‹ Collection des meilleurs dissertationsChapitre 46 sur 54 · DISSERTATION DU P. GRIFFET · texte numérisé non relu

DISSERTATION DU P. GRIFFET

SUR LE PROCÈS DE SAINT-POL , ET SON EXÉCUTION (l).

Le Père Daniel dit que les conditions proposées par le roi pour déterminer le duc de Bourgogne à concourir avec lui à la perte du connétable de Saint"- Pol, furent que le duc aurait Saint-Quentiti , Ham^ Bohain , et avec cela toutes les places et terres dû connétable qui se troussaient enclavées dans les domaines de Bourgogne; et il ajoute que la tête du connétable fut mise à ce prix.

Il est vrai (2) que c'est ainsi que les conditions proposées furent exprimées dans le traité du i3 septembre 1475. Mais le duc de Bourgogne ne s'en contenta pas; car après la signature de ce traité, il

(i) Extr. de VHisU de France de Daniel, t. 7, în-4"- {pL) Premes de Comines, t. 3, p.. l^nl^.

demanda : i"" Teptière confiscation des biens du connëtablé, quelque part et eh quelques pays j terres et seigneuries que ses places soient situées j soit dans le royaume ^ soie dehors; tl" il demanda à être pleinement déchargé de restituer les places qu'il avait prises en Lorraine*

Le roi ne lui accorda pas ces deux demandes; mais par une déclaration datée de Savigny- sur -Orge, le 12 novembre ify}^t il lui laissa Toption ou de la confiscation de tous les biens du connétable , en quelques pays qu'ils fussent situés , ou d'être déchargé de la restitution des places de Lorraine. Le duc dé Bourgogne ne balança pas long -temps sur le choix > il préféra les places de la Lorraine ; et quand il en eut fait sa déclaration , le roi , par des lettres datées duPlessis-fes-Tours, le i8 décembre 14^5 (i), s'engagea à ne rien faire jiour obliger le duc à restituer les places de la Lorraine, en considération de ce que ce duc avait renoncé à la confiscation des biens du connétable , par des lettres scellées de Son sceau.

Ce dernier accord fiit conclu pendant qu'on ira» vaillait au procès du connétable.

Ce seigneur prévoyant le coup qui le menaçait, écrivit au comte de Dammartin, pour lui demander conseil', et pour implorer sa protection auprès du rqi (2). Il écrivit pareillement à tous les chevajiers de Tordre; et quand il se fut retiré à Mons, il conjura

(i) Premes de Comînes, t. 3, p. 448- (2) Cabinet de Louis XI, c. 7.

L 7« Liv. 3i

le duc de Bourgogne de ne le pas sacrifier, et de se souvenir des services qu^il lui avait rendus à la journée de Montlhéry, Tassurant qu il s^ëtait retiré dans le pays du duc comme son très^umhle serviteur et pauvre parent , pour vivre et mourir à son service* Cette lettre, datée deMons, le i4 novembre, fut portée au duc de Bourgogne par un gentilhomme de la maison du connétable, qui avait ordre de faire les plus vives instances, pour engager le duc à ne pas abandonner son maître k la vengeance du roi ; mais tout fut inutile, la perte du connétable était résolue, et le duc de Bourgogne dit au gentilhomme que le connétable n'avait perdu à écrire que V espérance et le papier. Ce malheureux seigneur (i) fut conduit de Mons à Péronne, où il fit son testament le a4 novembre l47^* C^est là qu'il fut livré à Louis, bâiard de Bourbon, comte de Roussillon, amiral de France; à Jean Biosset, chevalier, sieur de Sainl*Pierre, bailli d^Aletiçon et capitaine de Caen; à Imbert de Bastarnay, écuyer, sieur du Bouchage , et à maître Guillaume de Cerisay, secrétaire du roi , et greffier de son parlement y qui avaient ordre de le mener à la Bastille. Il y arriva le 27 novembre, monté sur un petit cheval, et fort enveloppé dans une cappe de camelot, dit la Chronique. On ne le fit pas passer par Paris; mais on arriva par les remparts à la porte de la Bastille qui donnait du côté de la campagne. Cette porte se trouva fermée ;et.jDipparemment que Ton ne jugea pas à

