PAR DU CANGE
C^fiST encore une espèce d^adôption d'honneur que les princes et les rois ont pratiquée, lorsquHls ont communiqué leurs armes à divers gentilshommes de .leurs sujets ou étrangers; car, comme les armes sont les véritables marques d'une famille, ceux qui en sont ainsi honorés semblent devoir participer à ses prérogatives. Ce sont des moyens qu'ils ont choisis pour récompenser les services de ceux qu'ils voulaient gratifier, et aussi pour les attacher plus fortement à l'avenir et leur postérité à leur service, (c Cette attribution v( de partie d'arxnoiries , suivant Guy Coquille , en (( l'Histoire de Niveirnois, se fait avec diminution noce table par changement de couleurs, ou diminution de (( nombre des pièces qui sont es armes des bienfaic- (( teurs ; en sorte qu'on peut connoistre qu'ils ne sont
(i) Dissertation xxV^ de son édit. de Joînvlllc.
a pas du lignage , mais qu^ils tiennent par bienfaict )) Les princes ont encore accordé souvent ce privilège pour une marque de protection ; car, d*un c6té, les personnes qui ont été gratifiées des armes du prince ont une obligation particulière à le servir, par le souvenir de Fhonneur qu^'elles ont reçu de lui, et de maintenir la dignité de celui dont ils portent les armes, ^neas Sylvius, depuis, pape Pie II, écrivant à Adam de Moulins, secrétaire du roi d* Angleterre, en faveur du secrétaire de l'Empereur, qui desirait avoir le privilège du mâme roi de porter ses armes , après lui avoir représenté les mérites de la personne pour laquelle il s'employait, tient ce discours : Hominem dignissimum promwebis j qui divisia regidb non minus henoris prœstabUj quhm ipsa sibi divisia déçus prœbeat. Scis enim taies tes illis conwUui deberij qui tueri earum honorificentiam possini. D'autre part , le prince se trouve engagé en la protection de celui auquel il a communiqué ses armes, l'ayant reconnu par-là pour une personne qui lui est acquise, et qui participe en quelque façon aux prâ'c^aûves de sa famille , dont il est obligé de conserver l'honneur. Ce privilège de porter les armes ou une partie des armes du prince a été de tout temps estimé très-particulier, n'ayant été conféré qu^à ceux qui avaient beaucoup mérité de l'Etat, et qui lui avaient rendu de signalés services ; ce qui vâûfie la maxime des politiques, qui tiennent que les princes ont souvent des moyens innocens pour récompense non seulement les hommes de mérite, mais encore leurs favoris,
sans apporter un notable détriment à leurs finances , (|ui sont les nerfs et le fondement des Etats, parce qu'effectivement rhonneur, qui est Tunique aiguillon de la vertu, et non la valeur des choses, donne le prix aux récompenses. Les com*onnes de laurier et d'autres plantes étaient trop peu de chose à Tégard des belles actions , qu'elles comblaient de gloire , si une fin pins honorable ne leur eût donné quelque relief. Il n*y avait rien de plus aisé que ces surnoms que le sénat donnait a ces grands che& qui s'étaient signalés dans les combats, et qui avaient subjugué les proviilces; cependant, il ne se pouvait trouver une plus digne récompense de leur courage qu'en les faisant connaître à la postérité par l'imposition d'un nom qui comprenait, en peu de lettres, leur éloge et leurs beaux faits d'armes, et expliquait la grandeur et l'excellence de leurs victoires. Qui vno cognomine declarabatur non modb quis esset, sed qualis esset^ dit Cicéron.
Je mets au rang de ces récompenses faciles en^apparence , mais glorieuses en effet , les privilèges que les princes ont concédés à leurs sujets ou autres seigneurs étrangers qui avaient bien mérité de leurs Etats, de porter leurs armes ou une partie parmi celles de leurs familles : aussi ils n'en ont usé qu'envers les personnes de cousidération et qui leur avaient rendu des services signalés ; laquelle sorte de récompense se trouve avoir été pratiquée par ïes empereurs, les rois, les ducs et autres princes souverains , comme je vais justifier par des exemples tirés de l'hisioirc.
