‹ Collection des meilleurs dissertations: notices et traités particuliers (volume 2)Chapitre 32 sur 35 · Valois. 16. Provence · texte numérisé non relu

Valois. 16. Provence

Quelquefois il y a des rois d'armes et des hérauts qui prennent leur titre du nom des ordres de milice et de chevalerie dont ils sont rois d'armes, comme Louis XI baptisa Mont- Saint- Michel celui de son ordre (lequel pourtant éiait incorporé avec l'office de Mont-Joye-Saint-Denis, qui exerçait tous les d^ux, comme je l'ai justifié par de bons titres irréprochables.) Celui de l'ordre des rois d'Angleterre est nommé Jarretière; celui des ducs d'Orléans , Porc - Epie; celui d'Anjou, Croissant; celui de Bretagne, Hermine; et celui de Bourgogne, Toison -d* Or. Nous avons aussi en France un roi ou héraut d'armes dont l'office n'a été établi que depuis le règne de Henri III, qui , instituant l'ordre du Saint-Esprit , créa un office d'héraut à ses deux ordres, et le détacha à celui de Mont-Jove.

En Angleterre, il y a trois rois d^armes, à savoir: Jarretière j à cause de Tordre, comme nous avons dit, et puis Clarence et Norrojr; le premier desquels a pour son département les provinces qui sont à l'Occident et au Midi, au-delà de la rivière de Trente, et Norroy a le reste. Ils envoient en ces provinces-là, selon le dû de leurs charges , les six hëraut^ sliivafis: Sommersetj Chesterj Windsorj Richemontj Lancastre et Yorck; et ceux-ci ont leurs quatre poursuivans d'armes, surnommés Rouge-Dragon^ Porte- Coulisse j BleU'Manteau et Rouge-Croix.

En France, nous n'avons plus de poursuivans d'armes qui jouissent d'aucuns appointemens ; ceux qui y étaient jadis étaient baptisés de noms plaisans et de bon encontre , comme ceux-ci : Plein * Chemin , Joli*Cœur, Bon -Temps, Haut-le-Pied, La-Yerdure, Gaillard- Bois ^ Claire -Voie, Voir -Disant, Loyauté, Gaillardet , Beau - Semblant , Bonne - Aventure et antres.

Le roi d'armes d'Ecosse se nomme Lion^ à cause des armes d'Ecosse, qui sont d'or au lion de gueules enclos dedans un double trescfaeur ffeurdelisé de même : il a sous soi quatre hérauts d^armes appelés Albunhj RothsajTj Bukan et Lenox.

Et quant aux rois d'armes de l'empereur, des rois, des princes et des ducs^ souverains qui sont eix Allemagne, il y a une notable différence. Celui de FEtnpereur^ nommé Areheroy^ porte la couronne et les habïts impériaux (ce qui se pratiquait dès le temps des empereurs romains, dont les hérauts étaient re-

vêtus de cottes d'armes de pourpre et d'ëcarlate rouge frangée d*or, à Taigle de même, avec le nom de rempereur rëgnant). Lorsque l'empereur Charles - Quint fut couronné à Bologn.e-la-Grâce (la grasse) par le pape Clément Y II , dans la magnifique pompe qui s'y fit , son jMrindpal roi d'armes fut celui qui porte le titre de Toison-d'Or, lequel fit largesse de médailles d'or et d'argent où l'eifigie de l'Empereur était représentée d'uu côté j et son couronnement au revers ; lesquelles médailles il prenait dans des sacs qui étaient attaches à l'arçon de la selle de son cheval ^ les jetant à poignées au peuple qui était venu de toutes parts pour voir cette admirable magnificence. Pourtant il est croyable que Toison-d'Or ne fut préféré à l'Archeroy de VEmpire et aux autreis rois d'armes qui y assistereipLt y que pource qu'il était roi d'armes de Tordre de la Toison -d'Or, dout ledit Empereur était souverain et ^and- maître I en qualité de duc de Bourgogne et de conHe de Flandres , comme en la même qualité l'oût élfé si^s successeurs! au royaume d'Espagne.

