DE CHARLES DE FRANCE, DUC DE GUIENNÊ, FRERE DE LOUIS XL
PAR LE P. GRIFFET (i).
Le Père Daniel n'a point parle des ëtats-gënërauï qui furent assemblés à Tours le 6 avril 1468, pour régler Tapanage de ce prince.
Le roi l'avait dépouillé de la Normandie, qu'il ne voulait pas lui rendre. Charles était en Bretagne, sans biens et sans ressource : on avait pitié de son sort; et les ennemis du roi tâchaient de se prévaloir de la compassion des peuples pour lés animer à la révolte. Ce fat pour prévenir leurs plaintes et leur soulèvement, que Louis XI entreprit de faire approuver par les Etats, l'établissement qu'il destinait à son frère.
Il les assembla donc à Tours ; et le chancelier leur déclara d'abord que le roi voulait prendre leur avis sur ce qui regardait l'apanage de monsieur son frère. Le roi se retira ensuite , pour ne pas paraître gêner ^ par sa présence la liberté des suffrages.
Les Etats répondirent que la Normandie demeu-
(i) Extr. de VHist. de France de Daniel, f. 7, édit. de 1755, in-4^
rcralt insëparabléliient unie à la couronne, et que dans rassemblée qui devait se tenir à Cambrai pour régler avec les députés du duc de Bourgogne Tapanage de Charles y les députés du roi auraient soin d'empêcher qu'on ne rendît cette province à son frère; qu'il fallait s'en tenir à l'ordonnance de Charles V, qui avait fixé l'apanage des fils de France, à douze mille livres de rente en fonds de terre, que l'on érigerait en comté ou en duché; et que le roi s'oSrant d'y ajouter quarante - huit mille livres de rente , le duc Charles devait s'en contenter. Il fut aussi régie que s'il demandait quelque chose de plus , les Etats assisteraient le roi contre lui. La chronique scandaleuse ajoute que les enfans de France qui pourraient naître dans la suite , ne seraient pas même reçus à demander les quarante*huit mille francs de pension que le roi voulait bien ajouter à l'apanage de monsieur son frère. On parla aussi dans les mêmes Etats de l'alliance que le duc de Bretagne avait faite avec l'Angleterre, et des hostilités qu'il avait déjà commises en se rendant maître de quelques villes de Normandie : on exhorta le roi à les reprendre, et on lui promit de l'assister contre le duc de Bretagne. .
Toutes ces résolutions furent prises sans beaucoup dô délibérations; car les Etats s'étant assemblés le 6 avril, furent séparés le 14 du même mois. Charles, après de longues négociations, accepta enfin la Guienne pour son apanage , et prit le parti de se réconcilier avec lé roi son frère.
Le 19* jour d'août 1469, ce prince, qui avait pris
]e liire de duc de Guiennej fit un serment sur la croix de Saint-Lo, qui devait être le gage de leur réconciliation. Ce serment fut fait à Saintes dans le palais ëpiscopal , et non pas à la Rochelle y comme rassure le Père Daniel : on en a la preuve dans le certificat du secrétaire qui était présent , et que Ton voit imprimé à la fin du serment parmi le3 preuves des Mémoires de Comines (i).
Ce certificat porte que le 19 août 14699 monsieur Charles, duc de Guienne j étant en la ville de Xaintes et en l'hôtel ëpiscopal d'icellcj a fait serment sur la ^raie croix de Dieu nommée de Saint-Lo-les- Angiers, portée audit lieu de Xaintes par deux prêtres de Saint-Lo.
M.deDammartin,grand-maître-d*hôtel de France; maître Pierre d^Oriole , conseiller du roi et général de ses finances ; M. du Bouchage et Jean Bourré , secrétaire du roi, qui a signé le certificat, assistèrent à cette cérémonie, de la part du roi.
Les témoins de la part du duc de Guienne étaient M. de Yillars, M. de Curton^ sénéchal de Guienne; Patrix Foucart , sénéchal de Saintonge ; Louis Sorbier, grand -écuyer de M. de Guienne, et maître Laiurent Paumier,son secrétaire. Le serment était écrit sur un papier que ce prince lut tout haut , en tenant sa main droite appuyée sur la croix (2).
M. Duclos dit que le duc de Guienne étant arrivé
(a) Histoire de Latsis XI, h 9, p. ao.
il la Rochelle , envoya son scellé au roi avec un serment tel qu'il paraît que le roi l'avait exigé , et il date ce fait du 19 d'août. Or, il est prouvé par le certificat dont on vient de parler, que ce jour le duc de Guienne fit le serment à Saintes : il n'était donc pas à la Rochelle le 19 d'août; et si ce fiit de cette ville qu'il envoya son scellé au roi avec son serment j il n'a pu faire cet envoi qu'un des jours suivans.