Et pour commencer par les emperem's d'Occident, je remarque qu'ils en ont usé plus que les autres. Othon I" du nom voulut que Louis et Pierre del Ponte 9 Italiens, portassent au chef de leurs armes, Taigle de l'empire, et prissent le nom XOthord : Ex nostro proprio nomme j cognomine OthorUs eorum familiam nominare et insigniis aquilam superaddere liberalUate augustd concedimuSj ainsi que portent les patentes de cet empereur, du mois de décembre de Tan 963, rapportées par Sanspvino; si toutefois elles sont véritables, parce qu'on peut mettre en doute s'il y avait, dès ce temps-là, des armoiries stables et affectées aux familles. Othon, surnommé le Roua: j donna pour £urmes à Udalric , duc de Bohême, son gendre, l'aigle de l'Empire, au lieu duquel Uladislas second, roi de Bohême, prit le lion, qui lui fut donné par l'empereur Frédéric I", après qu'il eut fait merveilles au siège de Milan. Le même Frédéric ayant conféré à Julio Marioni, gentilhomme d'Ugubio, le titre de comte, il lui donna en même temps le privilège d'ajouter l'aigle de l'Empire à ses armes, par ses lettres du mois d'avril l'an 1 162. La maison de Jovio en Italie reconnaît que l'aigle qu'elle porte au chef de ses armes est de sa concession, auxquelles l'empereur Charles-Quint ajouta les deux colonnes d'Hercule, qui étaient sa devise. Conrad Malaspina eut en don, de l'empereur Frédéric II , un chef de l'Empire , pour avoir vaillamment combattu au siège de Vittoria, dont il était gouverneur, prise d'assaut par les infidèles. Le sire de Join ville écrit que Scecedun , chef des Turcs ,
qui ëiait tenu le plus vaillant et le plus preux de toute payenniej portait en ses bannières les armes de cet empereur, qui Tavait fait chevalier, et qui probablement les lui donna. Matheo ou Maffeo Visconti, surnommé le Grande reçut de l'empereur Adolphe , avec le vicariat général de Milan et de Lombardie , la permission de porter Taigle de TEmpire à un quartier de ^&& armes. Henri YII donna à Alboino délia Scala , prince de Vérone , le privilège de porter un quartier de TEmpire en ses armes , confirmé depuis par Tempereur Louis de Bavière à Can Grande , qui porta cet aigle en chef au-dessus de Téchelle de gueules. Sigismond ayant créé comte de Sanguinetto Louis del Terme, gentilhonune de Yérone, lui donna Taigle de FEmpire Fan 1433, en laquelle année il accorda la même prérogative à Jean François de Gronzague, qu'il créa premier marquis de Mantoue, lui donnant pour ses armes quatre aigles de sable. Quelque temps auparavant , savoir en Tan i4i3, il honora François Justinian, gentilhomme génois et comte du sacré Palais, de l'aigle de l'Empire, que- cette maison porte au chef de ses armes, par ses lettres insérées en l'Histoire de l'île de Cliio. Deux ans après, étant à Avignon, il permit à Elzeas de Sado, seigneur des Essars, gentiU homme provençal, de charger l'étoile de ses armes de l'aigle de sable. Un auteur allemand remarque que dans les actes mss. du concile de Constance , qui . se conservent dans les archives de cette ville -là, on voit empreintes les armes que cet empereur donna à diverses familles de diverses nations, durant la tenue
du concile, ou il ne faut pas douter qu*il n*y en ait beaucoup qui obtinrent en ce temps - la Taigle de FEmpire. Frëdëric ly crëa en Tan i45i9 Borao d*Est maarquis de Ferrare , et lui donna pour arme» dCava à t aigle d'argent; il donna encmre Taigle de rEmpire à Manfredo, comte de Corregio, étant à Venise, le 23- jour de mai, l'an i455. Jean Roverello ayant ëté fait par le même empereur comte palatin en Fan 1444? ^ ^^ permit de porter Taigle de aaUe à odtë de ses armes. Maximilian V* conféra cette même aigle à Jean Bentivoglio II* du nom, prince de Bolc^ne, pour la porter en un quartier de ses armes arec cette devise : Maximiliani munus; à Albéric Cibo>, prince de Masse , lorsqail lui donna le titre de prihee de r Empire; et à Raphaël Grimaldi, samommé de Castro j par lettres du 16* jour de pinyier, Tan 1497) le faisant chevalier et comte palatin. Le même empereur ayant ërigë la ville de Cambrai en duché, en faveur de Jacques de Croy, ëvéque, luî permit, et à ses successeurs ëvêques, de porter an ciief des âmes de leurs maisons Taigle de FEmpire , brise d'un lambel de gueules, par ses lettres -patentes du a8' jour de juin. Tan 1 5 10. L'empereur Charles-Quint donna à Maximilien Stampa, gentilhonune milanais , le marquisat de Soncino et Taigle de FEmpire au chef de ses armes , pour récompense de sa fidélité en la garde du Castello diZùhia de Milan. Nichas Grimaldi , seigneur derMontalde, obtint en Fan iSaS, du même empereur, le titre de comte palatin et Faigle d*or en champ de gueules au chef de ses armes , qui sont celles
