‹ Collection des meilleurs dissertationsChapitre 23 sur 54 · I. 7« LIV. îl · texte numérisé non relu

I. 7« LIV. îl

Lisons la bulle, et nous verrons qu'il n'y est pas plus question du Levant ni des infidèles, que du comte de Flandre et de sa fille.

Mais comment tant d'historiens ont- ils pu s'accorder à donner une si fausse analyse de cette bulle? C'est un problème qui n'est pas aisé à résoudre.

Distinguons de la foule de ces historiens, deux critiques du plus grand poids, tant par leur exactitude connue, que par l'étude particulière qu'ils ont faite de la matière : c'est duPuy et Baillet que je veux dire. Comment de pareils écrivains n'ont-ils pas examiné cette bulle avec plus d'attention , puisqu'ils vou« laient en parler ?

On pourrait penser que du Puy n'ayant pas inséré cette bulle parmi tant de pièces qu'il a recueillies sur le fameux différend entre Boniface et Philippe , n'en aurait eu connaissance que par le récit des historiens : en effet, du Puy, mort le i4 décembre i65i, pourrait absolument n'avoir pas vu le volume de la continua^ tion de Baronius , par Raynaldi , où cette bulle est imprimée, et qui n'a paru en Italie qu'en i648 (i); mais, outre que cette solution ne pourrait s'adapter à Baillet (2) , qui a écrit si long-temps après du Puy et Raynaldi, il est certain que du Puy lui-même a eu la bulle sous les yeux , puisqu'il cite expressément l'article où Raynaldi rapporte cette bulle.

(i) La même bulle a été imprimée en 1698, d'après Raynaldi, dans la préface du Code diphmatlque de Leîbnitz. (2) Né le i3 juin 1649» ™orl le 21 janvier 1706»

On n^imagine qu^un moyen de résoudre cette difficulté. Du Puy voyait d'un côté le récit des histo^^ riens , de Tantre la teneur de la bulle : il eût sans doute donné la préférence au titre, mais ce titre n*é^ tait pas entier. Raynaldi ne donne la bulle que par extrait ; il en retranche des morceaux. A la vérité, son extrait contient toutes les dispositions de la bulle, et les suppressions ne portent que sur quelques fbr« mules de style, sur des répétitions, sur des longueurs; mais du Puy n'était pas à portée d'en juger. Il savait que les papes Benoît XI et Clément Y, de concert avec Philippe -le -Bel, avaient supprimé plusieurs bulles de Boniface YIII ; qu'ils en avaient modifié et corrigé quelques autres; qu'ils avaient retranché de ces dernières des traits injurieux ou désagréables à la France ( i ). Du Puy a pu croire qu'on avait retranché de même de la bulle du 2^ juin 1298, tous les traits de partialité trop marqués; il a pu croire que ces suppressions avaient été faites, ou par Clément Y dans la bulle même, ou par Raynaldi dans son extrait. ^ ■ • ■ t ■ I ■ . . ■■ I , . .

(i) La bulle Ausculta^ fiU y a été rayée des registres du Vatican ; on n'y trouve plus que l'article concemant l'expédition de la Terre sainte ^ encore cet article a-t-il été modifié par Clément y, qui, par sa bulle du 27 avril i3ii, ordonna d'effacer des l'egistres de la chancellerie romaine, tout ce qui pourrait choquer Philîppe-le-Bel, ou porter atteinte aux prérogatives de sa couronne. Clément laissa subsister les bulles IJnavfi sanctam et Rem non noçam, l'une du 18 novembre i3o2, l'autre du i5 août i3o3, mais en déclarant qu'elles ne peuvent avoir d'exécution en France*

Ge n^est que par le recueil de Rymer que la pièce entière a été connue; mais ce recueil n'a paru que plus de cinquante ans après la mort de du Puy ; et Baillet , qui ne Ta pas vu non plus (i), s*est déterminé^ sans doute par les mêmes raisons que du Puy, à suivre le plus grand nombre des historiens. Ni du Puy ni Baillet n'ont osé les démentir sur la foi de l'exemplaire imparfait de la bulle qu'ils trouvaient dans Raynaldi.

