‹ Collection des meilleurs dissertations: notices et traités particuliers (volume 2)Chapitre 27 sur 35 · II. lo*" LIV · texte numérisé non relu

II. lo*" LIV

(( et tenoit le glaive ou poing , et quand il vit venir (( son frère Henry, si le recognut bien au blason, car (( chacun d^eux portoit les armes d^Espagne. » Alonse de Ledesma, en son Dialogue entre la Renommée et Erezma, sur les merveilles de Sëgovie, dit:

Este es su anii^uo blason La puente y una cabeça, Para mostrar que la es De Estramadura y su tlerra.

Blasen est l'opigine de toutes ces significations, parce que pour louer, pour blasonner, pour accuser et pour décrire une chose, on la publie et on la fait sonner comme si on la publiait à son de trompe. (( Les hérauts , dit Nicot , blasonnans les armoiries f( d'un prince récitoient la haute signification du é/a- ((son J'icelui, y ajoutant ses louanges, hasardeuses ((entreprises et prouesses, pour monstrer qu'il por- « toit tel blason à juste cause. )>

Je ne sais où Yargas avait appris le latin , quand il a dit que blason était un terme de cette langue qui signifiait une branche verte d'arbre, et que, parce qu'on entourait les armoiries de guirlandes de feuilles, on leur avait donné le nom de blasons.

Ce mot n'a jamais été latin, quoique quelques jurisconsultes l'aient latinisé à leur manière, comme ils ont fait quantité d^autres mots. Ainsi Chasseneu dit: Blasonare est dictio armoristarum, quœ tantùm importa quantum recitandœ aut commemorandœ aU-

cujus virtutis gratta^ sub quibusdam signis quempiam abundè et verè laudare, aui décorum dicere. Il a fait, avec la même liberté, les termes de hzangicBj tortellœj besani, cotisscBj peticBj etc. , pour losanges, tourteaux, besans, cottices et pièces.

M. Ménage a voulu aussi faire descendre ce nom de la langue latine , mais d^une manière plus spirituelle, quand il a dit, par voie de conjecture, (cque (( ce mot porter j dont on se 5ert ordinairement pour « descrire les armoiries, luy a fait croire que blason « pourroit bien avoir esté fait de latio^ en y préposant (( lin Bj comme en bruit de rugitus. Les jeunes che- « valiers portoient anciennement leurs devises peintes n sur leurs écus ou sur les cottes d'armes; d*où vient H que, quand nous parlons des armoiries de quelqu'un , « nous usons du mot porter. ))

Tenons-nous-en au blason des Allemands, chez qui les armoiries sont de plus ancien usage qu'en aucune autre nation , et qui ont eu des tournois réglés dès le temps de Henri -FOiseleur, qui les introduisit ou les renouvela en Allemagne pour exercer la noblesse.

Métaux et couleurs.

Azur. — Les émaux du blason sont de deux sortes, métaux et couleurs, parce que c'est sur les métaux que l'on émaille , et c'est avec les couleurs que l'on émaille. Il n'y a que l'or et l'argent qui soient reçus en armoiries, comme les deux métaux plus nobles.

( Mo )

On n'a pas changé les noms de ces deux métaux ; mais les quatre couleurs ont des noms particuliers.

Les boucliers des soldats romains avaient les mêmes émaux qui sont à présent reçi;is en blason : Tor, qui est nommé dans la Notice de l'empire, color cuireus, croceuSj luteus; l'argent, argenteus aWus; Tazur, saphirmus, cœruleus; le gueules, puniceus, ruber, pwrpureus; le sinople , viridisj prasinus; le sable , nigerj ferrugineus.

La couleur bleue se nomme azur en blason, d'un mot arabe ou persan. Bochart (i) dit : Ccandeum pîgmentum quoddam Persœ et Arabes lazurd vocant.