des empereurs de Constantinople, semblables à celles que l'empereur Manuel Palëologue donna à Castellino Beccaria , qui le reçut et le défraya à Milan lorsqu'il y passa pour aller au concile de Florence, ce seigneur s'ëtant encore employé envers les princes pour lui faire donner le secours qu'il demandait contre les Turcs,
Si nous revenons en France, nous trouverons que les mêmes récompenses y ont été en usage. Saint !Louis, étant outre -mer, donna le chef de France à Tordre Teutonique. Passant par Antioche, il permit au jeune prince Boémond Y I d'écarteler ses armes , qu\€Stoient vermeillées^ au rapport du sire de Joinville, des armes de France. Philippe de Yalois , selon cfuelqnes - uns , permit à Guillaume de la Tour de porter son écu semé de France : mais M. Justel , en l'Histoire des comtes d'Auvergne, esdme que cette permission est beaucoup plus ancienne, remarquant qu'au château de la Tour, avant qu'il Ait ruiné, on voyait deux écussons des armes de la maison de la Tour gravés en une cheminée bâtie l'an 1218, l'un avec la tour simple, qui sont les anciennes, l'autre avec le champ d'azur semé de fleurs de lis d'or et la tour d'argent, qui sont celles que les seigneurs de la Tour d'Auvergne ont portées jusqu'à présent. Le même roi permit à messire Pierre de Salvain, seigneur de Boissieu, homme de grand crédit dans le conseil d'Humbert, dernier dauphin de Viennois, d'ajouter à ses armes une bordure de France, pour avoir été l'un des principaux auteurs de la cession faite de cette IL io« Liv. 24
province en faveur de la France. Il voulut encore que le cardinal Bertrand chargeât le chevron d'azur de ses armes, de trois fleurs de lis à^c^, pour avoir défendu les privilèges de TEglise gallicane contre Pierre de Cuignères , avocat au .Parlement. Charles Y donna à la famille de Fabre une fleur de lis d'or. Etienne , roi ou empereur de Servie , ayant envoyé en France NicoloBucchia, son protovestiaire, en Tan 1 35 1, pour rechercher la fille du roi Philippe de Yalois en mariage pour son fils Urosc , quoique cette recherche n*eût eu effet, le roi Charles V, voulaijit reconnsdtre la bonne conduite de cet ambassadeur, lui permit de porter une fleur de lis en ses armes. Charles YI permit à Jean Galëas, duc de Milan, en faveur ,de son mariage avec Isabelle de France, fille du roi Jean, et à ses héritiers, d'écarteler ses armes de celles de France sans nombre^ par lettres-patentes du 29* jour de janvier^ Tan i394« Le même roi, étantàToloseTan iSSq, en présence du duc de Touraine son firère^ du duc de Bourbon son oncle , et de plusieurs seigneurs de France et de Gascogne , donna à Charles d' Albret son cou^ sin germain, et à ses descendans, le privilège d'écarteler ses armes , qui étaient simplement de gueules, de deux quartiers de France pleins sans brisure , laquelle chose le seigneur de Labretj dit Froissart, tint à riche et h grand don. Charles YII permit à Nicolas d'Est, second duc de Ferrare, en considération de la ligue et de la confédération qu'il avait faites avec lui, et du serment de fidélité qu'il lui avait prêté, de porter les fleurs de Ijrs en son escu à caste droit j
as^ec vn bord denté d" or et de gueules j ayant l'ancienne armoirie de Ferrare à caste gauche j par lettres du 10* jour de mai , l'an i432. Il permit encore, suivant un auteur de ce temps, aux vicomtes de Beaumcmi de parsemer leur ëcu de fleurs de lis. Il en donna une à la Pucelle d'Orléans. Chassanëe ëcrit que, sous le règne du roi Louis XI, plusieurs eurent la permission de porter la fleur de lis en leurs armes. Du Tillet dit qu'il permit à Pierre de Mëdicis, IP du nom, seigneur de Florence, et à sa postërité, de porter au chef de ses armes ^n tourteau d'azur à trois fleurs de lys d^orj par lettres du mois de mai , Tan i465; ce qu'Andrë Favyn attribue au roi Louis XII. Tant y a que ce fut le roi Louis XII qui donna à Jean Bentivoglio, IPdun<»n, prince