‹ Collection des manuscritsChapitre 18 sur 57 · LE MARQUIS DE MONTCALM AU MAJOR GRANT · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE MONTCALM AU MAJOR GRANT

Ce 25 juin 1759.

Monsieur,

Je viens de recevoir une lettre du général Amherst, qui m'assure d'avoir les mêmes ordres et d'être dans le même dessein d'exécuter le cartel. Il me marque que, dès qu'il lui sera possil)le, il m'en donnera avis, et qu'il va écrire à la New-York pour rasseml »ler les prisonniers. J'ai l'honneur de vous envoyer deux lettres qu'on m'a adressées pour vous. Monsieur, à l'une desquelles est jointe une lettre de change tirée sur moi, de deux cents livres sterlings. J'y ferai honneur, Monsieur ; mais comme nous n'avons que de la monnaie en papier>

VOUS aimerez peut-être mieux que je vous donne une bonne lettre à vue sur Paris, de la même somme, avec laquelle vous trouverez facilement du papier pour vos besoins et ceux de vos messieurs.

Envoyez-moi la note de ce que font deux cents livres sterlings, argent de France ; il me semble que la livre sterling vaut vingt-trois livres et quelques sols, et je ferai honneur à cette lettre de change dans la forme que vous jugerez à propos.

M. JEFFREY AMHER8T AU MARQUIS DE MONTCALM

Du camp au lac George, ce 17 juillet 1759. Monsieur,

Je vois avec plaisir par la lettre dont Votre Excellence vient de m'honorer, en date du 14, que vous avez écrit à M. le marquis de Vaudreuil, pour qu'il fasse avancer à Montréal les prisonniers que vous avez à nous, pour être plus à portée d'être échangés, lorsque je serai en état de vous rendre les vôtres. Je n'ai pas manqué, aussitôt après vous avoir expédié ma dernière, d'écrire au même sujet au gouverneur de la Xouvelle- York, et vous pouvez compter que, dès que ces messieurs seront à portée du camp, je ne négligerai point de vous en prévenir.

Je ne saurois que remercier Votre Excellence de son exactitude d'avoir envoyé au major Grant les deux

lettres qui lui ëtoient adressées, ainsi que son attention à lui faire payer les deux cents livres sterlings que j'avois fait avancer à M. le capitaine Bonneau, qui, depuis, a eu cent livres sterlings de plus, dont je remets sa lettre de change sur Votre Excellence, sous ce pli, au dit major Grant, et la prie de vouloir bien avoir la même complaisance. Mes avances à M. Bonneau sont de sûrs garants que je n'ai jamais douté de l'attention que Votre Excellence auroit que nos prisonniers fussent fournis de tout ce qui leur seroit nécessaire.

Je suis charmé que Votre Excellence se prête si volontiers aux sentiments d'humanité qui devroient avoir lieu, partout où les nations civilisées, n'ont aucune part dans la guerre, et j'espère que votre lettre à ce sujet, à M, le marquis de Vaudreuil, ne manquera pas d'avoir son effet. Cependant je ne saurois me dispenser de communiquer à Votre Excellence qu'un sauvage de la nation des Cayugas, pris et convaincu d'avoir assassiné un des sujets du Roi, mon maître, nommé M. Michael, lors de son exécution, a confessé qu'il avoit commis ce crime à l'instigation des François, qui l'en avoient chargé, en lui promettant qu'il en seroit bien payé.

J'aurai un soin particulier de la lettre de Votre Excellence pour M. le capitaine Bonneau, et je n'en ai pas moins à vous en faire passer trois autres qui vous sont adressées par M. de La Milletière, pris dernièrement du côté de Niauara.

M. JEFFREY AMHERST AU MAJOR GRANT, DU RÉGIMENT DE MOXTGOMERY, PRISONNIER DE GUERRE A QUÉBEC

Au camp du lac George, le 17 juillet 1759. Monsieur,

Le 17 du mois dernier, je vous ai écrit sous le couvert de M. le marquis de Montcalm, et je vous ai envoyé une lettre de change sur lui, de deux cents livres sterlings, tirée par le capitaine Bonneau pour pareille somme que je lui ai avancée. Son Excellence, par sa lettre du 14 du j^résent, m'accuse la réception de cette lettre de change, et me mande qu'elle vous sera payée.

Par cette occasion, je vous en envoie une autre de cent livres sterlings, somme que j'ai depuis avancée au même officier, et pour laquelle, il a de même tiré sur M. le mar(piis de Montcalm. Je n'ai rien à y ajouter que de vous recommander le même soin pour retirer cet argent que j'ai cautionné pour vous dans ma demeure.

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