‹ Collection des meilleurs dissertations: notices et traités particuliers (volume 2)Chapitre 25 sur 35 · IL T0< LIV · texte numérisé non relu

IL T0< LIV

nica pellis obtegeret. Il entend parler de Taumusse dont il se couvrait la tête.

Il n^est pas aisé de découvrir Torigine du mot de sinople, dont les hérauts se servent pour désigner la couleur verte dans les blasons ; car la Colombière s^est trop mépris, quand il a dit que le sinople était une' espèce de craie ou minéral qui est propre à teindre en vert, et qui se trouve aux environs de Sinope, ville d^Asie; d^autant que le Sinopis dont il a entendu parler est une craie rouge qui se trouve aux montagnes de Sinope, comme nous apprenons d'Auger Busbecq en son Itinéraire d^Amasie, avec lequel néanmoins Dioscoride et Eustathius ne s'accordent pas , remarquant qu'elle ne naît point vers Sinope, mais qu'elle s'y apportait de la Cappadoce (où Pline et Strabon écrivent qu'elle croît) et qu'elle s'y débitait. Quoi qu'il en soit , tous les auteurs conviennent que le sinopis était une espèce de vermeillon, 11 est appelé Aorffupév /xtXroç par Dionysius , et par Dioscoride /ulcXtoç I(Vb>?rexv3. Terentianus Maurus confond toujours le vermeillon avec le sinopis ; car où il a dit : Instar tUiili fulgiduld notabo miltOj ailleurs il dit : Ex ordine Julgens cui dat locum sinopis; et plus bas : Titulus prœscribet iste discolor sinopide. Marcellus Empirions confond aussi le sinopis avec le minium ou le vermeillon. Il est bien vrai queVitruve fait mention d'une craie verte qui croît en divers lieux, et particulièrement à Smyrne ; mais elle n'a rien de commun avec le sinopis. J'avoue aussi que je n'ai pas encore pu découvrir la raison pour laquelle on a donné le

nom de sinople à la pelleterie teinte en vert^ et je n^oserais pas assurer que ce serait à cause qu^elle se débitait en une ville maritime de la Cappadoce qu'Albert d'Aix, en deux divers endroits, appelle Sinoplunij et Matheo Villani Sinopolij et que du nom de cette ville, où le trafic s'en faisait par les Européens, elle fut appelée Sinople, comme les martes et les rats de Pont prirent leur appellation des lieux où telles fourrures se débitaient. L'épitaphe de Gilles de Chin, qui fut tué à la bataille d'Azincourt, emploie le mot de sinople pour exprimer le vert :

Puis la mort à lui s^ajousta

En vu camp couvert de Sinoble,

Où maint prince et maint homme noble

Finirent en afiaire militant {sic).

Reste la cinquième couleur des blasons, qui est le pourpre. Quoiqu'elle se rencontre rarement dans les armoiries, si est-ce que Jacques de Guise, Tauteur du Songe du verger, Sicile, héraut d'armes du roi d'^Arragon, en son Blason des couleurs, et autres, l'admettent. Je ne veux pas m'arrêter à ce qu'ils en disent ; je remarque seulement qu'en fait de blason le pourpre est une panne et une espèce de pelleterie , ainsi nommée , à cause de sa couleur fort connue , dans le compte d'Ëstienne de lu Fontaine, argentier du Roi, qui commence au j6' jour d'avril l'an i35o, et finit au a8' jour d'août suivant, au chapitre des pennes et fourrures : a Pour fourrer vne robe de 4« garne- (( mens pour ledit Guillaume Poquaire , pour le jour

((de sa chevslerie, poui* les 3. surcos, a. foureures (( de grostos j^iMirpres^, 4* livres lo s., etc. » Au même chapitre : f( Pour fourer vne robe pour la femme Mi^- (( ekelet Geniil , que le Roy lui donna' en mariage , (( vfie foureure de menues poiBrpres, 6. liures par. » 11 en est encore parle souvent daDS les compter suivans, et dans les Comumes ou pëageâ de Paris qui sont insères en un registre de la Chambre des eompies ^ intitulé Nùsietj où, sous le titre die n^rcérie, sottt ces mou : (( Item la pièce de por|»:e et de mesmiaus, « 4* den. ; » et comme cette pelleterie n'a janiais passé entre les plus exquises, sans néanmoins que j'en puisse conjecturer autre raison (sic)^ que Ton ne se servait que de peaux grossières pour les mettre eu cette sorte de teinture, cela a été cause qu'elle se trouve rarement employée dans les blasons.

