‹ Collection des manuscrits du maréchal de Lévis (volume 5)Chapitre 23 sur 30 · NN # WA · texte numérisé non relu

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Tout bien considéré, je me suis déterminé à ne point faire hiverner de Canadiens de ce gouvernement dans les postes, mais seulement ceux du bas du gouvernement de Québec. Je voudrois donc laisser cinq cents soldats de la colonie à Jacques-Cartier ; on prendroit la garnison de la Pointe-aux-Trembles sur les milices qui sont À sa proximité, même celles des Trois-Rivières. Dès qu'il n’y aura plus qu’un seul corps, l'union y règnera davantage.

À l'égard du poste que vous avez établi au Sud, il importe de le maintenir ; je m’en rapporte entièrement à ce que vous jugerez de plus convenable à cet égard,

Je laisse deux cents des mêmes soldats et cent Canadiens du bas du gouvernement de Québec au fort Lévis.

Nous navons en tout que douze cents hommes des troupes de la marine ; les cinq cents qui resteront sont mariés, infirmes, vieillards, estropiés ou malingres.

Il ne restera que l’Ile-aux-Noix et Saint-Jean à fournir. Je vous prie d’arranger les choses pour qu’il y ait cinq piquets à l’Ile-aux-Noix et trois à Saint-Jean. Je vous prie aussi de nommer un commandant pour ce dernier fort; la colonie fournira le surplus. |

Par cet arrangement, les troupes de terre qui sont au moins du double plus nombreuses que celles de la marine fourniront moitié moins. | |

À l'égard du quartier d'hiver de nos bataillons, je vous écrivis hier ceux que Royal-Roussillon et Guyenne occuperoient, qu'il seroit moins pénible à ceux qui sont à l’Ile-aux-Noix de se rendre en droiture à ceux qui leur échoueront, en descendant le fleuve; que celui de Languedoc rentrant à son ancien quartier, vous

fixerez. celui des cinq autres bataillons comme bon vous semblera. J’ai conféré avec M. de Malartic et je ne puis que vous confirmer tout ce qu'il a l’honneur de vous écrire à ce sujet,

Il est maintenant bien vérifié que le général Amherst s’est retiré du 26. Il n’y avoit non plus rien de nouveau à l’Ile-aux-Galops.

Je vais faire revenir nos milices, et insensiblement n0$ bataillons entreront dans leurs quartiers d'hiver, Je pense que vous ferez très bien d’en user de même dans peu ; la saison est avancée et les Anglois sont assez occupés à s'arranger pour hiverner à Québec.

Notre situation par rapport aux vivres entre pour beaucoup dans mes arrangements, et il est à désirer que nous arrêtions bientôt les grandes consommations.

Ci-joint plusieurs lettres à votre adresse,

Je n’ai presque pas pu travailler à mes dépêches pour la cour, Je les ferai passer par les vaisseaux du munitionnaire vers le 10 du mois prochain. Vous pourrez, Monsieur, y faire embarquer les officiers dont vous me parlez.

M°° de Vaudreuil est très sensible à l'honneur de votre souvenir; elle me charge de vous dire mille choses de sa part,

A Montréal, le 30 octobre 1759.

J’ai recu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 26 de ce mois. |

Je ne puis que vous réitérer tout ce que j'ai déjà eu l'honneur de vous marquer sur la retraite de l’armée du général Amherst et de celle de Chouaguen. Nous saurons positivement où est la première armée au retour de l'officier que M. de Bourlamaque doit avoir expédié pour porter mes dépêches au général Amherst.

Je suis très sensible aux soins que vous vous êtes donnés pour m'envoyer de nouvelles forces de votre armée ; heureusement nous n’aurons plus lieu de les employer cette campagne.

Il n’est rien de mieux, Monsieur, que les justes mesures que vous avez prises à tous égards, particulièrement pour arrêter l'effet du recensement que le général anglois vouloit faire faire et pour faire enlever les bœufs dont nos ennemis auroient profité.

M. Dumas doit arriver incessamment, je vous l’enverrai tout de suite. Je m'en rapporte fort aux ordres et instructions que vous lui donnerez pour le commandement de Jacques-Cartier.

Je ferai dans peu commencer le déblai de M. de Bourlamaque et je le terminerai après le départ des prisonniers anglois. Je vais vous faire passer des bateaux pour le déblai de votre armée. dJ’ai déjà eu l'honneur de vous marquer que vous fixeriez les quartiers d'hiver de vos bataillons.

Ha LETTRES DU MARQUIS DE VAUDREUIL

J'ai envoyé quatre goélettes ou bateaux à M. Vauquelin pour aider à monter ses frégates à Sorel.

Il me tarde bien, Monsieur, que vous soyez de retour en cette ville. Vous avez certainement besoin de vous reposer, et je serai charmé d’être à portée de vous renouveler de vive voix l'attachement vif et sincère avec lequel j'ai l'honneur d’être, etc.

A Montréal, le 1* novembre 1759.

J’ai recu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 28 de ce mois. Vous aurez vu par mes précédentes que la campagne étoit finie. Je compte avoir incessamment des nouvelles du général Amherst en réponse à la lettre dont j'ai eu l'honneur de vous parler.

J’envoie mes ordres à M. Delaunay pour qu'il fasse entrer en quartiers d'hiver les grenadiers et le piquet que vous lui avez confiés. J’envoie aussi mes ordres à M. d’Alquier pour le même effet,

Je me flatte que cette lettre vous trouvera en route pour vous rendre en cette ville. Rien n’égalera le plaisir que j'aurai à vous renouveler la vivacité et l'étendue des sentiments que je vous ai voués. L'empressement que M"* de Vaudreuil en a ne cède point au mien ; elle

vous prie d’agréer ici sa sensibilité à l'honneur de votre

souvenir.

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