EE
Il convient que les sauvages soient aux camps avancés de Carillon, d’où ils seront plus à portée d'aller sur l'ennemi. Il faudroit aussi qu'il y eut constamment à Saint-Frédéric un certain nombre de sauvages pour donner après l'ennemi, suivant l’exigence des cas.
Je témoigne à M. de Sabrevoix, par la lettre ci-jointe, la satisfaction que j'ai de la facon dont il s’acquitte du commandement de son camp.
Si M. Le Verrier continue à souffrir de son rhumatisme, il n’y aura pas de difficulté à son retour en cette ville, Je vous prie de vouloir bien lui continuer vos bontés.
MM. Challemaison et La Morandière sont cadets à
l’aiguillette; vous voudrez bien les faire servir en cette qualité,
J'ai recommandé à M. Varin d'envoyer à M. de Lotbinière les quatre scies qu’il demande pour le moulin.
M: de Vaudreuil est très sensible au souvenir dont vous l’honorez. Elle me charge toujours de vous dire mille choses de sa part.
À Montréal, le 30 août 1756.
Monsieur,
J'ai eu l'honneur de vous prévenir que je faisois passer à Carillon les troupes qui avoient été employées
à l'expédition de Chouaguen. Il y en a déjà qui sont en
route, et Je presserai les autres à suivre la même destination,
M. le marquis de Montcalm est arrivé depuis quelques jours. J’aurois bien souhaité qu’il eût fait quelque séjour en cette ville; mais il me témoigne un grand empressement à vous aller joindre. Soyez persuadé, Monsieur, que je n’ai aucune inquiétude pour les forts de Carillôn et Saint-Frédérice. Je sais que la défense de cette partie ne sauroit être en meilleures mains eton ne sauroit rien ajouter à la confiance que j'ai à votre zèle et à vos lumières.
Je presse le transport des vivres qui vous sont nécessaires et j'espère que vous en serez bien pourvu dans peu.
Lorsque la réunion des troupes sera faite, vous serez en état de disputer le terrain à l'ennemi et de le repousser vivement. Les trois bataillons que je vous envoie se sont signalés dans l'expédition de Chouaguen. Ils ne pouvoient que faire des progrès sous les ordres de M. le marquis de Montcalm qui, par sa prévoyance, a aplani toutes les difficultés et, par son exemple, a rendu ses troupes infatigables,
J'attends incessamment de vos nouvelles.
A Montréal, le 6 septembre 1756.
Monsieur,
J'ai recu avec plaisir les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. J'apprends par celle du 31 l’heureux retour du parti de M. du Sablé, dont nous étions en peine avec raison.
Je ne puis, Monsieur, qu’approuver vos sages dispositions pour résister à l'ennemi.
Je viens d'interroger un montagnard d'Ecosse. Sulvant ce qu’il m’a dit, il ne paroît pas que l'ennemi soit de longtemps en état de venir vous attaquer. J'espère que vous ne tarderez pas à avoir des nouvelles plus positives de ses forces et de ses vues. Il seroit bien à souhaiter que nous puissions aller de l’avant sur lui; mais il faudroit pour cela une circonstance bien favorable.
Je compte que M. le marquis de Montcalm ne tardera pas à vous joindre ; il est actuellement à Saint-Jean.
Dans les comptes que je rends à la cour, j'ai une attention particulière à lui parler de votre zèle, de vos lumières et de votre expérience. Je sens bien que vous n’en n'avez pas besoin ; mais je dois cette justice à la vérité.
Je vous souhaite la plus parfaite santé.
À Montréal, le 13 septembre 1756.
Monsieur,
J’ai reçu avec plaisir la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 7 de ce mois.
La découverte que M. de Florimond a faite du fort Georges, ne nous laisse aucun doute sur les forces considérables de l'ennemi. Le nombre de hangars qu’il y a prouve qu'il y fait de grands amas de vivres, et les barques qu’il a et qu’il construit donnent lieu de croire qu'il s'attache à avoir la supériorité sur le lac. Il paroît , aussi que les ennemis occupent toujours les îles en force,
Il est heureux que les deux bateaux que vous avez constamment sur le lac en aient imposé par les trois coups de fusil qu’ils tirèrent aux trois barques et aux dix bateaux anglois. Les grenadiers et les piquets que vous envoyâtes dans le moment au camp de M. de Contrecœur lui auroient été d’un grand secours, si le cas l’eût exigé ; la découverte que vous fites vous-même le lendemain avec quatre canots jusqu’à l'endroit où les barques ennemies étoient venues, a opéré le meilleur effet, puisque depuis ce temps-là rien n’a paru sur le lac.
Il faut espérer que les partis anglois qui sont venus jusqu’à présent aux environs du camp de M. de Contrecœæur s’y méprendront et que nous parviendrons à en prendre quelqu'un. Il est bon pour cet effet que vous ayez fait passer la plus grande partie des sauvages aux postes avancés,