‹ Collection des meilleurs dissertationsChapitre 18 sur 54 · Liv · texte numérisé non relu

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'Aisa de se prêtera ce maléfice. Robert, avant que de lui découvrir son noir projet , lui avait fait promettre le secret de la confession. Ce religieux étant pris dans la suite 9 et conduit dans les prisons de révéque de Paris , eut d'abord scrupule de le révéler, et il fallut que T^véqùe^ après avoir consulté les plus savans docteurs , lui déclarât authentiquement que la proposition d'un crime est bien différente de Taveu qu'en fait un pénitent dans une confession ^sacramentelle.

Robert fit aussi partir quelques assassins pour la France. Ils allèrent jusqu'à Reims; mais on leur n^nda qu'ils y étaient connus, et que s'ils y restaient

u C'est an homine si nmable et si rariablé , que hui il « fera faire lit , le lendemain le fera faire en autre lieu , et tf demain en un autre, fait-il chacun jour, et par plusieurs « fois. Il demeure bien en ane chambre tout seul par soy, la <c chambre fermée sur lui, et y demeure sauvait par Tes- « pace de demy jour, et par plusieui^s fois. »

Cette peinture d'un homme àgièé^ar les remords, par la crainte, la fureur et la vengeance, était interprétée d'une manière encore plus fâcheuse par ceux qui vivaient avec Robert : ils le croyaient sorcier. En effet, un jour que Robert était dans sa chambre, où se trouvait une volière d'oiseaux, et où il restait «etd â parler tout haut, sans qu'on put entendre ce qu'il disait , tandis que le diner était servi , Sachebren se plaignit au chevalier Hue, de ce que le prince laissait gâter les viandes po^ parler à des oiseaux ; ce chevalier lui dit , en le frappant sur l'épaule : « Certes , frère « Henri, il ne parle mie aux oiseaux, mais au diable. » (^Voyez les Notices des mss. du roi.) (^Edit C. L»)

ils ne pouvaiem manquer d'être arrêtés , ce qui les obligea de retourner en Brabant.

R<d)ert y était errant dans diflSérentes maisons, craint toujours d'être surpris. B eut cependant la hardiesse de £iire un voyage en France, pour y Toîr la comtesse de Beaumont sa femme, ayec laquelle il passa quatre jours. Il se rendit ensuite à Namur. Ses plus intimes confidens étaient persuadés que les conseils de sa femme rayaient jeté dans le précipice où il était , et qu'ils acHeveraient de le perdre.

Enfin, la justice éclata contre lui : le roi séant an Louvre, en son lit de justice, assisté des pairs, des prélats et autres grands du royaume , Robert d'Artois fiit banni, et tous ses biens confisqués, par un arrêt solennel et définitif.

On a encore trob manuscrits de ce fameux procès, tous trois écrits et rédigés dans le temps même qu'il fut jugé (i). Il y en a deux au greffe de la chambre

(i) Voyez les Notices des mss. de la BîbUathèque du roi, t. u L'arrêt da parlement condnait à ce que le comte fllt « reçu « pour conyainca et atteint sur les crimes et maléfices des- « susdits, et fbt condamné à corps et biens, jouxte la ipia- «V lité d'iceox, et déchu de ses défenses. »

Sot qooi le rédacteur àes Notices fait l'obserratimi soiyante :

« 11 est éyîdent qoe le mot maléfices, qa'on yient de rap- « pmter, ne peut âgnifier ici que malefacta, c'est-À-dîre mé- «faits, et qu'il n'a aocun fapport à des feits de sorcellerie «c et de sortilège. Ne serait-ce pas cette expression qui aurait « donné Uen à la méprise de ceux des historiens qui ont

^és comptes , Tun est apparemment la minute ; car il s*y trouve des ratures et des renvois. Il est signé à. toutes pages 9 /. de Melun ou Meleun GoHjr^ Cordierj Molesme et Dubois. La séance du lit de justice est représentée à la tête de ce registre (i). L^autre est une copie faite diaprés cette minute , et dans le même temps : elle est sans signature au bas des pages, et sans miniature»

Le troisième registre était dans la bibliothèque de M. de Harlay : on y voit au bas des pages, les mêmes signatures que dans la minute, et au commencement la même miniature.

Robert d^ Artois. passa en Angleterre vers les premiers mois de Tan i334*Froissart, que le Père Daniel a suivi, place cette retraite avant l'expédition faite en Ecosse, par le roi Edouard III , et avant la prise de Barwick; mais la capitulation de Barwick, que Ton voit dans les Actes de Rynoer, prouve que cette ville fut prise au mois de juillet de Tan i333, et il est prouvé d'ailleurs que Robert d'Artois fiit malade à Namur, aux fêtes de Noël de la même année i333, c'est-à-dire plus de cinq mois après la prise de Barwick. Il n'arriva donc pas eu Angleterre avant qu'Edouard III se îdl rendu maître de cette ville.

Froissait dit encore que le roi d'Angleterre fit Ro-

« voula introduire des sorciers et àts sorcières dans le récit « de cette affaire? » (P. 607 du t. i des Notices,)

(fiiV. CL.) (i) Lancelot, Mém. de l'Académie, t. lo.

bert d*ArttHs comte de Richemoiid : mais il es( encore pioaYé per les Actes de Rymer, que le dac de Bretagne était alors en pleine possession du oomië de RichenHmdy qa*il garda josquli sa morly arrivée en i34o, six ans après la retraite dellobert en Angle-

Aï. Lancelot, qui a suivi tous ceux qui ont eu le titre de comte de Bichenumd^ depuis le duc de Breta^e j ne croit pas que Robert d* Artois Tait jamais possédé, ni qn*on doive pcé£irer le témoignage d^un historien à celui des pièces authentiques rapportées par Rymer.

Il ne croit pas même que Robert ait eu aucune récompense publique et connue du roi d* Angleterre, avant que ce prince eût déclaré la guerre à la France , ce qui n^arriva qu'en iSS^.

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