‹ Collection des manuscritsChapitre 21 sur 57 · M, CHARLES SAUNDEES AU MARQUIS DE VAUDEEUIL OU AU CHEVALIER DE LÉVIS · texte numérisé non relu

M, CHARLES SAUNDEES AU MARQUIS DE VAUDEEUIL OU AU CHEVALIER DE LÉVIS

Sterling-Castle, Ist October, 1759.

Sir,

I hâve the houor of your letter of the 29th October. But as the exchanging or rausoming of prison ers, belonging to the troops, is quite ont of my province, I miist refer y ou to gênerai Amherst, or to gênerai Howe, for the settling that matter. I hâve, since the 18th instant, ordered ail the prisoners taken by me iipon the river before that time, to be put on shore. The number of which, infinitely exceeds the number of English seainen taken since my arrivai hère,

When the vessels corne down the river, which I hâve perniitted so to do, they shall be permitted to return with such baggage of your officers, as may hâve been left at Quel)ec.

M. ROBERT MONCKTON AU CHEVALIER DE LÉVIS

Québec, ce C octobre 1759.

Monsieur,

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 8 du présent. Je suis fâché de n'être pas de la même opinion que vous ; mais je ne puis regarder

que comme prisonniers de gueiTe, les officiers et soldats blessés à l'aftaire du 13 et qui sont maintenant à l'hôpital.

Je ne voudrois en rien m'écarter du sens du cartel ; mais, comme je suis pleinement convaincu que ces officiers et soldats doivent être censés prisonniers, je ne saurois prendre sur moi de les regarder sous un autre point de vue.

Si j'entrois dans quelque échange de prisonniers avec Votre Excellence, j'en éprouverois la disgrâce de Son Excellence le général Amherst, lequel, suivant votre dernière lettre, fait avancer les prisonniers qu'il a pour les échanger avec ceux qui sont entre les mains de Votre Excellence.

On m'a dit que le capitaine Kennedy et le lieutenant Hamilton, officiers de l'armée du général Amherst, sont maintenant prisonniers à Batiscan, et qu'ils avoieut souffert à cause de la manière dont ils avoient été pris. Lorsque ces officiers ont été pris, ils cherchoient, suivant ce qu'on m'a informé, à venir à notre camp et à é^'iter les vôtres. Ainsi, Monsieur, je ne conçois pas comment on a pu les regarder comme espions.

En considération de ces deux prisonniers qui ont beaucoup souffert, je vous offrh-ai. Monsieur, de les échanger contre deux officiers du même grade ; autrement, je désire que Votre Excellence me renvoie sur le champ MM. de Figuiery et de Braux, auxquels j'ai donné permission d'aller à Montréal, pour y vaquer à leurs affaires.

J'assisterai M. Bernier d'espèces et d'uue permission d'acheter de nos négociants les choses nécessaires à l'hôpital.

Par le tambour qui m'a apporté la lettre de Votre Excellence, j'aurois renvoyé le tambour du colonel Bougaiu ville, lequel avoit été mis en prison pour avoir été trouvé dans la ville, au lieu d'être resté à l'hôpital ; mais il s'est sauvé et je le suppose revenu vers vous.

Xous avons ici un officier lieutenant et quartiermaître de régiment de Lascelles, lequel avoit été pris allant de Boston à New-York. Cet officier alors donna sa parole de ne point servir qu'il ne fût échangé, et l'a gardée religieusement. Si Votre Excellence y consent, je l'échangerai aussi avec un officier du même grade.

J'avois espéré que Votre Excellence auroit déjà renvoyé les trois gardes-marines, qui sont si jeunes, qu'à peine les peut-on regarder comme prisonniers.

LE MARQUIS DE VAUDREUIL AU liÊNÉRAL MONCKTON

Sans date, octobre 1759.

Monsieur,

J'ai reçu par M. de Bougainville la lettre dont Votre Excellence m'a honoré, en date du 8 octobre. J'apprends par lui que les officiers et soldats françois, non blessés, pris à l'affaire du 13 septembre sont déjà partis pour l'Europe. Ainsi il ne reste plus à Votre Excellence que les prisonniers blessés qu'elle a eu la bonté de faire transporter des vaisseaux où ils étoient d'abord, à riiôpital-général, attention de laquelle je ne saurois trop lui marquer ma reconnoissance.

LETTKES ET PIÈCES MILITAIKES 265

Je ne saurois regarder comme prisonniers les officiers et soldats blessés, conduits à l'hôpital-général le jour de l'affaire. Cet hôpital n'est point une ambulance d'armée ; il existe de tout temps ; il est l'hôpital de la ville, et un lieu toujours neutre par le cartel du 16 février. En effet, si on ne l'eût pas regardé comme tel, nos blessés se seroient fait porter à la ville, laquelle étoit plus près du champ de bataille que l'hôpital même.

A l'égard des colons anglois des concessions intérieures, dont me parle Votre Excellence, il en reste fort peu dans cette colonie, si même il en reste.

L'année dernière on les échangea avec la garnison de Frontenac; et même alors je renvoyai sans échange ni rançon beaucoup de femmes et d'enfants, que le colonel Schuyler emmena avec lui.

Ainsi je ne puis traiter avec Son Excellence le major général Amherst que pour les officiers et les soldats prisonniers.

Supposé que dans quelques jours ce général n'envoie point ces prisonniers à portée d'être échangés, comme la saison va bientôt fermer les passages, si Votre Excellence y consent, je ferai descendre les prisonniers qui sont entre mes mains, pour les échanger avec ceux qu'elle aura.

XXYII

Québec, 13th October, 1759.

Permission is granted to captain IMauneville, of the régiment Guyenne, to eome to town on his private affairs.

Robert Monckton.

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