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cotte blasonnëe de ses armes et du collier ou camail soutenant son ëmàil , le connëtable ou les maréchaux lui mettaient une couronne d*or sur la tête et un sceptre à la main ; après quoi le Roi le baptisait du nom de Mont-Joye'Saintr'Denis; et tout à l'instant, les autres officiers d'armes le proclamaient à haute voix, et lui rendaient de grands honneurs.
Que si les curieux désirent de savoir l'origine et la première institution des poursuivans d'armes, il est difficile de les en éclaircir bien positivement^ sinon qu'on peut dire qu'il est vraisemblable qu'ils sont aussi anciens que les hérauts, l'un dépendant de l'autre, particulièrement au temps de nos pères, où il était impossible d'être héraut d'armes qu'on n'eût été poursuivant sept années entières , et que , par étude et expérience, l'on ne se fût rendu capable de cette charge; de même qu'on ne saurait avoir des degrés de docteur sans avoir été écolier plusieurs années. Premièrement, ils devaient donner des témoignages certains comme ils avaient voyagé dans les provinces et dans les royaumes étrangers (puis qu'il est certain que, pour faire un honnête homme, il n'y a point de meilleure école que le monde , qui est un livre toujours ouvert, où toutes choses s'apprennent par imitation et par expérience). Outre cela, ils devaient aller dans la coiu* des princes et des grands seigneurs , pour s'enquérir de l'ancienneté des familles nobles et illustres , dresser leurs généalogies et preuves de noblesse, savoir l'origine de leurs armes et la raison mystérieuse de leurs blasons, et les enregistrer dans
leurs mémoires; faire les narrations et descriptions des sièges des places fort es, des combats, des batailles, des rencontres, des stratagèmes, des tournois, des mariages, des pompes funèbres, des entrées de villes, et des autres choses mémorables où ils s'étaient rencontrés ; et même il fallait qu'ils sussent parler pertinemment de la situation et du climat des pays , des mœurs , des coutumes, des lois et des inclinations des peuples et de leurs princes : mais surtout il était nécessaire qu'ils fussent doctes et entendus au fait des blasons , en la nature et au sens mystique des métaux et des couleurs ; qu'ils sussent les significations , les symboles et les allégories qui s'en peuvent tirer, ensemble de toutes les pièces qui peuvent être employées à la construction de l'armoirie , afin de dignement exercer leur charge lorsqu'ils seraient reçus hérauts, étant obligés de suivre et accompagner le roi d'armes et les hérauts partout où il était nécessaire , et les servir à faire les criées et publications selon qu'il leur était commandé.
Au temps du roi Charles Y*, nous lisons dans sa Vie qu'à la sortie de l'armée royale qu'il envoyait en Prusse (dont le voyage est cru fabuleux par la plupart des historiens), les poursuivans d'armes marchaient en tête après les hérauts des provinces de France (que l'histoire nomme rois d'armes), et puis en queue de tous Mont-Joye-Saint-Denis, rois d'armes de France.
Les rois et les hérauts d'armes étaient aussi souvent envoyés dans les provinces pour y faire leurs vi-
sites et chevauchées, et y renouveler leurs registres, augmenter leurs mëmoires, et empêcher les abus qui se pouvaient glisser en Tusurpation des blasons , des couronnes, des casques , des timbres et des supports. Et encore aujourd'hui leurs institutions aux ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit portent qu^ils feront un livre dans lequel les armoiries des chevaliers seront peintes avec leurs cimiers et leurs supports, pour raison de quoi la taxe d'un marc d'argent leur est faite ; ce qui est cause que leurs charges ne pouvaient être tenues que par des nobles qui avaient fait des preuves de noblesse devant le grand-écuyer de France , qui leur en donnait les provisions : comme en effet il y aurait de l'incompatibilité que des gentilshommes reconnussent un roturier pour juge de leiu* noblesse et de tous les différends qui pourraient survenir entre eux pour l'ancienneté et pour les prééminences de leurs races, dont les rois et les hérauts doivent être les arbitres naturels : ce qui obligea le roi Philippe- Dieudonné de les honorer du titre de cheifaliersj et Philippe de Yalois , qui a été un des plus magnifiques et des plus splendides de tous nos rois, de leur concéder de grands privilèges , comme nous avons dit cidevant; de la plupart desquels ils sont déchus aujourd'hui , pom' s'en être rendus indignes par leur ignorance et par leur lâcheté , qui les a rendus méprisables et obligé les rois à en faire peu de cas, et à leur restreindre leurs pensions et leurs appointemens. Et pour ce qui concerne les blasons , qui étaient leur plus bel emploi , le feu roi Louis XIII créa un oflSce nou-
veau de juge général des annes de France , dont il honora premièrement le sieur de Saint - Moris , gentilhonmie maçonnais , de la maison de Chevrières , après la mort duquel le même roi donna cette charge au sieur d^Hozier, gentilhomme ordinaire de sa maison , et généalogiste de Sa Majesté , tous deux trèssavans en Fart héraldique. Ce n'est pas pourtant que cela exclue les rois et les hérauts de composer des armes aux nouveaux annoblis , lorsquUls seront capables de ce faire ^ puisque cela est absolument nécessaire y et qu'un nouveau annobli ne peut faire preuve légitime de nom et d Wmes , s'il n'a le certificat du roi d'armes ou de quelque héraut.