Le serment dont il s'agit était fort long , et il roulait sur trois articles qui font voir à quel point sa défiance était portée entre le roi et son frère.
Par le premier article , le duc de Guienne s'engage à ne jamais consentir que l'on se saisisse de la personne du roi son frère, ni qu'on le tue, et il jure que s'il a connaissance de quelque conspiration qui se trame pour l'arrêter ou pour le tuer, il l'en avertira;
Par le second, il s'engage à ne jamais consentir que l'on mette le roi en prison ni en tutelle, ni qu'on le dépouille de son autorité , sous prétexte de quelque infirmité que l'oiji supposerait l'avoir rendu incapable de gouverner le royaume.
Par le troisième , il s'engage à ne jamais épouser la fille du duc de Bourgogne, et à ne point parler ni faire parler au roi de ce mariage qu'une fois seulement; après quoi, si le roi refuse ^on consentement, il promet de n'y plus, penser*
L'entrevue des deux frères se fit la hiéme année , au commencement de septembre, auprès du château de Charon, sur la rivière de Bray; on y avait fait un pont de bateaux , et au milieu une loge de bois par-
tagëe par une forte barrière , dans laquelle an avait pratiqué une ouverture carrée. Celte ouverture était défendue par douze barreaux de fer, afin que le roi et $on irère pussent parler ensemble sûrement. Le roi se rendit dans ]a loge , accompagné du duc de Bourbon, du sieur de Bueil, du sénéchal de Poitou, et de. neuf autres seigneurs sans dague et âans épée. Il avait encore avec lui quatre archers de sa garde écossaise , mais ils n'avaient ni arcs ni flèches ; le reste de la suite du roi^ qui consistait en quatre mille cavaliers, était demeuré à un quart de lieue du pont. Le duc de Gûienne, de son côté^ était suivi des sèign^iurs de Villiéçs, de Çurtoia, de "Malicdrhe, de 3ea[uveau , évéque d'Angers, du chancelier àfi Et&'tagne, et de quelques autres. Le reste de sa suite, qUi ooiasistait en sixiéents cavaliers ou environ, était demeu)*é fort loin.
Le duc de Guienne en s'approcharit du roi, se dér couvrit , et mit trois foi« le genou en terre. Le roi lui dit qu'il iùt le bien-venu, et qu'une des choses qu'il désirait le plus était de le voir. Charles lui témoigna le même désir, et ^qouta qu'il était prêt de le seryir selon son pouvoir, le suppliant d'oublier le passé, et de lui rendre ses bonnes grâces* Le duc de Guienne se leva ensuite , après qtte le roi l'en eut prié plus d'une fois, et ils s'entretinrent ensemble pendant quelque temps avec beaucoup d'amitié ; le duc priant toujours le roi de lui pardonner, et le roi Tassurant qu'il avait tout oublié : ceux qui les voyaient se parler ainsi, ne purent s'empêcher de verser des larmes. I. 7« uv* 3a
« Le duc de Guienne pria le roi y dit M. Duelos, de « lai perodeilre de passer de son e6té : le roi s*y opposa « d'abord) disantqu^il commençait à se faire tard; msM u le duc ayaai réitère ses instances ^ le roi lui accorda, n
Onvoii au conlraire^dans Texlrait d^une ancienne Chronique imprimée parmi les preuves des Méiiioires de Q)mines, que le due de Guienne ayant demandé plusieurs fois au roi la permisnon de passer de son côté , le roi le refusa parce qu^il ëtait trop tard; ei que le duc n aMa joindre le roi que le lendemain; 'qu^alors il se jeta à ses pieds plus de trente Fois, et que ceux qui les virent ainsi réconciliés se mirent à crier : Noéll Noël! en signe de joie. Leur union dura quelque temps,, malgré les efforts que les dacs de Bourgogne et de Bretagne firent pour la rompre.
On voit au Cabinet de Louis XI ( i )^ que le roi ayant envoyé à son firère le sire de Bueil , Imbert de Bastarnay, et maître Pierre d'Oriole, il en reçut une grande lettre qui Tavertissait que le duc de Bourgogne avait député au duc de Guienne Jacques de Saint-Pol, frère du connétable, et maître Pierre de Remiremont, avec des lettres que le due de Guienne communiqua, aux trois députés du roi son frère. Le duc de Bourgogne lui demandait par ces lettres s'il était content de ce que le roi avait fait pour lui; et lui offrait d'employer toute sa puissance, au cas qa*it eût quelque sujet de se pèaîndre, pour lui Êiire avoir
-ri^
(i) C 3. (Recueil de pièces, et principalement de lettres du temps. Paris, 1661, in-ia. EtUt. G L.)
satisfaciion. Il ]ui mandait que Jaeqtiea àe Saint-Pol était charge de lui présenter le GolHeF;dé TcArdre de la TomtL-étOvf el eu casqa'il racdeptâllly de lui oCrir M^^"* dû Bourgogne en mariage.; <|ti!e»fin il entrô^ait 9on scellé 9 pour fakre avec lui td^ traita dTalliance qu'il Voudrailt.
