LE MA.RQUIS DE VAUDREUIL AU GÉNÉRAL MONCKTON
Montréal, 13 octobre 1759.
Monsieur,
J'ai été honoré de la lettre de Votre Excellence, du 6 de ce mois. Je suis aussi mortifié que vous sur la différence de nos sentiments à l'égard des ofiticiers et soldats, entrés à l'hôpital le 13. Je ne peux les regarder comme prisonniers, l'article de la capitulation ne me paroissant pas équivoque. Comme ils sont en votre pouvoir, vous êtes le maître de les garder jusqu'à ce qu'ils soient jugés par nos Eois, libres ou prisonniers. Quant à l'échange des prisonniers, je fais une occasion à Son Excellence le général Amherst, pour convenir du jour et du lieu de l'échange respectif.
Le capitaine Kennedy let le lieutenant Hamilton avoient été pris par les Abénaquis, desquels je les ai rachetés. Ils avoient encouru les risques d'être traités différemment que les prisonniers, étant venus en parti
bleu, sans mission ni caractère d'autorité légitime. Ils pourroient être sujets aux plus grandes rigueurs. Ils furent d'abord mis aux fers ; mais ayant, peu après, été informé de leur naissance et de leur grade, je les ai fait élargir et les ai traités depuis en officiers. Je les renverrai à M. Amherst, qui les a réclamés. Je donne ordre à MM. de Figuiery et de Braux de se rendre incessamment à Québec. Je suis bien reconnoissant de l'assistance que vous voulez bien procurer à M. Bernier pour les besoins de l'hôpital. Je n'ai aucune connoissance du tambour que vous aviez fait arrêter ; il y a lieu de croire qu'il aura déserté et se sera embarqué sur C[uelque bâtiment. Vu l'intérêt que Votre Excellence paroît prendre au lieutenant et maréchal des logis du régiment du lieutenant général Lascelles, je consens avec plaisir à son échange, pour un officier du même grade, pourvu toutefois c[u'il ne soit pas de l'hôpital, ne les pouvant admettre comme prisonniers ; j'en écris à M. Bernier.
Votre Excellence a dû recevoir la lettre par laquelle je lui annonçois le renvoi de MM. Le Maître et Douglas, quoiqu'ils fussent réellement prisonniers ; je les avois promis à Son Excellence l'amiral Saunders. Je renverrai à Quéliec l'autre garde-marine et le pilotin, ainsi que les derniers prisonniers de votre flotte ou armée, pour être échangés, si vous l'agréez. Il ne me 'reste aucun soldat prisonnier, ceux qui étoient à Québec avant recouvré leur liberté, les autres sont déserteurs.