de Bologne, ]e chef des armes de France ; et à Jean Feriîer, archevêque d'Arles, un écu ^ azur à vne fleur de lys d'or sui! le tout de ses armes. Henri-le-Grand octroya au capitaine Libertas, qui délivra la ville de Marseille de la tyrannie de Cazaud, qui l'avait tenue longtemps pour la ligue, et traitait avec l'Espagnol pour la lui mettre entre les mains, im chef d'azur de trois fleur de lis d'or, à ses armes de gueules à un château d'argent. Il fit le même à Pierre Hostager, gentilhomme de Marseille, qui servit Sa Majesté en la reddition de cette même place, Tan iSgô, ^^ lui donna un écu d'azwr h 'ime fleur de lys d^or sur le tout de ses armes. Sur semiblables considérations, il voulut que le sieur de Vie, vice -amiral de France et gouverneur de Calais et d'Amiens, qui lui rendit de si-
gnalés services durant ses plus fâcheuses guerres de la ligue, portât pour mémoire une fleur de lis d'or en ses armoiries : il en donna pareillement une au sieur Zamet. Louis XIII, son fils, usa de pareille gratifica-* tion à Tendroit de messire Guichart Deagent, chevalier sire de Bruslon, baron de Viré, premier président en la chambre des comptes de Dauphiné, lui permettant. de charger Taigle de ses armes d*un écu d* azur à lajleurde lys (Tor; et ce pour récompense de la fidélité qu'il avait fait paraître dans les affaires importantes de TEtat où. il avait été employé. Le chevalier Morosini, Vénitien , après avoir exercé en France la charge d'ambî^ssadeur de la république , fut honoré par le même roi du privilège de porter trois fleurs de lis en ses armes. Enfin, chacun sait que le roi à présent régnant a permis à Flavio Chigi, cardinal, neveu du pape, légat en France, d'en porter une dansses armes. L'Espagne et les autres royaumes ont pratiqué le même en plusieurs occasions. Henri III, roi de Casiille , donna pour armoiries le château d^or e/i champ d'azur à la bordure comportée d'or et de gueules à don Ruy Lopez d'Avalos, qu'il créa comte de Ribadieu et connétable de Castille en l'an iSqo; ses successeurs ont été marquis de Pescara et d' Aquino, en Italie. Le même roi fit porter un quartier de."; arnies d'Espagne à Bègues de Villaines , chevalier renommé dans Froissart , qu'il fit aussi comte de Ribadieu, lesquelles étaient A^ argent à trois Ijrons de sable à Porle de gueules. La Chronique MS. de Bertrand du Guesclin a fait mention de cette gratification :
Bruges, seigneur de la Grntuse et prince de Steenhuse , le comte de Winchester, avec ta permission de porter en ses armes un quartier des armes d*Atlgle^ terre, savoir de gueules à vn léopard d'or amie tta" zurj par ses lettres -patentes du ^* jour de novem-* bre, le 1 4* de son règne. Thomas Manvors, baron de Roz, chevalier de la Jarretière, obtint du roi Henri TIU le comté de Rutland , avec le privilège de porter au chef de ses armes une partie de celles d^Angletenre, savoir écartelé au i. et 4* d'azur à deux fleurs de lys (tor^au 2. et 3. de gueules à vn léo^ patd d*drj tant pour récompense de ses mérites que pour ce qu'il descendait de la sœur du roi Edouard lY . Je passe les armes de la maison de Goulaines, de gueules à 3 demi léopards ior^ party d'azur h la fleur de lys et une demie dor^ qui sont les armes d'Angleterre et de France à moitié, que Ton dit avoir été données par un roi d'Angleterre à Alfonse , seigneur de Goulaines, en considération de ce qu'ayant été employé par le duc de Bretagne, son maître, à pacifier les rois de France et d'Angleterre, il en vint à bout et y réussit par&itement. L'empereur Charles lY, roi de Bohême , donna le lion des armes de ce royaume à Barthole, jurisconsulte, comme il témoigne luimême en son Traité des armes. Sigismond, roi de Pologne , donna pour armes à Martin Cromer, son historiographe et son ambassadeur vers l'Empereur, un écu de gueules à vn aigle esployé naissant d'argent, ayant au col une couronne de laurier j auquel l'empereur Ferdinand ajouta un chef de l'aigle de
(376) l'Ën^irej <x qu'il raconte aussi en la Descriptbn de la Pologne. Gusuve Adolphe, roi de Suède, donna à Hrâri - Saint - Geoi^e Kichemond, roi d'armes, qui avaii porté Tordre de la Jarretière au même roi , trois couronnes d'or, qui sont les armes de Suède, pour joindro avec les siennes : Selden, en ses Titres d'honneur, en a rapporte les patentes.