Toutes ces remarcjues pronteht suflisammeilt, comme j'estime , que ce que jusqu'à présent nos hérauts ont qualifié couleurs dans les armoiries, sont pannes et fourrures, ne plus ne moins que celles d'hermine et de vair, auxquelles ils ont appliqué cette appellation. Il se voit aussi que les noms qu'ils leur ont attribués n'ont d'autre origine que de ceux de ces espèces de fourrures , et qu'ainsi il n'y a pas lieu de faire aucun fondement sur les étymologies ridicules qu'ils leur donnent, m sûr cequ'ilsavan cent, qu'on a voulu donner des noths inconnus à ces couleurs pour ne pas reïidre k sciejt)(^ des armoiriessi Vulgaire : Miirum quhm stuttdsapierUidin istis àstrùto^icanttlrj philôsophanturetiam, àc thâolùgissant paludati isti heraldi. (C. Agrippa,)

Mais pour retourj;ier aux cottes d'armes , comme aux assemblées publiques et dans le$ occasioiu» de la gue^re,( les seigneurs et les chevaliers y étaient reconnus |>ar les coties d^arme^; Jiorsqu on yenaiit à parler d'euK ou qvCon voulait les faire coimaitre par quel* que marque extérieure , pn se conjl^ixtait de dire : (( Il «fofle la cotte d^or^ d'argent , de gueuler, desinople, «de •sa^le, de gris, d'bermguie ou de vair;» ou en teiï^es plus courts: (( 11 porte d'or, de gueules, etc. , » le n^t de cotte dVmes étant sous-entendu; d'où il est arjrijFé qms, pour blosonner les armes d'un j^milbonune^ nous disons encore aujourd'hui : <x II poite (( d'or, d'argent à une telle pièce. » Mais parx^e que ces m^ rque$ ne suiEsaient pas pour se fa^re reconnaître ou distinguer da^s les a^jseniblées solencmelles ou dans les armées, où tous les seigfueuxs étaient Cj&vétus de cottes d'ar,mejs de draps d^or ei d'argent , ou de ces riches fournies, ils s'avisèrent dans la suite de les diversifier, en découpant les draps d'or et 4 Vgent et les peaux dont ils étaient r,evétus par-dessus leurs a^m^es ou Jeurs habits, en diverses figures de dijSférentes ^oule^rs; observant néanmoins cette xègle, qu'ils ne niiettaient jamais peajuuc sur |)eai;ix^ ni le dra|) d'or sur le drap d'ai^gent^ ou le drap d'argent sur h 4^ap d^or, à cause que cela u'aijura^ eu aucun relief, mêlant toujours les draps avec )es pennes. Que si Ton en y oyait autrement, parce que ces cottes d'armes n'étaient pas dans le port ordinaire, on disait qu'elles étaient faites pour enquerrCj d'autant qu'elles donnaient sujçt à tout le monde de demander pourquoi

on ne les portait pas suivant la mode reçue, et s^il y avait quelque raison particulière qui obligeât à les porter de la sorte. Auquel propos il me souvient de ce trait du Dëclamateur (Quintilien), qui, parlant d'une statue que le magistrat avait décernée avec Thabit d'une femme à celui qui avait tué le tyran sons; cet accoutrement , dit ces paroles : Statua ergo tua non transibituTj hahitus faciet vt interrogent transcurrentes. Avec ces découpures on forma des bandes , des fasces, des chefs, des lambeaux et autres pièces que les hérauts nomment chargeantes. Le Prieur duYigeois, en sa Chronique, en a ainsi parlé : Dehînc repertœ sunt pretîosœ ac varice vestes désignantes varias omnium mentes j quas quidam in sphœrulis et lingulis minutissimè frepantes, picti diaboli formam assumant. Ce qui alla à un tel excès et se faisait avec une telle dépense, qu'au concile qui fut tenu à Geytinton en Angleterre, Tan 1 188, sous le roi Henri II, on fit défense de porter Técarlate et les riches fom'res , et les habits découpés : Ibi statutum fiiit — in Anghrum gente ne quis escarietOj sabeUnOj varioj vel griseOj aut vestibus laqueatis, aut in prandio, de cibis ex empto vitra duo fercula vteretur, eo qubd rex Angliœ^ cum omnibus ferè An^iœ ma-gnatibus^ ad Terram Sanctam cum expensis erat non minimis profecturus. Ce sont les termes de Jean Brompton. Gervasius Dorobernensis : Et qubd nullus habeat pannos decisos ac laceatosj ou laqueatos; où le mot de pannus fait assez connaître qu'il entend parler des pannes et des fourrures. L'auteur de la Vie