Ce mot nous est commun avec les Espagnols , qui le nojXLiaexilazidj et avec les Italiens, qui l'appellent azurro. Albert Krantz s'en est servi en latin : Die veneris antejestum ctucis ipsœ mendie ^isus est sol sine splendore in lasurio^ pour dire cœlo sereru), parce qu'il semble d'azur lorsqu'il est serein (2).

Sicile le héraut, parlant de cette couleur, dit : (( Azur est ainsi dit en armes, et est porté par les che- (( valiers en leurs escus, et tend on de pers à la ma- (( niere d'un trespassé. Cette couleur est communément (( portée par les Anglois comme leur propre livrée. » C'est à cause de la jaretière bleue qui fait l'ordre d'Angleterre des chevaliers de Saint-George.

(i) Phaleg., ]. 2, c. 12.

(2) L. 12, c. 5, in Saxon»

GuEtJLËS. — Le gueules est la seconde couleur des armoiries.

Honore Bonhor, d'autres disent Bonhect, prieur de Salon en Provence, qui dédia au roi Charles V TArbre des batailles, au chapitre i65 du 4* livre, dit, parlant de cette couleur:

De la couleur roi^ge ou gueulles.

« La seconde couleur si est pourpre, que nous di- <r sons en françois rouge ou Termeille, laquelle reprëc< sente Félëment du feu, qui est son propre corps ; la « plus luisante chose qui soit en ce mortel monde , <( parquoy aprez le souleil, c^est le plus noble de tous c( les ëlëmens. Cette couleur aussi , selon les lois ance ciennea, homme ne doit porter, sinon les princes c( seulement. »

Les habits de cette couleur étaient d'ancien usage parmi les Gaulois, puisque Martial témoigne, en une de ^e!& épigrammes, que, cconme les Romains s'habillaient volontiers de noir, les Gaulois aimaient le rouge, particulièrement les soldats et les enfans :

Borna magis fiiscisf oestihir Gallia russis, Etplacet liic pueris miUtihmque color.

Le P. Monet a cru que gueules était originairement un terme hébraïque, et que gulu^'on guludit signifiait, en cette langue, une plaque de peaurougeâtre qui se mettait sm* une plaie pour la fermer .Vul-

son de la Colombière et Fauteur du Trophée d'armes s*en sont tenus à cette étymologie; mais ces deux mots prétendus hébreux ne se trouvent point dans cette langue.

Il y aurait plus d'apparence qu'il se dériverait de cuscuUumj qui est le nom de la graine à teindre en écarlate. C'est la seconde conjecture du P. Monet, qui a plus de fondement que la première.

Ménage, en ses Origines, dit : a Gueules, couleur (( rouge en armoiries, de certaines peaux rouges qu'on (c appeloit gueules j à cause vray-semblablement de la (( rougeur des gueules des animaux. »

Nicot, après avoir dit que c'est un mot que les hérauts ont forgé, dit que (( c'est parce que le dedans de « la gueule est vermeil et rouge. »

Deux choses, si je ne me trompe, ont contribué à introduire ce terme dans le blason : le nom que les Arabes, les Persans, les Turcs et la plupart des orientaux donnent à cette couleur, et les usages qu'elle a eus autrefois parmi nous.

Gui est le nom de la couleur rouge parmi la plupart des orientaux. Gui est le nom de la rose chez les Arabes et les Persans, qui ont un recueil de chansons nommé le Gulistan{\)^ c'est-à-dire le Rosier. Les Tiffcs nomment la rose ghiul^ comme le rouge est appelé par les Latins roseus color.

(i) V. Guilstan, ou l^ Empire des Roses, irad. de Sadi, poète persan ; par Du Ryer; in-S^. ( Edit )

Cesi aussi le nom d'une plante que Christophe Costa nonune autrement V arbre triste j au livre des Aromates, qui est le 9* des Plantes étrangères ou exotiques de Clusius. C'est au chapitre de arbore tristi qu'il dit que les Persans et les Turcs s'en servent pour donner la couleur rouge à leurs viandes , comme on se sert de safiran en ce pays pour faire des sauces de couleur jaune.