Mais comment les historiens ont - ils pu «vancer tant de faussetés sur cette bulle? Il est clair qu'ils ne l'avaient pas vue, ou qu'ils l'avaient mal vue. Cette bulle n'était pas imprimée ; les histc^iens n'en parlèrent que d'après la tradition ou d'après une communication rapide et imparfaite prise en passant dans quelque dépôt : ils s'en seront rapportés à leur mémoire; ils auront confondu plusieurs bulles ou brefs; ils auront rassemblé des particularités dispersées^ Par exemple, Boniface avait précédemment reçu les plaintes du comte de Flandre , et s'était joint à lui pour redemander Philippine au roi de France. Les historiens auront adapté cette circonstance à la bulle, parce qu'en effet il eût été naturel que cette bulle eût prononcé sur la querelle de la Flandre, alors intimement unie avec celle de la France et de l'Angleterre.

(i) Le premier volume de Rymer n'a paru qu'en 1704, et le seeond volume, où est la bulle dont il s'agit, n'a paru qu^après la mort de Baillet.

Quant à la oonclosion, qui était, selon les histcv* riens, d'envoyer Philippe-le-Bel à la Terre sainte, ils ont pu la supposer d'après Fnsage du temps, et d'après ridée qu'ils s'étaient £iite de la partialité de Boniface dans cette affaire. Nous voyons qu'alors tous les vaincus, tous les princes contre lesquels les papes se dé-« claraient, étaient envoyés à la Terre sainte; c'était une clause de style, ou, si l'on veut, une sorte d'expiation , pour avoir £iit une guerre jugée injuste , pœna temerè ïitiganlium. D'ailleurs, la bulle jiusculta^fili^ donnée en i3oi, ccmtient cette inviution ou cet ordre d'aller à la Terre sainte , et les historien» peuvent encore avoir adapté cette disposition à la sentence arbitrale.

Mais sur quoi fondait -on l'accusation de partialité si généralement intentée à Boni&ce ? Dans le cours de la guerre, nous ne lui voyons de prédilection pour aucun des deux partis : s'il prend la défense des Flamands contre Philippe - le - Bel , il prend celle des Ecossais contre Edouard; et par la bulle Clericts laicosj il offensait également les deux rois et tous les rois.

Ce reproche de partialité n'est pourtant pas dépourvu de tout fondement, i" Nous avons déjà observé que, par le concours des conjonctures, le choc du sacerdoce et de l'empire avait été plus violent entre Boniface et Philippe qu'entre Edouard et Boniface ; dès lors les dispositions de Boniface devaien élre moins &vorables à Philippe qu'à son rival.

2"* Le choix de la personne de l'ambassadeur d'A.ji-

gleterre pour porter au roi de /France la sentence arbitrale , était au moins très -^ suspect. C'était trop annoncer que le jugement devait être agréable à Edouard.

y La sentence pouvait être accusée de partialité y par Tégalité même qu'elle mettait entre }es deux rois , dont la fortune dans cette guerre avait été très • inégale. Philippe avait eu sur le roi d'Angleterre des avantages dont il était naturel qu'il voulût profiter, et auxquels l'arbitre devait peut-rétte avoir égard. Nous ne sommes pas plus surpris qu'une sentence qui , dans ces conjoncturea, ordonnait indistinctement la restitution de tout ce qui avait été pris de part et d'autre, ait paru injuste aux Français, et nous concevons que le £iit de l'emportement du comte d'Artois peut être véritable.

4'' Ce qui le rend plus vraisemblsJsle encore , et ce qui le justifie peut-être, c'est cette attention si mar* quée de Boni&ce à se rendre maître de tout, à vouloir être dépositaire de tous les objets litigieux , et juge de toutes les contestations. Cette tendance à la monarchie universelle, ce projet d'asservir toutes les couronnes à la tiare , éclatent dans la sentence arbitrale comme dans la bulle Clericis laïcos; c'est le principe de toute la conduite de Boni&ce , et c'est sur ce reproche qu'on aurait dû insister plus que sur le reproche de partialité.

S"" Enfin Boniface excédait ses pouvoirs , en donnant à sa sentence la forme d'une bulle; c'était prononcer en qtialité de pape; et l'on était expressément con-

venu qu'il jugerait comme arbitre particulier choisi par les deux rois.

On voit que dette sentence, indépendamment des traits de pairtialité qu^on y a mal à propos supposes , était remplie ou accompagnée dHrrégularités assez fortes pour in^irer à un prince français plein de zèle et d^ardeur comme le comte d'Artois , la colère dont tous les historiens ont parlé.