Le duc de Guienàe ooneeriâ, aTecks députés du loi f i|i répoDse qu^l iit au duc d« Bourgogne et à ses e&vpyés. Elle fut telle que te roi eut lieu d'en élré com^^nt; é% le duc de Cmienne ayant pris Taviâ des députés du roi, refusa mai ambassadeurs de^Bourgogne le^.prései^^de yaissella d^ai^ent qu'il était d'msage de l0UF-dobû^l^ Il Ynitm^me troinrer le toi son frère au Fles^isrlQs-'Iolira.y où jl fut reçu avec de grandes dé^ ntonstr^tions d'amitié : toule sa suite fut défrayée aux dépens du roi ^ qui fit ménde des libéralités jusqu'au^ moindres domeMiiquos de sa maison.
Mjai$ oo vint enfin à boiit de diviser liss deux fières. Charles était trop faible pour prendre un parti, par lui-même , et il fut toi^jiours le jouet de ses confi* denSr, qui cherchaient à le> brouiller avec te roi« lis y réussirent au point que, lorsque Charles mourut^ il était prât à âe joindre au duc de Bourgogne pom' faire la guerre au roi* On le flattait toujounrs de l'espérance d'épouser Marie de Bxiurgogne, fille du duc, et héritière de ses grands Etats. I^e roi^ ôûmme on a vu-, lui avait fai>t faire serment de nepkisipenseràce mariage ; mais ceux qui le gouvernaient ne craignirent point de le rendre parjure; et l'on ne sait si les nou* velles intrigues où ils enga^cent ce osalheureux
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prince ne iiireni pas cause de sa mort, que Ton crut lui avoir élé procurée par le poison.
Le Père Daniel raconte que a le duc de Guienne a faisant collation chez Tabbé de Saint-Jean«d*AngeIi ^ « avec Marguerite de Montsoreau, qu'il aimait , cet (( abbë lui présenta une pèche, dont il donna la moice tié au prince , et Tautre moitié à cette dame. Un If peu après la collation , Tun et Tautre se trouvèrent <( mal : la dame.de Montsoreau moûnit j^resque aussi- H tôt i et le prince ne fit que languir, jusqu'à sa mort, <f avec de très^randes douleurs. )>
On a déjà eu Toccasionde faire observer que M. Godefroy, dans ses remarques sur Yarillas, prétend que la collation où Ton dit que leddc de Guienne et la dame de Montsoreau furent empoisonnés , ne se £k point chez Tabbé de Saint-Jean-d'Angeli. Yoici ses paroles: (( Pour ce qui est du repas où on prétend que le duc u de Guienne trouva sa perte , il ne fut pas donné à a Saint-Jean-d'Angeli, ni par l'abbé de ce lieu, mais u à Saint-Sever, par la comtesse de Montsoreau même, (Y laquelle fut en cela d'autant plus à plaindre, qu'elle a prit dans sa propre maison , et au mijiendes siens, a le &tal morceau qu'on croit lui avoir ôté la vie et H au duc de Guienne. »
Sur quoi M. Goâefcoj cite l'autorité de d'Argentré, dans son Histoire de Bretagne. Mais on en a une plus forte encore, pour montrer que le repas dont il s'agit ne fut pas donné chez Tabbé de Saint-Jeand'Angeli} c^est celle de Xjouis XI lui-même, qui écrit au comte de Dammartin en ces termes :
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H Madame de Thouars est morte ; et ils ont amène <( à Saint- Jean -d'ÂD^eli M. de Guienne, qui a les <c fièvres quartes (i). »
Par madame de ThaùarSj il faut entendre & dame de MontsoreaUj que M. Godefiroy appelle la vicomtesse de Thouars j et qui, selon cet auteur, se nommait Nicole j et non pas Marguerite Jambe ou de Chambe. Son père était seigneur de Montsoreau : elle était femme de Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, qui Pavait épousée en. secondes noces^ On voit donc, dans la lettre de Louis XI, que M""* de Thouars étant morte, on. awdt amené le duc de Guienne à Saint- Jean-d-j^ngeli» H n^éuit donc pas à Saint- Jean-d'Angeli lorsque cette dame mourut, puisqu*on ne ly amena qu^aprèa sa mort ; et comme on sait d'ailleurs qu'elle mourut peu de temps après avoir mangé une pèche que Fon crut empoisonnée, il parait qu'elle n'était pointa Saint -Jean-d'Angeli lorsr qu'elle mangea ce fatal morceau ; et par conséquent^ le repas cii elle le prit ne fut pas fait, chezi l'abbé de Saint-Jean-d'Angeli.