£t conune ce sont charges anciennes et honorables, et dont il est impossible de se pouvoir passer, leur of^ fice étant nécessaire en quantité de cérémonies et de rencontres, il serait à souhaiter qu'on n'y pourvut que de personnes capables de les bien exercer; et pour cet effet, ils devraient être examinés sur tous les points où ils peuvent être employés, et ce en prince du grand -écuyer de France, qui a le pouvoir de les établir et démettre quâu)d il lui plaît, n'y ayant à présent, parmi tous les officiels d'armes, que le sieur le Breton, roi d'armes, et deux ou trois hérauts, qui soient capables de s'acquitter dignement de leurs charges , ledit roi d'armes s'étant acquis , par une longue expérience et une recherche diligente, tout ce qui est nécessaire pour posséder dignement une telle charge , ayant dressé de grands mémoires et formulaires des plus belles cérémonies où lui et ses prédé-
Cesseurs aient ëté employés , la plupart des hérauts étant personnes incapables et ignorant les principales choses qui les pourraient rendre considérables; ce qui est en partie cause que tant d*abus se sont glissés depuis peu de temps en l'usurpation des armes et des quaUtés : car personne ne les appréhendant dans les pi*ovinces , où de temps en temps ils devraient faire leurs visites et recherches pour régler toutes choses, chacun y fait à sa fantaisie , et tout va en désordre et confusion ; en sorte qu*on ne peut plus distinguer les anciens nobles d'avec les nouveaux, ni même les roturiers d'avec les vrais gentilshonmies. Que si le Roi désire d'apporter les remèdes convenables à ce mal , corriger les abus et renouveler les règlemens, comme il y sera contraint, il y a quantité de personnes en France , doctes et entendues en ces matières , qu'on y pourrait commettre, puisque l'incapacité et l'ignorance de la plupart des hérauts les exclut de cet honorable emploi.
Tout ce que nous avons dit ci -devant étant assez suflSisant pour donner à connaître l'ancienneté, l'importance et la beauté des charges des rois, des hérauts et des poursuivans d'armes, nous continuerons ce Traité en montrant aux curieux comme ils sont vêtus lorsqu'ils sont employés en diverses cérémonies , et dirons quelque chose de leurs droits et émolumens en telles rencontres , et de leurs plus particuliers privilèges.
Les cottes des hérauts d'armes de France sont de velours violet cramoisi , ornées devant et derrière de
trois grandes fleurs de lis en broderie d*or, et sur les manches le même nombre , mais plus petites , avec le nom de la province de laquelle ils portent le titre « écrit en grosses lettres de broderie d'or, les extrémités desdites cottes bordées d'un galon d'or et d'une frange de même; les cordons qui servent à fermer le collet sont aussi d'or et de soie cramoisie violette , avec les grosses houpes de même.
La cotte du roi d'armes est différente des autres , en ce que l'es trois grandes fleurs de lis devant et derrière sont surmontées et couvertes d^une couronne royale de fleur de lis fermée à l'impériale, et en ce qu*elle est enrichie tout autour, outre le galon et la frange d'or, d'une belle broderie de même, de la hauteur de trois travers de doigt ; et au lieu du: nom des provinces qui est écrit sur les manches de celles des hérauts, sur celles des rois d'armes le nom et titre de Mont-Joye-Saint-Denis est écrit en broderie d'or sur le bout de la manche droite , entre la frange et la broderie, et Roi (tannes de France sur la gauche. Le pourpoint et les chausses aussi, que le roi d'armes porte sous sa cotte , sont de velours violet chamarré de grands passemens ou broderie d'or, avec les brodequins de même, pour les cérémonies de la paix, et les bottes pour celles de là guerre, et une toque de velours noir sur la tête, enrichie d'im cordon d'or semé de deux rangs de perles et de plumes aigrettes , ou touffes de héron , s'ils le désirent.