Il y a assez d'apparence que c'est l'origine de eusculiuirij dont Pline s'est servi pour le grain de la petile yeuse, qui est la cochenille, dont on teint en ëcarlate. Voici ce qu'il en dit : Omnes has dotes Uex solo provocat cocco. Granum hoc primoque seu scapus fruticis parvas^ aquifolice iUcis, cusculium vocantj pensionem alteram tributi pauperibus Hispa- TÙœ donaU Cet auteur, en disant cusculium "vocantj fait voif que c'est un terme étranger^ aussi Gelenius , en ses ISotes sur Pline, le croit un mot ancien espagnol : Hispanum "vocabulum non romanumj^ dit-il. Les Espagnols l'avaient peut-être emprunté des Arabes leurs voisins, et l'on dissât cusculium quasi coceus gulius.

Tout cela fait voir que cusculium est un terme étranger, et qu'il y a lieu de croire que c'est de ce terme barbare que l'on a fait celui de guleSj par la facilité qu'il y a de changer le C en G en diverses langues.

La seconde conjecture de l'origine de ce terme (i)

( i) Menestrier retombe ici, sans se prononcer^ dans l'o-

se tire de Tusage des peaux rouges teintes de gules qui servaient anciennement aux rebords des habits ^ pour le col et pour les maucbes. Les habits ainsi rebordës se nomment gules j goules, coules et cuculesj d*un mot approchant de cusculium.

Die monachi cullam oestemfore swe cuatUanu - VestU lata tegens capui, armos, esta cucullos.

Ces cappes ou chapes sont nommées goules on coules par les rehgieux de Cîteaux.

Le Roman d'Aubery :

Les goules de son pelisson gris en sont mouillées.

C'est-à-dire les fourrures.

Gula mantellij chez Uguccioa , est le trou par où le chaperon se passe dans le cou. Mathieu Paris dit que les Français le nomment le gouler, comme nous

pinion de Du Gange, qui a été adoptée par Caseneuve. « La raison pourquoi le rouge des armoiries fut appelé « gueules, c^est parce qu'anciennement, au lieu qu'on peint au- « jourd'hui les écus de couleur rouge, on y attachait ces peaux « précieuses (les peaux teintes en rouge). Vandhier de Doa dan, au roman de Percerai le Gallois , dit :

« A Alardin ot un escu

(c Qui de gueules tout couvert fu. »

(Caseneuve, dans la dernière édition de Ménage, au mot Gueules* ) ( Edit C. L. )

nommons collet ce qui se met autom* du col : //zi^enit introitus capuciij qui gulerum vulgariter gallicè appeUaturj nimis arciumjf an. 1 1 34*

On faisait des habits de plusieurs bandes , dont Tune était alternativement de fourrure, et l'autre d'étoffes de diverses couleurs. Cet entre-deux des fourrures se nommait geuleSj goules ou gules^ parce qu'il était enfoncé sous la fourrure. C'est ainsi que l'on nomme gueules ces pièces d'architecture que les Grecs nommaient petites ondes j et que nous appelons gueules droites et renversées, doucines et talons.

De ces habits à bandes d'étoffes et de fourrm*es altérées sont venues les armoiries des maisons de Coucy, de Berlaymont, de Bressieu, de Coetmenec, en Bretagne, qui portaient fascé de vair et de gueules; de Mané , qui portait fascé d'hermine et de gueules.

Ces fourrures se disaient engoule'eSj quand elles étaient ainsi alternées. Le Roman de Garin :

Si ot yestu un hermin engolé.

Le reclus de Moliens, en sa patenôtre :

Chappes fourrées de sebelines engoulées.

Le Roman du Renard dii :

Tenoient un roux peliçon Dont les gules estoient d'or.

