‹ Collection des manuscritsChapitre 9 sur 57 · ORDRE DE BATAILLE · texte numérisé non relu

ORDRE DE BATAILLE

La brigade du gouvernement de Québec, composée de... soldats de la marine ou Canadiens, et la brigade

* Ce mémoire, malheureusement incomplet, est la seule des pièces de cette première partie qui appartienne au Xle volume des papiers du chevalier de Lévis.

du gouverueiueut des Trois-Rivières, composée de... soldats de la marine ou Canadiens, camperont à la droite de l'armée.

Les troupes de terre, composées des bataillons de la Sarre, Eoyal-Roussillon, Languedoc, Guyenne et Béarn camperont au centre.

Les milices de la ville de Montréal composées de... hommes, et la brigade du gouvernement de Montréal, composée de soldats de la marine ou Canadiens camperont à la gauche de l'armée.

La réserve sera composée de la cavalerie, des troupes légères et des sauvages. L'artillerie, aux ordres de M. Le Mercier, et les vivres camperont aux endroits les plus commodes et qui seront indiqués, de même que l'hôpital ambulant.

Les miHces de la ville de Québec, composées... hommes, resteront pour servir de garnison à Québec, aux ordres de M. de Ramezay, lieutenant du Eoi.

Les deux frégates du Eoi resteront armées, et du désarmement des autres bâtiments, on armera les bâtiments destinés à combattre en avant de la rade, et, à mesure que ces bâtiments deviendront inutiles, les équipages entreront dans la place pour servir aux batteries qui leur auroient été indiquées d'avance.

M. Vauquelin, commandant de la rade *, aura la direction de tous les bâtiments pour les employer dans

* La rade est composée de cent un officiers et de seize cents matelots, dont il y en a quatre cents pour les deux frégates qui restent armées, et quatorze officiers ;

Pour la garde des bâtiments au-dessus du Richelieu, vingtquatre officiers et quatre cents matelots ;

Au lac Champlain quatre officiers et cent matelots ; ce qui fait quarante-deux officiers et neuf cents matelots.

les endroits qu'il croira le plus utile au bien du service, et, selon l'exigence des cas, il donnera ses ordres à tout ce qui est de la marine. Il ne peut avoir assez attention que les matelots avec les officiers se rendent exactement aux endroits où ils auront été destinés.

Comme M. de Eamezay ne pourra jjas donner ses ordres en même temps dans toute la ville, il seroit nécessaire qu'il y eût un commandant particulier pour la basse-ville, qui seroit cependant aux ordres de M. de Eamezay et qui agiroit de concert avec lui, de même que les officiers du génie et de l'artillerie.

Dispositions pour s^ojyposer à la descente.

La ville de Québec livrée à ses propres forces, et à celles de la marine, l'armée passera la rivière Saint- Charles.

La droite, composée des brigades du gouvernement de Québec et des Trois-Iîivières campera dans la plaine depuis....

<')fficiers et matelots employés jaour le service de la rade (jui doivent rentrer après leurs opérations :

Pour douze bateaux, cent cinquante-six, et vingt-quatre officiers ;

Pour trois chaloupes carcassières, quarante-cin(i matelots et six officiers ;

Pour les cajeux, vingt-cinq matelots et trois ofiiciers ;

Pour la redoute Hottante, vingt -cinq matelots et trois officiers.

Pour sept brûlots, deux cents matelots et quatorze officiers ;

Pour la gabarre, vingt matelots et quatre officiers ;

Pour les deux bâtiments qui sont en batterie, six officiers et quatre-vingt-huit matelots ; ce qui fait cinq cent soixantedix-neuf matelots.

Il en reste cent vingt-un qui ne sont pas em2jloyés, et tous les officiers le sont.

XXYI

Instruction pour M. de Riguiid

26 mai 1759.

M. de Eigaud sait la conséquence dont il est que les soldats de la marine et les milices qu'il a fait commander, se rendent promptement à Québec ; le salut de la colonie en dépend. Il faudra des ordres très précis à ses officiers des états-majors et à M. Martel, commissaire, pour faire embarquer tout le monde, comme aussi de faire partir le détachement de M. le chevalier de la Corne pour se rendre à sa destination.

Aussitôt que M. de Eigaud apprendra que M. de Bonrlamaque a été obligé de se retirer de Carillon et de Saint-Frédéric pour venir occuper l'île aux Noix, il fera marcher tout le monde, et même les gens infirmes et les plus vieux qui seront encore cependant en état de pouvoir manier les armes et tirer un coup de fusil, pour aller occuper Saint-Jean et Laprairie, où il assemblera tous les sauvages du saut Saint-Louis pour couvrir cette partie et établir une commuuication sûre de Laprairie à Saint-Jean, d'où ce corps, qui sera assemblé à Laprairie, sera également à portée de pouvoir secourir M. le chevalier en cas qu'il fût replié dans les Eapides.

M. de Eigaud, après le départ des milices, enverra des ofliciers dans les côtes, voir si ces ordres ont été bien exécutés. Four les miliciens qui ont eu ordre de se rendre à Québec, il fera faire en même temps un rôle exact de tous les Canadiens infirmes et autres qui

seront restés, pour qu'il puisse en faire commander quand le cas l'exigera.

Il fera rassembler tous les bateaux, tant de Chambly qu'autres endroits, de même que les canots, pour les faire rendre à Laprairie, qui sera le dépôt de toutes les troupes, pour pouvoir soutenir et couvrir toutes les parties attaquées. M. de Eigaud entretiendra une correspondance bien exacte avec M. de Bourlamaque au sujet de ce qu'il y aura à faire dans toute cette partie.

A l'égard des cent trente hommes qui vont revenir ces jours-ci de la Pointe-au-Baril, M. de Eigaud donnera ses ordres pour qu'ils passent promptement et descendent à Québec,

M. de Eigaud donnera connoissance à M. d'Aillebout de ses instructions et des ordres qu'il a reçus de M. le marquis de Yaudreuil. En cas qu'il y amvât quelques accidents, il peut le remplacer pour l'exécution des mêmes ordres. Dans le cas que les sauvages que l'on a demandés dans les pays d'en haut descendent, M. de Eigaud fera en sorte de les faire passer le plus promptement cju'il lui sera possible pour les faire descendre à Québec.

MOXTCALM.

Fait à Montréal, le 26 mai 1759.

Instruction pour M. Martel.

26 mai 1759.

M. Martel connoît l'importance dont il est qu'il mette toute l'activité qui pourra dépendre de lui pour procurer le départ prompt des soldats de la marine et des Canadiens comma^ndés pour se rendre à Québec. Il doit n'épargner personne pour faire fournir toutes les voitures nécessaires, de toute espèce, pour faciliter le départ des troupes dont le sort de la colonie peut dépendre.

M. Martel n'a plus besoin d'aucun ordre de M. de Vaudreuil ni de M. l'intendant pour tout ce qui peut dépendre de la célérité du service. C'est à lui à aller en avant surtout et lever toute difficulté et ne pas s'arrêter aux considérations qui apportent toujours du retard aux opérations.

Aussitôt après le départ des troupes et miliciens qui sont commandés pour Québec, il fera faire une revue générale dans toutes les côtes pour voir les bateaux ou canots qui seront restés, pour les faire rassembler et raccommoder.

