‹ Collection des meilleurs dissertationsChapitre 29 sur 54 · DE L'ASSASSINAT · texte numérisé non relu

DE L'ASSASSINAT

bE LOUIS, DUC d'oRLEANS, FRERE DU ROI CHARLES VI;

PAR BONAMY (i);

Le sujet que je me propose de iraiter, inspire de la tristesse par son seul titre ; il fut la source de tous les malheurs qui désolèrent le royaume pendant le règne de Charles VI, et une partie de celui de Charles VII; jnais, quoique par -la il mérite d^étre connu dans le détail, j'avoue que je n'aurais pu me déterminer sans peine à rappeler un événement dont toutes les circonstances font horreur à Thumanité , s'il ne s'était trouvé lié à quelques discussions topographiques concernant la ville de Paris. Attentif à remarquer ce qui reste des anciens hâtimens dans cette capitale du royaume, j'ai cru reconnaître la porte de l'hôtel d'où sortait le duc d'Orléans, et le lieu précis où il fut assassiné.

Un manuscrit de la Bibliothèque du roi, que M. l'abbé Sallier a eu la bonté de me communiquer, m'a confirmé dans mes conjectures; il contient

(i) De rAcadémie des inscriptions et belles-lettres.

les dépositions des témoins et la requête présentée au roi Charles YI par les enfàns du duc d^Orléans. CVst diaprés ces titres, que je n*ai vu imprimés nulle patt, et plusieurs autres, soit manuscrits, soit imprimés, que je vais entretenir la compagnie. Il faut convenir qu'on ne pouvait choisir un sujet plus lugubre pour terminer nos séances académiques.

Un auteur moderne a dit(i), en parlant du meurtre des enfans du toi Glodbmir et du massacre de là Saint - Barthélemi , qa il aimerait mieux qu'ail y eût dix victoires de moins dans nos fastes, et que ces deux évènemens ne s'y trouvassent point. Il aurait pu, par malheur, en ajouter encore d'autres, et, en particulier, le meurtre horrible d'un frère unique du roi, assassiné au milieu de la ville de Paris, par les ordres d'un prince du sang son cousin - germain. Ce qui surprendra davantage, c'est que le meurtrier eut l'audace de faire soutenir publiquement par un moine (2), docteur en théologie, que le motif qui l'avait porté à commettre un pareil crime , était non seulement juste, mais même louable. C'est à de pareils traits qu'on reconnaît la dépravation des mœurs, )a faiblesse du gouvernement et la misère d'un siècle où l'on est sourd à la voix de la justice et^de Téquité.

La démence dont Charles Y I fut attaqué à plusieurs

(i) Hist de la monarchie française, par l'abbé du Bos, t. 3, p. 484) in- 12.

(2) JeanPedt, cordeiier. (Voyez Hist UniçersUatis Paris., U 5, p. 895 et aBèi.

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