Pour ce qui est des bâtons des officiers d'armes,
Mont -Joye- Saint -Denis tient en sa main droite un
sceptre couvert de velours violet semé de fleurs de lis d^OT en broderie, omé au bout d^une fleur de lis d*(^ massif couronnée d'une couronne royale de même ; et lorsqull assiste aux pompes funèbres des rois ou des princes , il est vêtu dessous sa cotte d'armes d'un habit noir et d'une longue robe dont la cpieue est d'une aune de long , portée par un de ses gens vêtu de deuil , avec une toque de velours ras garnie d'un grand crêpe.
Anciennement, le roi d'armes portait un émail de cristal rehaussé d'or garni et bordé de fines pierreries, et enrichi d'orfèvrerie, pendu sur sa poitrine, au milieu duquel étaient peintes les armes du roi. Quelques auteurs appellent cet émail un camahieu; et le roman du Champion des Dames dit que le rœ d'armes portait un camail, qui était un collier ou chaîne d'or faite à petiles mailles enlacées l'une dans l'autre. A présent, le roi d'armes et les hérauts portent un cordon large de quatre doigts , tissu d'or et de soie violette, auquel pend une grande médaille d'or où est figurée l'ejBSgie du Roi, celle du roi d'armes attachée à trois petits chaînons d'or, et celle des hérauts pendant simplement à leurs cordons ; ce qui a été de tout temps appelé VOrdre des Hérauts j et lequel ils sont obligés d'avoir autour d'eux , particulièrement lorsqu'ils sont envoyés de la part du Roi ou de ses lieutenans- généraux dans les armées, pour porter des paroles de paix ou de guerre à quelque prince, soit étranger ou autre.
Le bâton des hérauts est appelé caducée^ parce
qu'il n'a aucune fleur de lis ni couronne au bout : il est couvert de velours vidiez, et semë de fleurs de lis d'(H* en broderie, comme celui du roi d'armes. Lorsque les hérauts assistent aux funérailles des rois et des princes, l'habit de deuil qu'ils ont au-dessous de leurs cottes d'armes va bien jusqu'à terre, mais il n^est pas à longue queue comme celui du roi d'armes.
Etant à noter qu'en toutes cérémonies, tant joyeuses que lugubres, le roi d'armes et les hérauts qui y sont employés sont vêtus aux dépens des rois ou des princes qui en font les frais.
Le roi ou héraut d'armes des ordres du Roi porte, dans les cérémonies, ime cotte d'armes de velours violet semée de fleurs de lis et de flammes en broderie d'or ; et sur le devant et sur le derrière d'icelle, les armes du Roi environnées des deux colliers de ses ordres, de Saint -Michel et du Saint-Esprit, le tout en broderie d'or : il porte aussi un bâton couvert de velours violet semé de fleurs de lis d'or, et une toque de velours noir chargée de touSes et de plumes s'il veut ; et à l'entour de sa personne il porte en écharpe un cordon de soie noire , de la largeur de trois doigts, auquel pend la croix des deux ordres du Roi, ayant d'un côté sur le milieu une colombe d'or émaillée de blanc, et de l'autre un saint Michel foulant aux pieds le diaUe.
Anciennement, auparavant que les principales provinces qui à présent composent cette belle mcmarchie fussent réunies à la couronne , leurs hérauts étaient appelés rois d'armes , et portaient les principales ar-
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mes desdites provinces sur le devant, sur le derrière et sur les manches de leurs cottes d^armes, avec la couronne de leurs princes : ainsi, Dauphinë portait d'or au dauphin d'azur, et Bretagne portait d'hermines , et ainsi des autres ; mais à présent ils ne portent que les trois fleurs de lis sans couronne.
Les poursuivans d'armes avaient leurs cottes d'armes plus courtes, dont les manches n'étaient pas taillées en rond conmies celles des hérauts, mais longues , pointues et ouvertes comme des houpelandes : *ils étaient obligés de porter les mêmes armes que les hérauts dont ils étaient poursuivans , avec leur nom de plaisance dont ils étaient baptisés, comme Plein- Chemin j la Verdure j Gaillard-Bois et autres dont nous avons déjà parlé ci-dessus , n'ayant lesdits poursuivans aucuns bâtons en leiurs mains.