M. Martel doit tous les jours dire à M. de Eigaud de quelle importance il est qu'il tienne la main avec la dernière rigueur pour l'exécution des ordres qui sont donnés.

C'est dans les circonstances où nous nous trouvons qu'il faut être le plus ferme et le plus sévère pour l'exécution de tout ce qui peut être ordonné.

M. Martel par sa place est l'homme du Roi, et c'est à lui à mettre de la vigueur dans toutes les parties, et je connois la confiance bien placée que M. l'intendant a en lui, ainsi que tous les officiers supérieurs.

A Montréal, le 26 mai 1759.

MONTCALM

Méinoire sur la défense de Québec.

31 mai 1759.

Le salut de la colonie dépend principalement du succès d'un combat. Toutes nos vues doivent donc se porter à ne pas diviser nos forces et à ne pas faire des travaux inutiles, qui ne sauroient être achevés, qui fatigueroient trop le soldat, qui ne sauroient être gardés» ou, s'ils l'étoient, affoibliroient trop l'armée.

J'ajouterai à ce premier inincipe incontestable, que notre grande attention doit être sur les moyens de passer la rivière Saint- Charles pour aller au-devant de l'ennemi, et sur ceux de repasser celles du Cap-Iîouge et de Jacques-Cartier, dans le cas d'un événement malheureux. D'après ces deux principes, voici les ouvrages les plus importants et les plus pressés à faire, et auxquels il faut employer tous les bras possibles, sans perdre un moment, et distribuer les divers objets non

/Au

seulement à MM. les ingénieurs et officiers d'artillerie ; /VW mais aux officiers particuliers capables d'exécuter :

1° Travailler aux ponts sur les trois rivières de Saint-Charles, ie Cap-Eouge et Jacques-Cartier ;

2'-^ L'ouvrage pour couvrir la tête du pont ;

o*-^ Arranger les deux bâtiments dunkerquois et y établir des batteries ;

é^ Employer le plus de bras qu'il sera possible pour fermer de son mieux la haute et la basse- ville. On convient que la basse -ville ne sera jamais bien fermée ; mais au moins il faut qu'elle en ait l'apparence pour en imposer à l'ennemi et lui en rendre l'attaque difficile et meurtrière ;

5^ Mettre toutes les batteries en état et se borner pour ce qui est de la basse-ville aux pièces qui y sont actuellement ;

Q'^ Fournir le plus de Canadiens maniant la hache que l'on pourra à la construction, pour achever la batterie flottante, les bateaux portant du canon, les chaloupes carcassières et les brûlots et cajeux.

Il faut dès ce soir faire le détail de tout ce qu'on peut fournir d'ouvriers, tant des troupes de terre que de celles de la colonie et des Canadiens, et les employer dès après demain avec les officiers, et ne songer à commencer aucun ouvrage que ceux-là ne soient finis.

Ces ouvrages une fois parachevés, on pourra employer toutes les troupes et Canadiens à faire une redoute à l'entrée de la rivière Saint-Charles, et un retranchement à tous les endroits de la dite rivière qui sont guéables. Tout autre ouvrage me paroît inutilo dès

qu'on ne peut se flatter d'avoir le temps ni les moyens de faire tous ceux qui avoient été projetés. Il faut seulement s'occuper d'une bonne formation de troupes de la colonie, des moyens d'avoir quelques pièces de campagne et de quoi conduire les munitions à la suite des troupes.

Ces objets remplis, M. le chevalier de Lévis, avec les officiers de l'état-major, ira leur marquer le camp de guerre déterminé ce matin sur les hauteurs de Beauport et voir d'en préparer les communications, et il faudra attendre les ennemis avec autant de tranquillité que de courage.

A l'égard des opérations maritimes, il faut décider la question des frégates.

J'estime que deux au-dessus de Québec, dans la partie de Sillery, feront très bien.

Disposer d'avance les cajeux, les bateaux armés, etc. Si l'on avoit des chemises souffrées, on en pourroit faire usage, dès à présent qu'ils sont à l'ancre et qu'ils s'en doutent moins, vu notre éloignement.

Tel est l'avis que j'ai l'honneur de proposer.

MONTCALM

Fait à Québec, le 31 mai 1759.

Règlement pour V incorporation des Canadiens dans les bataillons des troupes de terre.

1er juin 1759.

Pierre de Rigaud de Yaiidreuil, grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur et lieutenant général pour le Eoi en toute la Xouvelle- Trance, terres et pays de la Louisiane.

Nous ayant paru convenable d'incorporer des Canadiens dans les bataillons des troupes de terre pour la défense de Québec, nous avons fait le règlement qui suit :

Article 1"'

On donnera A chaque bataillon des Canadiens des quartiers où ils ont hiverné, lesquels seront distribués dans les compagnies, en choisissant ceux des paroisses où les compagnies auront été en quartiers pour les placer de préférence dans les dites compagnies, afin qu'ils soient avec les soldats qu'ils connoissent.

Article 2

Les Canadiens seront campés et vivront avec les compagnies où ils seront placés. Les officiers et sergents auront attention qu'on leur procure tout ce qui sera nécessaire, qu'on ait pour eux dans les compagnies tous les égards et ménagements qu'il convient.

Article 3

Il sera choisi parmi les miliciens qui seront incorporés dans chaque compagnie deux des plus entendus, qu'on fera l'un sergent et l'autre caporal de milice, et cj[ui seront chargés de commander les autres pour le service. Si dans le nombre il y en a qui soient déjà sergents, ils seront préférés.

Article 4

Les commandants de bataillon tiendront la main à ce que les décomptes de l'économie des vivres et travaux leur soient faits exactement. Les officiers majors donneront des reçus particuliers pour les vivres sur lesquels ils mettront : Milices attachées aux bataillons.

Article 5

Les officiers des compagnies auront attention de visiter les miliciens malades, de les faire visiter par le chirurgien-major et de les faire conduire aux hôpitaux, si leur maladie l'exige.

Article 6

Les dits miliciens seront punis joar la prison ou la garde du camp. Défense i\ tous ofticiers et sergents de les maltraiter ni imposer aucune peine afflictive. S'ils tomboient dans quelque cas grave, on informeroit M. le marquis de Montcalm, qui nous en rendroit compte.

Article 7

Défense à tous officiers de les employer à toutes autres fonctions qu'au service militaire.

Article 8

Les dits miliciens attachés aux bataillons fourniront au service et aux travaux, et les commandants des bataillons auront attention que ce ne soit que proportionnellement à leur nombre. Lorsque l'on jugera à propos pour le bien du service de les rassembler par peloton pour les faire combattre, les commandants des bataillons y attacheront des officiers et des soldats suivant les instructions qu'ils recevront du général ou des ofiiciers supérieurs.

Article 9

Les officiers majors de chaque bataillon enverront tous les huit jours à M. Dumas, major des troupes de la marine, un état des dits miliciens, où ils marqueront ceux qui se seroient absentés sans permission ou qui auroient été aux hôpitaux.

