GARNISON DB QUÉBEC
Régiments.
Ambent
Kennedy.
Webb.
Breigs.
Leisceils.
Blakels.
Roy.-Amér.
Ecoesoie.
Alloway.
Artillerie.
Rangers.
Matelots.
Etat de la composition desdits régiments, s'ils étoient complets.
700 hommes
Etat de leurs forces effectives, supposé au plus fort sur différentes dépositions
600 hommes
Etat de leur force, supposé au plus foible.
600 hommes
10 10000 hommes. 6660
On avoit traité pendant l'été avec le général Âmhert pour l'échange des prisonniers, mais on n'avoit rien fini à ce sujet; M. de Vaudreuil lui écrivit à la fin de la campagne, et, dans le commencement du mois de novembre, nous fîmes partir tous les prisonniers que nous avions à eux.
M. le chevalier de Lévis disposa dans le commencement de novembre toutes choses pour la défense de la partie de Jacques Cartier. Depuis plus d'un mois et demi l'armée qui étoit sous ses ordres ne subsistoit
que du jour à la journée, s'étant vu plusieurs fois à la veille de tout licencier faute de vivres. Les soins qu'il se donna et les ressources qu'il trouva le garantirent de cette manœuvre qui nous auroit privé du poste de Jacques Cartier et de la plus grande partie du gouvernement des Trois-Sivières. Le 7 du mois, il fit partir le régiment de la Sarre pour aller dans ses quartiers, fit ses expéditions pour la cour et partit le 10 au matin pour Montréal, remit en passant aux Grondines ses paquets sur les navires du munitionnaire et arriva le 14 à Montréal.
Ce fut le sieur Le Mercier, commandant de l'artillerie, qui fut choisi par MM. le marquis de Vaudreuil et le chevalier de Lévis, pour porter leurs dépêches à la cour, comme étant très instruit de l'état actuel de la colonie et en état de rendre compte des moyens de la soutenir avec le secours qu'il plairoit au Roi d'y envoyer.
Les navires du munitionnaire dévoient partir du 12 au 15, ils furent retardés jusqu'au 22 par les expéditions de M. de Vaudreuil. Ils descendirent jusqu'à trois lieues de Québec pour être à portée de tenter le passage sous la ville ; un coup de vent les prit à ce mouillage. Au lieu d'appareiller, ils voulurent se défendre contre le mauvais temps ; il y eut trois frégates et un autre bâtiment qui échouèrent et se perdirent, et, deux jours après, en descendant, les ennemis envoyèrent une goëlette armée pour mettre le feu à ces bâtiments. Le feu ayant pris à un pendant
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qu'ils y étoient, ils sautèrent et les Anglois y perdirent une vingtaine d'hommes.
Le sieur Canon qui commandoit les navires résolut d'enlever la goëlette. Il envoya sa chaloupe suivie du canot avec son second qui l'abordèrent malgré le feu de l'ennemi et la prirent. Des autres bâtiments, il y en eut un qui se perdit en descendant; les autres passèrent sous le feu de la place sans accident. On eut de leurs nouvelles, à la fin du mois, du bas de la rivière, qu'ils faisoient favorablement route.
L'armée de l'Ile-aux-Noix ne put se retirer que vers la fin du mois pour finir les bâtiments du fort.
Le chevalier de la Corne arriva aussi dans ce tempe des Galots avec son détachement.
M. le chevalier de Lévis avoit en vue de tenir un gros détachement de sauvages coureurs de bois pendant tout l'hiver dans le bois de la Jeune Lorette, d'où ils auroient fait des courses continuelles aux environs de Québec pour empêcher les ennemis de faire du bois et les tenir en alerte ; mais on lui représenta qu'à peine avoit-on des vivres pour faire vivre les garnisons.
Il présenta un mémoire à M. de Vaudreuil, à la fin de ce mois dont l'objet étoit qu'il falloit chercher à connoître les facultés de la colonie pour la soutenir pendant l'hiver et la défendre au printemps et en retarder la perte le plus qu'il seroit possible, qu'il falloit à bonne heure faire usage de tous les moyens et qu'en retardant, les obstacles se multiplioient.
Que, quoique la garnison de Québec fût à l'abri d'insulte, il falloit faire faire les dispositions pour l'attaquer pendant l'hiver, et qu'il pouvoit arriver des événements qui nous en faciliteroient l'exécution, si nous étions prêts ;
Que si l'ennemi arrivoit au printemps avec une flotte, notre défense seroit difficile et qu'il falloit analyser ce que l'ennemi pouvoit faire, les circonstances où nous pouvions nous trouver, et voir d'avance les partis qu'il y auroit à prendre ; que, dans toutes ces circonstances, une défense opiniâtre de notre part ne pouvoit être qu'avantageuse à l'État en occupant les forces des ennemis dans cette partie, et qu'elle feroit honneur à nos armes ; qu'il falloit aviser si, à la der* nière extrémité, il ne nous seroit pas possible de passer avec l'élite des troupes à la Louisiane.