‹ Collection des meilleurs dissertationsChapitre 4 sur 54 · I. 7« Liv. a · texte numérisé non relu

I. 7« Liv. a

L*anualist6 de Saint - Berlin atteste de même que Louis prit pour épouse Ansgarde, fille du comte Hardouin, et sœur du comte Odon (i). Il est certain que cette fille du comte Hardouin était Ansgarde , puisque Adélaïde, son autre épouse, n^était pas fille de ce comte. A quoi il £auit ajouter que ce mariage s*étant fait Tan 36a, lorsque Louis était en Bretagne, il est évident que c^est celui qu^il contracta avec Ansgarde la même année , et dans le temps qu^il était éloigné de son père.

Hincmar, qui fut de son temps Foracle de TEglise et de TEtat , qui eut tant de part au gouvernement du royaume , ne doutait pas de la légitimité de Louis et de Carloman, puisqu^il écrivit une lettre à Charlesle-Gros, pour le prier de servir de père à ces princes , qu^il appelle nos roiSj et auxquels il dit qu^appartient la couronne, comme Théritage de leurs ancêtres (2).

Il est vrai que Sigisbert traite Ansgarde de conçubine, et donne à Adélaïde le nom di épouse {3i). Mais

formœ ac ingenUs animi QÎrtuU prastantes : horum unus Ludod" eus, aUer Carhmarms çocabatur.

(i)LudoîcusJlllam Harcbdid quondam condiis, sororem scilicei 04onh, sid multum compladti, sibi conjugem copidat

(a) Precamur.^*^ ut... isios jwenes reges nosiros, profdnqiMks pesUos et pupUlos sine pâtre locoJiUorum teneatis, et eis regnum ab anteces9oribus filiorum successione demissutn, per suggestion nem primorum regm Jmjus disponaiis, etc* (Dans le Recueil de du Chesne, I. a, p. 4850

(3) Rex Francorum Imdtmcus Balbus morUur, uaoarem suam ex se grtmdam relinquens. De regno ejus Francis oariè senHend-

quel cas doit - on faire du témoignage d W chl%)ni^ queur qui n*a vécu que deux cents ans après Tévènement qu^il raconte , lorsqu^il est contredit par quatte auteurs contemporains, parmi lesquels il s^en trouve un, je veux dire Hincmar, qui a été honoré de la confiance, et qui a vécu à la cour des princes dont on rapporte les actions?

Le pape, les rois étrangers, la nation française > Louis-le*Bègue , ont toujours regardé comme bon lé mariage d^Ansgarde. Ce dernier prince , au lit de la mort, envoya sesornemens royaux à Louis son fils (i)^ comme à son légitime héritier. Pourrait -on se per^ suader que ce monarque, dans ces derniers momens, où Ton est sourd aux cris des passions, et où Ton n^écoute plus que la voix de la raison et de Téquité, aurait voulu faire une injustice aussi considérable, que celle d^enlever une couronne à celui à qui elle aurait appartenu de droit? La' nation française ne balança pas à reconnaître pour ses souverains Louis

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'bus, aUis iUudfiîîis LudoQid Balbi ex coneubinâ debai judican-' iibus»;* aHis ilhid regno Germaniœ resodare çolentibita, nascitur intérim ex légitima tixore Ludocid Balbi filius qui, ex nomine (m^ Comblé fomcupatits est (Sigeber^, ad an, 880.)

(i) Bicldldis compendium ad Ludûvicumpeniens in missa samcti Andréas, attuUt ei praceptum per quod pater suus ilH re^nan ante mortem suam tradiderat, et spatam qwz vocatur sancti Pe*r tri, per quam eum de regno çestireU Sed et regium çestimentum^ et caronam, acfustem ex amro et gemmis, eto (Annales Berti^ niaoû^ an. 87,7.)

Cl Carloman (i), ce qu'elle n'eût pas fait, s'ils n'a- Taient été légitimes; car les bâtards^, dans la seconde race, furent toujours' exdusdu tr6tie de leur père; et si quelques-uns y montèrent , ils durent leur élévation , non aux droits, de leur naissance , mais à la libre élection des peuples. Dans le traité de Merséii , Louis, roi de Germanie, et Louis-le- Bègue, se promirent réciproquement que celui d'entre eux qui survivrait à l'autre , servirait de père aux enfans que le défunt aurait laissés, et qu'il emploierait toutes ses forces, s^il était nécessaire , pour Icss faire jouir de la couronne , à laquelle leur naissance les appelait (^!î).