Article 10

Lorsque nous jugerons à propos, après l'expédition finie, de renvoyer les miliciens chez eux, les commandants de bataillons adresseront le rôle des dits miliciens à M. Dumas, l'apostillant, de ceux ([ui se seroient le plus distingués, principalement dans les fonctions de

sergents et caporaux, ainsi que de ceux qui auront été blessés, 'en y joignant leurs certificats et celui du chirurgien-major sur l'espèce de blessure, afin que nous soyons en état de leur procurer des grâces proportionnées à leurs services. Ils certifieront aussi les dits miliciens être payés de leurs travaux et économie.

]\Iandons aux commandants de bataillon des troupes de terre et autres oificiers de se conformer exactement, chacun en ce qui les concernera, aux articles du présent règlement.

Signé : Yaudreuil.

Fait à Québec, le 1er juin 1759.

Supplément au rèylement de M. de Vaudreuil.

MM. les commandants et les officiers majors s'occuperont de faire une visite exacte des miliciens attachés aux bataillons, pour voir de faire armer ceux qui ne le sont pas ; de leur faire distribuer les munitions nécessaires et voir s'ils ont ce qu'il faut pour camper.

Les miliciens attachés au bataillon de la Sarre demandant à ne pas ronij)re leur ordinaire et chambrée ; on peut leur accorder cette grâce, et à ceux des autres bataillons, s'ils en ont envie ; bien entendu que le règlement de M. le mar(j[uis de Yaudreuil sera exécuté selon sa forme et teneur pour le service et pour le faire exactement dans tous les camps.

M. le marquis de Vaudreuil a promis à M. le marquis de Montcalm que les Canadiens attachée aux bataillons seront les premiers renvoyés après l'expédition. Chaque officier major donnera un état au major de brio-ade des besoins des Canadiens attachés aux bataillons, afin qu'il en donne un état général. S'il y a quelque difficulté à l'occasion de l'incorporation des Canadiens, M. de Senezergues en ordonnera provisionnellement.

(Pour copie conforme à l'original.)

Chevalier de Montreuil.

Points à décider par M. le marquis de Vaudreuil après en avoir conféré avec 31. V intendant.

5 juin 1759.

On a proposé à faire un corps de cavalerie et on a cru que cela pouvoit être de quelque utilité.

Il n'est pas douteux que de la très bonne cavalerie bien exercée de longue main seroit utile dans un combat en plaine, surtout si l'on pouvoit avoir mille ou six cents chevaux. Il n'est pas possible ici d'en avoir un pareil nombre. L'eût-on, elle seroit de la mauvaise espèce, et, si on en fait un corps considérable, ce ne pourra jamais être qu'aux dépens de l'armée, qui n'est

pas des plus fortes ; et, plus ce corps sera considérable, plus mauvaise sera cette cavalerie, parce qu'il est plus aisé de bien composer un petit nombre qu'un grand, secondement, parce qu'il y faut des officiers, qu'il n'y en a pas de reste dans les corps et qu'il n'en faut attacher à cette cavalerie que de ceux qui au moins ont quelque expérience dans ce genre de service. On demandera à quoi pourra servir ce peu de cavalerie que l'on fera.

1° Faire des patrouilles le long de la côte ;

2° A se porter rapidement à un débarquement avec un fantassin en croupe pour s'y opposer, si quelques berges ou chaloupes vouloient le tenter, pourvu qu'il n'y ait pas de canon ; car, s'il y en a voit, j'affirme que cette cavalerie ne tiendroit pas. Elle peut aussi servir à étonner l'ennemi, et, pour cet effet, il faut que lors du combat on la tienne ou derrière les troupes, ou derrière quelque bouquet de bois, ou derrière des cassines, pour déboucher avec audace et impétuosité, lorsque l'ennemi aura été chargé et ébranlé par le feu de l'infanterie ; car, si on avoit la maladresse de vouloir la mettre en ligne ou en avant, il y a à parier qu'au lieu de contribuer à nous faire gagner le combat, elle le feroit j)erdre, parce qu'un feu nourri de l'infanterie ennemie l'auroit bientôt mise en désordre, et qu'il n'y a rien de si communicatif à la guerre que le désordre.

D'après cet exposé, c'est à M. le marquis de Vaudreuil à décider : 1° le nombre de cavaliers qu'il veut avoir et donner en conséquence les ordres à ce nécessaire ;

2*^ Décider de quelle espèce de miliciens et de Canadiens elle serait remplie, en préférant ceux qui ont déjà

I,ETTRES ET PIÈCES MILITAIEES 177

servi dans la cavalerie, ou qui peuvent être connus pour bien mener un cheval ;

S'^ Les bataillons des troupes de terre sont trop courts, outre qu'il n'y en a point qui aient servi dans la cavalerie. On a grand intérêt de laisser ce corps frapper en masse ; par conséquent, il ne faut pas imaginer d'en tirer des cavaliers ;

40 Décider de l'armement et équipement de cette troupe. Si on veut leur donner un air de guerre à peu de frais, il leur faudroit des bonnets avec des peaux d'ours, des capotes amples, uniformes, blanches ou bleues ; et je préfèrerois le bleu ; cependant c'est indifférent ; des sabres et des bons fusils ;

5*^ Décider du nombre et des ofticiers que l'on j attachera. C'est à M. le marquis de Vaudreuil à décider sur tous ces points.

MONTCALM

A Québec, le 17 juin 1759.

Mémoire pour la défense de Québec.

28 juin 1759.

L'avant-garde des ennemis est maintenant à quinze lieues de nous. Nous ne savons pas ce qu'ils ont en arrière qui peut être joint d'un moment à l'autre. Xotre armée ne sera pas rassemblée et en état de combattre avant quinze jours. Si les ennemis viennent avant,

qu'est-ce qui peut faire notre salut ? Ce ne sera pas la défense de la ville : ce sera donc le succès des brûlots et des cajeux. D'après cela mon avis est : De réduire l'artillerie aux cent travailleurs que nous leur donnons de nos soldats, et que l'artillerie se presse de mettre du canon sur la branche droite du quai de l'ancienne construction ;

Que le génie se contente de cinquante Canadiens maniant la hache, avec les charpentiers qui les conduisent actuellement, sans y en mettre davantage, le travail qu'ils font ne pouvant jamais être que pour obtenir une espèce de capitulation pour la place, l'armée battue ;

Que les dunkerquois soient coulés aux endroits indiqués avec la plus grande diligence et garnis d'artillerie ; que l'on emploie tous les bras aux opérations maritimes et que, pour cet effet, on rende à la rade ses matelots, et que l'on envoie de suite les Canadiens, à mesure qu'ils arriveront, pour faire les cajeux avec le sieur Courval.

A l'égard des ponts absolument nécessaires sur les rivières Saint-Charles, le Cap-Eouge et Jacques-Cartier, besogne longue, je les simplifierois au moyen de bacs ou radeaux qu'on tireroit avec la cinquenelle, d'autant que le passager assure l'avoir mesuré cet hiver sur les glaces, et que la rivière Saint-Charles a cent et queLpies toises de largeur.

Tour cet objet, M. de Tontleroy donneroit les bois qu'il avait destinés à des blindages, dont il n'est plus temps de s'occuper, et d'autres Ijois, si on en trouvoit dans la ville, à des particuhers.

Mettre nos frégates en état de combattre le plus tôt possible. Le régiment de Languedoc travaillera de suite à faire un ouvrage pour couvrir les bacs de la rivière Saint-Charles ; M. de Pontleroy le conduira.

