OBSERVATIONS DU P. GRIFFET
SUR Le paoGÈs de Charles, duc de bourbon (2).
Il y a quelque difficulté à fixer le temps et la manière dont le roi fut instruit de la conspiration du connétable de Bourbon; Le père paniel se contente
(i) Dessé^ ,d^ prqfssswns npàks etpnhUqi^s ^ cont^uant plusieurs Trcdiez diçers et rares y et, entre autres, VHistoire, dç Ig. maison de Bourbon, a^^ec autres beauijc secrets historiques^ ex'rtraicts de" bons et aUtlientiques l^Iémolres et mamiscripts, etc., ■pîar Aibibihë dfe Lavali Paris, 160S, în-4.®. La seconfle édi- 4ton'est dé x6i^. /;' • •.- / -' ' '
(a) J^x(n de.riB&^ de Fr^ançe dé D^BieU t. 9, i»-4-\
de dire , après du Bellay , que « le roi arrivant à Saini- « Pierre-le-Mou'slier, apprit de Matignon et d'Ar- « gouges 9 deux gentilshommes de Normandie, de là c{ maison du connétable, qu'il se tramait sous main « qtielque chose avec Tempère ur, par le moyen du <i comte de Rœux, sans néanmoins qu'ils en susseifit <( aucun détail. »
M. du Puy, dans son Traité sur le procès du connétable, adopte le récit de du Bellay j et Ton fera voir bientôt que ce célèbre, écrivain n'a pu l'adopter sans tomber dans une espèce de contradiction avec luimême.
Pasquier, au livre 6 de ses Recherches j dit au contraii^e que, lorsque le roi arriva à Moulins, il ne savait encore rien de la conspiration du connétable, que par ces bruits sourds qui précèdent presque toujours les évènemens extraordinaires, surtout lorsqu'il y a beaucoup de personnes dans le secret; mais que, àur des bruits partiels, le roi ne^ se crut pas en droit d'agir contre le connétable, ni de le faire arrêter. A l'égard de la découverte qui fut faite par d'Argouges etMatignon, il ajoute que le roi n'en fut informé qu'à .Liyon;.Voîei comment il raconte le fait :
Le connétable avait envoyé en Normandie un de ises secrétaires nomm^ l,urcyj pour tâcher d'iattirer à son- parti quelques gentilshommes de cette province. Lurcy ep vit plusieurs, et entre autres Matignon et d'Argouges, qu'il pria de la part du connétable de se yendre un certain jour à Vendôme dans une hôtellerie qu'il leur marqua , en leur disant qu'ils. appreu«i
draieni là ee qu^ils auraienl à faire. Les deux gentilshommes 6*imaginèrent qu*il s^agissait d*accompagner le connétable au voyage d'Italie. Ils se mirent en équipage» et se trouvèrent à Yendème au liea et au jour qu'on leur avait marqués. Ils y trouvèrent Lurcy, qui les fit d'abord jurer pKir les saints Évangiles de ne révéler à personne ce qu'il allait leur dire de la part de monsieur le connétable. Il leur déclara en* suite tout le plan de la conspiration.
Dans le compte que le président de Selve rendii au roi du procès des conjurés, lorsque ce prince vint tenir son lit de justice au parlement, les 8 et 9 de mars i5349 ^^ ^^^ ^^^ expressément que Lurcy étant à Yendôme, dit aux sieurs de Matignon et d'jàrgouges que le connétable leur enverrait un certain nombre de gens de bien pour agir en Normandie*
On voit un plus grand détail des propositions que Lurcy fit à ces deux gentilshommes , dans le discours que Philippe Chabot , que Ton appelait alors M. de Briorij et qui fut depuis amiral » tint an parlement (i) lorsqu'il y fut envoyé par le roi pour faire part h cette compagnie de la découverte de la conspiration^ Ce seigneur dit que l'envoyé secret du connétable avM; fait entendre aux sieurs Matignon et d'Argoiiges que son maître voulait se saisir di la personne du roi , et l'enfermer au château de Chantelle , pour le livrer au
(i) Ce discours, tiré des registres du parlement, est imprime parmi les preuves de VHisl(Jire de lu ville dé Paris, par dom Félîbien.
roi d^ Angleterre. Lnrcy ajouta que, pour lui, il n'é? tait pas de cet avis,. parce qu'il lui semblait qu'on le devait plutôt occir et tuer. Alors un des deux gentilshommes lui ayant demande ce que deviendraient les en&ns de France, il répondit qu'ils en feraient des pâtés , que Ton enfermerait la mère du roi dans un lieu d'où elle ne sortirait pas quand elle voudrait, et que les serviteurs de M. le connétable avaient délibéré d'abolir entièrement la maison royale»
Matignon et d'Argouges s'en retournèrent ensuite dans leur province, bien étonnés de ce qu'ils avaient entendué
Pendant ce temps -là, le roi se préparait à partir pour ritalie. Il se rendit avant son départ à l'hdtelde -ville de Paris, où il déclara qu'il laissait le connétable son lieutenant-général en ce royaume , pour régler, conjointement avec M"* Louise , les affaires qui pourraient survenir en son absence. Ce fait est rapporté dans le discours de M. de Brion au parlement ^ çt tout Paris en avait été témoin.