Mais ils ont fait encore à Boniface un autre reproche qui ne paraît pas ébndé , du moins dans le sens quHls ont donné à ce reproche.

Ils ont accusé Boniface dHnfidélité , parce qu'il avait publié sa sentence à Tinsu des Français^ quoiqu'il eût promis expressément, par lettre, à Philippe -le -Bel, de ne la publier que de concert avec lui.

Ce reproche parait n'être fondé que sur un anachronisme. La promesse de Boniface n'est que du 3 juillet 1398 (i) , et la publication de la bulle est du 27 juin précédent (2). Aussi le pape dit«il seulement dans la lettre , qu'il n'ajoutera rien que du consentement de Philippe , à ce qu'il a déjà prononcé sur sa querelle avec Edouard. Prceter contenta in iis guœ jam pwmmtiata noseuntur nostrœ nequaquam intentioms existit ad allquam in reliquis pronanUationem...... in ?tujusmodi negotio.,.:.. procédera sine

tuo eœpresso consensu.

C'est évidemment faute d'avoir examiné la date de

(î) Qidnto nànas juin,

(2) IJie çicesimâ sepUmâ mensis jurai.

ces deux ades^ qu^on a reproche au pape d^aiyoir publie la sentence au mépris d*uu engagement formeh On a supposé sa lettre antérieure à la bulle. De tous les auteurs cpxi ont parlé de la bulle et de la lettre, Baillet est le seul qui se soit aperçu que la bulle était antérieure de six jours à. la lettre. Boniface, en écrivant cette lettre, cherchait, selon Baillet, u à se renie dre nécessaire par la continuation de son arbitrage, a. et à t^nir^ les deux rois dans la dépendance de son (( tribunal, même après avoir prononcé. » Baillet nous paraît très-bien saisir Fesprit de Boniface et Tobjel de sa lettre ; mais il ne va peut-être pas assez loin : la date même de ces deux actes fait naître , sur la conduite de Boni&ce , des soupçons que les historien^ n^ont pas édairois.

LabuUe, comme nous Tavons dît, est du 27 juin, la lettre du 3 juillet. Le pape, par cette lettre, pror' met de ne rien prononcer sur la querelle delà France çt de TAngleterre, sans le consentement de Philippe; mais il met à sa promesse, cette restriction : Piwter contenta in iis quçs. jam pwnuntiaUi poscuntur. On sent bien que c'est de sa bulle qu'ail veut parler; mais ce jam pronuntiata noscuntut n'est quhine équivoque : où connaissait-on cette bulle? C'était en Italie, c'était à Rome. Il était impossible qu'à Paris on sût, le 3 juillet, ce qui s'était passé à Rome le 27 juin. Le pape, veut-il dire que quand on recevra sa lettre on aura déjà, reçu sa bulle ? Si sa conduite, eût été juste, et sa sentence impartiale, se serait-il enveloppé £^insi dans l'obscurité, dans, les équivoques ?.

11 y a plus; sa lettre du 3 juillet paraît être uue réponse à quelque lettre de la cour de France , par laquelle on exigeait que le pape communiquât sa sentence arbitrale avant de la publier. Or, si cette lettre de France ëtait arrivée depuis la publication de la btdle, la réponse du pape n'était qu'une équivoque ; si la lettre était arrivée avant la publication, la réponse du pape devenait ime dérision insultante ; car, dans ce cas, le pape, prié de communiquer son projet de sentence , se sera pressé de publier et d'en* voyer sa bulle, pour pouvoir répondre au roi de France : (c II n^est plus temps , j'ai prononcé ; mais désormais je ne déciderai plus rien sans votre aveu. »

Si nous ajoutons à ces conjectures que nous four* nissent les dates du 27 juin et du 3 juillet, la forme de bulle donnée à la sentence, contre la convention expresse des parties, et l'affectation d'envoyer cette bulle par l'ambassadeur d'Angleterre , nous ne pourrons nous empêcher de voir, dans la conduite de Boniface, une partialité marquée et un ressentiment suivi contre celui des deux rois qui avait opposé la plus ferme résistance aux efforts de son ambition. .