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(i) Preuffes de Comines, t 3, p. 394*

propos de Fouvrir, crainte de quelque surprise; car il fallut entrer dans la ville par la porte Saint - Antoine, pour gagner Tautre porte de la Bastille qui était du côté de Paris. Pierre d'Oriole, chancelier de France; Jean le Boulanger, premier président du parlement ; M. de Gàucourt , gouverneur dé Paris lêt de nie de France ^ accompagnés de plusieurs mâgis^ trats, s'y étaient rendus pour attendre Tarrivée du connétable. Dès qu'il y fut entré , Tamiral leur dit : (( Messeigneurs, voici monseigneur de Saint-Pol, que (( le roi m'avait chargé d'aller quérir pardevers M. le (( duc de Bourgogne. ••.. ; je le mets et baille en vos (( mains, pour lui faire son procès le plus diligemment « que faire le pourrez. »

Le chancelier répondit qtié ce puisque le plaisir dû (( roi était d'envoyer ledit comte de Saint - Pol son (( connétable entre lés mains de ladite Cour du par- (I lement, qui est la justice souveraine et capitale du u royaume de France, ladite Cour verrait les charges (( qui étaient à l'encontre dudit connétable , et sur (( icelles parlerait à lui ; et ce fait , en ordonnerait « ainsi qu'elle verrait être h faire par raison. »

Ensuite chacun se retira, et le connétable resta dans la Bastille sous la garde de Philippe Lhuillier, qui en était capitaine (ï). L'extrait de son procès porte qu'il fut baillé à la garde de messire Jean Bios* set, clievalier^ seigneur de Saint-Pierre, que le rot avait spécialement commis pour le garder. Mais ces

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(i) Chronique sccmàaleuse»

deux choses n*ont rien de contraire, parce que Phi* lippe Lhuillier étant capitaine de la Bastille , conservait toujours une inspection générale sur la garde des prisonniers; et le seigneur de Saint -Pierre avait une inspection particulière sur le connétable. C^est ainsi que du temps de Louis XIV, lorsque M. Fouquet fat mis à la Bastille, M. d'Artagnan, commandant des mousquetaires, fut spécialement chargé de le garder; ce qui n'empêchait pas le gouverneur de cette forteresse d'y veiller aussi.

' Dès le lendemain le parlement s'assembla , et nomma des commissaires pour aller interroger le connétable à la Bastille. Le chancelier, le premier président et le sire de Gaucourt, gouverneur de Paris, étaient à leur tête : ils se transportèrent dans la chambre da connétable , à qui le chancelier dit qu'il y avait deux manières de procéder dans son affaire, l'une de douceur, et l'autre de justice : que la première consistait à écrire lui-même, ou à dire à celui des comrnissaires qu'il lui plairait de choisir, tout ce qu'il avait à répondre aux accusations dont il était chargé, afin que l'on envoyât au roi ce qu'il aurait ainsi confessé ; et que la seconde consistait à prêter interrogatoire suivant les formes de la justice ; et qu'on lui permettait de choisir laquelle de ces deux voies il jugerait la plus convenable. Le connétable répondit qu'avant de se déterminer sur ce choix, il voulait y penser, et il demanda qu'on lui donnât jusqu'après dîner pour en délibérer, ce qui lui fut accordé.

Les commissaires étant revenus, le conuétable leur

dit qu^après avoir mûrement réfléchi sur les deux propositions qui lui avaient été faites le matin par le chancelier, il aimait mieux être interrogé selon les formes ordinaires de la justice.