Lorsque le roi fut arrivé à Moulins , il vit le connétable sans avoir encore aucune connaissance distinctive et certaine de la conspiration. D'Argouges et Matignon étant arrivés en Pïormandie, se trouvèrent embarrassés pour savoir s*ils révéleraient ce mystère au roi , comme ils y étaient obligés , ou s'ils garderaient le serment qu'ils avaient fait de le tenir caché ; car leur parti était pris de ne point entrer dans le& vues du connétable. Us s'adressèrent à un prêtre , ^ nui ils dirent en général qu'un prince , qu'ils ne pOK*^
vaieni lui nommer, tramait une conspiration contre TEtat avec Tempereur et le roi d'Angleterre, et qu^ils le priaient d'en donner avis au sire de Brezé , lieutenant-général pour le roi en Normandie sous le duc d'Alençon, qui en ëiait gouverneur. Le prêtre alla trouver Brezë, et lui rendit compte de tout ce que les deux gentilshomqûies lui avaient dit , sans les lui nommer. Brezé dépêcha aussitôt un courrier à la cour. Le roi était déjà parti pour Lyon , et le courrier donna la lettre de Brezé à M"* la régente, mère du roi , qui la reçut dans la ville de Cléry. Elle écrivit à Brezé de s'informer qui étaient les deux gentilshommes, et de les lui envoyer le plus promptement qu'il serait possible, avec assurance qu'il ne leur serait fait aucun mal. Matignon et d'Argouges se rendirent à Blois, où ils trouvèrent la régente. Us y furent interrogés par le chanceliar du Prat, et leur déposition fut écrite par le secrétaire Robertet.
Le roi, commei on peut croire, ne tarda pas d'en être informé à Lyon , et il donna ordre aussitôt d'arrêter le connétable, qui s'était déjà retiré à Chautelle. Ce récit, qui est tiré des pièces authentiques que Pasquier avait consultées, suppose manifestement que d'Argouges et Matignon n'étaient point venus trouver le roi à Saint-Pierre -le -Moustier, poiu: lui découvrir la pratique du connétable j comme le dit du Bellay, et après lui le Père Daniel. Ces deux gentilshommes élaient alors en Normandie, et peut-être sur la roule de Blois, tandis que le roi élait sur celle dç tyon.
Ce qu'il y a d'étonnant , c'est que M. Dupuy, qui a eu en main, comme Pasquier, les pièces du procès, raconte comme lui que Brezé écrivit à la régente qu'il avait appris d'un homme d'Eglise, à qui deux gentilshommes l'avaient dit en 'confession, qu'il se tramait une grande conspiration contre le roi et son royaume, par un des gros personnages du royaume (ce sont les termes de la lettre) et du sang royal j que même il y avait dessein sur la "vie du roi. Il ajoute que la régente reçut cette lettre à Cléry, le i5 d'août; qu'ensuite Brezé ayant envoyé les deux gentilshommes à Blois, où était le conseil, ils y furent interrogés ; et qu'ils déposèrent qu'un nommé Lurcy leur avait dit à Vendôme les grands desseins qu'avait M. le connétable contre le roi et contre l'Etat; qu'il traitait de son mariage avec la sœur de l'empereur; que les Anglais étaient de la partie ; qu'ils devaient attaquer la France par la Normandie et par la Picardie , tandis que l'empereur l'attaquerait par le Languedoc ; que Lurcy leur avait ajouté qu'on avait proposé d'arrêter le roi , et de le conduire à Chantelle ; mais que , pour lui , il avait été d'avis qu'il le fallait tuer. Voilà ce que M. Dupuy rapporte dans l'extrait qu'il a donné des pièces du procès; et cependant ce même M. Dupuy, dans l'histoire abrégée ài\ la conjuration qu'il avait mise à la tête de cet extrait, assure, sur l'autorité de du Bellay, que le roi étant a Saini-Pierre-le-Moustier, eut avis, par Matignon et d'Argouges, de la pratique du connétable avec Vem^ pereur. On serait tenté de croire que ce savant au-
