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95 juillet [1759].
J'ai recu le prisonnier que vous m'avez envoyé avec sa déposition, Il paroît effectivement qu'il est peu instruit ; cependant je l’interrogerai de nouveau quoique bien persuadé qu’il ne m'en dira pas plus qu'à vous.
Il n’est rien de mieux que le partique vous avez pris d'envoyer des sauvages avec M. de Länglado pour se joindre à M. de Boucherville. Il sera très à propos de remplacer ce détachement lorsqu'il rentrera.
Vous aurez pu, Monsieur, vous apercevoir tout
comme moi que les Anglois se familiarisent dans la côte
du Sud, d’où ils ont mené cette après-midi à la Pointede-Lévis des familles au nombre de plus de cent cinquante et une quantité d'animaux. Il est bien essentiel que nous prenions un arrangement pour arrêter le cours de ces partis. Ce sera bien faire la guerre à notre ennemi que de le priver des ressources qu'il trouve dans la colonie.
Nous n'avons aucune nouvelle.
XLIT Ce 27 juillet 1759.
M. de Boucherville, Monsieur, vient de me rendre
compte de sa mission, Je nai pas l'honneur de vous en faire de détail, parce qu’il vous en a instruit. Il est
fort à propos de renvoyer un semblable détachement, mais d'y mettre autant de sauvages que de François. Vous pourrez même y mêler des soldats de bonne volonté, des troupes de terre et de la marine, (Cela ne pourra que produire un bon effet.
J’ai l’honneur de vous souhaiter le bonsoir.
V'AUDREUIL.
P. S. — Ci-joint une lettre au curé de l’Ange-Gardien, que je vous prie de lui faire passer par ce détachement,
XLIIT
Ce 27 juillet 1759.
J’ai recu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire ce matin. |
Il est bien fâcheux que les sauvages aient été à l'ordinaire trop vifs. Vous aviez, Monsieur, disposé et suivi l'affaire de facon à devenir considérable et très avantageuse pour nous. Je souhaite fort que tout ce que vous avez dit à ces sauvages les corrige, et qu’ils soient une autre fois moins impatients. J’étois bien assuré que vous auriez lieu d’être content de M. de Repentigny; c’est un officier rempli de zèle et d’intelligence. C’est effectivement une très bonne affaire d’avoir obligé les ennemis, qui commencçoiént à se retrancher, à se retirer. Je vois avec plaisir que vous avez fait
LETTRES DU MARQUIS DE VAUDREUIL Jia?
passer ce matin un parti de sauvages de l’autre côté de la rivière. Je suis bien charmé que vous alliez vousmême faire un tour en cette partie.
Je m'en rapporte fort à vous, Monsieur, pour tout ce qui concerne vos sauvages et pour tout ce que vous jugerez à propos de leur donner. Je compte, tout comme vous, que M. de Boucherville se sera retiré par les profondeurs.
J’ai l'honneur de joindre iei une lettre à votre adresse. Le courrier pourra partir la nuit prochaine.
J’ai l'honneur de vous souhaiter le bonjour et d’être toujours avec l'attachement le plus vif et le plus sincère, etc.
Au quartier général, le 28 juillet 1759.
Je vous remercie de m'avoir envoyé M. le curé de l’'Ange-Gardien ; il pourra vous instruire de la conversation que j'ai eue avec lui et vous communiquer la lettre que j'écris à Messieurs les curés.
Hâtez, je vous prie, le départ du détachement que vous confiez à M. de Florimond. M. le curé de l’Ange- Gardien m'a lui-même observé qu’il seroit très à propos qu'il y eût dans ce détachement des volontaires de nos troupes mêlés avec les Canadiens et les sauvages, que cela inspireroit beaucoup plus de confiance et de courage
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