de saint Gerlac nous apprend que ce satnt ermite avait coutume d'invectiver contre «iSë» abus r MUiêes de percussione et scissure vestiurrij de oppresshne

pauperumj de vanitate alearum arguebat. C'em;

donc ce que Philippes Mouskes , au passage que j'ai cité ci-devant, appelle de dras tains et d'escarlatej detranciés à grans borates ;^ et parce que les jeunes gens s^attachent ordinairement à ces nouveautés pour se faire distinguer d'avec leurs pères, qui portaient les cottes d'armes semblables aux leurs , ils en faisaient pendre des lambeaux soit au cou, soit ailleurs, par forme de différence ; et c'est de là que les lambeaux dans les armoiries ont pris leur origine , n'étant pas ^es espèces de râteaux, comme Edward Bisse, Anglais, a écrit. Il en est parlé souvent dans les comptes d'Estienne de la Fontaine, argentier du Roi, et particulièrement en celui de l'an i35o, en ces termes: « Pour 7. quartiers de zatouin d'Inde, et 7. quartiers <( de fort velluiau vermeil pour faire deux cottes à arec mer; — pour un marc, 5 esterlins, de perles blanu ches à semer le champ desdites cottes, faire les cop- « pons des labeaux, pour 160 grosses perles à cham- « poier ledit champ. » Plus bas : u Pour 24* ^une^ de « velluianx indes fors pour faire !). couvertures à cheii vaux pour ledit seigneur, et pour 2. aunes de vel- (duiau vermeil et blanc à Ëiire les labeaax de l'arec moirie.» Au même chapitre : (cPour^ if. pièces de (( cendaux indes et jaunes à faire bannières et panée nonceaux pour ledit seigneiu*, pour à. aunes et dee( mie de cendal blanc et vermeil à faire les labeaux. »

Il est arrive ensuite que les chevaliers ont faitempreîitdre i^aqf ilfprs écus n^n seulement la couleur 4^ dr^psdW et d'argent et des riches pannes qu*i!s |>artaient en leurs cotres d'arniesi i|iais encore la figure de ceç découpures^ dont ils oint formé les ban^ des, les jumelles , les fa^çeci, les ss^loirs, les çbe&et aulres pièces. QuelcpefcHS ^ussi ils oqt parsemé leqrs cottes d^armes des figures , soit d'animaux terrestres, soit d^oiseaux ou choses semblables , qu ils ont depuis empreintes dans leurs écas/ou bien ils les ont empruntées de leurs écus pour en parsemer leurs cottes d'armes, étant ccmstant que les boucliers out eu, dès la plus grande antiquité, de seoiblable^ empreintes; et c'est là la pensée de Yelser, dans le passage que j'ai allégué de lui. Quelqnefoi$ au^si» entre ceux qui div^sifiaient ainsi lemi*s cottes dermes, il s'en ^st trouvé qui n'ont pas voulu les charger d^aucune pièce, mais se sont contentés de les porter toutes simples sans découpwe, et de conseiVer dans lem^s écus la mértie couleur qu'ils portaient en leurs cottes d'armes. Cesi ce qui nous ouvre la raison pourquoi les comtes et les ducs de Bretagne portèreiit l'hermine aiiiG^te da^ lents écus, qui n'étiiît antre que pa?ce qu'ik la portaient de la aorte çn leurs cottes d'armes. Ainsi les seigneuirs d'Albcet portèrent le gueules,, les Gaptatix de Buch en Guienne^ de la maison de Puy- Paulin, Tor plein ; les seigneurs de Saint-Chaumoat , le gris ou l'azur, parce qu'en leurs cottes d'armes ils perdaient ies pannes de gueules et de gris, et le drap d'or.

Ce que )e viens de rapporter du compte d^Estieune de la FoutainiÇ fait as^z connaître que Ton avait coutume de broder les cottes d'armes et de les enrichir de perles y et qu^ainsi ce sont ces cottes brodées dont le sire de Joinville entend parler. Ces broderie^ n'ëtaient que pour relever et marquer le$ armes du chevalier, qui y étaient empreintes en relief | en sorte qu(S les mêmes Hgures et Içs mêmes couleurs qui se rencontraient dais^ 3on écu se trouvaient aussi dans sa co^tç d*arjnes^ Guillaume le Breton, en sa Phi* lippide :

QmBque armqtun» çeaiis consitia mtpremo Serica, cmque facU c^rUs distinctio noUsf