teiir ayant fait cet abrégé historique sur le seul rap* port des historiens, et ensuite Textrait du procès sur les pièces mêmes, n*a pas pris la peine de voir si ce qu'il avait dit dans Yun s'accordait avec les pièces qu'il a rapportées dans l'autre, Peut-'étre se pourrait-il &ire que le roi eût appris à Saint*Fierre-le-Moustier, non par Matignon et d'Argouges, qui étaient en Nor« mandie , mais par une lettre de la régente sa mère y les premiers avis que Bresé avait donnés à cette princesse : on a vu qu'ils étaient encore assez obscurs pour que le roi se tint sur ses gardes, sans cependant éclater encore contre le connétable. Brezé n'avait écrit d'abord que sur le rapport d'un homme d'Eglise qu'on ne connaissait pas; il ne nommait point les deux gentilshommes qui avaient parlé au prêtre : il n'y avait rien dans ces avis d'assez particularisé pK>ur en conclure que les deux gentilshommes étaient exactement informés. C'est apparemment tout ce qu'aura voulu dire le seigneur du Bellay : mais en ce cas il n'aura point parlé juste en disant que ces avis vinrent au roi par Matignon et d'Argouges, lorsqu'il était à Saint-Pierre-le-Mouslier^ puisqu'il donne par-là à entendre que ces deitx gentilshommes étaient à Saint- Pierre-le-Moustier, quoiqu'ils dissent en Normandie. Il est cependant certain que lorsque le roi vint à Moulins, il soupçonnait déjà la fidélité du conuié table, puisque M. de Brion assure, dans son discours au parlement, que le roi, étant à Moulins, parla au connétable de ses inteUîgenees avec l'empereur comme d'un bruit qui se répandait, et qu'il ne pouvait croire j
^ue le connétable parut touctië de la confiance que le roi lui témoignait ; et qu^après Ten avoir remercié, il lui jura une éternelle fidélité. On lit dans le même discours que le roi, pour s'assurer davantage de la sincérité de ses promesses, lui présenta un écrit à signer, qui contenait en détail tout ce qu*un roi peut exiger et qu'il est en droit d'attendre d'un sujet fi^ dèle , et que le connétable le signa sans difiiculté. Ensuite M. de Brion , poursuivant son discours , ajoute que le roi, étant arrivé à Lyon , fut averti de la conspiration; ce qui prouve qu'il n^en était pas encore suffisamment in^jruit lorsqu'il passa par Moulins.
Le Père Daniel dit que le connétable s'étant rendu dans son château de Chantelle , « envoya Jacques Hu-' (( raut, évéque d* Autan , avec une lettre par laquelle u il l'assurait de sa fidélité, pourvu néanmoins, ajoute tait-il, qu'il Wi fît restituer 1^ biens de la maison <( de Bourbon. » On a remarqué, dans une note, que cette condition n'était point exprimée dans la lettre que le connétable écrivit au roi, mais seulement dans les instructions qu'il donna à Vévéque d'Autun. En voici la pi^tive.
Du Bellay rapporte une copie de; la kttre du connétable ; elle était conçue en ces termes :
« Monseigneur, je vous ai écrit bien amplement (( par Perrot de Varty ; depuis je vous ai dépécbé l'é- « véque d'Autun, présent porteur, pour et tant plus (( par lui vous faire entendre la volonté que j'ai de (( vous &ire service. Je vous supplie, monseigneur, le
(c vouloir croire de ce qu'il vous dira de par moi, et (( vous assurer, sur mon honneur, que je ne vous ferai « faute.
« De nostré niaîson de Chantelle, le 7 septembre. »
Du Bellay joint ^ cette lettre un extrait des instructions données à l'ëvêque d'Auitin, qui porte :
(( Mais qu'il plaise au roi faire rendt'e les biens de « feu M. de Bourbon, il promet de le bien et loyau- « ment servir et de bon coeur, sans liii faire faute ea a tous endroits où il plaira audit seigneur; et de cela (( il l'en assurera jusques au bout de sa vie. Aussi « plaise audit seigneur pardonner à ceux auxquels il (( veut mal pour cette affaire. » Du Bellay ajouté que le connétable avait signé lesdites instructions de sa main. \
On voit que la lettre de ce prince au roi est absolue et sans conditions, mais que les instructions adressées à Tévêque d'Autun expriitient deux conditions dont il n'est point parlé dans la lettre. La première est la restitution de tous les biens de la maison dé Bourbon; et la seconde, un pardon général à tous ceux que le roi n'aimait pas, parce qu'ils s'étaient mêlés de cette affaire;
Il y a une difficulté sur la date de la lettre. Elle était du 7 septembre, selon du Bellay : cependant on lit, dans l'extrait du procès donné par M. Dupuy, que dès le 6 septembre le roi avait fait expédier une commission au sieur de Brion, premier président de Rouen, pour aller interroger à Tarare Antoine de
Chabannes , ëvêque du Puy ; Jean de Poitiers , sieur de Saint*y allier ; Ainiard de Prie , et Jacques Huraut , ëvêque d'Autun.
Il est certain que si du Bellay a inarqué la véritable date de la lettre du Connétable, Tëvêque d'Autun devait être encore à Chamelle le 6 septembre , puisque la lettre dont il ét^dt porteur est datée du 7.