La. lettre du roi est datée du ag octobre, et cette date peut faire de la difficulté ; car cett(s lettre est immédiatement suivie d'une- autre, adressée pareillement au. comte de Dammartin , où le roi kti dit :
c( Monsieur le grand- maître, depuis les dernières « lettres que je vous ai écrites, j'ai eu nouvelle que (( M. de Guienne se. meurt , qu'il n'y a point de re-
(i) ûftinet de Louis XI, c &
« mhàe an son fait , et me le ikk savoir un des pi iis « privés qiiil ait ayec lui; et Be crois pas, ainsi qù^'il (( dit , qu^il soit vif dix à quinze jours qu'on le paisse
<( aimnap £t afin que soyons assures de eeUii qui
M m\ £4t savoir les nouvelles , c'est le moine qui dit <( ses heures aveè M. de Guienne, dont je me suis <( fort edbabi^ et m'en suis si^ë depuis la tête jusques <(. aux pieds : et adieu. Ecrit au Montil-les-'Tours , ce <f iS mai. )>
La date de ^eette seconda lettre ne cause aucun embarras, puisque le duc deGuienne mourut le ^8 4u Blême mois , huit jours après que Louis XI eut écrit cette seconde lettre au comte de Dammartin.
Mais il semble que la date de la première lettre , 4u 29 octobre, est absolument fausse, puisque le duc de Guienne étant mort le a8 du mois de mai , ne pouvait pas être amené à Saint *>Jean*d'Angeli, ai^ec les fièvres quaxteSj au mois d'octobre. Il semble qu'on ne peut résoudre cette difficulté qu'en disant que ces deux lettres ne furent pas écrites dans la même année, et qu'ainsi il y eut environ sept mois dHntervalle entre la mort de M"''' de Thouars et celle du duc de Guienne, puisque la mort de cette dame est marquée dans la lettre de Louis XI du 39 octobre, et que, dans cette supposition, celle du duc serait arrivée au mois de mai de l'année suivante. On a dit que Charles, duc de Guienne, était mort le 'A de mai* M.Godefroi avait déjà remarqué qu'il n'était pas mort le la, puisque son testament, qu'il rapporte, est du 24* mais comme ce savant critique n'avait point d'autre
titre que ce testament pour fixer la date de sa mOTt , î) a cru que ce {uriiice était mort le jour même qu^ii le signa, c^est^-dire le 24* Ou a découvert depuis un monument propre à fixer cette date avec plus de certitude : c*est un compte de la sënécliaussée de Car* cassonne, ëcrit par un eontemporain , et cité par les auteurs de la Nouvelle histoire du Languedoc (1), où il est dit que Charles y duc de Guienne , mourut le 28 de mai i^']2.
Les mêmes auteurs font une difficulté au sujet de ia pêche empoisonnée que Ton dit avoir cause sa mort. On pourrait douter j disent-ils, ^2'/ / açaà alors des pèches. Si ce doute est fondé sur ce qu^on ignore si ce fruit était alors connu en France, on pourrait répondre que les fi-uits les plus rares paraissent sur la table des princes, lors même que les particuliers ne sont pas à portée d^en avoir (a) ; s^il est fondé sur ce
(a) Le Père Griffet élude ici une difficulté^ sur laquelle il aurait dA se pronoBcer. Peut-être même suppose-t-il sans raison que l'existence du pêcher en France, an quinzième siècle, a été mise en question an sujet de l'empoisonnemenl de Charles. La culture de cet arbre était connue dans les Gaules. Columelle parle de la piche gauloise comme d'un firuit remarquable par sa grosseur et sa beauté. Charlemagne, qui, sans doute, aimait les pêches, voulait qu'il y en eût de diverses espèces dans ^es jardins ou métairies : les capitulaires en font foi. Il est incontestable y eofia y qof le pêcher a éhé cultivé en France dans tous les âges de la mo-
que le duc de Guienne mourut le 28 mai , et par conséquent avant la saison des pèches , on doit considëreF que la dame de Thouars était morte au moi s d!*octohre de Tannée précédente, et par conséquent que la pèche dont il s*agit avait été mangée sur la fin de Fautomne; mais que le duc de Guienne , qui vécut encore près de sept mois après elle, résista plus long^ temps qu*elle ^a force du poison.
Le Père Daniel a remarqué que Louis XI fbt soupçonné d*avoir fait empoisonner son frère, et il n*est pas le seul qui ait examiné ce que Poa peut dire de plus certain pour détruire ou pour autoriser ce soupçon; Avant lui, M. Godefroy avait publié là-dessus diverses réflexions qui vont toutes à la décharge de Louis XL M. Duclos en a publié encore de plus étendues sur le même sujet, dans la nouvelle Histoire de Louis XI. Pour mettre le lecteur au fait d'une ques- | tion si importante pour Thonneur de ce prince, on va exposer ici premièrement ce qui paraît autoriser le soupçon dont il s'agit; on remarquera ensuite avec la inéme fidélité ce que l'pn a trpyvé de pjus propre à l'en justifier.
