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envoyés, parce que vous auriez pu les garder à Jacques- Cartier, si vous l’aviez jugé nécessaire, jusqu’à la fin de la campagne. J’ai été charmé que vous vous soyez décidé pour le départ de Royal-Roussillon par le zèle, l'expérience et la bonne volonté que j'ai toujours connus à M. de Poulariés. Vous trouverez ci-joint une lettre de M. de Bourlamaque et copie de celle que j'ai reçue de lui; vous verrez, Monsieur, qu'il me confirme tout ce que j'avois déjà eu l'honneur de vous marquer sur la retraite de l'ennemi. Je compte en avoir une plus crande certitude au retour des découvreurs que M. de Bourlamaque et mon frère ont envoyés qui doivent arriver incessamment. J'écris par ce même courrier à M. de Poulariés de faire entrer ses deux bataillons en quartiers d'hiver, savoir :
La Prairie, Longueuil, un bataillon.
Boucherville,
Varennes, Verchères, Contrecœur, Sorel,
un bataillon.
Je lui laisse le choix de celui de ces deux quartiers qui lui conviendra le mieux.
J’envoie aussi ordre à M. de Charly de licencier les milices de ce gouvernement et de venir en cette ville avec les troupes de la marine qui peuvent être comprises dans son bataillon. Nos Canadiens sont très nécessaires chez eux pour battre les grains dont nous avons absolument besoin pour approvisionner, nos postes.
D Re ne LETTRES DU MARQUIS DE VAUDREUIL 147 M A CA Li ct La saison avancée doit nous rassurer pour tout mouvement de la part de l'ennemi sur Jacques-Cartier. D'ailleurs il suffira qu’il sache que vous y êtes toujours présent, Le bâtiment que les Anglois ont fait monter vers Saint-Augustin n’a vraisemblablement pour objet que nos navires,
Vous licencierez, Monsieur, votre armée, lorsque vous le jugerez à propos. Le bataillon de Languedoc reprenant son quartier aux Trois-Rivières, vous règlerez celui des cinq autres bataillons, comme bon vous semblera, dans les paroisses du gouvernement de Montréal. Nous aurons, par cet arrangement, presque toutes nos troupes à portée de nos frontières.
Au surplus, je me remets à ce que j'ai déjà eu l’honneur de vous marquer. M. Dumas reviendra sitôt que je rappellerai nos milices, et je le ferai partir tout de suite pour Jacques-Cartier.
J’ai l’honneur d’être avec l'attachement le plus vif et le plus sincère, etc.
VAUDREUIL
P. S. — J'ai assigné les deux quartiers dont je fais mention dans ma lettre pour le bien commun des bataillons, Ceux de Royal-Roussillon et Guyenne se trouveront effectivement mieux dans leurs anciens quartiers. Ceux qui sont à l’Ile-aux-Noix éviteront, par cet arrangement, la peine de se rendre dans la dure saison à la Prairie, et le courant les mènera de suite à leurs quartiers. J'ai fait pour le mieux et je pense que vous auriez pris vous-même ce parti.
M. Dumas arrive dans ce moment et me donne une plus grande certitude de la retraite de l'ennemi; ül assure même qu'il ny a pas eu plus de cinquante à soixante berges en avant, D’après cela, je vais rappeler nos Canadiens qui, comme j'ai déjà eu l’honneur de vous l’observer, sont très nécessaires chez eux pour battre des grains; sans quoi, il ne seroit pas possible d'approvisionner nos postes. Je vous enverrai incessamment cet officier.
À Montréal, le 28 octobre [1759].
Je n’ai recu qu'aujourd'hui la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 23.
J'écris au général Amherst pour le prévenir que j'ai fait rassembler tous les prisonniers de sa nation, que Je vais les faire avancer sur la frontière pour en faire l'échange et que je les lui ferai passer dès que, par sa réponse, je serai assuré qu'il me renverra aussitôt un pareil nombre de nos prisonniers de même grade.
Ci-joint à cachet volant la lettre que j'écris à M. Bernier, je vous prie de la lui faire passer et de lui donner les ordres que vous jugerez à propos sur son départ de Québec. Vous verrez, Monsieur, par ce que je marque à ce commissaire que je satisfois aux désirs des généraux anglois et que nous étions d'accord sur le renvoi des prisonniers au général Amherst,