‹ Collection des meilleurs dissertations: notices et traités particuliersChapitre 7 sur 30 · DE PAR LE ROY · texte numérisé non relu

DE PAR LE ROY

« Très chers et bien amez, estant obligé avec un très sensible desplaisir à partir de nostre bonne ville de Paris cette nuit mesme, pour ne pas demeurer exposé aux pernicieux desseins d'aucuns officiers de nostre cour de parlement de Paris, lesquels, ayant intelligence avec les ennemis déclarez de cet Estât, après avoir attenté contre nostre authorité en diverses manières et abusé longuement de nostre bonté , se sont portez jusques à conspirer de se saisir de nostre propre personne , nous avons bien voulu* de l'advis de la Reyne régente , nostre très honorée dame et mère , vous donner part de nostre résolution, et vous ordonner, comme nous

huit heures, avec grand regret, ayant tousjours résisté à ce voyage, et tiré parole de monsieur son mary qu'il ne partirent point de Paris. Sitost qu'il fut jour on sceut par toute la ville que Ton avoit enlevé le Roy; tout le bourgeois en fut esmeu, et au mesme temps se saisit de la porte Saint-Honoré afin d'empescher que rien n'en sortist , si bien que pas un seigneur ne put sortir ; madame de Longueville demeura seule de toutes les princesses. »

!29S KXTR.UTS DES RKGISTRK&

faisons très expressément, de vous employer en tout ce qui dépendra de vous pour empescher qu'il n'arrive rien en nostredite ville qui puisse en altérer le repos ny préjudicier à nostre service, vous assurant que comme nous espérons que tous les bourgeois et babitans d'icelles continueront avec nous dans le debvoir de bons et fidels subjets» ainsy qu'ils ont faict jusqu'à présent, aussy ils recevront de nous toutes sortes de bons et favorables sentimens, nous réservant de vous faire sçavoir dans peu de jours les suittes de nostre résolution ; et cependant, nous confiant en vostre fidélité et affection à nostre service, nous ne ferons la présente plus longue ny plus expresse. Donné à Paris, le cinquiesme jour de janvier mil six cens quarante-neuf. Signé Louis , et plus bas : de Guénégaud. » Et sur la suscription : « A nos très chers et bien amez les prévost des marchands et eschevins de la bonne ville de Paris. »

Coppit de la lettre que monsieur le duc d'Orléans a escripte à la ville, le six iesme janvier 1649.

c Messieurs, la dépesche du Roy vous aura informez des motifs qu'avoit Sa Majesté pour sortir de Paris. Ces mesmes causes m'ont porté à luy en donner le conseil , recognoissant par les advis que l'on a eus qu'une plus longue demeure fust devenue plus préjudiciable à la seureté de sa personne. Vous avez donné dans les occasions passées des preuves siparliculières de vostre fidélité au service du Boy, dont il est très satisfaict, que je ne doute pas que vous ne les continuiez et augmentiez s'il se peut à cette importante rencontre; c'est de quoy je suis bien persuadé, et dont j'ay fort assuré Leurs Majestez; soyez-

bii i.'hotel-oe-ïillb [1648]. 299

le aussi de mon affection, et que je seray toujours. Messieurs, vostre bien bon amy, Gaston. • Et au doi est escript : « A messieurs les prévost des marchands et eschevins de la ville de Paris. ■

compagnie, ayant leurs hocquetons, halbardes et autresarmes, pour recevoir les ordres qui vous seront par nous donnez; si n'y faictes faute. Faict au bureau de la ville, ce sixiesme jour de janvier 1649. » Pareil envoyé aux. autres capitaines.

c Monsieur le président Âubry, plaise vous trouver cejourd'huy neuf heures du matin en l'hostel de cette ville, pour délibérer sur ce qui y sera proposé; vous priant n'y vouloir faillir. Faict au bureau de la ville , ce sixiesme janvier 1649. Les prévost des marchands et eschcvins de la ville de Paris, tous vostres. » Pareil envoyé à tous messieurs les conseillers de ville.