Le Père Daniel assure que Yoà donna des gardes à Tëvêque d'Autun , dès qu'il /ut entré à Lyon; mais il parait par le récit du sire du Bellay, que Tévéque d'Autun fut arrêté avant que d*arriver à Lyon, cr M. le grand- maître, dit-il, ayant pris le grand chemin de Moulins, arrivé qu*il fut à la Pacaudière, trouva les mulets de Tévêque d'Autun qui prenaient le chemin de Lyon, pour exécuter le commandement qu'il avait du duc de Bourbon ; lesquels il fît arrêter et chercher dedans, s'il s*y trouverait quelque chose contre le service du rot. Peu d'heures après arriva ledit évêque^ lequel fut pareillement arrêté comme avaient été les mulets. »
* L'évêque fut donc arrêté par le grand-maître à la Pacaudière, et bn n'attendit pas qu'il ^w^ entré dans Lyon pour lui donner dès gardes.
Pasquier à suivi plus fidèlement le récit de du Bellay. « L'éiféque d'Autunj dit -il (1), étant arrivé h la Pacaudière jfiit pris avec son baguée* Tous ses papieils fîitent remis au roi, qui vit non seulement la lettre, mais encore les instructions dont il était chargé ,
^^b^miilm^mmmÊ^màtmmmmt^^^
(i) hk 5, €» &54 L 7« Liv« 34
^*il regiurda comme une espèce de dëfi de la part du connétable) qui lui déplut exuémement. Jean de Poitiers, seigneur de Saint -Yallier, fut arrêté à Lyon avec sept autres gentilshommes. On les conduisit au château de Loches , où ils fiirent interrogés par des commissaires. » Suivant du Bellay, le connétable, en partant de Chantelle, n*avait avec lui que le seigneur de Pomperont^ sans page ni valet. Pasquier dit ^pCil en sortit une belle nuitj déguisé j avec le sieur de Pomperont^ qui faisait le ma&rej et lui le vaiet. Ce* pendant il est constant, par la dépositi(m de Bertrand Simon, ditBrion (i), que Saint-Bonnet et lui aocom-pagnèrent ce prince jusquli Herment en Auvergne, (c Ce fut là, dit Brion (a), que le connétable se dé* « roba de se$ gens, ne menant avec lui qu^un valet de u chambre et Pomperanu » La A;iite de ce prince se trouve plus circonstanciée dans X Histoire latine de Belcarius que dans aucune autre. Selon cet auteur, qui parait très-instruit, le connétable partit de Chantelle avec toute sa maison, et se rendit à Herment, petite ville d*Auvergne« Il en sortit ensuite pendant la nuit, en habit déguisé , avec le seigneur d^ Poœperant ; et afin qu^aucun de ses domestiques ne sV perçût de son évasion avant qu'il eût fait assez de chemin pour que Von ne pût l'atteindre, François de Montagnac, qui était de la maison du connétable, et qa^on avait mis dans le secret ^ ayant pris les
(i) Simon* (a)L 17, p^ 53i.
de ûe prince et le cbeval qu*il avait coutume de mon^ ter, fit partir d^Ii&rment tous le& domestiques avant la poiote du joQti à la luenr de quelques fiambeaux; et lorUqu^îb eurait fait environ llne demi - lieue , croyant suivre leur maître, Montagnac, Voyant que }e jour eommençait à paraître, leur déckra qui il était, et leur dit que lé ccmnétable avait juge à propos de s'éloi^epr, qu'il lea remerciait de leurs services, et qu'ils pouvaient se retirer chacun chez eux. Cette nouvelle les affligea , et ils se aépatèrent sans savoir ce que leur maître était devenu* Mônlagnac se tint cttché pendant six semaines dânïs le château dé Pegoilbn; ensuite ayant fait raser sa barbe, qull portail fert ïdngue , il prit un habit de prêtre , et se retira dans la Franche-Comté, d'où il alla jcnndre lé Coiinëtd>le dans le Milanais.
On voit dans les Mémoires dé du Bellay, lai divers périls que le connétâMe essuya dans sa marche avant que de pouvoir gagner la fît>ntière.
En passant le Hhôtie dans un bac , il se trouva au milieu de dix ou douze soldats, dont il y en eut un qui recoDDUt Pompérant ; mais aucun d^eux ne reconnut le connétable. Après avoir sttivi quelque temps té grand^éhemin dé Grencdt>le, ils s'enfoncèrent dans les bois, et allèrent loger à Manly, Vers Sainte Antbine-de^ Yiennoie, chez une vieille veuve , qui leur donna i souper* Cette ââme reconnut Pompérant pendant lé repas, et lui demanda /// iétaii du nombre de ceuoè qui a9aientfMt les Jùus avec monsieur de Bourbon. Pompérant répondit que non, sans ^ déédn-»!
certer^ et il ajouta qu'il voudrait asmr perdu toMdt son bien^ et être dans la compagnie de ce prinac* Sur la fin du repas on vint dire . que le prévôt de rhôtel ^tait à une lieue de là avec une grosse escorte^ pour arrêter monsieur le connétable. Ce prince parut étonné, Qt voulut se lever de table pour se sauver: Pomperant Ten empêcha; mais après le souper ils montèrent à cheval , et s^en allèrent par des chemins détournés.