Cependant, cette sentence arbitrale contre laquelle on s'était tant révolté en France, finit par être exécutée dans tous ses points. Elle proposait deux mariages, l'un d'Edouard avec Marguerite, soeur de Philippe-le-Bel; Tautre du fils aîné d'Edouard avec Isabelle, fille du même Philippe : ces deux mariages s^ firent. Elle ordonnait la restitution de tout ce qui avait été pris de part et d'autre, places, navires, ma.v-

cKandiscs, etc. : tout fut restitué. C'est ce qui a fait penser à quelques auteurs cites par Raynaldi, que les deux rois avaient été fort contens de la sentence de Boniface ; mais ces auteurs n'ont pas considéré que la paix entre les deux rois, faite à la vérité sur le plan tracé par la sentence , ne fut pourtant conclue que cinq ans après cette sentence (i); que dans Tintervalle de la sentence à la conclusion de la paix, il y avait eu jusqu'à quatre prorogations de trêves; les deux premières (2) dues à la médiation du pape, dans un temps où sa querelle avec Philippe était encore assoupie; les deux autres convenues entre les ministres des deux rois (3), sans la participation du pape, qui s'était alors déclaré trop hautement l'ennemi de Philippe ; qu'enfin la paix fut faite dans le temps de la plus grande chaleur des querelles de Boniface et de Philippe, et que ces querelles, devenues alors la plus importante affaire de Philippe, contribuèrent peut-être, ainsi que la perte de la bataille de Cour-

Ci) La sentCDce arbitrale est du 27 juin 1298; la paix est du 20 mai i3o3.

(a) La trêve est de 1297; la première prorogation est du 91 octobre i3oo; la seconde du 23 décembre i3oi; toutes deux conclues par l'entremise du pape.

(3) Les deux prorogations faites sans l'entremise du pape, sont du 25 novembre i3o2 et du it mars i3o3.

Les premiers mouvemens de la querelle de Boniface et de Philippe sont de l'année 1296; ils s'apaisent dans les années suivantes, se raniment en i3oi et i3o2, et parviennent à leur comble en i3o3.

irai, à le rendre plus facile sur les conditions de la paix avec TAngleterre.

11 résulte de toutes ces observations :

1 *" Que les historiens qui ont parlé de la bulle du 2*7 juin 1398,^ n^avaient pas cette bulle sous les yeux.

2^ Que du Puy et Baillet n'ont pas cru pouvoir démentir le témoignage presque unanime des historiens de tous lés pays 9 sur la foi de Textrait de cette bulle qu^ils trouvaient dans Raynaldi.

3*" Qu'on a relevé dans cette bulle des traits de partialité qui n'y étaient pas, tels que le prétendu ordre donné à Philippe-le-Bel de restituer les places de la Flandre, de laisser au comte la disposition de sa fille, et d'aller combattre les infidèles.

4*" Qu'il reste dans la conduite de Boniface assez d'autres irrégularités pour qu'on puisse l'accuser justement d'une partialité coupable dans cette afiaire.

5** Que cette partialité tenait aux intérêts de son ambition , et à ce projet de domination universelle , mobile unique de toutes ses démarches. Il ne voulait point ménager Edouard; il voulait mortifier Philippe, parce que Philippe était celui des deux rois qui s'était élevé avec le plus de force contre ses entreprises.

La sentence arbitrale, ainsi que la bulle Clericîs laïcosj \dih\x\\e Ausculta jJiUj et la bulle Unamsanctam (i), étaient un monument de Fambition du pape

(i) La bulle Ausculta ^ fiUy est du 5 décembre i3oi ; la bulle Unam sanciam, du 18 novembre i3oa : i4 kal dec, noms de-> cembris.

bien plus que de sa partialité : c^est ce que la plupart des auteurs u^ont pas assez développe.

6"* Que les historiens se sont mépris au reproche qu^ils devaient faire à Boniface, diaprés la bulle du 27 juin et la lettre du 3 juillet ; qu'ils n'ont pas fait assez d^attention à ces dates , lorsqu'ils ont accusé Boniface d'avoir violé, dans sa bulle, l'engagement pris dans sa lettre ; qu'ils devaient lui reprocher une promesse équivoque, faite après coup, peut-être perfide et dérisoire, au moins inutile et captieuse, et qui avait pour but d'étendre le pouvoir de l'arbitre audelà du terme de l'arbitrage.