Pendant l'expédition desdits mandemens , messieurs les prévost des marchands et eschevins ayant envoyé diverses personnes tant dans les marchez et places publiques que vers le Palais-Cardinal , l'on leur seroit venu dire qu'il y avoit grand rumeur aux halles et que le pain s'y enlevoit avec violence. Seroit aussy venu le sieur Bonneau, procureur du Roy au Châtelet et l'un des conseillers de ladite ville, se plaindre des violences dont la populace avoit usé dans la rue Sainct - Honoré , ayant en sa part, et sans respect quelconque, arrestè et pillé un chariot chargé d'argent que monsieur Bonneau son père faict conduire par ordre du Roy à Sainct - Germain , priant lesdits sieurs de la ville d'y vouloir envoyer et de faire prendre les armes aux bons bourgeois afin d'arrester cette canaille qui faisoit mille autres insolences.

DE l'hOTLI.-DB-VJLLE |16ft8].

En l'assemblée de messieurs tes prévoit des marchands et eschevtns et conseillers de la ville de Parts ,

302 EXTRAITS DIS HLGJSTRttS

propos de faire en ce rencontre ; qu'il falloit au premier lieu pourveoir à la seureté des portes et gardes d'y celle ; qu'il falloit veoir comme il en avoit esté usé cy- devant, à ce que chaque colonelle reprist son poste, jusques à ce que Ton eust veu ce que les affaires présentes deviendraient.

Et après avoir faict lecture tant des lettres de cachet escriptes audict gouverneur qu'à la ville, ensemble des autres registres de la ville touchant la garde de ses portes, et comme les choses s'estoient passées au dernier temps, l'on demeura enfin d'accord, et fut arresté et conclud :

Que les portes de Bussy , Dauphine et Ncsle , seroient gardées par les colonelles de messieurs d'Estampes et Miron ;

Les portes de Saint-Germain et de Saint-Michel par la colonelle (Je monsieur de Chastignon-Ville ;

Les portes Saint-Jacques et Saint Marcel , par les colonelles de messieurs des Rochez et Sainct-Barthélemy;

Les portes Saint-Victor et de Saint-Bernard , par la colonelle de monsieur de Thélus;

Les portes Saint-Anthoine , par les colonelles de messieurs de Guénégaud et Scarron, sieur de Varre ;

Les portes du Temple et de Saint-Martin , par la colonelle de monsieur Favier seulle;

La porte Saint-Denis par les colonelles de messieurs de Lamoignon et de Rouville;

La porte de Montmartre , par la colonelle de messieurs le président le Feron , à présent premier prévost des marchands , et celle de monsieur de Bullion , sieur de Rouville ;

Les portes Saint-Honoré et de Richelieu, par lesco-

de l'hotkl-de-ville [1648]. 3(M

lonelles de messieurs les présidens de Maisons et Tubeuf;

La porte de la Conférance et le pont des Thuileries , par la colonelle de monsieur de Mont-Âurez , seulle.

Ledict jour fut aussy résolu de députer en cour pour supplier le Roy et la Reyne d'avoir pitié de la bonne ville de Paris, et assurer Leurs M a j estez de l'affection qu'ont les habitans d'ycelle à leur service, de ne souffrir poinct la perte et ruine d'un peuple qui leur estoit si affectionné , leur laissant la liberté des passages des vivres , et les supplier de retourner en la capitalle du royaume, où Leurs Majestez estoient tant soubaittées et désirées. Messieurs Fournier et Hiljot, eschevins, avec deux conseillers de ville, furent députez d'aller rendre et complimenter, et de se disposer à partir le lendemain matin ; ce qu'ils promirent de faire.

Duvcndredy huitiesme jour de janvier mil six cens quaranteneuf.

L'on arresta que les portes du Temple et de Riche lieu, avec celle de la Conférance, seroient murées, et à cette fin enjoinct au maître des œuvres de la ville d'y faire travailler jour et nuit.

Il fut aussy ordonné audict maistre des œuvres de se transporter par toutes les portes de la ville et au pourtour des murailles d'ycelle, et de faire incessamment travailler à fermer ce qui estoit ouvert, et de pourvoir à ce que les gens de pied et de cheval n'y pussent passer.

Il fut pareillement envoyé mandement à messieurs

30ft EXTRAITS DES REGISTRES

les colonels pour laisser passer les cachets et messages ordinaires, après avoir veu et visité les hardes et pac~ quets qu'ils emportoient, mesme de laisser sortir des chariots vuides qui alloient chercher des provisions, avec ordre de laisser entrer toutes celles qui se présenteroient ausdites portes, sans y faire difficulté.