Ils ne se virent hors de tout danger que lorsqu'ils furent arrivés en Fraûche * Comté , où le cardinal de la Baume , abbé de Saint-Claude , leur donna tsme es* corte. Plusieurs gentilshommes attachés au connétable s^étaient déjà rendus dans cette province^ où ce prince les trouva.
Il avait mis en réserve, avant que de sortir du royaume, une somme d^environ trente-deux mille écus, dont il avait confié différentes parties à quelques-uns de ces gentilshommes. Jean de THôpital , médecin du connétable, et. père du chancelier de THôpital, était avec eux.
La duchesse de. Lorraine ayant appris Tévasion da connétable, écrivit au roi que si ce prince passait par la Lorraine , elle trouverait fnoyen de lui parl^, et qu'elle avertirait Sa Majesté de. tout ce qu'elle pour» rait apprendre de ses projets. Le roi^ de son côté, envoya au connétable un gentilhomme de sa. mai* son, nommé /méân^> qui lui parla lorsqu'il , était déjà sorti du royaume. Il . rapporta ensuite au roi qu'il n'avait pu rien gagner ^ur, son e^rit, et qu'il
lui avait paru plus obstiné que jamais chins sa rëvotte; Le roi avait dëjà ordonne qu^on interrogeât les eomplices du connétable qu^on avait arrêtée. Sainte Yallier était un des plus considérables ^ et celui qui était peut-être entré plus avant dans les secrets <le ce prince. Il avait été dépositaire du chiffre dont il se servait pour écrire à Fempereur. Il ne voulut rien avouer dans ses deux premiers interrogatoires. On fit venir devant lui le sieur de Saint-Bonnet , qtii avait tout déclaré , et qui lui soutint qu^il était présent lorsque le connétable ordonna à Saint -Bonnet de partir pourTEspagne avec le sieur de Béaurain. Saint-Yallier condprit par^là que tout était découvert. Il fut cependant encore deux jours sans vouloir parler ; mais enfin, il prit le parti de faire un aveu sincère. Il déclara donc qu'étant à Montbrison-en^^Fôrez , le connétable le fit entrer seul dans son cabinet; et après lui avoir donné quelques bagues, il lui dit qu'il Taimait et se fiait à kii; qu'il lui voulait dira* quelque chose; mais qu'il fallait auparavant qu'il jurât sur un reliquaire où il y avait de la vraie croix , qu'il garderait le secret. Saint - Yallier ayant fait le serment , le connétable s'ouvrit à lai sur les offres que Fempereur lui avait fait faire psurBéaurain, et lui ajouta : Tu verras le seigneur de Beaurain ^ chambellan de Vempe^ reur, qui viendra ce soir devers moij tu verras ce qu*U me dira*
Il le vit en efifet sur les onze heures du soir, et il fut témcÂa de tout ce qu'il proposa au connétable de la part de l'empereur^t Beauxiin raconta en sa pré-
seucct ^u^eii n^omnt avec le tàk d^Angkterre, il icu avait exposé lés différéna éiablissemens que Vetnipe-r reor dealinait à tous ceux qui avuraient oonmlmë à &ire tëusfir ses grands desseins contre 1% Fxance; qa*al(NQs le roi d'Angleterre hà dit : JSi moij £&au^ fttih^ jgu'auftti^je? A xfooi il avait r^ndu : Sire, ^vous s^n^ roi de France. Il f eami bien €Lffaire^ reprit le roi d'An^tcfre ^ quç monsieur le connçfaàle m* obéisse^
• Le roi ayant jugé à propos de renvoyer aa jparle*-. inent le procès de Saim-Tallier et des autres corn*, pliees, ce seigneur fat tianaféré audhiAteau de Lochea, dans la conciergerie du palais. Il fiit condamné, le |6 janvier i5a3, à être décapité dans la place de Oi^^ye, et préalablement appliqué à la question. Une maladie dont il était attaqué fit di^rer Texécimoii de cet arr^t. Ce délai ne plut pas au toi , et le diancdier vint au parlement pour déclarer que Tintentioii du roi ém% que Ton procédât k Texécution de Farrèt xesxàn coptre Saint- Yallier, et que Sa Majesté avait nommé le comte de Ligny pour lui ôter le collier de l'ordre avant, son supplice.