Envoyer des partis par terre avec des Canadiens et sauvages. Si on n'a point d'ofl&ciers canadiens pour les conduire, j'offre MM. de La lîocliebeaucourt, Calan et autres officiers des troupes de terre qui ne demandent pas mieux en leur donnant des Canadiens pour guides.

Je propose de mettre en vigie le Sieur Duserre, capitaine malouin, avec une lunette, à la pointe de l'île d'Orléans ou autre lieu que ]\I. Pellegrin indiquera ; il établira en conséquence la communication par des signaux.

j\I. Le Mercier doit songer à faire charger ses bombes, mettre ses batteries en état et à avoir une disposition nécessaù'e de canonniers et de bombardiers, pour se porter de suite au service des batteries en cas d'alerte, ainsi que l'état nécessaire des hommes à prendre dans la rade. D'ailleurs, il faudroit attacher un officier de la rade uniquement occupé de la partie des artifices, et, s'ils ont besoin de bras, on leur en donnera.

On pourra employer à cet ouvrage tous les tambours, comme il est d'usage dans les places assiégées, en en réservant deux pour le service de la place.

M. Dumas doit dès aujourd'hui ranger par compagnies tout ce qui est en état de se porter en avant ou de combattre dans la ville, et leur attacher des officiers de milices ou notables bourgeois, en attendant qu'on puisse avoir des officiers de troupes réglées.

Je crois qu'il seroit très avantageux de former de suite des compagnies de volontaires canadiens. Tel est mon avis, ce 28 au matin.

MONTCALM

Je propose encore 1*^ de faire toutes les batteries qui environnent la basse-ville, à barbette, sans même de genouillères, ni plates-formes, si on ne peut pas les faire actuellement. Ces batteries n'auront d'effet qu'autant que l'ennemi en mouilleroit de fort près, et alors on n'y tiendroit pas mieux avec des épaulements ;

2*^ De repartir dès ce moment officiers et soldats d'artillerie à leurs postes ;

o^^ Enfin de faire, pour le cas d'une alerte, la répartition générale de tout le monde, terre, marine et colonie, sauf à ajouter à la disposition à mesure que nos forces augmenteront.

Mémoire sur Vemplol des sauvages.

6 juillet 1759.

■ M. le mar(|uis de Yaudreuil a sept cent quarantequatre sauvages, suivant le calcul qu'il en a fait luimême. Je voudrois qu'il me permît de tenir un con- .seil avec les officiers, interprètes et chefs des sauvages,

pour leur expliquer l'utilité dont ils peuvent être en cas d'atta(|ue. Je voudrois qu'il en tînt un parti avec M, le chevalier de Lévis et qu'il nous en donnât trois cents à la droite. En fait de sauvages, trois cents font comme mille. Si M. le marquis de Vaudreuil nous en donne trois cents avec un bon of&cier, je me charge d'en tirer grand parti, de leur faire faire quelques petits détachements et de leur inspirer une manonivre décisive, quand même un de nos corps seroit enfoncé par l'ennemi. L'habitude que j'ai de traiter avec les sauvages, la confiance qu'ils ont en moi, me rendent mon stratagème immanquable.

A l'égard des hauteurs de Sillery, où il n'est question que d'être averti, nos trente Hurons et les Algonquins suftiroient. On pourroit mettre les Ottawas d'un côté et rassembler de l'autre, avec Beaubassin, les Abénaquis, Poutouotamis, Sauteux, etc., etc. Ce sera le seul moyen de tirer parti des nations.

M. le chevalier de Lévis sera alarmé de ce projet parce qu'il craindra que tous les sauvages ne veulent me suivre ; mais qu'il se rassure parce que je donnerai un collier aux uns pour me suivre et aux autres pour ne pas me suivre. 11 est bien vrai que, si je vouloisdire un mot à mes amis les sauvages, je pourrois bien les entraîner où je jugerois à propos, mais je n'en ferai jamais usage que pour le bien général et par les ordres de M. le marquis de Vaudreuil ; car le succès dans, toutes les parties nous est également nécessaire.

Dès que nous regardons les sauvages comme capables de décider du gain, il faut en avoir à la droite et à la

gauche ; autrement nous aurions la maladresse d'un général qui, pouvant faire agir de la cavalerie sur sa droite et sa gauche, la placeroit à une aile. Tel est mon avis, ce six juillet 1759.

MONTCALM

Ordonnance du gouverneur général.

9 août 1759.

Pierre de Eigaud, marquis de Vaudreuil, grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur et lieutenant général pour le Eoi en toute la Nouvelle- France, terres et pays de la Louisiane.

Nous prions M. le chevalier de Lévis, maréchal des camps et armées du Eoi, de partir dès demain matin pour se rendre dans le gouvernement de Montréal, dont il prendra en chef le commandement intérieur et extérieur, principalement des parties des lacs Champlain et Ontario. Il aura partout où il sera et où il trouvera à propos de se transporter, pour la défense de ce gouvernement, toute l'autorité que nous exercerions nousmême, suivant les circonstances, si nous y étions personnellement présent.

Ordonnons à tous officiers supérieurs et inférieurs, commandant ou servant dans quelques parties intérieures et extérieures du dit gouvernement, et notamment sur les frontières des lacs Champlain et Ontario,

d'exécuter de point en point les ordres que M. le chevalier de Lévis jugera à propos de leur donner, comme s'ils émanoient de nous-même, nous en rapportant entièrement à lui sur tous les cas prévus ou à prévoir.

Yaudkeuil.

Fait à notre quartier général, le 9 août 1759.

Ordonnance du gouverneur général.

28 septembre 1759.

Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil, grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en toute la XouveUe- France, terres et pays de la Louisiane.

Les circonstances exigeant que nous nous portions de notre personne cà Montréal pour la défense des frontières de la colonie, où il y a toute apparence que l'ennemi est au moment de paroître, Xous remettons le commandement de l'armée à M. le chevalier de Lévis, maréchal des camps et armées du Eoi, avec toute l'autorité que nous y aurions nous-même, si nous y étions présent, nous en rapportant entièrement aux mesures qu'il jugera à propos de prendre pour empêcher les ennemis de pénétrer, et aux ordres qu'il donnera au sieur de Vauquelin, concernant la manœuvre et la

défense des frégates du Roi, de celles du munitionnaire et de ses navires.

L'autorisons aussi à disposer des milices du gouvernement des Trois-Eivières, lorsqu'il le jugera nécessaire.

Vaudreuil,

Fait à notre quartier général au Cai^-Santé, ce 28 septembre 1759.

Modèle de lettres pour les capitaines des côtes à eux envoyé p>ar M. de Lévis, pour répondre aux ordres qu'ils avaient reçus des généraux anglois *.

15 octobre 1759

Vous trouverez ci-après, Messieurs, le modèle de la réponse que vous devez faire au général Murray. Je vous réitère les mêmes recommandations que je vous ai déjà faites.

Monsieur,

J'ai reçu l'ordre que Votre Excellence me fait l'honneur de m'envoyer. 11 ne m'est pas possible de l'exécuter, attendu que nous avons personnellement dans cette paroisse des détachements françois, et que

* Cette 2:)ièce appartient au XI volume des papiers du chevalier de Lévis.

leurs généraux nous défendent, sous les plus grandes peines, d'avoir aucune correspondance ni de recevoir aucun ordre de la part de MM. les généraux anglois.