Et d'aultant qu'on appréhendoit la nécessité des vivres , il fut dressé l'ordonnance qui ensuit :

« Il est enjoinct à tous marchands de grains, et aux bourgeois et habitans de cette ville qui ont des graines et greniers sur la rivière, aux villages et environs de Paris, de les faire incessamment amener et arriver en cette ville pour la provision d'icelle ; à quoy toutes les personnes donneront main-forte , et confort et ayde , avec deffences à tous capitaines et gardes des portes de leur donner aucuns empeschemens , à peine de la vie ; ce qui sera publié et affiché en la manière accoustumée , à ce qu'aucun n'en ignore. »

Du samedy neufiesme jour de janvier mil six cent quarante-neuf.

Il est arrivé deux boulangers de Gonesse (1) dire et advertir qu'ils avoient amené quatre cens charrettes

(1) Le bourg de Gonesse, patrie de Philippe-Auguste , qu'on surnommait Philippe de Gonesse , se recommandait alors aux Parisiens à un autre titre. C'est de ce petit village que venait, deux fois la semaine, le meilleur pain qui se mangeât dans la capitale. Au reste, la célébrité des boulangers de Gonesse paraît remonter à une hante antiquité. Parmi les principaux privilèges dont, en 1166, Louis-le-

de l'hotkl-dr-villk [1048]. 305

chargées , tant de blés, farines, que pain, jusques à la Villette; qu'ils ont trouvé environ soixante mousquetaires couchez sur le ventre , qui les ont arrestez tout court , les voullant obliger à retourner, ce qu'ils seroient contraints de faire s'ils n'avoient promptement du secours, leur estant doresnavant impossible de secourir Paris sans escorte ; & quoy il leur a esté promis de donner ordre.

Les babitans des carrières de Gbarenton sont venus à la ville demander permission de mettre deffenses pour empescher la garnison que l'on lejur vouloit donner.

Maistre Nicolas Philippes, quartinier, est venu donner advis à messieurs les prévost des marchands et eschevins qu'il devoit arriver cette nuit des cavalliers aux Carrières de Gharenton , lesquels pourroient bien mettre le feu au bois flotté qui est hors la ville ; qu'il seroit à propos d'y envoyer une bonne et forte garnison pour l'empescher, la chose estant de grande conséquence.

L'on s'est ensuitte entretenu de l'expédition des commissions pour la levée des gens de guerre, dont il a esté à l'instant dressé une en cette forme :

« Les prévost des marchands et eschevins de la ville

Jeune voulut gratifier les religieux de Tordre de Grandmont, il faut compter celui de pouvoir prendre chaque année, dans la grange royale de Gonesse, six muids et demi de froment : Dedîmus etiam et concessimus, dit la charte , in perpétuant eleemosynam, supra* dictis bonis hominibus, sex modios et dimidium frumenti reci plenos annuatim, in grangia nostra Gonessa. Gonesse est à quatre lieues de Paris, vers le nord , en allant du côté de Sentis. II* SÉRIE, t. vu. 20

de Paris, au sieur marquis de la Boullaye, gouverneur pour le Roy de la ville, chasteau et citadelle de Fontenoyle-Conte, nous vous prions de lever incessamment, dans- cette ville et aux environs d'icelle , un régiment de mille chevaux pour le service du Roy et de la ville, vous permettant , à cette fin , de faire sonner la trompette et de leur fournir des chevaux et armes nécessaires, pour l'employer à tout ce qui leur sera ordonné, conformément à l'arrest de nos seigneurs de la cour de parlement du jour d'hier; vous donnant de ce faire commission et mandement spécial. Mandons à tous bourgeois et autres habîtans de ladicte ville à vous, ce faisant, obéir. »

Fut ensuite résolu d'envoyer mandement aux quartiniers d'aller ou envoyer leurs cinquantiniers ou dizainiers coucher aux portes de la ville, et de faire tendre les chaisnes et les mettre bas le jour.

Fut aussy ordonné aux bourgeois ayant portes cochères, et à ceux qui n'ont que des portes ordinaires, de fournir dès le lendemain des chevaux et hommes qui sont portez dans ladicte ordonnance , à peine d'amende*

Il fut pareillement enjoinct aux habitans des paroisses de Gharenton, de Conflans et les Carrières, de garder exactement l'arrest de Messieurs du parlement, portant deffenses de recevoir aucune garnison.