Saint-Yallier n*avait plus son collier, et on lui en jph un pour iaire la cérémonie de le lui ôter. Gomme il était toujours malade , son exécution fiit eiMMnre dtfférée. Le chancelier ni^mda au paiHkunent de finir celte affaire , et de faire donner la question k Sainv y allier. Sa n^adîe ne le permettant pas, on lui prér senta seulement les brodequilis en présence du pre«pii^ président, de deux présidons et de quatorsç
cometUers. H n*ajoata ri^i à aes preniières oonfefr-- «ions^ et dit aetilemeUt qu^il ]>enneltait à 9on eonfiss- •eur de réyëler tout ee qu'il lui avait dit. (Test péutêtie ce qui a dona^ oceasimi à M. de Thou de dire qoe Saint -YaUier ajrant décùwert en secret h son confesseur la conspêraihn du oonnébible^Jut défké par ce prêtre ^ et ensuite condamné à mort Mais on laisse à juger si la permission accordée par Saint*^ Yaltier à son con&sseur de révéler aux juges tout ce qu^il Im avidt dit , permission dont il est fait mention dans les actes du probes^ et qui ne fut donnée qu^après le }ngement, a pu aotoriser M. de Thon k s'exprimer de la aorte. Les expressions de M. de Thon donnent évidemment k entendre que Saint-Vallier fut dénoncé par son confesseur, qui ne crut pas devoir garder le secret qui lui avait été confié* Mais on ne vm( rien ^ ni dans les actes du procès , ni dans les historiens con* tamporainsy qui dtonne lieu 40^ penser que Ton apprit la conspiration du connétable par la déclaration du confesseur de Saint«Yallier. Il parait au contraire que les premières notions claires que Ton en eut furent données au sire de Brezé par le confesseur k qui Matignon et d*Argouges s'étaîent adressés, et quHls avaimt chargé expressément de révéler au sire de Btezé ce quHls lui avaient diu
Ainsi , à juger par les monumens qui nous restent, il &ut convenir que M. de Thou ne s^est pas exprimé avec assez d'exactitude , soit qu*il ait voulu parler du confesseur qui donna le premier avis certain de la con^iration par Toidre exprès des seigneurs de Ma-
tignoQ et d^Argouges, soii qu^il ait touIu parler <le celui à ({ui \d seigneur de Saint - Yallier permit de révéler ce qu*il loi avait dit en confession. Le premier n'était point confesseur de Saint-Yallier, et le second ne fut point son délateur , puisqu'il ne parla que sur la permission exprQ3se que lui en donna le seigneur de Saint;- Yallier.
. Quoi qu'il en soit, SaiUt*Yallier ayant demandé et obtenu la permission de. tester, fit quelques legs en &veur de ses. domestiques. Sur les dix heures après midi , i] partit monté sur une mule, ayant derrière lui un huissier en crotipe, et il fut conduit dans la placé de Grève. Il monta sur t'éxsha&ud ; et comme il était près de se mettre à genoux pour recevoir le coup de la mo^y il arriva un archer de la garde du roi qui présenta au sieur Malon , greffier criminel du parle* meni,, deux lettres du roi , par lesquelles la peine de mort éia^t commuée en une prison perpétuelle. Malon fit retirei* l'exécuteur, et porta les lettres au sieur de Selve, premier président, qui, les ayant lues, dit* qu'il fallait ramener Saint - Yallier dans k prison. Quelques jours après, le roi envoya d'autres lettres pour (ordonner que Saint*-YaIUer siérait enfermé entre quatre murailles, où il n'y aurait qu'une petite fe-; nétre par où il recevrait sa nourriture. Ces lettres sont datéesde Blois, au mois de février i523(^cien style), jolies furent révoquées peu de jours après; et le der* nier mars de la même année, le sieur de Yaux, capi* taine des gardes^du^corps, vint tirer Saint- Yaltier de la tour carrée de la Conciergerie , pour le conduire
dans une autre prison , on il ne demeura pas longtemps. Les auteurs de V Histoire généalogique (i) assurent qu^il s^ëvada , et se retira en Allemagne avec la permission du roi.
Pasquier dit que , malgré la grâce qui lui fut accordée suri'échafaud , la frayeur d'une mort prochaine avait fait sur lui une impression si vive, que peu de jours après il mourut; ce qui fit passer en proverbe la fièvre de Scmt^FaUierj pour dire une fièvre causée par la frayeur. Mais il est constant que Saint- Yallièr ne mourut pas peu de jours après qn*on Teut descendu de Téchafaud , puisqu'il y fut conduit au plus tard dans lé mois de février, et qu'il vivait encore le dernier jour de mars, lorsque le sieur de Vaux vint lé tirer de la Conciergerie par ordre du roi (a).