Dans la situation où cette paroisse se trouve, je pense que ce que nous pouvons faire de mieux pour ne pas déplaire à aucun des deux parties belligérantes, c'est de conserver une exacte neutralité. Nous ne pouvons exactement obéir qu'à celle qui tiendra des garnisons fixées dans nos paroisses. J'espère que Votre Excellence approuvera ma conduite en ayant égard à notre triste situation.

J'ai l'honneur d'être,

avec un très profond respect,

Monsieur, etc.

XXXYI

Projet d'attaque sur Québec.

Hiver 1759.

La prise de Québec pendant l'hiver seroit d'une gi'aiide utilité pour l'Etat, fort glorieuse pour les armes du Roi et pour le général qiii auroit conduit cette entreprise, effaceroit le souvenir de la dernière campagne et sauveroit peut-être encore la colonie pour dix-huit mois, puisque, cette expédition étant ignorée en Europe, il n'y a pas d'apparence que les Anglois fussent en état d'entreprendre cette place l'année pro-

chaine, conirae ils viennent de faire, et que des secours médiocres suffiraient pour conserver le reste du Canada jusqu'à l'hiver de 1760.

Il est question de savoir si cette entreprise est faisable. D'après le détail suivant, il sera aisé à ceux qui connoissent la situation et les ressources de la colonie de juger si l'on peut se procurer les moyens de réussir.

L'ennemi ayant une connoissance parfaite de ce qui se passe dans le pays, on ne peut espérer de le surprendre. Les préparatifs lui seront connus longtemps avant l'expédition ; il sera instruit de nos mouvements, tel secret que nous puissions y mettre, et je ne pense pas que l'opération puisse se lirusquer. Il est nécessaire, pour réussir, de le tenir en échec assez longtemps pour le fatiguer, et de lui donner de l'incertitude sur l'objet et sur l'instant de cette expédition.

Vu la nombreuse garnison de Québec, il me semble qu'on ne peut entreprendre sur cette place avec moins de huit mille bons hommes, non compris les sauvages.

Les troupes de terre peuvent fournir dix-huit cents hommes, savoir quatre piquets par bataillon de quarante-cinq hommes chaque, et les huit compagnies de grenadiers.

Les troupes de la marine, en réduisant la garnison de Jacques Cartier, peuvent fournir neuf cents hommes ; les canonniers, cinquante. Il faut savoir si l'on peut tirer des milices depuis les Cèdres jusqu'à la l*ointeaux-Trembles de Québec, les cinq mille deux cent cinquante hommes excédants, sans mettre les autres frontières hors d'état de soutenir un coup de main, si

les troupes eunemies qui sont sur le lac Champlain eiitreprenoient une diversion.

Je ne compte pas les milices du bas de Québec, pour lesquelles il faudroit porter des armes et des équipements, afin d'en réunir à l'armée le plus grand nombre que l'on })Ourroit, parce que les hommes qu'on tireroit de cette partie sufiiroient à peine pour remplacer ceux de l'armée qui déserteroient ou tomberoient malades dans le cours de l'expédition.

Cette expédition, depuis le premier jour de l'assemblée jusqu'à celui de la réussite, peut durer un mois. Il faudra donc, y compris les sauvages, les pertes et les fausses consommations, se pourvoir au moins de deux cent quatre-vingt mille rations, chacune d'une livre et demie de pain et de trois quarterons de viande ou demilivre de lard.

Il faudra plus de dix mille équipements, attendu les voleries et consommations sauvages ; quatre cents traînes attelées chacune d'un bon cheval, cinquante ou soixante quarts d'eau-de-vie, deux cents échelles longues chacune de vingt-quatre pieds et brisées en deux pièces. Les montants de ces échelles doivent être de bois léger et les traverses de noyer, ou autre bois ferme.

Je pense que la meilleure manière de les assembler seroit avec deux boulons de fer qui serviroient d'échelons. La partie basse de l'échelle supérieure étant plus large que la partie haute de l'inférieur, rien ne seroit plus aisé que de les monter.

Il faudroit en outre deux cents bouts d'échelles de deux ou trois pieds de long pour ajouter promptement au bas des échelles de la même manière, si, lorscjuclles

seront dressées contre les murs de la ville, elles se trouvent trop courtes.

Ces échelles et les bouts à rajuster doivent être armés par le bas d'une forte pointe de fer, l'extrémité supérieure doit aussi avoir une pointe courbe pour appuyer contre la muraille, qui ])ourroit être tapissée de glace.

Au reste, il seroit bon d'en faire faire des modèles pour s'assurer de la meilleure manière de les construire.

L'essentiel seroit de savoir au juste la mesure qu'elles doivent avoir ; trop courtes, elles ne peuvent servir, trop longues l'ennemi les culljute aisément.

Six petites pièces de campagne de fonte sur affûts marins montées dans des coulisses sur des traînes. Le canon seroit plus aisé à mener de cette numière, et, pour le pointer, il ne serait question que d'embarrer sous le derrière de la traîne, comme on fait sous les flasques d'un affût de campagne.

Ce canon servira à battre les postes extérieurs et les blockhaus et à tirer à boulets rouges, mais principalement à combattre dans la ville.

Il faudra porter l'attirail nécessaire pour chauffer les boultts. Quelques mortiers pour jeter des bombes dans la ville, tâcher d'y mettre le feu et inquiéter la garnison.

Le plus c^u'on pourra ramasser de sacs à laine, matelas et madriers pour fiiire des mantelets et se mettre promptement à l'abri des coups de fusil.

L^ne cinquantaine de traînes disposées pour se retrancher promptement en les mettant l'une à côté de l'autre ; assez de raquettes pour en pouvoir distribuer

dix paires an moins par piquet de troupes, un plus grand nombre aux Canadiens et une paire à chaque sauvage.

Quatre on cinq mille fusils de rechange pour remplacer ceux qui seront cassés ou perdus dans le cours de l'expédition, et pour armer les habitants du bas de Québec.

Une quantité suffisante de poudre, de balles et de pierres à fusil. Des pétards, des masses, coins de fer, ciseaux à froid, marteaux, limes, clous à enclouer, pinces de fer, haches, scies, artifices de toutes sortes et en grand nombre. Des caissons pour porter l'artifice et cent coups de mitraille par pièce ; un millier de fascines de huit pieds de long, bien liées.

Deux cents gabions légers et aisés à porter.

Supposé qu'il soit possible de se fournir de ces moyens, voyons quels sont ceux qui peuvent vous procurer la réussite.