Voilà donc nos officiers d'armes équipés de leurs plus précieux habits, et des omemens et marques les plus essentielles de leurs charges. Il est maintenant à propos de décrire un peu plus particulièrement ce qui est de leur office et des droits qui leur ont été adjugés par nos rois en diverses rencontres ; ce qui servira à éclaircir encore davantage ce que nous avons dit ci-devant.
Premièrement, ils sont employés à aller dénoncer la guerre, à sommer les villes de se rendre, et à dresser un fidèle verbal de tout ce qu'ils ont fait et dit, et de tout ce qu'on leur a répondu. Le roi François I" envoya le héraut Guiemie à l'empereur Charles-Quint en la ville de Burgos, en Castille^ où il
faisait alors sa demeure ; là où ledit héraut se présenta devant Sa Majesté Impériale , comme il était en sa grande salle , accompagné du plus grand nombre de princes et de seigneurs qu'il put assembler, ayant sa cotte d'armes sur le bras gauche. Il fit une profonde révérence, et demanda premièrement assurance et sauf-conduit pour faire son message et déclarer librement ce qu'il avait charge de dire, et s'en retourner en toute sûreté : de quoi l'empereur l'ayant assuré, en foi et parole de prince , Guienne le défia de la part du Roi son maître , et lui dédaia la guerre tant par mer que par terre, et donna à l'Empereur le défi par écrit, contenant les raisons sur lesquelles il était fondé, signé Guienne, roi d'armes, et daté à Paris le 1 1 de novembre de l'année 1527. A quoi l'Empereur ayant répondu, Guienne prit sa cotte d'armes qu'il avait sur son bras gauche, et la vêtit j et, ayant fait la révérence, demanda à l'Empereur réponse par écrit, lequel la lui donna , et le congédia le 27 du mois de janvier. Peu de temps après , le même roi François envoya le roi d'armes Dauphiné porter un cartel de défi au même empereur, pour se battre en combat singulier avec lui; mais l'Empereur en éluda l'effet, conune nous avons dit ci-devant.
Et lorsquUls sont envoyés vers quelque sujet ou vassal du Roi, qui s'est rebellé, ils lui commandent, de la part du Roi leur souverain seigneur et le sien , de mettre les armes bas et de se remettre en son devoir, de lui rendre les clés et ouvrir les portes d'une telle ville , et de se venir jeter aux pieds de Sa Ma/-
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jestë pour implorer la grâce et le pardon de sa rébellion ; à faute de quoi ils le déclarent criminel de lèsemajesté divine et humaine au premier chef, le menacent de le dégrader honteusement de noblesse et de chevalerie, et de le déclarer roturier lui et toas ses descendans, et lui prolestent, au nom du Roi, que dès rheure même tous ses biens sont acquis et confisqués au profit de Sa Majesté ; que toutes ses maisons et ses châteaux seront démolis et rasés , ses bois abattus et ses terres semées de sel , et de plus qu'on ne cessera de lui faire la guerre à feu et à sang, jusqu'à ce qu'on se soit entièrement vengé de sa félonie et de sa rébellion ; à l'imitation du duc Philippe de Boui^ogne, qui fit dénoncer la guerre aux Liégeois par deux de ses hérauts, à feu et à sang, avec cette effroyable et menaçante cérémonie , que l'un portait une épée nue teinte dans du sang, et l'autre une torche ardente.
Mais comme nos hérauts sont obligés de dénoncer la guerre , aussi sont -ils employés à publier la paix, et à faire des défenses très -expresses à grands et à petits d'eu troubler la tranquillité en façon que ce puisse être, à peine d'être déclarés tr^utres et perturbateurs du repos public , infracteurs de la fol donnée, et criminels de lèse-majesté ; ensuite de quoi ils les mettent au ban du royaume, qui est le dernier remède, portant avec soi le fer et le feu. Anciennement, les hérauts qui annonçaient et publiaient la paix étaient couronnés de guirlandes d'olivier, et en portaient des rameaux en leurs mains, parce que cet arbre, à cause de la douceur de son fruit, est sym-
bole de paix et de réconciliation ; et la ville où telle publication se faisait leur devait un marc d'or, duquel privilège ils ne sont point déchus : d'autre part, ils signifiaient les pardons et les grâces que les princes accordaient à ceux qui , reconnaissant leurs fautes , se remettaient en leur devoir.