I**. Tous les historiens conviennent que le duc de Guienne et la dame de Montsoreau furent véritablement empoisonnés. MM. Godefiroy , Duclos, Lenglet et le Père Daniel, ne paraissent pas le révoquer en
narchie. Le Grand d'Aussy ne laisse aucun doute sur ce fait. {Voyez VHisi. ^h ne ornée des Français, t a, passimJ)
{Edit. G. E.)
doute. Enfin , LonîsXI Ini-méme, dans les instrucfibn» adressées aux députés qu^il envoya en Brelagne pour assister au procès de Tabbé de Saint- Jeansl^Angeli, semble supposer que le crime était indubitable , et qu^il n'était plus question que d'en connaître Tauteur.
Jean Faure de Yersois , ou plutôt Jourdain Faure de Vecours, religieux de Tordre de Saint-Benoît, abbé de Saint-Jean*d*Angeli , aumônier du duc de Guienne, et Henri de laRocbe, écuyer de cuisine de ce prince , passèrent assez constamment pour en avoir été les auteurs immédiats. Mais on accusa Louis XI de les .avoir mis en œuvre , et par conséquenM'en être le premier coupable; et c'est Tunique point qu'il s'agit ici d'éclaireir.
On conjecture avec assez de vraisemblance, que le moine avec qui le duc de Guienne récitait ses heures j dont le roi parle dans sa seconde lettre au comte de Dammiirtin, était l'abbé de Saint-Jean-d'Angeli. Il est qualifié d^aumôfùer du duc de Guienne dans des lettres publiées par le duc de Bourgogne. iTy a donc toute apparence qu'il était ce moine avec qui le duc de Guienne avait coutume de réciter ses heures. On voit par la lettre du roi à Dammartin , que ce moine envoya un exprès au roi pour l'avertir que le duc de Guienne n'avait pas plus de quinze jours à vivre , et que Ton aurait même de la peine à le mener jusque là. Ces empressemens à donner un tel avis au roi, ne marquent - ils pas une collusion visible entre le mo* narque et l'abbé , qui donne lieu de croire qu'un in-« térét commun les unissait dans cette afiaire ?
3* L*aatenr des jinnales d* Aquitaine dit qii^après la mort dn duc de Guienne , Tabbé de Saint - Jeand*Angeli fut accuse d^avoir donné à ce prince et à la dame de Montsoreau une pèche empoisonnée; et que pour lui faire son procès , parce quUl était homme d^église , on nomma messire Louis d* Amboise , auquel on donna pour greffier Pierre Sacierges, secrétaire de Tévéque d'Angers. 11 ajoute que le roi écrivit à messire d'Amboise de le venir trouver avec Sacierges, en leur promettant qu*il les comblerait de biens, pourvu qu'ils lui apportassent toutes les pièces du procès fait à Pabbé de^int-Jean-d'Angeli; qu'ils les lui apportèrent en effet, et que ce fut là Toriginq de la grande fortune que firent dans la suite tous les enfans de Pierre d'Amboise, seigneur deChaumoni,qui étaient au nombre de douze. Le greffier Sacierges fut fiiit procureur-général au grand conseil , et ensuite maître des requêtes ; a lesquelles choses, dit cet auteur, ont c( donné grande occasion de penser que ledit roi Louis a était coupable dudit empoisonnement, dont toute- (c fois n'a rien été écrit par les chroniqueurs ; et quant ce à moi, je ne puis le croire. )>
3"* Voici quelque chose de plus fort. Le duc de Bourgogne , dans des lettres publiques datées de son camp devant la ville de Beauvais,le i6 juillet 147^9 et rapportées parmi les preuves de Comines (i), dit en propres termes , que le duc de Bretagne et autres Tout averti et assuré que Monsieur de Guienne avait
CO T. 3, p. 199.