On commença aussitôt à procéder à rinterroga* toire, qui dura plusieurs jours, et qui fiit fait à di.verses reprises. Ce qu'on en put recueillir de plus remarquable , c'est que le connétable avait promis au duc de Bourgogne de prolonger la guerre lorsqu'il la ferait au roi, et que s'il voyait les troupes prêtes à remporter sur celles du duc quelque victoire décisive, il ferait sonner la retraite et finir le combat; que ce fut par ses conseils que le duc de Guienne envoya son scellé au duc de Bourgogne, parce que le connétable avait persuadé à ce prince que le poi vou* lait le dépouiller de la Guienne comme il avait fait de la Normandie ; qu'il avait fait solliciter le duc de Bourbon de se joindre au duc de Bourgogne. On avait en main les scellés qu'il avait envoyés au duc de Bourgogne et au roi d'Angleterre; et ses intrigues étaient si clairement, prouvées par ses propres lettres, qu'il lui fut impossible de les nier. Pour se venger du duc de Boiirgogne, il chargea ce prince d*avoir voulu feire tuer le roi, assurant qu'il s'y était toujours opposé. Le lundi 4 décembre , un héraut d'armes nommé Montjojrej qui était de la maison du connétable, ar-^ riva à Paris avec des lettres du comte de Marie, son fils, adressées au sieur Ladriesche , trésorier de France et président de la chambre des comptes, qui était Flamand , poi^r engager ce magistrat à faire tout ce qu'il

pourrait en faveur du connétable. Le président se doutant bien de ce que le hëraut avait à lui dire^ ne voulut lui parler qu^en présence de M. le chancelier^ çhes qui il le conduisit, afin que le chancelier lui* même ouvrît le3 lettres dont il était le porteur (i). Pendant que le président expliquait au chancelier et aux gens du conseil le sujet de ses inquiétudes, le héraut craignant d^étre arrêté, s^échappa, monta à cheval, et se rendit au Bourget, après avoir dit à son hôte quHl allait au Bourg-la-Reine. Le président le chercha pour qu^il donnât au chancelier les lettres dont il était chargé, et ne le trouva plus. On fit courir au Bourg-^la-Reine, où il n^était pas. Deux archers rarrétèrent au Bourget ; on le ramena a Paris. Il fiit conduit à rhôtel*de*ville, et interrogé par Denis Hesçelin , prévôt des marchands ; ensuite on le mit dans la maison d^un archer, où il fut gardé pendant vingtcinq jours.

Le connétable fut déclaré atteint et convaincu du crime de lèse -majesté, et condamné à être décapité dans la place de Grève. L'arrêt porte « que vu Ténormité des crimes qu'il avait commis, il devait être écartelé, ses membres pendus en voie publique, et son corps au gibet ; mais qu'en considération de son dernier mariage et de ses enfans (il avait épousé Marie de Savoie, sœur de ]a reine), la Cour ordonne qu'après l'exécution de sa personne , son corps sera inhumé en terre sainte, s'il le requiert. » Cet arrêt

(i) Chronique scandaleuse*

fut prononcé par le cbancelier, lé 19 dëcembre, el aussitôt le seigneur de Saint-Pierre en fut averti* il se rendit dans la chambre du connétable, à qui il demanda sHl dormait. Le connétable lui répondit qu'il y avait long-temps qu'il n'avait dormi , ce qui n'était pas difficile à croire* Le seigneur de Saint-Pierre lui dit alors de se lever promptement pour venir avec lui dans la Cour du parlement , parce que ses juges avaient des choses à lui dire qui ne pouvaient pas lui être dites commodément dans sa prison. Il ajouta qu'en y alliant il serait accompagné de monseigneur Robert d'Estoqteville , prévôt de Paris. Le connétable parut surpris et effrayé de ce discours. Il répondit qu'apparemment on le voulait tirer des mains de Philippe Lbuillier, capitaine de la Bastille , dont il était fort content, pour le livrer au prévôt de Paris, qui était son ennemi. Il ajouta encore qu'il craignait d'être in-* suite par le peuple de Paris, lorsqu'il passerait par les. rues. Le seigneur de Saint^Pierre tâcha de le rassurer. Il lui dit que l'on ne prétendait nullement le faire changer de demeure, et que l'on voulait seulement le conduire au Palais, sans lui faire aucun mal. Le connétable s'habilla, monta à cheval, et se rendit au Palais, marchant toujours entre le seigneur de Saint-Pierre et Robert d'EstoutevîUe (i).

