PRÉLIMINAIRES
DÉ l'£X£GUTION DE CABHliRES ET DE MERINDOI. (l).
Uexégution qui se fit en iS^S, par arrêt 'du parlement de Provence , contre lesYaudois de Cabrières, de
(i) Extrait de la Dissertation de Nîcolàï, de l'Acad. des inscrîpt. et belles-lettres.
B s'agît ici de l'horrible exécution de l'arrêt fendu en i54o, par le parlement de Provence, contre lesYaudois, qui habitaient alors les cantons de Cabrières et de Mérin— dol , où ils formaient une sorte de petite république, séparée du reste de la France par leurs doctrines et leurs habitudes. Cet arrêt, dont l'exécution, d'abord suspendue, ne fut consommée qu'en i545, ordonnait que « le lieu de Bf étt rindol , retraite et réceptacle de tous ceux qui professent « les sectes damnables et réprouvées (des Vaudois), serait « rendu désert et inhabitable i que toutes les maisons se- « raient brûlées et démolies , et que tous les châteaux , rett traites et bois seraient rasés à deux cents pas à la ronde. » Si cet événement désastreux était plus rapproché du r^^e de Charles IX, on pourrait croire quHl n'a été que le prélude de la Saint-Barthélemi, et que le prince qui eut le malheur de permettre l'assassinat de Goligny et de ses coreligionnaires, n^vait voulu qu'essayer un funeste pouvoir, dans les champs désolés de Cabrières et de Mérindol ; mais on se tromperait. Le coup qui a frappé les malheiureux Yaa^
Mërindol et de quelques autres lieux voisins, est un des traits les plus intéressans de notre histoire mo«
dois n^est pas parti de si haut : ce sont les autorités proven" cales qui donnèrent la première impulsion. C'est à la haine brutale et aux ressentimens personnels du baron d'Oppède, premier président du parlement d'Âix et lieutenant-général de Provence > qu'il faut imputer l'exécution du trop fameux: arrêt de i54o. iVançois I«' avait, il est vrai, provoqué Faction de lia juislite séculière contre les Yaudois endurcis ; mais son intention n'était pas de souscrire à une sentence d'extermination. 11 y a loin de la répression d'une résistance dangereuse dans l'ordre politique, au massacre de toute une peuplade, sans distinction d'âge ni de sexe. On voit, d'ailleurs, que ce prince ne consentit à l'exécution de l'arrêt dé i54o, que par un effet de l'erreur où l'avaient jeté les faux rapports de son lieutenant, sur le caractère et la conduite occulte des Yaudois. Oppèdë , dan^ des Mémoires secrets qu'il avait fait parvenir au conseil , lés avait peints comme «r des séditieux qui entretenaient àei liaisons criminelles et « suspectes avec les puissances étrangères ; qui avaient des ff intelligences et des espions dans les principales villes de <c la province, et qui aspiraient visiblement à se cantonner, « k l'exemple des Suisses , leurs voisins. » Il ajoutait qu'ils formaient en silence des magasins de vivres et de munitions de guerre; fortifiaient par des retrancbemens et des bastions^ les lieux de difiBcile accès; qu'ils pouvaient d'euxmêmes former une armée de seize mille bommes, et tirer en peu de jours un pareil nombre d'auxiliaires ; que si on leur laissait le temps d'acbever leurs préparatifs, on ne pourrait plus espérer de les réduire qu'en faisant marcher contre eux toutes les forces du royaume.
Ainsi François P>^, abusé et alarmé tout ensemble par les