ET DU PROCÈS DU CONNETABLE DE BOURBON
S*iL'&ut en croire plusieurs historiens^ Louise de Savoie, mère de François I*% veuve depuis long-^iemps , Bravait pu se défendre d*un semiment vif et trc^ tendre pour Charles, due de Bourbon, connétable de France, qui était beaucoup plus jeune que cette princesse, et qui avait d'asseai justes motifs de s^en plaindre pour ne point répondre à seê vues. Une femme dédaignée, dans une position pareille, ne pardonne ps^. Non contente d^avoir contribué à priver le duc des pensions que le roi lui faisait, 6t des plus belles prérogatives de sa charge de connétable, Louise lui sus* cita, de concert avec le chancelier du Prat, dont elle était stM^e, un procès qui ne tendait à rien moins qu*à le dépouiller de la plus forte partie de ses biens, qu'il possédait en vertu de legs et de donations supposées contestables. La patience et la fidélité du duc, comme sujets , ne purent résister à tant de persécutions. 11 résolut dès lors d'abandonner la France , et de s'en
(i) Exposé de VEdifeVif\
venger, en tournant contre elle cette <pée cju^il nV vait reçue, et, jusque là, tirée que |x>ur la ài-^ fendre.
Après s^étre entendu avec Tempeireur pàf voie de négociations secrètes , il préparât les moyens d'exciter et de soutenii" une guer^ô civile dans le cœur du royaume , pendant que l'étranger en attaquerait les frontières , lorsque François I^, parunt pour Tltalié , fut infiirmé des projets du connétable | et s'en ouvrit à lui-même en passant à Moulins. Le duc de Bourbon , tout en avouant que Tenlpereur lui avait fait des propositions, nia qu'il les eût acceptées; et le roi eut la faiblesse , oU', si Ton veut , la générosité de le croire. Au lieu de le faire arrêter sur le champ , il le laissa libre à Moulins, et poursuivit sa roule jusqu'à Lyon , où le duc lui avait promis de le rejoindre. Mais François s'aperçut bientôt qu'il avait été trompé. Le connétable se garda bien d'aller jusqu'à Lyon, Feignant, toutefois, de s'y rendre, il en prit le chemin , et le quitta pour se retirer dans son çh&teau fortifié de Chantelle; mais, sur Vavis qu'il reçut que les troupes royales étaient à sa poursuite , il passa , non sans difiiculté, chez l'étranger, et consomma son crime, en servant l'empire contre la France.
Ce n*est pas ici le lieu de suivre ce malheureux prince dans des expéditions dont ses talens et sa valeur n'ont pu couvrir la honte, que la trahison leur imprimait. Ces faits sont sufiisamment connus. On sait aussi que le coupable trouva la punition de sa faute sous les murs de Rome, qu'il assiégeait au mois
de mai iStyj, et d*où partit un, coup dWquebuse qui lui donna la mort.
Voyez le Traité de du Puy ; le livre 6, c. 1 1, des Recherches de VdiSf\\x\er -j V Histoire de France de .Daniel, t. 9., iQ-4V^dit» de 1755, et les Notices d&s manucscrits^ dfi Ut Bibliothèque du roij par de l' Averdy. Oa trouve dans le Recueil de Laval, in-4**, de i6o5 ou i&i6(i), liv#e peu cooimun, une. histoire de la vie et des ges(0$;$igDalé9 de Charles de Bourbon^ écrite par son secrétaire Màrillac, et qui a été continuée par le mèm^ I^yal. G^est une apologie dont il faut se défier, mais qui oonùeat beaucoup de faits curieux et peu connus.