7"* Enfin, que si cette sentence arbitrale a été exécutée, ce n'est point, comme l'ont cru quelques auteurs, que Philippe en ait été aussi content qu'Edouard; c'est plutôt parce que l'échec de Courtrai avait affaibli Philippe; c'est aussi parce que sa querelle contre Boniface était devenue sa plus importante affaire, et qu'il sentit la nécessité de faire la paix avec les rois quand on avait à combattre le pape ; de sorte qu'on pourrait dire que ce fut en haine de Boniface que Philippe exécuta la sentence de cei i^j^ste pon^ tife.

BULLA BONIFAQI

SUPER FINALE PRONrHTiATIOKK ET ARBITRATU, FACTIS DE OMKIMODIS GUERRIS ET CONTROTSRSIIS INTBR RB6E5

AKGLIJB BT FRAHCIJB.

[[BoNiFACius Episcopusy servus servoiiim Dei, carissimis in Chrisio Filiis, Phylippo (i) Francise el Edyardo Angliae, regibus illustribus^ salutem et apostolicam benediciionem.

PmnuntiatUmem quandam super rejbrmandd inter "vos pace et concordidj et super fuis quœ ad pacem pertinent ac super aliis^ super quitus per nanties et procuratores ayestros in noSj tcanquam in privatam personam^ et Benedictum Gajtanumj nomine ^estro^ et pro vobis extitit compromissum^ arbitrandoj laudandoj diffiniendoj arbUraUter sententiandoj mandandoj ordinando, disponendo^ et pronuntiando ed vice^ nuper duximus faciendam^ prout in instrumenta publicoj indè confectOj pie-niiis continetur.

Quam pronundationem j et quœ in ed continent tur aiUoritate apostoUcd, njalere volumus et plenam habere decemimus roboHs fimUtatem. (2)

Tenorem ipsius instrumenti^ de verèo ad verbunij ex certd scientidj prœsentibus annotarifacientes; qui tali est"] :

(i) Nous suivons l'orthographe de Rymer. (2) Tout ce préambule , et en général tout ce qui sera compris entre denx crocbets^ n'est point dans Raynaldi.

In nomine Domini. Amen. Anno Domini 1 298 , indictione IP.j Pontificatàs Domini BonifacU papœ octas^i anno 4"*) die vf mensis junii.

Sanctissimus Pater et Dominas j Dominas BonifaciaSj dis^ind Pros^identid papa octavas, arbitriam^ laadumj di^nitionemj arbitralem sententiam^ amicabïlem composiUonemj mandatum^ ordinationem, et alia infra scripta recitavitj leg^fecitj dédit ^t protalit in hanc m>odam.

Dadum inter carissimos in ChHstoJiUos nostrosj PhiUppum Francorum ex parte undj et Eds^ardam Angliœj reges Uhtstresj ex aUerâj saggerente inimico humani generiSj pacis œmuloj saper di^ versis ardculisj materid discordiœ ac dissensionis exortdj tandem iidem reges j per spéciales nancws et procaratores ipsorum ad hoc ab eis mandatum habentesj in nos Bonifaciam divine Pro^identid papam octa^amj tamqaam in pri^atam personam et Dominam benedictum Gaytan., tamqaam in arbitramj arbitratorem j laudatoremj diffiniUa^my arbitralem sententiatorem ^ amicabilem compositoremj prœceptorem^ ordinatoremj dispositorem et pronantiatorem saper refoirmandd pace etconcordiâ inter ipsos reges ; ac super hiis quœ ad pacem pertinent J et super omnibus et singalis discordiisj gaerriSj litibuSj contros>ersiiSj causiSj quœstionibaSj dampnis et injariisj petitionibas et actionibusj realibus et personalibuSj atqae mixtiSj qaœ fuerant et erantj seu n^ertebajjLturj et esse vel verti possent inter ipsos reges^ occasione qudcumque de alto et

bassoj absolutè ac libéré j compromittere curauenmtj \^prout{\^ in compromissorum instrumenUs publiais indè confectis plemàs continetur.