Il seroit nécessaire d'avoir des espions affidés et entendus qui reçussent leurs instructions de quelqu'un au fait des choses de la guerre et qui pussent instruire :

1" De la hauteur des murailles, à moins que M. de Pontleroy ne pût donner là-dessus des connoissances assurées. La manière la moins dangereuse de mesurer la hauteur d'un rempart revêtu est de compter les rangs de pierres qui le composent. l'our la partie en terre on compte les saucissons ou fascines, s'il y en a ;

2*^ Du nombre exact des troupes de la garnison, de celui des gardes journalières, de la force, du nombre et de la situation du corps de garde ;

o^ De l'état de la place par rapport aux ouvrages intérieurs et extérieurs ;

4*^ De la forme, du nombre des blockhaus, de leurs défenses, si elles ont du canon, combien d'hommes dans chaque, à quelle distance elles sont l'une de l'autre ;

5'' Si l'on peut arriver par quelque endroit jusqu'au pied du rempart, sans rencontrer aucune enceinte extérieure ; autrement l'entreprise ne peut réussir. L'enceinte de blockhaus, s'ils ne sont pas fort près l'un de l'autre, ne seroit peut-être pas un obstacle insurmontable, parce qu'on peut eu passant en enlever un ou deux ou les masquer par un feu supérieur, et que l'on pourroit d'avance y mettre le feu avec des bombes. Cependant ils méritent une grande considération, surtout s'ils sont bien construits et s'ils enveloppent le front de la place depuis le fleuve jusqu'à la côte d'Abraham ;

6'^ En quel état est le côté qui regarde le fleuve dans la partie qu'on apjielle le cap au Diamant. Je pense que ce côté seroit le plus aisé à escalader, quoique fort escarpé, si les Anglois n'y ont pas travaillé ;

7^ Dans quel endroit sont situés les magasins à poudre, ceux des vivres et des munitions, le bois de chauffage, les logements des soldats, du commandant et des principaux officiers ;

8"^ S'il n'y a pas sur le rempart et près des corps de garde de petits magasins de munitions ;

9'^ Quelle est la place d'armes, le rendez- vous des troupes en cas d'alerte et leurs dispositions, s'il y a des réserves ordonnées, et où elles <l()ivent s'assembler ;

IC^ Comment l'artillerie est disposée sur les rem- ]3arts ; s'il y en a clans les rues de la ville, sur les j)laces, en face des postes ;

ll'^ S'il y a des lieux de retraite pour les troupes dans l'intérieur de la place, comme bastions retranchés, églises et maisons crénelées, rues coupées, etc ;

12" Quel usage font les Anglois d'une vieille redoute de maçonnerie qu'on appelle la citadelle;

13*^ Quel usage ils font des flancs bas et couverts qui sont sur les fronts de Saint-Louis et Saint- Jean ;

14° Si l'on a soin de déblayer le pied des remparts et d'ôter la neige qui s'y amasse journellement ;

15'^ Si l'on ôte celle qui pourroit masquer les embrasures.

Pour se procurer des espions affidés, on pourroit s'adresser aux Jésuites. Ils sont propres à inspirer le zèle nécessaire pour risquer sa vie dans une besogne où peut entrer le motif de la religion.

Les préparatifs divulgueront l'entreprise ; on en peut faire mystère en public pour la mieux persuader, mais il faudra confier à quelques secrétaires et autres personnes affidées que le projet d'enlever Québec seroit fou ; qu'on n'a d'autre dessein que d'enlever les postes que les Anglois ont à Lorette et à Sainte-Foye ; que l'on tâchera d'attirer à la campagne la meilleure partie de la garnison pour la défaire et ensuite entreprendre sur la ville, mais que, si cette garnison se tient renfermée, on se contentera d'épuiser les subsistances des environs pour affamer la garnison, parce qu'on est assuré qu'il n'y a pas assez de provisions pour faire vivre les troupes angloises jusqu'à l'arrivée des vais-

seaux, sans le secours de la campagne ; qu'en même temps on essaiera de brûler des magasins en jetant des bombes et boulets rouges dans la ville.

L'ennemi sera bientôt instruit que le projet n'est pas d'escalader et croira qu'on n'a d'autre objet que de le tenir renfermé.

L'on dira aux mêmes personnes que le détachement destiné pour cette expédition n'est C|ue de cinq ou six mille hommes, quoiqu'on fasse courir le bruit qu'il est de huit ou dix mille, et l'on gardera un grand secret sur la force réelle. Pour cet effet, il faudroit lorsque les troupes seront assemblées, établir plusieurs endroits de distribution, régis chacun par un homme principal, qui garderoit le secret sur sa patrie.

Les préparatifs étant faits, on se mettra en mouvement sans s'embarrasser du secret, on attaquera les postes de Lorette et de Sainte-Foye, s'ils ne sont pas repliés. On établira aux environs de Québec plusieurs gros quartiers qui se communiqueront et seront à l'abri d'insulte. On établira des batteries de mortiers, et s'il est possible du canon à boulets rouges, pour tirer continuellement sur la viUe.

On fera faire de joui et de nuit des courses jusqu'aux postes, de fréquentes démonstrations d'escalade à différentes heures. On enlèvera avec rigueur toutes les subsistances des environs ; on en fera des dépôts vers le haut du fleuve. On armera tous les habitants du gouvernement de Québec. On fera des enterprises, s'il est possible, sur les navires et bateaux des ennemis et sur les magasins extérieurs, s'il y en a. On restera sur ces manoeuvres assez longtemps pour que la garnison,

continuellement en alerte, se fatigue à la fin. On exagérera les pertes qu'on aura faites dans les différentes occasions ; on fera aux gens entendus et aux chefs des troupes les fausses confidences ci-dessus, et on leur dira qu'au pis aller on espère faire naître parmi les Anglois la désertion ou la maladie.

Lorsqu'on croira l'ennemi rassuré ou forcé par la fatigue à se négliger sur les précautions ordinaires, ou prendra son temps pour l'escalade.

Je pense que le mieux seroit d'arriver au pied du rempart un peu avant le point du jour ; de former plusieurs attaques, dont deux véritables et voisines l'une de l'autre, les autres fausses, avec ordre néanmoins de pénétrer si l'ennemi, attiré par le feu des attaques véritables, se dégaruissoit sur un certain point ;

De tâcher en même temps d'attacher le pétard à une des portes. D'avoir le corps principal à portée des véritables attaques avec les six pièces de canon, les armes, les munitions, l'artifice, les sacs à laine, les traînes préparées pour se retrancher, commandées par des ofliciers ; elles serviroient aussi à transporter les blessés, si l'affaire manquoit ;

Mettre à chacune des attaques des canonniers et ouvriers avec leurs outils ;

Ordre aux attac^ues qu'aussitôt qu'on aura gagné le haut du rempart, il soit fait un détachement pour aller attaquer, fort ou foible, la porte voisine, la faire ouvrir par les ouvriers, et la garder jusqu'à ce que les troupes du dehors soient arrivées. Le reste de ceux qui auront monté par les échelles, doit s'emparer du canon le plus

à portée et le tourner vers la ville, pour empêcher l'ennemi d'approcher.

On détachera aussi des habitants pour courir dans les rues avertir les bourgeois de se rendre à la porte qui doit s'ouvrir, où ils trouveront des armes. On leur fera dù-e que tous ceux qui ne s'y rendront pas seront pillés et traités comme anglois.

