DE ROBERT D'ARTOIS
FAIT (i).
Philippe d'Artois, arrière-petit-fîls deLouisVIlI, roi de France , avait épouse Blanche de Bretagne, dont il eut Robert d'Artois; mais étant mort avant Robert II, comte d'Artois, son père, le comté d'Artois, qui n'était pas un fief masculin , fut recueilli par Mahaut ou Mathilde d'Artois, mariée à Othon , comte de Bourgogne. Elle se fonda sur ce qu'alors la représentation n'était pas admise en Artois, même en ligne directe; ce qui excluait Robert d'Artois, son père ayant précédé son aïeul.
Jeanne, fille de Mahaut et d'Othon, et cousine de Robert d'Artois, épousa Philippe -le -Long; elle fut comtesse d'Artois, du chef de sa mère, et comtesse de Bourgogne, du chef de son père.
Jeanne de France, leur fille, fut mariée à Eudes, duc de Bourgogne; et c'est entre elle et Robert d'Artois que fut terminé le procès dont il s'agit.
A l'égard de ce Robert , il épousa Jeanne de Valois, sœur de Philippe de Valois, qui monta sur le
(i) Exposé de V Editeur,
(99) trftne de France, et il eut le comté - pairie de Beau*
Les regrets de Robert d'Artois, comte de Beaumont, de n'avoir pu se procurer la propriété du comté d'Artois, ont été la source d'un grand nombre de malheurs; il faut y aitribuer les procès qui eurent lieu sous Philippe de Valois, et les guerres sanglantes avec l'Angleterre, qui désolèrent la France.
La prétention de Robert d'Artois, quoique juste dans le droit commun, était cependant opposée à une coutume qu'il a été nécessaire d*abolir dans la suite, et par conséquent elle n'avait alors aucun fondement réel. La représentation en ligne directe n'étant pas reçue en Artois, et ce comté pouvant tomber de lance en quenouille j Robert n'y pouvait rien prétendre , à moins d'un titre particulier qui eût dérogé à la loi générale ; et ce titre n'existait pas.
Robert, après la mort de Louis -le- Hutin, profita d'un soulèvement d« la noblesse d'Artois contre la comtesse , pour essayer d« s'emparer de ce comté. Pbilippe-le-Long , âflors régent du royaume, voulut terminer ces troubles, en mettant le comté dans ses mains ; mais il ne fut pas obéi , et Robert s'empara d'Arras et de Saint-Omer.
Alors Philippe marcha contre lui à la tête d^me ;»rmée. Robert fut obligé de consentir à laisser aller le cours de la justice, et de se rendre à Paris, où la propriété de la comtesse d'Artois fut assurée de nouveau*^
Robert se voyait déchu de ses espérances; mais
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nourrissant toujoars le désir le plus ardent de recouvrer ce comté , il attendait des circonstances plus favorables. 11 crut les voir se présenter après Tavènement de Philippe de Valois à la couroane : beau-frère de ce prince, il lui rendit les plus grands services; il contribua plus que tout autre, en faisant triompher la loi salique, à exclure du trône de France le rcH d'Angleterre, et à y élever Philippe de Valois» Il en était chéri, il avait sur son esprit le plus grand crédit, et son épouse éprouvait de la part de son frère une tendre amitié. Avec de si grands avantages, il crut pouvoir tout oser. Il voulut faire renaître PafTaire , et Tamener à une nouvelle décision j il ne doutait pas du succès , s'il pouvait être admis à présenter de nouveau la question à juger.
Pour y parvenir, disent les historiens, par Tentre- ^ mise d'une demoiselle Divion , née dans la ville de Béthune, qu'ils présentent comme la plits habile faussaire , et quelques - uns d'eux comme sorcière , il fit faire de faux titres; entre autres un traité de mariage de Philippe d'Artois son père, muni des sceaux des pairs de France, une lettre confîrmative de ce traité, scellée du grand sceau du roi, et une lettre d'acquiescement de Mathilde, scellée de son sceau, qui assurait à Philippe le comté d'Artois, son père ne s'en conservant que l'usufruit. Les mêmes écrivains ajoutent qu'il y joignit des dépositions de témoins en faveur de ces actes.
Mais l'imposture ayant été découverte , la Divion fut brûlée, disent-ils, comme sorcière et comme faus-
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saire, et Rd[>ert fut exclu. à jamais du comté d*Ârtois.
Aussi furieux de révènement <jue honteux de son crime , il se réfugia d*abord en Brabant, ensuite au- {Hrès du roi d* Angleterre ; il ne cessa d*y intriguer contre le roi de France, et soufila le feu d'une division qui fit nahie une longue et cruelle guerre.
Philippe outré, avec raison, 'de la conduite de son beau-firère, fit publier, en i336, des lettres-patentes qui le déclaraient ennemi de l*Etat, criminel de lèsemajesté, et qui défimdaient à ses vassaux de le recevoir dans le royaimfie , ou hors du royaume ( termes qui désignaient expressément le roi d'Angleterre), ni de le souffirir dans leurs terres.
Robert d'Artois, pendant une trêve, profita des troubles de Bretagne pour attaquer PhiUppe de Valois, en engageant le roi d'Angleterre à prendre le parti du comte de Monfort , contre Charles de Blois. Il alla mettre , avec la comtesse de Monfort , le siège devant la ville de Yannes, et s'en empara; mais peu après, il y fut surpris, blessé dangereusement, obligé de se réfugier à Hennebond, et de passer en Angleterre, où il mourut en i343, des suites de sa blessure, qu'avaient envenimée les fatigues de la mer(i).
(i) Voyez le t. I des Notices des mss. du roi.
JUSIIPICATION