Les ducs et les petits princes souverains ont usé pareillement de ces concessions. Jean, duc de Lorraine et de Calabre , donna les armes de Lorraine à Vii^ilio MalvezKO, comte de Castelguelfo, qui l'avait logé et reçu en sa maison au voy^e que ce prin'ce fit en Italie. Le duc de Boui^ogne permit à N.... Paterin, sou chancelier, de porter pour cimier de ses armes un écu armoyé des armes de Boulogne , avec cette devise : Le duc me ta donné. Louis, duc de Bavière et empereur, passant en Italie l'an i337, permit à Castruccio, duc de Lucques, de porter les armes de Bavière; et l'amtëe suivante, étant à Francfort, il donna à Jacques et à Fancio de Prata, comtes de Ltmiciane en Italie, la couronne des armes du duché de Bavière, pour la joindre au lion de leurs armes : Freher en a raj^iorté les lettres. L'empereur Kobert, prince palatin du Rbin, voulut que lacomuuo Auendola, duquel la famille des Sforza en Italie est issue , ajoutât le lion du Palatinat à ses armes, qui étaient une grenade.
gno et de Nani, des plus illustres d'entre celles qui ont rang parmi les nobles de cette république , lesquelles portent en Fécu de leurs armes le lion de Saint- Marc , qu'elles ont obt€nu pour récompense de services. Les chevaliers de Saint-Marc , en la même réptd>lique, ont le privilège de porter au cimier de leurs armes un muffle de lion. La république de Grènes permit à Guillelmi Cibo (d'autres disent à Arano Cibo), vice-roi de l^aples, de porter au chef de ses armes la croix de gueules en champ d'argent. Ceux de Padoue donnèrent à Richard , comte de Sanbonifacio , le privilège de porter les armes de cette ville y conjointement avec celles de sa famille , pour les services qu'il leur rendit en la charge de podestat. Ceux de Sienne firent le même à l'endroit de Biaise dç Montluc, depuis maréchal de France, pour avoir soutenu vaillanunent le siège que l'empereur Charles V mit devant leur ville. Enfin, les papes ont fait porter à quelques cardinaux de leurs créatures un chef de leurs armes, comme fit Pie lY, de la maison de Médicis, aux cardinaux Sorbellon ( Serbelloni ) , Bonromeo (Borromée), Altaemps et Jesualdo (Gesualdo); le pape Jules III , du surnom de Monte j aux cardinaux de la Corne (Corgne) et Simoncello (Simonelli); le pape Pie V, aux cardinaux Mafeo (Maffeo), Santorio, de Cesi, Gallio, Bonello (Bonelli); le pape Grégoire XIII, du surnom de Boncompagnoj aux cardinaux de la Baulme, Yastauillano (Guastavillani), de Berague (Birague) et Riario. Quant à ce que Paradin et ceux qui l'ont suivi ont écrit, que
Tordre de Saint-Jean-de-Jérusalem pria Amëdëe lY, comte de Savoie, de prendre les armes de la religion , en mémoire des grands services qu'il lui avait rendus au siège de Rhodes, cela est controversé ; car A. Duchesne tient que cette croix que les ducs de Savoie portent est Técu des armes de la principauté de Piémont.