perdn ]a vie par ^< poisons, maléfices, sortilèges et u invocations diaboliques, ainsi que frère Jourrl an ce Fort, dit f^epcorSj religieux de l'ordre de Saini«> « Benoît, natif de Dye an pays de Dauphinë, con-» <f fieiller et aumdni^r de mondin sieur de Guienne , « et Henri de ]aRocbe, ëcuyer de cuisine d^îcelui t( seigneur. Pont en jugement reconnu, par -devant (( l'archevêque dudii lieu; fràre Roland le Croisic^ <( inquisiteur de la foi , ancien docteur en tliëologie ; <( maître Nicolas Dantis, bachelier en théologie; « maître Jean de Blet, conseiller en la Cour des u grands-jours dudit Bourdeaux, à ce appelés, et préa sents, maîtres Pierre, seigneur de Morvilliers, chance celier ayant la garde des sceaux de la chancellerie <( de mondit seigneur de Guienne ; maître Jehan ft Chassaigne, second président en ladite Cour des « grands-jours; Loys Blosset, Rogier Lefevre, maître u des requêtes dudit feu seigneur, et plusieurs autres; (( en déclarant par leurs dépositions , confessions et « procès , avoir fait si détestable crime par For douce nance dudit roi, qui leur avait donné et promis <c grands dons, états et offices et béné6ces, pour con* <( sommer cet exécrable parricide en la personne de « mondit seigneur de Guienne , son frère. »
Si le duc de Bourgogne s'était contenté d'accuser Louis XI de cet attentat, sans en citer aucun témoin ni aucun garant, on pourrait dire cpiHl ne parlait que par passion , et son témoignage seul ne serait pas d'un grand poids ; mais il soutient que Tabbé de Sainu Jçan - d^Angeli et Henri de la Roche cmt reconnu ^
dans des dëposilions juridiques, qu^ils avaient commis ce crime par Tordonnance et à Tinstigation du roi ; et il cite par noms et par surnoms tous ceux qui leur ont entendu faire cet aveu. C'est Tarchevèque de Boiirdeaux, c'est le chancelier de Guienne, ce sont- des magistrats et des docteurs en théologie qui étaient présens à l'interrogatoire, et qu'il produit à la £3tce du public , conune autant de garans'de ce qu'il avance.
M. Godefroy, qui a fait des remarques sur ces let^ très du duc de Bourgogne , répond que si cet aveu avait été véritable , il eût fait la conviction des accu-sés ; que cependant on ne voit point quellç a été leur fin y et qu'il est certain qu'on n'en a point &it justice en public.
M. Duclos y ajoute une autre réflexion, u Les en- (( nemis du roi, dit -il, avaient les coupables entre (c leurs mains ; ils n'auraient pas manqué de rendre <( leurs dépositions publiques, si elles avaient chargé (( ce prince. »
Mais il faut observer que le roi devint maître absolu de la Guienne , par la mort de son frère. Etait-il bien aisé de faire punir les coupables dans cette province , en cas qu'ils eussent fait un pareil aveu ? Lescun les enleva , et les conduisit en Bretagne , où il était plus facile d^en faire justice : mais le duc de Bretagne nV.tait pas, à beaucoup près, si animé contre Louis XI que le duc de Bourgogne; et un roi aussi habile et aussi puissant trouve bien des moyens pour lier les mains à un vassal , et pour l'empêcher de Iç déshonorer à pure perte. •
On demande pourquoi ils ne rendirent pas publiques les dépositions des coupables , si elles chargeaient le roi. Le duc de Bourgogne ne les avait pas en main ces dépositions : les unes étaient au pouvoir du^due de Bretagne y et les autres entre les mains du roi. On pourrait répondre que si le duc de Bourgogne les avait eues, elles seraient devenues publiques; mais que le duc de Bretagne, qui se ménageait davantage avec le roi, ne voulut pas se porter à cette extrémité, pour se donner le plaisir d^une vengeance inntile.
On est surpris de ce que les dépositions sont de-» meurées secrètes, quoiqu^il fût de Fintérét des ennemis du roi de les rendre publiques : mais ne doit-on pas être encore plus étonné de ce que le duc de Bourg(^ne ayant cité tant de témoins graves et irréprochables, de Taveu qu'avaient faitTabbé de Saint* Jeand'Angeli et son complice, à la charge du roi, ce prince , pour .se laver d'un soupçon si odieux , n'ait ipas engagé ces témoins à donner un démenti public au duc de Bourgogne? Il était devenu maître absolu de la Guienne, par la mort de son fî^re; rien ne Fempéchait d'engager l'archevêque de Bordeaux et les autres témoins cités par le duc de Bourgogne , à désavouer le témoignage que ce prince leur attribuait, s'il n'eût pas été fondé sur la vérité.
Yoilà, ce semble, ce que l'on peut dire de plus fort pour autoriser l'accusation intentée contre le roi par le duc de Bourgogne; Il ne faut pas dissimuler ce que l'on peut dire de plus raisonnable pour le disculper.
Cette accusation porte uniquement sur l'aveu fait
à Bordeaux par Fabbé de Saint-'Jean-d^Angeli et par son complice; or y M. Godefroy fiât Ià<*des8ii8 cette réflexion : « Il ne serait pas étonnant^ dit -il ^ que ces Cl accusés, pour rendre lear cause plus favorable, ou (r peut*étre séduits par quelque espérance de pacrdon j c( aient eu la témérité de nommer le roi , cof time s^il (c ayait été le moteur du crime dont on les accusait, j»
Le roi lui - même parut désirer sincèrement que Taffaire fût éclaircie. 11 envoya en Bretagne Hélie cie Bourdeille , archevêque de Tours ; Jean de la Grrolaye-YillîerS) évéque de Lombez, depuis oardkial; Jean de PopÂocourt^ président au^ parlement de Paris; Bernard Laurel, président au parlement de Toulouse; Pierre Gruel , président au parlement de Grenoble ^ pour travailler au procès des accusé»^ conjointement avec les commissaires qui seraient nommés par le duc de Bretagne. Leurs instructions sont rapportées au troisième tome du Nom^eau. Coimnes^j parmi les preuves, pag. 279 et suiv., et elles sont datées du 213 novembre tfyjZ.
