‹ Collection des meilleurs dissertationsChapitre 31 sur 54 · FAIT · texte numérisé non relu

FAIT

Le plus puissant de tous les vassaux de la couranne de France était sans contredit le duc de Bourgogne, n est facile de juger combien ce haut degré de pouvoir devait être funeste au royaume, lorsqu'il se trouvait dans les mains d\m, prince ambitieux et perfide, sous le règne d'un roi faible, et quand différentes causes se réunissaient en outre pour troubler TEtat. Telles furent en effet les circonstances qui affligèrent le règne de Charles YI. La maladie du souverain, le caractère de la reine I^abeau, les vietoires des Anglais, la d^nion de la famille royale, totit semblait concourir à faciliter les projets d'un vassal trop puissant. Aussi la vie politique de Jean -sans- Peur ne laissa - 1 - elle pas un seul moment de re^ à la France. A peine, dans Tannée i4^4) eut-ii snc>« cédé k son père Philippe , qu'il vint à Paris pour y fomenter des troubles et pour s'emparer de la direc-» tion des affaires. Le duc d'Orléans s'étaiit opposé à ses prétentions, Jean craignit Finfluence d'un prince du sang, et commença par temporiser. Il feignit en-

suite de se réconcilier avec lui ; et le jour même où ils oyaient juré la paix au pied des autels, le duc de Bourgogne fit lâchement assassiner son adversaire. Cet événement, dont il vient d'être rendu compte, donna lieu à la longue et sanglante guerre civile des Bourguignons et des. Armagnacs. Chacun des partis, tour à tour vainqueur et vaincu, signalait son triomphe par les plus épouvantahles cruautés. La famille royale, ballotée en tous sens, se laissait gouverner, tantôt par l'un, tantôt par l'autre. Enfin, l'an i4i8, Jean-sans- Peur se ligue avec la reine , qui voulait se venger du roi, à cause de l'assassinat de Bois-Bourdôn et des Armagnacs, qui, de concert avec le dauphin Charles, avaient enlçvé les trésors que cette princesse, aussi avare que galante , avait accumulés aux dépens de l'Etat. Elle livra Tours et Paris au duc de Bourgogne, et força le dauphin de se retirer a Poitiers.

Cependant la reine négociait aussi avec le roi d'Angleterre, et préparait l'infâme et honteux traité de Trôyes. Le duc, qui n'avait épousé sa querelle que dans l'espoir de gouverner la France, n'avait nulle envie de se soumettre servilement lui-même à la domination de Henri Y; le dauphin sentant, de son côté, qu'il n'était pas assez fert pour résister seul aux ennemis du dehors, fit au duc de Bourgogne des propositions d'accommodement, que celui*cî écouta. C'est ce qui motiva l'entrevue assignée au pont de Montereau-Faut- Yonne, où Jean-sans-Peur fut assassiné par les seigneurs de la suite du dauphin. Les historiens pnt discuté , chacun selon ses préventions et ses lu-

migres, k jMrémédHaûon du meurtre et la participation du dauphin à cet acte d^une affreuse justice; aussi ont-ils laissé plus d*une assertion à vérifier et bien des circonstances à éclaircir. Le dernier éditeur du Père Daniel en a &it le sujet de rapprochemens fort curieux et de réflexions qui ne manquent ni de solidité ni de bonne foi. On en jugera par la pièce suivante. ( Edit^ h C. )

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