M. de Thou ne le fait pas mourir si promptemeut ; il donne méme^ entendre qu'il guérit à la fin de cette fièvre, a Comme on le conduisait au supplice , i( dit-il , la frayeur lui causa une fièvre si violente , ii que lorsque sa fiUe, qui avait déjà beaucoup de cré- (t dit à la cour par sa beauté, eut obtenu sa grâce du cr roi François I*', ce ne fiit qu'avec peine , et après ce l'avoir saigné plusieurs fois, qu'il revint à lui -même, ce et qu'il recouvra la santé ; ce qui a donné lieu au n proverbe en usage parmi nous , de la fièçre de (( Sainte Vailiev. i»
Il faut cependant observer que M. de Thou ne
(i) T. a, p. jo6.
(a) Vùyez le Traité de M. Dapay, p. 48i.
•^«KfMrime pas encore aases exactement, quand il dit que Saini-Vallier fut pris de la fièvre lorsqu'on le conduisait au supplice (i). Il y avait déjà plusi^ois jours qu*il était si mal , que Ton avait différé joscpx^ deux fois Texécution de son arrêt, i cause de son infirmité, et que, malgré les ordres du chancelier, oa ne fit que le présenter à la question, parce qu'on ne cmt point qu'il eût assez de force pour la soutenir* Ainsi, la vue du fimeste appareil de son exécution put Hen augmenter la maladie qu'il avait déjà, mais elle n'en fitt pas la cause. Si Ton en croit les auteurs de VHùtaire généak^Ufuej ce seigneq^^ loin de mourir de la peur qu'il avait eue sur l'échafaud, vécut encore plusieurs années depuis» Us citent diverses pièces qui supposent qu'il était vivant en iSad, i53i , x532i ; et ib ajoutem qu'il fit son testament dans son château de Pisançon, le 36 août iSSg; mais ils ne marquent pas Tannée de sa mort. On voit dans le traité de Madrid, qu'il était encore pisonnier en janvier i5^, puisqu'il y est dit qu'il sera pron^tement délivré, ainsi que l'évéque d'Âutun*
Yingt-un complioss du connétable, qui l'avaient ^vi hors du royaume , furent condamnés à mort par contumace, le i3 août i5a4> et entre autres René de Brosse 9 qui avait épousé la fille de Phili[^ de Co* mines, et que Ton nommait le seigneur de Penr thièçre^ parce qu'il se portait pour héritier de cette maison; Jean de THôpitali médecin du connétable;
(0 Foyet le Traité de BL I>i9«yi p> 4799 4^*
un religieux nommé Lattièrêj Pomperant, Lnrcy, «te. Uériqm d* Aman Ait rei^iu priscoinier ; mais il n*y eut aucun jugement prononcé contre lui ni contre Té* véqùe du Piiy.
Saint^Bonnet obtint des lettres d^abolition, datées de Bhisy au mois de décembre iSfsS. Gilbert Puy, dit Boude-Manche j fut élai^i sans aucune peine.
Gnq autres complices, savoir : Desguières, Ber* trand Simon, dît^noTi^ de Prie, PopUlon et Descars, furent condamnés à des peines assez légères, parce qu^ls avaient eu seulement connaissance de la cons-^ piralion, sans y prendre aucune part : les deux pre-* miers à &ire amende honorable, et k être relégués en tel Heu qu*il plairait au roi ; les deux autres à demeurer en telle ville du royaume <{u*il plairait au roi, et Pescars à demeurer deux ans dans la ville d'Orléans.
Le roi trouva que le parlement agissait trop mollement dans une affaire de cette importance. U y vint lenir son lit de justice le 9 mars i5â3 (ancien style), ce il se fit rendre compte, par le premier président , des jugemens qui avaient été rendus. Ce magistrat lui expliqua les metiÊ qui avaient jengagé la Cour à ne pcnnt statuer la peine de mort contre Desguières et Brion. Le roi en parut fort mécontent, et dit que dam des affidres si graves, et qui intéressarem si fort ^ personne et son royaume, on devait procéder avee plus de rigueur; que lorsque Desguières et Brion furent arrêtés à Lyon , ils s^attendaient à être pendus ^ et qu'il voulait fiiire revoir le procès par des juge^ choisis dans tous les parl^nens du royamne* {1 ej\
nomma en effet; mais le parlemeni de Paris
qu^on ne soumettrait pas à un nouveau jugement les
arrêts qu^il avait rendus.
Il n*admit ces nouveaux juges que pour le jugement d* Aimard de Prie et de Popillon , dont le protes n^ëtait point fini. Ils ne forent pas jugés plus se** vèrement que les autres; et le roi écrivit de Blois deux lettres fort rudes au parlement, par lesquelles il défendait, sur peine de la vie^ l'exécution de Tarrét.