Ges instructions nous apprennent que le procès des deux accusés avait été commencé à Bordeaux, dans le temps que le duc de Guienne vivait encore. Le roî ordonne aux commissaires de prendre avec eux maître Roland Croisic, docteur en théologie, inquisiteur de la foi , qui avait été confesseur du duc de Guiemie. Le Père Lobineau s- est donc trompé ,, quand il a donné ce titre à Tabbé de Saint-Jeàn-d'Angeli. Le roi déclare que Roland Croisic ne lui est nuUèmenl^ suspect, et quHl veut que ce docteur soit présent à tous
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les actes y d^autant plus qu*il est déjà informe de Taffaire , ayam été commissaire au procès que Ton avait cooimencé à Bordeaux. Le roi ordonne encore aux commissaires de sln&rmer sHl a jamais rien su de cet empoisonnement, s'il a fait commettre ce crime , et d'enregistré au vrai tout ce que diront les deux accusés, de leur demander en même temps si on ne les a point poussés à charger le roi» Que pouvait-il faire de plus pour Ater toute idée qu'il fût le premier auteur de ce crime? On ne sait point quel fut le résultat de cette procédure ; on ne sait pas même trop bien ce que devinréKii }es deux accusés*
Une chronique manuscrite, dtée par M. Duclos, porte que Taillé de Saint - Jean ^ d' Angeli fiii mis à iNaiites dans use maison nommée la Musse j qui était {^rdée par Bertrand de Mussilkc, et que Hetiri de la Roche fut mis dans la prison du Bouffayj que longtemps après, Tabbé,^ voyant le péché qu'il avait fait, se désespéra, se pendit et s'étrangla dans la chambre où il était en prison. A l'égard de l'écuyer, Tauteur de la chronique assure qu'il n'a point su ce quMl était devenu. D'Argentré, dans son Histoire de Bretagne^ et du Bouchet, à^s^ ^i^ Annales et Aquitaine j disent que l'abbé de Satnt-Jeab-d'Angeli fut enfermé dans la grosse tour de Nantes, et que le geôlier donna avis que depuis que cet abbé était dans cette tour, on y entendait toutes les nuits des bruits horribles \ ce qui venait apparemment de ce que cet abbé^ étant accusé de sortilèges, maléfices et imnwations diaboliques; le geôlier le rendait comaie un son:ier« Ces deux
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auteurs ajoutent qu^unè iiuit le tonnerre étant tombé sur la tour, Tabbé fut trouvé mort le lendemain, étendu dans la place où il couchait, la tête et le visage enflés > noir comme un charbon , et la langue hors de Ja bouche d'un demi -pied de long. Le Père Daniel assurô , diaprés ces deux historiens, que cet abbé fut tué dans sa prison d'un coup de tonnerre ; mais il a retranché de leur récit les bruiu horribles que le geôlier entendait du croyait entendre toutes les nuits. M. Godefroy observe que le Père Lobineau assuré , dans son Histoire de Bretagne j que Tabbé de Saint- Jean-d'Angeli était encore vivant au mois de décembre 1474 i ™^^^ qu'il ne dit pas quelle fut sa destinée ni celle de Heilri de la Roche*, son complice ; « de (( sorte, dit M. Godefroy, qu'il y a lien de croire que, « n'ayant pu les convaincre du crime qu'on leur im- (c posait, on les a laissés mourir, ou peut-être, comme (( il y a beaucoup d'apparence , fait étrangler en pri- « son, ÊLute d'avoir trouvé des preuves suffisantes (( pour en faire un exemple public, n Mais d'Argentré traite ce soupçon de fable , dans son histoire de Brehiffie.
L'auteur du Cabinet de Louis XI {i) dit que l'un des deux prisonniers se pendit ; mais il ne dit point si ce fut l'abbé ou l'officier de cuisine.
Cet auteur paraît même assez mal instruit de cette affaire. Il nomme l'officier de cuisine Jean de la Moche j quoique dans tous les actes il soit appelé
Mi^.k
(0 C & (T. Lhermite de Solien. Edk.)