Il trouva à l'entrée du Palais le seigneur de Gaucourt et Denis Hesselin^ qui le saluèrent, et auxquels il rendit le salut. On le conduisit dans la cham-

(1) Chronique scandaleuse*

bre criminelle, où il trouva le chancelier, qui lui dit : (( Monseigneur de Saint -^Pol, vous avez été par (( ci-devant, et jusques à présent, tenu et rëputë le u plus sage et le plus constant chevalier du royaun^e ; (( et puisque tel avez été jusques à maintenant, il est (( encore mieux requis que jamais que vous ayez meilc( ]eure constance que oncques vous n^eustes. »

Ensuite il lui demanda le collier de Tordre de Saint-Michel. Le connétable le tira pour le lui donner. Il sentit qu^il était attaché à son cou par-derrière avec une épingle ; il pria le seignetir de Saint-Pierre de lui aider à le détacher ; et après Favoir baisé, il le remit au chancelier, qui demanda ensuite Tépée que le roi lui avait donnée en le faisant connétable de France. Il répondit qu'il ne Pavait plus, et qu'on la lui avait ôtée lorsqu'il fut arrêté. Dans le moment arriva Jean de Popincourt, second président du parlement, qui dit au connétable : a Monseigneur, vous « savez que, par l'ordonnance du roi, vous avez été H constitué prisonnier à la Bastillç Saint -Antoine, c( pour raison de plusieurs cas et crimes à vous mis (( sus et imposés , auxquelles charges vous avez réii pondu, et été ouï en tout ce que vous avez voulu « dire, et surtout avez bâillé vos exeusations ; et tout (( vu à grande et mûre délibération, je vous dis et dé- <( elare , et par arrest d'i celle Cour, que vous avez été « crimineux du crime de lèze -majesté, et comme tel, « estes condamné par icelle Cour à souffrir mort dans (( le jourd'hui : c'est à savoir que vous serez décapité « devant Tbôtel de cette ville de Paris, et toutes \o$,

fc seigneuries, revenus, et autres héritages et bien» (( déclarés acquis et confisqués au roi notre sire. »

Il ne s^attendait pas à une condamnation si sévère , et il en parut surpris. Cependant y il ne dit rien qui marquât de la faiblesse, mais seulement : ce Dieu soit « loué ! voici bien dure sentence ; je lui supplie et re- (( quiers qu^il me donne grâce de le bien connaître (( aujourd'hui. » Puis se tournant du côté de M. de Saint-Pierre, il lui dit: « Ah! monsieur de Saint* « Pierre , ce n'est pas là ce que vous m'aviez tou- (( jours dit. ))

Alors on lui amena quatre docteurs en théologie , deux ecclésiastiques et deux religieux. Les ecclésiastiques étaient le pénitencier de TËglise de Paris, et maître Jean Hiie, curé de. Saint- André-des- Arcs, et doyen de la Faculté. Les deux religieux étaient un augustin, et un cordelier nommé maître Jean Sordun. Il demanda la communion, qui ne lui fut point accordée ; mais on fit chanter une messe devant lui , après laquelle on lui donna de l'eau bénite et du pain béni, dont il mangea. Il demeura avec les docteurs jusqu'à une ou deux heures après midi, qu'il remonta à cheval pour se rendre à la Grève. On avait dressé contre l'hôtel-de-ville un grand échafaud , qui communiquait à un autre plus petit par une galerie de bois. Le grand avait été fait pour le chancelier et les autres magistrats qui devaient être présens à l'exécution; c'était sur le petit que le connétable devait être exécuté. Il fut conduit d'abord au bureau de l'hôtel-deville. La Chronique dit qu'il y fit un testament tel

quel, sous le bon plaisir du roi, que le sieur Denis Hesselin écrivit sous lui : ce n*était qu'un codicile , que Ton peut voir dans les Preuves de Comines ( i ), à la suite de son testament. Il est adressé aux exécuteurs testamentaires qu'il avait nommés dans son testament fait à Péronne ; il le signa , et il écrivit ces mots au bas de sa signature : Priez pour mot

