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CIRCONSTANCES PARTICULIÈRES

D\i mÈMÈMÂ D£ PHIUPPE-US-BEL AVEC liE PAPE BOHIPACE VIH.

PAR LE P. GRIFFET (i).

Le Père Daniel fait mention des actes d'adhésion à la cause du roi, qui lui furent envoyés, au nombre de sept cents, par les villes et les communautés régulières de son royaume. On a donné au public un gros recueil, de ces actes, sur lesijuels on a jugé à propos de faire quelques observations.

(i) Extr. de VHist. de France de Daniel, t. 5, édit. de ijSS.

I "* On trouve dans ce recueil vingt-six actes d*ad* hësian signes par des religieux de Tordre de Citeaux , et six par les(}uels d^autres religieux de cet ordre refusent nettement de se conformer aux intentions du roi. On en voit onze signés par des religieux de divers ordres^ où ceux qui parlent semblent biair ser, et ne vouloir prendre aucun parti dans la. querelle du roi et du pape.

â*" Il y a un acte date de Paris, le i5 juin i3o3, et qui fut scelle de trente-deux sceaux* Il est fait au nom de plusieurs archevêques, ëvéques, abbés, chevaliers du Temple et de Saint- Jean de Jérusalem , qui tous promettent d^assister le roi, et de ne point s*en séparer, quelque excommunication que le pape fa^se publier contre eux, et quelque absolution du serment de fidélité qu*il puisse donner. Le roi donna en conséquence des lettres datées du même jour, par lesquelles il prend sous sa protection spéciale ceux qui ont signé cet acte, et promet de les défendre et de les soutenir contre les entreprises du pape. La reine et les deux fils de France, Louis et Philippe, y font la même promesse. Ce qu'il y a de singulier, c'est que le roi et la famille royale y prennent pour garant de leur promesse le comte de Saint-Pol, qui en avait fait le serment en leur nom. De pareilles lettres furent accordées à frère Ytier de Nanteuil, prieur de la maison de Thôpital de Saint-Jean de Jérusalem; à frère Hugues de Péralde, visiteur-général des maisons de Tordre du Temple, et aux frères mineurs de la province de Touraine. Celles qui furent

expédiées en frveur de Tordre de Chiny, semblent supposer que Tabbé avait tnmyé de la r&isiance dans ^jielques-ons de ses religieux, à Toccasion de ce démêlé, piûsqu^il est ordonné aux sénéchaux, baillis, etc., de lui prêter main-fwte contre les religieux <pii refuseraient de lui obéir.

3*" L^acte par lequel les firères ]»êcheurs de Paris se déclarèrent pour le roi , porte cette clause : «Soi^ Tabàssance et la révérence particulière de letirar^ dre pour V Eglise romaine^ et la 'vérité de la fhi ca^ thcliqMie. Us sont tous nommés au commencement de Tacte, au nombre de plus de cent, entre lesquels Irère Nicolas prend le titre de confesseur dudit seigneur roL

4"" UUniyersité de Paris et le chapitre de Notre- Dame donnèrent pareillement un acte d^àdhésion. Il n*y eut qu*un chanoine nommé Martin de Ripa^ docteur et professeur en théologie, qui s^opposa d'abord à la conclusion du chapitre; mais il. revint ensuite au sentiment des autres, et révoqua, par un acte spécial, toutes les protestations qu'il avait faites.

5"* Toutes le9 villes de Languedoc envoyèrent leur adhésion; et Ton trouve, dans le recueil de ces actes, un détail circonstancié de ce qui se passa à Montpellier, entre les jacobins de cette ville et les commissaires du roi. Ces commissaires étaient Amauri , vicomte de Narbonne, et Denis de Sens, clerc du roi,x'est-à-dire un de ^s secrétaires.

Ils se transportèrent au couvent des Jacobins de

M oatpellier, quMls firent assembler en chapitre dans le réfectoire , pour leur demander une déclaration en faveur du roi. Ces religieux répondirent qu^ils ne la pouvaient donner sans un ordre exprès de leur général, qui était à Paris. Les commissaires du roi, peu satisfaits de cette réponse, leur représentèrent cpie s^ils ne pouvaient donner une déclaration authentique et capitulaire sans Taveu de leur prieur-général, rien ne les empêchait de déclarer ce quHls pensaient chacun en particulier, ajoutant quHls étaient persuadés que le roi pourrait se contenter de ces déclarations particulières et secrètes. Alors le prieur prenant la parole, défendit à tous ses religkux, en vertu de la sainte obéissance, de donner aucune déclaration, ni publique ni particulière.

Les commissaires, suivant apparemment les ordres qu^ils avaient de la cour, déclarèrent aussitôt adx religieux assemblés, qu'ils eussent à sortir du royaume dans trois jours, sans aucun délai , en les avertissant quHls n^étaient plus sous la protection du roi ; et ils firent dresser un procès-verbal de ce qui venait de se passer. Il y a lieu de croire que cet acte de fermeté ne contribua pas peu à déterminer l#plupart des religieux à se conformer aux volontés du prince. On voit, en effet, une foule d'actes d'adhésion qui furent faits en ce temps-là dans la jurovince de Languedoc , par un grand nombre de communautés séculières, ecclésiastiques et religieuses. On y trouve, entre aisitres, celui du comte de Rodez, d^ l'université de Montpellier, de Tabbé d'Alet et de Tévêque de Montpellier.

Les évéques de Bretagne ayant élé invites par le roi à donner pareillement leur acte d'adhésion, répondirent d'abord quMs ne pouvaient prendre aucun parti dans une affaire de cette importance, sans avoir auparavant communique avec Tarchevéque de Tours, leur métropolitain, avec le duc de Bretagne, et leurs chapitres; mais quelque temps après ils donnèrent leur adhésion , avec la clause que plusieurs avaient déjà mise avant eux , smif la fidélité qu'ils doivent à V Eglise romaine et au pape.

OBSERVATIONS

SUR UI7E BULLE Iffi BONIEACE VIII, EN DATE DU 27 JUI1I9 la^.

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