Ce qui fait voir que ces gules étaient des bandes crtremélées.

( 346 ) Le Roman de Girard de Vienne :

De vair, de gris et d'hermine engqlé.

C'est ce que saint Bernard nomme, dans une ëpttre écrite à Foulques , archidiacre de Langres : Yaleria griscaque pellicea à collo et manibus omatu purpureo dwersificata.

SiNOPLE. — Le sinople est la couleur verte, qui est plus rare dans les armoiries que les autres couleurs, parce qu'on s'habillait moins souvent de cette couleur que des autres. Les anciens hérauts la nomment prasinej d'un nom grec qui signifie couleur de pourreau (de irpavov, poireau; d'où l'adjectif ^<r(voç, couleur de poireau). Isidore, au livre 19 de ses Origines, dit que cette couleur est une espèce de craie verte qui vient en divers endroits, mais particulièrement en Libye : Prasina id est terra viridisj et si in aliquibus terris promiscuè generetur^ optima tamen est in Lïbyâ CyrenensL Sicile le héraut a, ce semble, copié Isidore, quand il a dit que (cprasine ((est une terre verde, et croist la meilleure qui soit (( en Libie la Cyrenne. » Cependant il a cru que sinople était le nom de la couleur rouge, quand il dit: <( Synople est couleur rouge , qui fut premièrement (( trouvée en la mer prez d'une cité de ce nom. »

Hauteserre à été du même sentiment, et a cru que c'était par erreur qu'on avait fait le jiom de la couleur verte de celui de la couleur rouge : Diutiîts me torsit synopii quod est viridcj origOj sed in hanc

diem me ejffugit : msi forte ex errore natum lubety et synopim quœ est Grœcis minium Cappadocium à synope urbe ad quam commercii causa convehehnUiTj teste Strabone et PliniOjà francis perGrœciam et Asiam peregrinanUbuSj hellenismi biscitid ad viride detortum.

J'ai deux conjectures sur ce sujet. La première , que Ton pourrait avoir appelé les armoiries de cette couleur ^nu/na opla^ armoiries vertes , et, par la rejection de la première syllabe , les avoir ensuite nommées sina opla : ce retranchement d'une syllabe est fréquent en diverses langues. Dans Thébraïque, on a fait J9e/ma^ au chapitre 21 d'Isaïe, amlieu d^Idumœa; Salem au lieu de Jérusalem; Soljrma pour Hierosolyma; Lemites pour BethleemiteSj aux Paralipomènes; Chonia pour Jechoniaj dans Jérémie : parmi les Grecs vulgaires, Va "foxxrls^a; Salonique pour Théssalomque : les Italiens disent Maso pour Tomaso; Meo pour Bartolomeo : nous , Colas pour Nicolas.

La seconde conjecture est qu'il vient de la ville de Synope ou Synople , du vert aussi bien que du rouge. Un manuscrit De distemperandis coloribus^ de Tan i4oo, dont j'ai la copie, dit ainsi:

Hœc sunt nomina colorum qui necessarii sunt pictoribus et illuminatoribus ^ sis^e scriptoribus.

(c Sicut et in urbe Sinopoli rubicuAdnm invenitur (( et viride dictum Sinoplum, ») Et plus bas il ajoute :

Syn opium utrumque venit de urbe Sinopoli, ci

est bonum : aUud viridcj aliud ruhicundutn* Vinde Synoplum seu Synopum dicitur P aphlojgonicus tanosj et rubicundum vocatur hemathites Paphlago* nica; inve futur etiam et in regno Franciœ n)Ocatum Broliamini. Ce mot est une corruption de BoU Armeni.

Sable. — • Le sable est la quatrième couleur des armoiries; c^est la couleur noire, qui est assez fréquente dans Pusage du blason. L'aîgle de TEmpire est de cette couleur, ce qui fait qu'elle est assez fréquente dans les armoiries d'Allemagne.