Avant que de monter sur Téchafaud, il dit devant les quatre docteurs , qu'il avait dans son pourpoint soixante demi-écus d'or, qu'il tira, et qu'il donna au cordelier, en le priant de les employer en aumônes pour le salut de son âme. Le cordelier lui dit qu'ils seraient bien employés à l'entretien des pauvres novices de leur maison ; l'augustin lui en dit autant de son côié; et pour les contenter tous quatre, il leur dit de partager la somme entre eux , en sorte que chacun en eût le quart, et d'en, faire ensuite, en leur conscience, l'usage qui leur paraîtrait le meilleur. Il tira de son doigt une petite bague d'or où il y avait un diamant, et la donna au pénitencier, le priant de la faire mettre au doigt de l'image de la Yierge, dans l'église de ]Notre-Dame de Paris. Il donna au cordelier une pierre qu'il portait toujours sur lui, en l'avertissant qu'elle avait une vertu singulière pour garantir du venin, de là peste, et de toutes sortes de contagions. Il le chargea de remettre cette pierre à son petit-fils, et de lui dire qu'il le priait de la bien garder pour l'amour de lui.

A trois heures après midi , il sortit du bureau de rhôtel- de -ville, et monta sur Tëchafaud. Il se jeta d^abord à genoux du côté de l'église de Notre-Dame, et il fut long-temps en prières, baisant de temps en temps, avec de grandes marques de dévotion, une croix que le cordelier lui présentait. Il se leva ensuite ; et le nommé Petit-Jean, fils de Henri Cousin , exécuteur de la haute -justice, s^approcha pour lui lier les mains, ce quHl souffrit bien bénignement^ dit la Chronique. Il se tourna du côté du chancelier et des autres magistrats et seigneurs qui étaient sur le grand échafaud, et leur dit quHl demandait pardon au roi, et qu*il les priait d'avoir soin de son âme, ajoutant quHl ne prétendait pas, pour cela, qu'il leur en coûtât rien du leur. Il fit la même demande au peuple, et s'alla mettre à genoux sur un petit carreau de laine aux armes de la ville, qu'il rangea avec le pied.

Pendant qu'on lui bandait les yeux, il récitait des prières, parlait à son confesseur, et baisait la croix. Ensuite Petit- Jean ayant pris une épée que son père lui donna, abattit d'un seul coup la tête du connétable; son corps tomba presque en même temps. Le bourreau prit la tête, qu'il plongea dans un seau d'eau, et la montra aux spectateurs, qui étaient bien^ dit la Chronique, deux cent mille personnes et mieux.

Aussitôt le corps fut dépouillé et mis dans un cercueil de bois que le sire Denis Hesselin avait fait préparer. Les cordeliers le vinrent prendre en prQ-r

cession, et renterrèrent dans leur ëglise. Denis Hesselin suivait le convoi ; et le lendemain on lui fît un service aux cordeliers. On en fit un aussi à Saint-^ Jean-en-Grève, où sa fosse avait été faite, parce qu'on croyait qu'il y serait enterra ; mais le cordelier qui Ta&sistait lui ayant dit qu^une comtesse de Saint-Pol avait eu sa sépulture dans leur ëglise , il avait prié ses juges de Vy faire porter. Après Texécution, le chancelier fît venir les quatre docteurs qui avaient assiste le connétable, et leur demanda s'il ne leur avait rien donné. Us lui parlèrent des soixante demi-écus d'or, du diamant, et de la pierre contre le venin. Ce magistrat leur dit qu'ils pouvaient disposer de l'argent et du diamant selon les intentions du connétable ; niai^ il retint la pierre pour l'envoyer au roi.

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