Et lorsque le Roi convoquait les Etats - Généraux de son royaume, pour y résoudre quelques affaires de très grande importance, soit pour la paix ou pour la guerre , soit pour soulager les peuples et corriger les abus qui se glissent dans les royaumes, et autres choses , les officiers d'armes en faisaient les publications et assistaient aux a^mblées, afin que tout s'y fît en bon ordre et que le silence y fût observé.
Aux sacres et couronnemens de nos rois, les officiers d'armes y sont des premiers employés; et nous lisons qu'au sacre du roi Philippe-le-Bel, Gautier de Troyes, son roi d'armes, fîit habillé des mêmes habits qu'il avait laissés pour prendre ceux de la solennité du sacre : aussi tous les vétemens royaux fourrés d'hermines qui couvraient la personne du Roi en son sacre , excepté la couronne d'or, le sceptre de même et la main de justice d'ivoire , appartenaient aux officiers d'armes ; de même en était-il des manteaux des reines en telles occasions, comme aussi le hans^ ou gobelet des rois et des reines, et l'aiguière et le bassin servant au festin de leur sacre et couronnement leur appartenaient. Ils y sont employés particulièrement à faire les largesses , comme ils le pratiquèrent à Reims au sacre et couronnement du feu roi Louis XIII,
monies y ils étaient aussi obligés de les accompagner au catastrophe et dernier devoir qu'on leur rend en leurs obsèques et funérailles; car sitôt que le Roi était mort , ils ordonnaient et prescrivaient la façon comme quoi la salle devait être tendue de drap noir, faisaient couvrir le lit où était le corps d'une couverture de velours noir, croisée de satin blanc ; étendaient audessus un poêle de même, semé de larmes en broderie d'argent, et faisaient poser aux deux <:ôtés deux oratoires ou deux petits prie-Dieu faits en forme d'aatels couverts de velours noir; et les fenêtres étant fermées , ils faisaient allumer une infinité de cierges et de chandelles de cire blanche, puis ordonnaient les place9 et les sièges pour les princes du sang, pour les ducs et pairs de Franœ, et pour les autres grands seigneurs et officiers de la couronne ; donnaient aussi leurs places aux aumôniers du roi , et aux autres ecclésiastiques et religieux qui veillaient et psalmodiaient à l'entour du corps du Roi. A présent, il y a d'autres officiers chez le Roi qui ont ce soin , et les officiers d'armes sont seiÉement obligés de se tenir jour et nuit assis au pied du lit de parade où le corps du Roi défimt ou son effigie de cire paraît, pour présenter aux princes, aux prélalft et aux autres grands seigneurs survenans, l'aspergés d'eau bénite, pour en jeter sur le lit mortuaire : et ensuite , au jour de la pompe funèbre , ils marchent en longs habits de deuil un peu devant le chef du convoi ; et étant arrivés à l'église où le Roi doit être enseveli , ils enferment dans son tombeau toutes les marques d'honneur, comme la couronne,
le sceptre ) la main de justice , les colliers des ordres, le casque, Vécu y la lance, l'ëpëe, les gantelets, les éperons, la cotte d'armes, les étendards, les enseignes et les bannières ; et après que le grand^maître de France a crié tout bas le Roy est mort! les rois d'armes crient tout haut, par trois fois, le Roy est moit! le Roy est mort! le Roy est mort/ priez Dieu pour son dme. Et ensuite, comme le grand -maître retire son bâton hors de la fosse , et dit assez bas vive le Roy! le roi d'armes reprend la même parole , et dit par trois fois, à haute voix, viue le Roy! viue le Roy ! viue le Royj nostre souuerain seigneur et bon maistre^ iV.^ auquel Dieu doint très • heureuse et très-longue vie!
Et quant à la création des nouveaux chevaliers, les rois et les hérauts d'armes y ont toujours assisté, soit que le Roi les fît en ten^ de paix ou à la tête de l'armée, sur le point de donner quelque bataille, ou après, selon qu'il était jugé plus à propos. Pourtant chaque bachelier était obligé , auparavant que de recevoir cet honneur, de faire ses preuves de nom et d'armes, et justifier, par bons actes, comme il était noble de quatre quartiers, tant paternels que maternels (ce qui s'observe encore à présent), le tout par l'entremise et par l'office des rois et des hérauts d'armes, qui vérifient le tout et en donnent leurs certificats : aussitôt ils sont obligés de rédiger par ordre de réception leurs noms, et faire peindre leurs armes et blasons, avec le collier de l'ordre auquel ils sont reçus, dans leurs livres armoriaux et cartulaires de