Le corps principal se mettra en marche, aussitôt qu'on aura nouvelle que la porte est forcée, et entrera dihgemment avec les traînes, dont on fera aussitôt un retranchement au dedans de la porte. On fera aussi entrer les six pièces de campagne, les armes et l'artifice. L'on détachera des troupes le long du rempart pour tourner contre la ville tout le canon Cjui s'y trouvera. On y fera des coupures pour empêcher l'ennemi de regagner le terrain qu'il aura perdu. On s'emparera des maisons les plus à portée de la porte, et on y arrangera les fenêtres avec les matelas et le grenier avec des crénaux. On détachera des partis composés de gens entreprenants et bien payés, pour aller avec de l'artifice mettre le feu aux lieux où on aura connoissance que les ennemis tiennent leurs magasins. Ces partis auront ordre, s'ils ne peuvent en approcher, d'entrer dans les maisons les plus voisines et d'y mettre le feu. Ou formera en même temps différents corps, pour marcher en bon ordre à la place d'armes, au-duvant des troupes qui sortiront de leurs logements et aux lieux de 'rendez-vous ; mais on aura soin de conserver sur le rempart une troupe assez considérable pour être assuré que l'ennemi ne puisse le regagner.

Pour empêcher, s'il est possible, les soldats canadiens et sauvages de se débander pour courir au pillage, on promettra d'avance aux uns et aux autres que tout le butin sera mis en commun pour être distribué également à tout le monde ; bien entendu que ce qui aura été pris aux bourgeois qui se seront réunis aux attaquants sera payé ou remplacé par le Eoi.

Les corps qui marcheront dans la ville au-devant des troupes ennemies, doivent se tenir ensemble, mener du canon devant eux, faire fouiller en passant les principales maisons, sans s'amuser néanmoins à celles dont il sortirait quelques coups de fusil, avoir de l'artifice pour mettre le feu où il sera nécessaire et d'ailleurs se conduire suivant les circonstances. Il paroît essentiel de s'emparer de la maison des Jésuites, de celle des Eécollets et des principales maisons de ces deux places, ainsi que de toute la rue qui mène à la porte qui aura été forcée.

On tii'era un grand secours des détachements qui allumeront le feu en différents endroits. Il ne faut pas se soucier de perdre ces détachements. Ils doivent être commandés par des officiers ou sergents fermes et entendus et auxquels on promettra un avancement prompt. Les soldats seront payés particulièrement. On pouiToit aussi employer avec succès quelques sauvages à cette besogne.

Si, après s'être rendus maîtres d'une partie de la ville, la fermeté de l'ennemi ou le désordre que le pillage auroit mis dans nos troupes, nous obligeoit de nous retirer, il faut tâcher, en se repliant, de mettre le feu à toutes les maisons de la ville, parce que cet incendie

196 LEÏTREts ET PIÈCES MILITAIRES

peut entraîner celui des magasins, et, si l'on est assez heureux pour y réussir, et que l'on ait enlevé toutes les subsistances des environs de Québec, l'ennemi sera hors d'état d'attendre les secours d'Europe. Il seroit bon. quelques jours avant, de se mettre en mouvement» d'enlever par surprise les postes de Lorette et de Sainte- Foye; ce seroit autant de moins à combattre et un grand préjugé pour les troupes.

Au reste, la disposition des troupes pour l'attaque, les instructions à donner aux commandants des différents corps, sont l'affaire d'une combinaison réfléchie qui dépend des connoissances qu'on aura acquises sur le terrain.

Quoiqu'on vienne de donner une idée générale des moyens de prendre Québec, ou ne peut dissimuler les difficultés de cette enterprise ; elles sont telles que la réussite tiendroit du prodige.

Le genre des troupes à combattre et celui des troupes à y employer n'est pa^ le seul obstacle. Il faut soutenir pendant vingt ou trente jours la rigueur du climat, empêcher la désertion et le découragement des Canadiens, chose presque impossible, celle des sauvages, que dix chevelures feront retourner chez eux ; et, si la marche des troupes est découverte, au moment de l'exécution, la difficulté presque insurmontable d'appliquer des échelles contre une garnison nombreuse et une artillerie préparée, plusieurs combats dans la ville contre des bonnes troupes qui n'ont d'autre ressource que de vaincre ; l'inconvénient du pillage, terri))le pour des hommes sans discipline ; les fausses alarmes, les déroutes de peur uu pour un mot indiscret ; la perte presque totale

de nos meilleurs corps, si l'on est obligé de se retirer ; la difficulté, si cela anive, de mettre le feu à la ville, comme il est proposé ci-dessus ; en un mot, rien de plus glorieux et rien de plus difficile que de prendre Québec cet hiver.

Je ne sais si en profitant des premiers jours du printemps, l'on ne pourroit pas réussir à prendre Québec par un siège en règle, en faisant d'avance et avec beaucoup de secret les préparatifs nécessaires. Il faudroit pour cela être bien assuré du temps où l'ennemi sera en état d'opérer vers les lacs.

(Sans signature.)

Mémoire et observations sur le projet d'attaquer les 'postes ennemis en avant de Québec, et sur celui de surprendre la pUice ou de V enlever de vive force.

18 janvier 1760.

Suivant le rapport de tous les habitants qui viennent de Québec, le poste que les ennemis ont établi dans l'église de Sainte-Foye y est à l'abri d'un coup de main ; l'église est entourée de grosses palissades, à trois ou quatre toises en avant du pied du mur ; il y a quatre pièces de canon ; leurs murs .tiont percés de deux rangs de créneaux et l'on peut faire feu par les fenêtres, les ennemis ayant étaltli une galerie en bois

pour cet objet. On suppose que l'église de Lorette est fortifiée dans le même goût.

Pour forcer nu tel poste, il faut du canon. Comment l'établir sur la neige ? L'ennemi en ayant, il faut couvrir le nôtre. Aura-t-on dans la colonie assez de matelas ou sacs à laine pour former des merlons ? D'ailleurs, ne doit-on pas croire que l'ennemi, prévoyant qu'il pût être attaqué, aura pris la précaution de tirer la neige du pied des palissades, et, la jetant en avant, aura formé une élévation en glacis qui couvre en entier toute la palissade de façon que, pour la battre, il faut établir le canon à la portée pour ainsi dire du j)istolet, comme on l'établit sur la crête du glacis d'une place pour battre le pied du mur du rempart.

On assure que les palissades sont plantées à six pouces de distance l'une de l'autre ; le boulet par conséquent y fera peu d'effet, et cette façon d'établir la palissade prouve que l'ennemi n'a pas voulu s'en servir pour faire feu, mais seulement pour éloigner l'attaquant du pied du mur, ce qui doit faire présumer qu'il aura jeté la neige comme il est dit ci-dessus. Il est facile par une bonne reconnoissance de vérifier le vrai état du poste.

Supposant que l'ennemi a retiré le canon ou (|u'il ne peut en faire usage par l'élévation de la neige, le nôtre pour lors renversera l'église, blessera et écrasera tout ce qui sera dedans, ce qui nous rendra maîtres du poste.

On peut aussi avoir des flèches combustibles, lesquelles, étant lancées contre la toiture et contre les madriers qui masquent les croisées, peuvent y mettre le feu. Ce seroit même le moyen le plus aisé, le moins

dispendieux et pour lequel quelques sauvages suffiroient.

L'ennemi, connoissant la faiblesse du poste, au premier avis de la marche des François, fera sortir de Québec un corps de deux mille hommes qui se porteront en avant pour le couvrir, harceler et faire perdre bien du monde à votre armée dans sa marche.