Il y a deux opinions différentes touchant l'origine de ce terme. Quelques-uns le dérivent des martes zebelinès , qu'ils disent que l'on nommait anciennement zables ou sables; et d'autres du sable et de la terre, qui est naturellement de couleur noire. Ces deux sentimens ont eu divers partisans; et sans me déterminer ni pour l'un ni pour l'autre, je rapporterai fidèlement toutes les conjectures qui servent à les appuyer, laissant au lecteur judicieux à se déterminer lui-même pour celle des deux opinions qu'il voudra suivre. Ce qui favorise l'opinion de ceux qui tiennent que le sable est une espèce de panne ou de fourrure, est un passage d'Olivier de la Marche, qui dit en ses Mémoires qu'aux joutes qui se firent en Angleterre, entre le bâtard de Bourgogne et le sire de l'Escale , le bâtard avait *douze chevaux couverts, les uns de drap et (c les autres de martes , que Ton dit sables ^ f( si belles et si noires qu'il estoit possible d'en trou-

(349) Le roman de la Prise de Hiërusalem :

Yairs et gris, et ermînes, et sables de Rosie.

Philippe Mouskes :

Sables armîns et vers et gris.

Alain des Isles , in PUtnctu naturcBj distingue les martes et les sables : Illic martes et sabelo.

Et Gervais de Dorebèrn : Statutum est qubd nullus utaturvarioj velgrisiOj velsdhelo^ vel scarlato.

Les martes sont souvent nomxaées pelles sabellinœ.

Spelman est de ceux qui favorisent cette opinion , puisque 9 parlant du sable en son Aspilogie, il dit en un titre, de nigro sive zebellino; et peu après, zebeU linœ pellis nomen sable; en un autre endroit, zebellorum pelles nigrœ sunt II est vraisemblable qu*une erreur s^est glissée dans Jornandès, lorsqu'au lieu de sabellinœ pelles j on y lit sapphirinœ; car il fait d'ailleurs ces fourrures de couleur noire; Hi quoque suntj dit -il, parlant de ceux qui habitent dans la Scanie, qui in usus Romanorum sapphirinas pelles j commercio interveniente j per alias innum^ras gentes transmittuntj famosi pellium décora nigredine (i).

(i) L. 1, €• 3, Z)e rébus gothicis.

Le P. Papebrock dit , sur ce mot de zable^ qu'il y a quelqu'un qui a cru que c'était de ce mot français qu'on aurait fait le nom de ZabuluSj que l'on donne au diable, parce qu'on le représente toujours de couleur noire : Est qui ingeniosè à Zable in antigua gallica lingud et adhuc in rébus tesserariis usitaiissimâ voce, deducatj quod ea vôx significet colorem nigrum et ab eo colore plurimœ in Europd nationes forment nomina ad diabolum resque diahoUcas significandas. Sifi ergo Zabulum quasi nigrum antiquitus dictum opinatur(^î).

La seconde opinion, sans chercher tant de mystère, tire l'origine de ce terme du sable même et de ]a terre, à qui une infinité d'auteurs attribuent cette couleur comme leur couleur naturelle.

Anacréon (2) ne donne point d'autre épithète à ]a terre que le nom de noire.

Invicem sabulum album in Ticinensij multisque in locis nigrum (3). Quand le sable a une autre couleur, on lui donne un nom particulier, comme Pline appelle le blanc sable du Tésin^ et nous en France sablon d'Etampes.

Ea pullam terrani et resolutam desiderat (4).

(i) In Qita S. Guthlad anachoretœ, mense aprili, cap. 3, net. 9.

(2) Ode 8.

(3) Pline, 1. 7,0. 4-3.

(4) Columelle, 1. 4^ c. 33.

Et çindem Mgyptum nigrâ fœcundat arenâ (i).

Au troisième des mêmes Géorgiques :

VorHdbus nigramque aHè subjectat arenam.

