud, qui à été blessé à la Pointe-aux-Trembles, vient de lui dire qu'un chirurgien anglois l’avoit assuré que, cette nuit, il devoit passer devant la ville six gros vaisseaux pour aider à une descente à l’Anse-des-Mères. Nous
avons vu d'ici beaucoup de troupes qui embarquoient
sur des berges à la Pointe-de-Lévis ; on croit même y avoir vu des pontons ou cajeux; nous saurons si M. le chevalier de Lévis s’est apercu de quelque mouvement au Sault.
À l’évard de M. Dumas, 1l s’est mis en route; peutêtre rétrogradera-t-1l, lui ayant fait dire par M. de Sainttome de suivre ses premiers ordres et ses dispositions, nonobstant la lettre que je lui ai écrite ce matin d’après vos réflexions ?
J’ai l’honneur de vous assurer de mon respect,
VAUDREUIL
P. S. — Je recois dans le moment votre dernier billet qui se rapporte fort à ce que j'ai eu l’honneur de vous marquer. Il faudroit du monde à l’Anse-des-Mères, des sauvages et particulièrement de la cavalerie, dont nous nous sommes trop tôt dénantis.