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(i) Ludoçicus seniiehs se mortem eQodere non posse, per Odonerh Belghaèensèm ejfnsœpiim et Albuinum comitem corùnam et spatam, ac relùpmm rtgûtni' apparatumyfiUo sao Luânmco midt : mandans itiis àd cum eo erant ut eum in regem sacrari ac coronari facerent»..,» Audientes- autém Hugo abbas et cœten- primores qui aanJUus quondam semons sid Ludopici, Ludooico scilicet et Carohmanno, agebant, LudoQicum cum uijcore sud in istas partes çenturum quosdam episcoposy Ansegisum et aMos miseruat ad Ferrarias monastenum, et ibi eos consecran et coronari in reges fecerunU (Annales Bertiniani, an. 879.)

^a) Quod si ego oobis superstes Juero , JiUum pestrum Ludôci-* eum adhùc parvubim, et aUos filios oèsiros quos Dominus vobis doj aoerit, ut regnum paternum herediiario jure quietè tenere possine, et cotèsilio et auxilio, prout meliàs potuero, adjuoabo : si autem cas mihi superstites fuentis , JUios meos Ludooicum et Carhmanman,' et aHos quos mihi diifina pietas donare vohsent, ut regman paternum quietè tenere possint, similiter et consiKo et auxiUo, quàm optimè potueritis, adjwabitis. (An. 879., apud GoldasU, t. 3, p. 393.)

X'ôs fils de Louis-le- Bègue, nommés dans ce traitée, ^m Loais et Carloman. Le roi de Germanie n^aurait sûrement pas promis de leur conserver le royaume de France , s^ils ne les eût cru légitimes ; puisque s*ils eussent été bâtards j c^était lui et Charles-le-Gros soa frère, qui devaient, suivant la loi constamment pratiquée dans la seconde race , succéder à Louis-le-Bè* gue. On a déjà vu plus haut que le pape Jean YIII n'avait pas voulu s^cr^r reine Adélaïde , parce qu*il ne la jugeait pas légitime épouse de Louis , et qu'il regardait Ansgarde comme telle.

Mais , dira-t-on , un mariage contracté sans Faveu du père était alors nul, selon les lois civiles et canoniques 'y et tel fut pelui de Louis-le^Bègue avec Ans- ;garde.

Je réponds que lorsque le droit exigeait le consentement du pèrç pour la validité du mariage, il y avait quatre cas dans lesquels il n'était pas requis, i"" Quand le père avait émancipé son fils, parce qu'alors il n'élait plus sous la puissance paternelle, a"* Quand le père tombait en démence, ou devenait furieux. 3"* Quand le père était absent, pris ou retenu captif l'espace de trois ans. 4" Quand le père gardait le silence après. qu'Hun fils s'était marié à son insu, parce que, dit un empereur (i), il y consentait tacitement. Voilà précisément le cas du mariage de Louis-le-Bègue. Retirédans une cour étrangère , il s'y marie à l'insu de son

(i) «Si pater cogmtis çestris nuptUs, non contradicit, çereti non dehes ne nepotem suum agnpsçat

père t peu de jours après il fait sa paix avec lui. Charles-]e-Chauve le rappelle, lui et sa femme , dans son palais ; il y vit avec elle , comme un ëponic av^c son ëpouse, au moins pendant deux ans ; il en a deux enfans. Son père, témoin de toute cette conduite, ne Timprouve point : il est donc censë, suivs^nt la loi , avoir consenti à cette ufaion.

J*ai dit que IjQuis vécut avec Ansgarde, à là cour du roi son père, au moins deux ans,* car, quoiqu*on ignore en quel temps précisément Charles contraignit son fî]s à se séparer de son épouse, on sait avec certitude que ce[^ prince ù^ fit cette violence à Louis qu^après qu^il eut demeuré avec Ansgarde ^n moins deux années dans son palais, puisque c^est là que cette princesse piit au monde les deux enfans dont nous avons pai*lé. Si , après avoir établi ce qui est certain, il m'est permis d'indiquer ce qui me paraît de plus vr£^isemblable par toute la suite de l'histoire, je dirai que ce ne fut que peu de temps avant sa mort que Charles-le-Chauve força Louis-le-Bègue à quitter Ansgarde pour prendre Adélaïde.

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