Et Guillaume de Nangis, en la vie de Philippe 111 : Franci vero subitd turbatione commotij mird celérUaie (^d arn^a prosiliuntj loricas induuntj et desuper picturis variisj secundàm diuersas armorum djffeifmtifl^y se iUstingifunt. Çt pairce que les cottes 4*anna3 étaient parsemées des devises d^ chev^lier^, on lç« appela de^ habits en des^ises. Ainsi Masuer, parlât des preuves de la noblesse, dit que celle-là en est une : Si ipsç et alii prgsdecçssor^s sui çonsue^ermt portare vestiçs en devi^, vel ^ifias quas nobiles portare oorisueverunt^ C'est en ce sens qu*o^ doit entendre Froissart, quand il dit que le comte nje Derby vint à Westminster « accompagné de grand <( nombre de seigneurs, et leurs gens vestus chascun « de sa livrée en devise j » c'est-à-dire ayant tous leurs

cottes d'armes armoiées de leurs armes. Monstrelet, en Fan 1 4 1 o , parlant de Tëlection du pape Jean XXII , dit qu'à la calvacade qu'il fit (( se trouvèrent le mar- ((quis de Ferrare, le seigneur de Malateste^ le sire ude Gaucourt, et des autres quarante -quatre, tant u ducs, comtes, comme chevaliers de la terre d'Ita- Y( lie , vestus de paremens de leurs livrées. » George Cl^tellain : « Armez et vestus de cottes d'armes, de- « vises et couleurs. » Et Alain Chartier, en son poème intitule la Dame sans mercy, décrivant un cavalier amoureux et maltraite par les rigueurs de sa maîtresse, le représente vêtu de noir sans devise j c'est-à-dire avec une cotte d'armes toute simple et non armoiée de ses armes , ce qui était une marque de deuil :

Le noir portoil, et sans devise.

Ce sont ces devises des cottes d'armes que Sanudo appelle super insigma.

Les cottesd'armes ainsi armoiées étaient une des marques principales de la noblesse, ainsi que Masuer a observé, parce que n'y ayant que les nobles qui eussent droit de porter le hauberl ou la cotte de maille, il n'y avait aussi qu'eux qui eussent celui de porter la cotte d'armes , qui n'était que pour couvrir celle de mailles; et comme ordinairement il n'y avait que les chevaliers qui portassent l'une et l'autre dans les guerres, de là est arrivé que, pour marquer un chevalier, les historiens se contentent de le désigner par le seul nom de cottes d'armes. Froissart écrit que le sire de

Merode ][>erclitenla bataille contre les Frisons, en la^ quelle Guillaume comte de Hainaut fut tuë, trentetrois cottes d'armes de son-lignage, c'est-à-dire trentetrois chevaliers de sa parenté ; et Monstrelet, parlant de la victoire remportée à Formigny, près de Bayeux , par lesFrançais sur les Anglais, Tan i45o, dit « qu'à « cette bataille lurent prins prisonniers messire Anutoine Kiriel, etc., et plusieurs autres capitaines et K gentilshommes Anglois porians cottes d'armos. i> C'est une expression qu'Anne Comnène, en son Alexiade, a empruntée de nos Français, lorsque, racontant les pourparlers qui se firent pour l'entrevue qui se devait faire entre l'empereur Alexis, son père, et Boémond, prince d'Antioche, ce prince insista qu'il pourrait se trouver avec l'empereur accompagné* de deux cottes d'armes, furâ ^uo ^Xapu^cov; c'est-à-dire avec deux chevaliers, cette princesse ayant exprimé la cotte d'armes par le terme de chlamys(i), qui était un vêtement particulier aux gens de guerre et aux cavaliers. D'où vient que pour désigner un chevalier, un titre (a) de Philippe I", roi de France, de l'an 1068, use de ces paroles : ÂimericuSj quem occtdr tabat militaris habitas j et chlamydis obumbrabat aspectus; termes qui sont tirés de saint Ambroise, en laYie de saint Sébastien, si toutefois il en est l'auteur, ce que quelques savans semblent révoquer en

(1) L. 1. Cod. Th,^ de hàbiiu quo uti ojftott

(2) Aux preuves de YHist des Chastergn., p. 179*

doulie. Greorges Châtellaiiii eo Tiliistoire de 4de<fues de Lalain, di^valier de la Toi^m-d'ONr^ mxib^0 encore assez souTeiit le$ cottes dVrmes ^rmoiéfB^ nia éeayers ; en sorte que Ton peui oonjecturis? ^e , dam les derniers siècles , ils oal eu ce pri¥il(£ge9 qui wpa? rayant a^avait appartenu qu^aux cheyali^^s.