Si l'ennemi ne veut pas soutenir et défendre les postes en avant de Québec, il les évacuera, placera un corps dans les maisons vers Sainte-Foye. Elles peuvent être liées ensemble par des retranchements dans la neige, ouvrage bon et que l'on peut faire en deux heures.

Irons-nous l'attaquer avec le peu de troupes réglées que nous avons ? Je puis, sans craindre d'être contredit, dire que les bataillons, * de milice sans discipline ; il ne reste que très peu de vieux soldats ; tout €st recrues.

Sera-ce avec les Canadiens que l'on tentera une attaque ? On seroit moralement sûr d'être battu. Le Canadien est reconnu brave ; mais il ne peut, sans aucune discipline, attaquer en rase campagne ; il n'est pas même armé pour cela, et certainement il ne soutiendra pas un choc de pied ferme.

La terre couverte de trois ou quatre pieds de neige ne permet pas de marcher en bataille ; ce ne peut être •qu'en défilant, les soldats de la tête des colonnes ayant des raquettes pour l:)attre et consolider la neige ; et

* Si on en excepte les grenadiers, ils jjeuventêtre comparés à des bataillons.

peut-on de la sorte former une attaque de maisons crénelées et farcies de fusiliers ?

Si des raisons que je puis ignorer engagent et déterminent à marcher en avant pour attaquer les postes de Sainte-Foye et de Lorette, ou seulement pour les faire rentrer dans la ville, après la réussite, est-on certain de faire une retraite avec une troupe indisciplinée, mal armée et foible par le peu de nourriture qu'elle a eue depuis longtemps, et ayant sur ses talons une troupe fraîche, bien nourrie, bien vêtue, bien disciplinée, bien armée et qui peut avoir à sa suite des petites pièces de canon sur des traîneaux. Que sera-ce si l'on échouoit dans l'expédition ?

Mais, que tout réussisse, que nous enlevions ces postes avancés ou que nous les fassions replier dans la ville, que notre retraite se fasse sans y perdre un seul homme, quel avantage en résultera-t-il pour la colonie ? J'ose dire aucun. Nous avons très peu de vivres, peu de munitions de guerre ; nous les consommerons et nous en manquerons ensuite au printemps pour l'ouverture de la campagne. Nous ne pourrons pas établir des postes aux lieux où sont ceux des ennemis ; nous ne pourrions les y soutenir par l'éloignement de nos quartiers. Il faudroit donc nous retirer et prendre la même position que nous tenons actuellement. Pour lors l'ennemi, avec un gros détachement, viendra brûler et désoler toutes les habitations depuis Québec jusques et compris la Pointe - aux - Trembles. Le poste de M. de Ptepentigny sera forcé de se replier à Jacques- Cartier ; ce qui nous éloigne de Québec, rend nos partis plus difficiles et peut même faire soulever l'habitant.

L'ennemi peut même faire cette manceuvre au premier avis qu'il aura de la marche des François ; ce qui arrêteroit toutes nos opérations.

A l'égard de Québec, on ne doit pas espérer de le surprendre, à moins d'y avoir des intelligences. Il est à présumer que l'ennemi se garde avec attention, qu'il fait faire des rondes et patrouilles sur le rempart. On assure même que M. Murray en fait une lui-même toutes les nuits à des heures différentes.

Québec ne peut être surpris ou attaqué qu'autant qu'on aura replié ou enlevé les postes de Lorette et de Sainte-Foye, et cette démarche de notre part avertit l'ennemi de se tenir sur ses gardes.

Attaquer Québec de vive force me paroît bien hasardeux. Le rempart sur la hauteur d'Abraham est élev é dans les endroits les plus bas, de vingt-quatre pieds. On dira que la neige aura comblé le fossé ; mais n'est-on pas certain par le rapport de tous qui viennent de Québec que, chaque fois (ju'il tomlje de la neige, les soldats sont commandés pour la tirer du pied du mur et la jetant sur le côté, doivent former un fossé qui empêche l'approche du rempart.

Dans toute la partie entre le cap au Diamant et le bastion du palais, l'ennemi a dégorgé des embrasures pour battre toutes les avenues et pour empêcher que la neige ne couvre le canon et n'en empêche le service. Il a fait faire des caisses qui couvrent chaque pièce et que l'on peut retirer au moment que l'on est à même d'en faire usage. Il doit en être de même pour toutes les pièces qui battent et flanquent les postes et les faces des bastions.

Depuis le cap au Diamant ou les poudrières jusqu'à, l'aucieune citadelle, la place n'est fermée que par des palissades joiutives et crénelées. Si la neige n'empêche pas d'y aborder, c'est, ce me semble, l'endroit le plus susceptible d'être enlevé de vive force, en supposant que l'ennemi ne l'a pas renforcé. ]\Iais l'on m'a dit qu'il avoit construit deux redoutes en arrière, sur la hauteur, qui nous arrêteroient après avoir forcé la palissade, d'autant que je connois assez le local pour pouvoir assurer que l'approche de ses redoutes est flanquée par le feu de la citadelle et qu'on ne peut en avoir pratiqué une autre sur l'ancienne enceinte des magasins à poudre.

La partie de l'enceinte de Québec entre la jDorte du palais et l'évêché n'est pas abordable par sa hauteur, et en outre est couverte par le faubourg de la Canoterie.

Il n'y auroit que par la basse- ville que l'on pourroit tenter une attaque de vive force, en supposant que l'on feroit diversion sur la hauteur d'Abraham ou autres points du pourtour de la place ; mais il faudroit pour cette opération que le fleuve fût entièrement pris devant Québec, ce qui n'arrive pas toutes les années.

M. Bernier est certain que la garnison de Québec étoit au départ de la flotte, de cinq mille deux cents hommes. Que ce nombre soit actuellement réduit à quatre mille, c'est encore trop, n'ayant pour l'attaque, comme je l'ai dit ci-dessus, qu'une troupe peu disciplinée et des Canadiens mal armés.

Je dois encore, avant de terminer ce mémoire, faire observer les désavantages qui doivent s'ensuivre si l'on échouoit dans ces opérations.

1^ Une famine générale par la (?onsomraation des vivres qui se seroit laite ;

2*" Un découragement total dans les habitants et peut-être une révolte ;

3° La désertion parmi nos troupes, tant de celles de terre que de la colonie ;

4*^ Une certitude que l'ennemi oseroit tout tenter sans craindre de trouver aucun obstacle par le peu de volonté des habitants et la défection des sauvages ;

ô^ Si, dans l'hiver, la paix avoit été signée en Europe, quel chagrin pour nos généraux que la perte de tant de braves gens, et la ruine d'une colonie hors d'état de se relever d'un grand nombre d'années.

J'ai cru devoir mettre par écrit mes réflexions sur les attaques des postes en avant de Québec et sur l'attaque de la place, et, quoique je pense avoir démontré l'incertitude de la réussite, je crois qu'il est toujours avantageux de la faire craindre à l'ennemi. Il fiitiguera ses troupes. Les grandes fatigues, le grand froid peuvent y occasionner des maladies et mettre dans les troupes un esprit de désertion qui ne peut être qu'à notre avantas-e, et même les maladies et la désertion peuvent être parvenues à un point qu'en attaquant Québec, on seroit moralement certain de s'en rendre maître.

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