ADDITIONS DE L'ÉDITEUR
SUR l'empoisonnement présume de CHARLES Vf I ; Diaprés Amelgard, auteur contemporain (i).
Tout ce qu'Amelgard dit de la conduite du dauphin, depuis Louis XI, dans le Dauphinë, et des sujets du mécontentement quHl donna au roi Charles VII son père , parfaitement conforme à ce qu^ori trouve dans les diverses remarques du Père Griffet, contredit absolument la manière dont Duclos présente la suite de ces faits.
Lorsqu'Amelgard raconte la mort de Charles , il paraît plus sensible à Tavaniage qui résultait de ce triste événement pour le duc de Bourgogne, qu'à la perle irréparable que faisait la France. Il île cache point que cette mort passa pour n'être pas exempte de poison ; mais il ne dit rien de Tabstinence à laquelle on prétend que Charles s'était condamné luimême. Si Villaret, dit M. du Theil, eût connu l'ouvrage d'Amelgard, il n'eût point avancé qu'aucun historien contemporain ne fait mention de la joie indécente que, dans des temps postérieurs, on a reproché à Louis XI d'avoir montrée en apprenant la mort de son père. Voici comment s'exprime l'auteur contemporain, que nous traduirons fidèlement:
(( Le soupçon d'empoisonnement s'accrédita d'au-
(i) Hist. des règnes de Charles Fil et de Louis XI, manuscrits d« la Bibliothèque du roi, n^' 5962-63.
(( lant plus, que non seulement le dauphin ne monte Ira pas la moindre douleur de la mort de son père , (( mais qu'il fit des présens j et même assez considé- « râbles , à celui qui lui en donna la première nou- « velle, comme s'il lui eût appris l'événement le plus (( agréable. Il partit sur le champ pour Avesne - le- « Comte , où il ne fit célébrer d'autres obsèques en (( l'honneur de son père , que quelques messes sans a solennité , un seul matin ; et le même jour, à midi , (( il parut vêtu d'une courte tunique , mi-parlie blan- « che et pourpre, la tête couverte d'un chaperon des (( mêmes couleurs : dans cet accoutrement, il fuît l'a^ x( près dîner à la chasse avec ses courtisans, habillés « comme lui. Un de ses premiers soins fiit de faire (( élargir }e médecin de sou père, Adam Fumée, que u Charles VII, dèiL qu'il avait pu craindre d'être emic poispnné, avait fait retenir prisonnier dans le chance teau de Bourges ; et non content de le mettre en « liberté, il le traita avec beaucoup d'honneur. Il en « usa de même à l'égard d'un chirurgien, qui, même a avant que le roi fôt expiré, se voyant soupçonné, (( s^était enfqi à Yalencienues. Enfin , lorsqu'à sa renie trée dans le roj'aume , plusieurs des officiers . et « autre» personnes de la cour vinrent à sa rencontre., (( encore vêtues de deuil , par respect et par amour « pour le feu roi , il leur fît défendre de se présenter (( devant lui, jusqu'à ce qu'ils eussent pris d'autres ha- (( bits, et quitté ces marques de tristesse et de regret. )) On croit que la particularité concernant Adam Fumée, ne se trouve en aucun autre lieu.
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