J'ai remarqué que Ton découpait les pannes ou fourrures des cottes d'armes en diyer$e$ maûices, pour se distinguer les uns des autres : ces fi^pr^s et ces découpures sont encore k pr4s(^u en u$age d^ns les blasons des armoiries , mais dans des termes qti à peine nous sont, connus ; ce qui me dbnoara $u^t d'en expliquer quelques-uns des plus difficile^ J'ai dit œ que C'était que le lambelj lorsque j'ai parlé des découpures des babtts.

Li9.fasceiSiSij selon mon sentiment 9 ce qui est appelé par les auteurs latins du moyen temps fascMa, qui étak une espèce de jarreûène pour lier les chausses* Il en est parlé souvent dans les constitutions monastiques. On donnait encore le nom àe/ascia aux petits ssaroos que les chanoines ^réguliers de isaint Augustin portei^t^ lorsqu'ils vont à la campagne , qui n'a de largeur que quatre doigts j comme le scapulâire des moines*

Le pau ou le p0l n'est rien autre chose que le palus d^ JUatins, c'est-à-dire un pieu, d'où le mot de palissade est demeuré parmi nous.

Le sautoir est l'étrier pour monter et pour sauter sur le cheval. Il est appelé par les Latins du moyen temps strepa et stapha^ et par les nouveaux Grecs

9takau Le C^ëmonial MS. dit que Tëcayer qui se trouvait aux tournois ne devait point avoir de sautoir à sa selle. Le compte d'Estiemie de la Fontaine , ar-* gentier duRoi, de l'an i352, au chapitre des harnois: ce Pour six livres de soye de plusieurs couleurs pour f< Élire les tissus et aguillettes ausdits harnois, faire K samoners^ et conyeres^ et tresses à garnir la selle. » Les savans ont remarqué que les ëtriers n^ont été en usage que vers Tempire du gtand Constantin.

LciiS macles ont tiré leur nom de macula j que Joan* nés de Janua interprète squamma hricœj qui est une petite pièce de fer carrée , percée de même , dont les bauhens étaient composés , qui est ce que nous ap^ pelons cottes de mailles ; ces mailles étant enlacées et entassées les unes sur les autres^ en sorte qu^elles ne laissaient aucun vide. Nicolas de Braya, en la Vie de Louis y III :

Nexilibus maciis i^estîs disHncta notaiur.

Et Guillaume le Breton :

ïaUr Pitdus et otafidit macuias êoracîs^ etç»

* Et plus bas :

ResHtU Mmcino macuUs hannte pUcûUs.

Nos auteurs ont attribué ce nom aux mailles des hatAberts , parce qu elles avaient la figure des mailles des rets des pécheurs , qui sont appelées maculœ par les Latins.

Les hërauts représenlent les rustres de même figure, sauf qu'ils sont percés enrcnuL Je ne sais si c'est cet insirument que les Latins appellent rutrum, qui était une espèce àtfossoriumj vnde arenœ moven" turj vbi sal efficUury ainsi qu'écrit Joannes de Janua.

Quant aux losanges , Joseph Scaliger estime qu'elles sont ainsi dites, quasi laurengicBj parce qu'elles ont quelque rapport à la figure d'une feuille de laurier.

Les endentures ont été empruntées de ces pardbemins et de ces titres qui sont appelés chartœ indentaUBj parce que , comme on les faisait doubles pour les deux contractans, on coupait le parchemin par le milieu en forme de dents, afin qu'on ne pût les falsifier, ceux qui s'en voulaient servir étant obligés de faire voir que les endentures se rapportaient à l'autre original. Ces titres sont encore appelés chartœ partitcBj et pour l'ordinaire chirographes (et cirographes). Je réserve à en parler à fond ailleurs.

Les billettes sont ce que nous appelons billets, qui ont la figure d'une lettre fermée. Les historiens anglais se servent souvent du mot de billa pour un placet : Guillaume Thorn : porrectœ fueruru biUœ et petkiones Domino Régi. Spelman croit que ce mot a été formé de libellus; d'autres, de ptgXtov. Tant il y a que l'on en a dérivé celui de billeta, dans la même signification : Monasticum anglican (Spelm.). Secundàm quodcontineturinquddam billetdinter sigillum et scriptum ante consignationem affixd. Mais je ne m'aperçois pas que je m'engage dans une matière qui est hors de mon sujet.

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