Nos igitur BonifaeiiiSj papa prœdictusj qui finem imponere litibus (iffectamusj sed prœcipuè iri' ter reges prœdictoSj quorum quietem indesinenter adpetimuSj et tantb ferventius fcelices cupimus vigère successus^ quanta pleniore eos ctffectione prpsequimur^ et puriori complectimur caritate^ hu/usmodi compromissis receptisj et nobiscum deliberatione prœhabitd diligenti^ vocatis quoque nuntiis et procuratoribus suprà dictisj ad arbitriunij laudunij mandatum et arbitralem sententiam audiendunij eisque coram nobis ad hoc speciaUter cons" titutisj ad laudem omnipotentis Deij qui est pacis actor et salutis amatorj et gloriosœ Virginis matris ejusj sicut arbiterj arbitrator^ laudatoret amicabïlis compositorj ac sicut pri^>ata persona : et Bençdictus GajrtanuSj ex virtute ac forma compromissorum prœdictorumj et omni modo et jure quo meliàspossumusj viam arbitratoriSj laudatoris et amicalis compositoris sequentes.

DicimuSj arbitramurj laudamuSj diffinimuSj arbitraliter sententiamus ^ mandamus j ordinamus^ disponimus et"] pronunciamus hdc vice ^ ut inter eosdem reges fiât et sit perpétua et stabilis paXj et

(t) Au lieu de ce qui suit, il y a seulement dans Raynaldi les mots suivans : NonnulUs inierjectis, concerta hisce çerbis latœ de redintegrando fœdere senientiœ forma suhjîdfw*

quqd treuguœ i)el ÈUfferenûce voluntariœ j dudum indictœ j inîtœ j ac Jirmatœ inter eoSj eo modo et formât ac omnibus j et illis personis et terris j et sub ilUs pœniSj conditionibus et temporibuSj sub quibus indictœ J initœ ac Jirmatœ Juerunt inviolabiliter observentur.

Ad hujusmodi autem pacem confirmandam^ ro^ borandam aJtque servandam, infrà tempus quod duxerimus moderandumy prœfatus rex Angliœ Margaretam sororem prœdicU re^ Franciœ recipère ac ducere^ cum dotalitio quindecim rruUium librarum turonens. assignando per ipsum regem Angliœ in locis competentibus de quibus inter partes Juerit concordatum^ 'vel vbi partes ipsœ non concordarent J per nos arbitratum fuerit ^ in uxorem.

Et idem rex Franciœ eandem sororem suam^ eidem régi An^iœ in uxorem dare ac tradercj cum dispensatione sedis apostolicœj teneatur.

Quodque Isabellis filia prœlibaU régis Franciœ j quœ infrà annum septennem wdetur constituta^ suo tempore Eds>ardo prœdicti régis An^iœ filiOj qui jam tertium decimum œtatis suœ annum exegitj cum, simili dispensatione matrimonialiterj cum dotalitio decem et ùcto millium Ubrarum turonens. similiter assignando ^ per eundem regem Angliœ j pro dicto Jilio suo, in competentibus locis de quibus concordaverint ipsœ partes j vel de quibus nos duxerimus arbitrandumj si super hoc inter eos non proveniret concordia^ copuletur.

Idque firmetur atque vaUetur ex nunc rnàdù inferiàs annôtatisj [videlicet (ï):

Qubd idem rex jàngUœ pro Jîliô suô j tdemque filius pro sej quam ad hoc sufficietitem habet œtdr tenij contrahatit sponsalia prce dictai eorutidem regis etJiUi juramentis firmandà.

Et rex FrancicBj nonUne Jilicè suœ prœdictœj contrafiat hujusmodi sponsalia pro eddem.

QuùBj ut mdida sint et fitmaj ^olurtuis^ dièimu^ et arbitramur quod rex Franciœ promittatj per juramentum pro ipsOj in animam suam prcestan" dum se tradere prœdictam fiUam suam prœdictô Edvardo nuptuij tempore quo concordatum exti" terit intet ipsosj vel per nos arbitratum juerit , ixe/ laudatmn*

Ptà quibus attefidendisfirmiter etfidelitér adirn^ plehdisj dicimuSj laudamus et arbitramur j qubd pœtia de qud inter partes fuerit concordatum;, n)el ubi paries ipsœ non coiicordarentj per nos arbi^ tranda et taxanda firmetur^ et àb utrâque parte promissa valleturj solsfenda patti parenti à parte non parente-; per quam pcenam negotium istud in tuto ponatur^ et partes ad ejus finalem execuUO' nem efficaciàs inducantur.

Cujus pœnœ promissionem et obligationent efficaciter valere volumus et decemimus ac tenere^ non obstantibus juribusj quœ pro libertate matri-

f I > uù

(i) Au lieu de la description suivante , il y à seulement àanis Raynaldi : Jisque àescriptis^ subdit

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