L6^ i?ois d^anoes; des. royaomes de Hongrie et de Bohême 9 apparteonht à l'empereur^ comme auasi ceux è» Daacwarcky de Norwége^ de Suède, de Pokgi^, et d'ailleurs y portent tous le titre semblable au nom du ir oyaume d'où ils sout , et sont ornés de l'écu-d'avmes de leurs rois, enrichi, de leur courcmne royale; le UHiit en broderie d'or et de soie sur le devant et le d^nrièse de leurs cottes d'armes^ et pour sceptre uu bâton, d'or à la main dextre. Les hérauts des archiducs j des ducs ou: autres princes souverains dépen-

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daiit de TEmpire , portent un cercle ou chapeau archiducal , ou uQe couronne ducale , avec un manteau fendu aux deux côtes, brode des armes de leurs seigneurs , et pour sceptre un caducée ou bftto^ d'argent seulement.

En France, les princes, les ducs, les marquis, les comtes, les hauts barons et les bannereis, les premiers desquels soûlaient avoir des hërauts , et les autres des poursuivans d'armes, ni les uns ni les autres n'en ont plus^ tous ceux qui sont restés dépendant immédiatement du Roi, sous la charge du grand écuyer. Que s'il arrivait que lesdits princes , ducs et autres grands seigneurs, ou même les maréchaux de France ou généraux d'armée en eussent besoin pour leur servir en quelques cérémonies importantes, comme en leurs mariages, baptêmes de leurs enfans, entrées en leurs gouvernemens , pompes funèbres, offrandes et funérailles; soit aussi potir les envoyer dans les provinces ou armées étrangères porter des cartels et défis, annoncer et publier les tournois, joutes , combats à la barrière , pas et emprises qu'ils désireraient de faire, « à plaisance bu à outrance, à fer <c émolu ou à lance mornée , » c'est-à-dire tout de bon ou par divertissement : alors le Boi leur donne permission et pouvoir de se servir des siens , et de les envoyer partout où il leur plaît.

Et quant à la cérémonie qui s'observait anciennement lorsqu'on baptisait les hérauts et les poursuivans d'armes, elle était telle : Aux fêtes solemnelles, les rois ou princes souverains, étant accompagnés des

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plus grands seigneurs de leur cour, se faisaient présenter après souper, par leur roi dWmes, le héraut ou poursuivant qu'il fallait nommer, lequel était vêtu de fine sarge blanche ; et en présence de toute leur cour, après que ledit officier d'armes avait prêté le serment en tel cas requis et accoutumé , prenaient une coupe d'or pleine de vin , et la versaient sur la tête du héraut ou poursuivant, et lui donnaient à haute voix le nom qui leur plaisait , le revétissaient de sa cotte d'armes, et lui mettaient au cou leurs armes émaillées pendantes à une chaîne d'or, (c luy assignoient (( bonne rente , ou quelque bonne bourgade pour son « entretien et nourriture. »

Et lorsque nos rois recevaient un roi d'armes, advenant vacation de cet office , premièrement tous les hérauts et autres officiers d'armes s'assemblaient en chapitre, dans l'église de Saint- Antoine de Paris, et élisaient le plus sage et le plus expert d'entre eux particulièrement au fait des armoiries, et puis le présentaient au Roi , et le suppliaient très - humbleâient de l'agréer ; ce qui leur étant accordé par Sa Majesté, il se rendait un jour de fête à l'église avec son connétable et ses maréchaux , où l'élu à roi d'armes se mettait à genoux devant le Roi ; et après avoir prêté le serment accoutumé , qui portait entre autres d'exaucer de tout son pouvoir les armes de la noblesse (comme l'on verra plus amplement sur la fin de ce livre , où nous avons insét^ tout au long le formulaire du serment qu'il faisait anciennement) ; ap*ès, dis-je , qu'il était revêtu, de la pro|H*e main du Roi, de 1»

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