Henri; et ij- dit que celui qui se pendit ^tait en prison chez le duc de ^ourgognej quoique tous les monumens assurent qu'ils furent touis deux conduits et emprisonnés en Bretagne. On voit au Cabinet de Louis XI une lettre de ce prince au comte de Dammartin, par laquelle il Tavertit qu*il y a de la brouillerie dans la maison du duc de Guienne soti frère ; que le seigneur de Lescun s'était uni avec le gouverneur de La Rochelle cbntre M""* dé Thouars, et que le moine était du côté de M. de Lescun^ On en a pris occasion de soupçonner que ce moine j à Tii»tigation du seigneur de Lescun, aurait bien pu n'avoir eu dessein que d'empoisonner M"* de Thouars , et que par malheur le duo de Guiennè ayant voulu manger du même fruit, aurait eU le même sort. Mais ce soût là de pures conjeôiures ; et il y a tout lieu de croire que l'dn ne saura jamais avec Certitude ni quel fut le premier et le principal auteur de cet empoisonnement, ni quelle fbt la fin et le genre de mort dé ceux que l'on accusa de l'avoir commis. Tout problème cesserait à l'iégàrd du premier article, si l'on pouvait s'en rapporter au témoignage de Brantôme, qui prétend que Louis XI avoua lui-même qu'il avait fait empoisonner son frère.
« Entre plusieurs bons tours, lit-il, de dissimula - (( tions, feintises, finesses et galanteries que fit ce bon (f roi en son temps, ce fût c^lui, lorsque, par gen- <( tille industrie , il fit mourir son frère le duc de <( Guienne , quand il y pensoit le moins j et liii faite sant le plus beau semblant de l'aimer lui vivant, et L 7« Liv, 33
« le regretter aprit m mon : si bien que personoe ne « ^aperçut quHl eût fail fiiire le coup, sinon par le (( moyen de son fou, qui avoit été audit duc son (( frère t et il Tavoit retire après sa mort; car il éioit « plaisant. Etant donc un jour en ses bonnes prières « et oraisons, à Clëri, devant P^otre-Dame, qu^il ap- (( peloit sa bonne patponej au grand autel, et n^ayant c( personne auprès de lui, sinon ce fou qui en ^toit a un peu éloigne, il Ventendit comme il disoît : et ^k 1 ma bonn$ dm^^ 99a petite maîitesse^ ma a grande <janie^ en qui fai êaujoars eu nnm récon" u fort, je te supplie d^ prier JPieu pour moi, et u d'être mqn e^ocaU em^ers lui. Qu'il me pardonne H la mort de mon frère, tpàe fai fait empoisonner H par c^ méchant ahdé de Saint- Jean / Je m'en H confesse à toi, oomm^ h ma bonnf patrone et (t maûresse. Mais aussi, qu'emsai-je su faire ? il H nefaisoit que trembler mon royaume...... Le fou
ir n^éioit pcân^ si reculé ni dépourvu de sens ni de H nfuuyaises oreille, qu*il n*entendit et retint fort H bien le tout ; en set te quHl le redit à lui en prér( sence de tout le monde à soa dîner, et à autres, Krlui reprochant ladite a0aire, et lui répétant soun vent qu^il avoit fait mourir son frère*
% Qui fbt étonné ? ce £at le coi..... Mais il ne le (( ^rda guère ; car il pi^ssa lias pas comme les auu très, ». c*est^è-dire que le roi le fit mourir pour r$;9ipécheff da parkf davamage d'un crime qu'il voulait faire oublier.
<( Il y a plus de. cinquante ans, ajoute Brantôme,
« que moi étant fort petit, m'en allant au collège à c( Paris j j'ouis faire ce conte à un vieux chanoine de a là, qui avoit près de quatre-vingts ans; et depuis, fcce conte est allé de Tun à Fautre, de chanoine en (( chanoine (i). »
Tel est le récit de Brantôme, uniquement appuyé sur le récit qu'un vieuî chanoine de Cléri lui avait fait dans son en&uxce , sans qu'aueun autre hisiorien contemporain ait jamais rapporté cette circonaiance, qui devait être cependant bien publique , puisqu'on supposé que le fou du roi lui reprocha en face l'aveu qu'il avait fait de la mort de son frère , pendant son diner, et que ce fou , qui devait être connu de toute la cour, disparut ensuite , parce que le roi le fit mou*^ rir; De pareils &its demanderaient d'autres preuves; et il serait difficile de décider, dans uû cas si gravé ^ de l'honneur et dé la réputation du roi sur de |>areils ouï-dires. On sait, d*ailleurs, que Brantôme a rassemblé dans ses livres tous les petits contes qui couraient de son temps à la cour et dans les pro-* Vinces , sans prendre trop de soin pour s'assurer auparavant s'ils étaient bien avérés ; et que si cet auteur n'est pas toujours fautif, il s'en Êiut beaucoup qu'il soit toujours véridique.
Mitt-
CO T; I, sur Gharies YU*