Au neuvième de FEnëide :

Hïc subUam nîgro glomerari puloere nubem,

Pindare (2) nomme la terre noire.

Philostrate, Horace , Photius, Scaliger, ont aussi donné à la terre Tëpithète de noire.

Nicolas Bergier (3) :

(( Le sable masle et Farene de couleur noire don- « nent des eaux certaines , durables et salubres. )>

Claude Molet, premier jardinier du Roi, au Théâtre des plans et jardinages :

(( Il se trouve une sorte de terre , laquelle est sa- « blonneuse et de couleur noire; c'est la meilleure de toutes. »

(Test du sable que les anciens blasonneurs tirent le terme di armoiries,

a Reste maintenant à parler de la couleur noire , « laquelle représente Télément de la terre (4). >>

(i) Virgile, au livre 4- ^^s Géorgiques.

(a) Od. 9, Olymp.

(3) Traité des grands chemins de V Empire, 1. 2, c. 3*

(4) L'auteur de V Arbre des batailles, c. 1 58.

(( L'autre couleur est noire y qu*on dit en armoiries

« sable j et représente la terre (i)- » '

(( Le sable signifie es quatre élëmens la terre (2). » Duobus tantàm udmur metaUis auro et argentOj

et quatuor coloribus; nempè azorioj id est coBlesti;

sabuhj quod est nigrOj etc. (3). w

La sopraçeste di cohr di sahbîa Su l'arme haœa (4)-

Enfin, quelques anciens manuscrits nomment les armoiries dont le champ est noir, poudré de sable.

Jean de Basdor et François Desfossez, qui ont écrit en latin, disent, page 38:

Portât leonem rapacem rubeum in campo cargenteo cum uno borduro de nigro pulverisato, cum talentis aureis.

Pourpre. — Bien des choses me persuadent que le pourpre n'a jamais été une couleur fixe du blason. Le silence de tant d'auteurs qui en ont écrit, depuis trois ou quatre siècles, sans faire mention de cette couleur; Tusage, qui Fa confondu avec le gueules sans qu'on puisse les distinguer l'une de l'autre dans

(1) Sicile le héraut.

(2) Devise àts armes des chevaliers de la table ronde, au chap. de la signification du sable.

(3) Ancien manuscrit De distamperandis coloribus.

(4) L'Ariosle, chant 7, cet. 4*

la pratique de plusieurs siècles; la peine où Ton est de déterminer quelle est cette couleur, et les exemples que Ton produit, qui sont presque tous supposes altérés ou mal entendus.

V Arbre des batailles ^ composé sous le règne de Charles Y, ne reconnaît que quatre couleurs en armoiries : le rouge ou gueules, Fazur, la couleur blanche et la couleur noire.

François Des Fossez et Jean de Basdor, qui éerivirent sous le règne de Richard II , roi d'Angleterre , vers Tan 1 345 :

In armis duo cohres principales inçeniunmrj seilicet albus et niger; et omnes aUi colores artificiali' terfiuni ex iUiSj ut azorius, cohr aureus et rabeus»

Et après deux feuillets :

QuifkLm addunt alium colorent^ sciUcet viridem.

Le manuscrit /)e distemperandis eoloribuSj qui est de Tan 1 4oo :

Proarmoriisduobustantàmutimurmetallis^ auro et ai^enlo, et guatuor coloribus; nempè azorio, id est cœlesti; sabulo, quod est nigro; gulft, quœ est roseâ sk^e purpureà^ et sinopo,^ quod est viride-

Trisaino, en son poème de l'Italie délivrée des Golhs , parlant de Tart du blason , dit :

Due cose principaii in ogni insegna Fitr poste già da quetta aittiqua gente :

L-una è i metai, che son rargento e Toro, 0(wv il bianco, e'i gial che U figura; E Valtra de le due sono £ colon.

Corne verde, vermiglio, azurro e nero.

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