On s*est fort prévalu de la conduite que le parle** ment tint en cette occasion, pour montrer que Vàr^ donnance de Louis XI , sur laquelle M. de Thou fut condanm^ à mort sous le règne de Louis XIII, n'^était point en usage dans le parlement de Paris, ainsi que le chancelier Séguier Tavait dit d^abord au car? dînai de Riiihelieu.
Il est certain que, cette ordonnance ne fot point suivie par les juges dans le procès des complices du connétable ; mais on voit que le roi s*en plaignit hau^ tament. A. la vérité il ne la cita point,: quoiqu'elle eût éié enregistrée au parlement de Paris; mais sur qtM» aumit - il pu fonder ses plaintes , s'il n'y avait point eu de loi dans le royaume qui condamnât à mort ceux qui.avaient eu. connaissance d'une conspiration sans la révéler ? Pourquoi Desguières et Brion auraient-ils pensé qu'ils ne pouvaient éviter la mort, quand, ils se virent pris, si cette loi eût été inconnue et hors d'u$age ? Les plaintes du roi supposent évidemment que ce prince était persuadé que ces criminels n!avaient pas été jugés selon les lois. Il ne prit
pas la:peine de les citer aux juges; maïs il leur fit des reproches très-vifs de ce qu'elles n'avaient point été suivies. Une pareille réclamation, de la part d'un prince que Ton n'a. jamais accusé de tyrannie^ est sans doute, d'un grand poids. Il était lui*méme si porté à la clémience*^ qu'on peut dire qu'il ne se plaignit que pour la forme , puisqu'il exempta la plupart de ces conjurés des peines auxquelles le parlement les avait co^damnés9 quoiqu'il les eût trouvées trop légères. Il y à grande apparence que s'ils eussent été condamnés à la mort y comme Saint-Yallier, il leuy aurait fait grâce comme à lui. Il n'y eut cpie le seul Popillon qui fut misa la Bastille, où il mourut le i5 août 1 524* On permit à sa veuve et à ses enfans de faire enlever le - corps pendant la nuit , et de le £dre enterrer où ils voudraient, sans aucun convoi.
Il faut voir présentement ce qui se passa à l'égard du connétable.
Le 8 mars iSsB ( ancien style ) , le roi vint au par-* lement pour assister au jugement de son procès. Lizet, avocat - général , conclut qu'attendu la notoûété permanente des &ils, on pouvait, sans garder l'ordre judiciaire, déclarer le connétable convaincu du crime de ifgkellion, et le condamner comme tel à être décapité., ou le décréter simplement de priae de ccxrps, en. cas que le roi voulût que l'on suivit les formes. On jugea à propos de les suivre; et le premier huissier du parlement < fut envoyé à Motdins et à Lyon, pour ajourner le connétaUe au 4 jtÛB i524-
Le ii juin.de ia même aunéa, le roi étant à Tours
éerivit IMI |)ariemënt qu^il ne poaTtit pas »'y iroaver le 4 1 oft ^6 devait donner le premier dëfimt c<naire ]« connëtabhs , mais que Ton eût à conttnuper la procé^ dure jusque Tarrèi d^nitif exclusivement, camme êi le roi eût été présent. Le parlement obiit^ ei doniftA divers défauts contre le connétable; mais ce prince étant entré en Provence avec une armée, tome la prtH cédure demeura suspendue ; on ne songea plus qa^à lui résister. La guerre dlulie , la prison du roi , et Tiirtide du traité de Madrid qui rétablissait le connétable, dans tous ses biens, firent cesser tontes les poursuites.
Elles ne furent reprises que le to juillet i537, environ deux mois après la mort du connétable. Le 217 de juillet, Tarrét fut prononcé par le chancelier do Prat, le roi étant en son lit de justice. Le connétable fut déclaré atteint et convaincu du crime de lèaemajesté, sa mémoire fut flétrie, et on le p^iva de la cognomination du nom de Bmarbcn, comme ayant notoirement dégénéré des nuBurs et fidélité des an» técesseiut de ladite nudsan de Bourbon. L^arrét est daté du 26. C*est le jour qu'il fut dressé ; mais il ne &t prononcé solenneilément que le ^7.
On envoya un conseiller au parlement dans toutes les terres q&i avaient appartenu au connétable, pour faire ôter ses armes de tous les endroits où elles avaient été mises de son temps avec des épées de connétable.
Tous ses biens furent confisqués. Le roi en céda une grande partie à sa mère. Ensuite s'étant <^ligé ^ par le traité de Cambrai, de les rendre aux héritiers
da connétable 5 le duché de Châtelleraut, les omîtes de Forez et Beaujolois furent donnés à Louis de Bout* bon, prince de la Roche-sur- Yon. Cette donation f«l ensuite révoquée. Mais en i538 y le prince de la Rochesur-Yon rentra dans une partie 'de ces biens, en cédant Tautre, par un acte fait à ChamjMgny, le i*' septembre i538.
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