Puis a esté rapporté par monsieur de Brousselle qu'il y avoit un homme dans le fauxbourg Sainct-Germain , qui faisoit profession des armes , qui offroit de fournir -et mettre sur pied deux mille hommes de guerre dans trois jours, en lui payant la levée et l'assurance delà subsistance.

Il dict aussy que tous les habitans du fauxbourg

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Sainct-Germaindemandoient à se clore et fortifier dans ledict fauxbourg à leurs dépends, ce qui fut résolu de leur accorder.

Ce faict, monsieur Minardeau, conseiller en parlement, a assuré à la compagnie, qui s'estoit beaucoup accrue depuisle commencement de l'assemblée, qu'il sçavoit de bonne part que, si monsieur le duc d'Elbeuf (1) estoit prié de la part de la compagnie de prendre la conduicte et le commandement de l'armée qu'on estoit presi de mettre sur pied , qu'il l'accepteroit volontiers; ce qu'ayant esté agréablement receu, toute la compagnie députa monsieur Fournier, premier eschevin, avec ledict sieur Minardeau, pour aller faire cette prière audict sieur duc d'Elbeuf, qui partirent à l'heure mesme.

Arriva quasy aussytost le sieur de Poix, auquel l'on avoit donné commission de lever une compagnie de chevaux-légers , lequel vint assurer qu'elle estoit devant l'hostel de cette ville , en estât de servir; de sorte qu'on luy donna un mandement pour recevoir neuf mil livres, de monsieur Prévost, conseiller de la cour; et sur l'admis qu'on avoit eu qu'il avoit paru quelques coureurs des ennemis hors du fauxbourg Sainct-Anthoine, ledict sieur de Poix eut ordre d'y conduire sa compagnie et de tenir la campagne autant qu'il pourroit

Fut aussi délivré commission à monsieur le président deNovion et à monsieur d'Eslandes Payen pour se saisir du chasteau de la Bastille , ledict sieur Payen ayant au préalable assuré qu'il avoit arresté le nommé Alexandre, qui garde les poudres qui sont dans les tours du

(1) Charles de Lorraine , deuxième du nom , doc d'Elbeuf, né en 1596, mort en 1657.

Temple , lequel luy avoit promis qu'il n'en seroit disposé que par les ordres dudict sieur Payen ; de quoy monsieur Darbou, lieutenant, estoit demeuré garend.

Dans ce mesme temps il s'est eslevé un grand bruit dans la Grève, sur l'arrivée de monsieur le duc d'Elbeuf , ce qui a causé et faict que l'on a député six de la compagnie pour aller au-devant de luy ; et cependant il luy a esté préparé une chaire au-devant de messieurs les deux derniers esche vin s. Toute la compagnie s'estant levée lorsque ledict sieur duc d'Elbeuf est entré dans la salle , monsieur le prévost des marchands s'est advancé pour le recevoir et faire passer à ladicte chaire ; où ayant pris place , et chacun estant retourné en la sienne , ledict sieur prévost des marchands luy a faict compliment et dict que toute la ville avoit grande joye de le veoir parmy cette compagnie ; que cela luy feroit prendre cœur, estant conduit par les ordres d'un si digne chef.

A quoy ledict seigneur duc répliqua qu'il tenoit à l'honneur le choix que la ville avoit faict de sa personne ; qu'il a tousjours eu beaucoup d'affection de la servir ; ce qu'il témoigneront en ce rencontre , les assurant qu'il mettroit tout ce que Dieu luy avoit donné de vie et de biens pour la conservation du service du Roy et seureté de la ville.

En suicte de quoy monsieur Minardeau fit le récit à la compagnie du bon accueil que monsieur le duc d'Elbeuf leur avoit faict en son hostel, et comme il n'avoit poinct hésité à embrasser le party. Encore qu'il fust chez luy en grande compagnie , il avoit tout quitté pour les en venir assurer; aussi l'avoit-il assuré qu'on ne manqueroit poinct d'argent. Ainsi tout le reste de la soirée, qui estoit desjà fortadvancée, se passa en des tes-

DB l'hOXBL-DE-YILLH [lOflS]. 309

moigiiages d'affections réciproques, et prirent heures au lendemain pour aller au parlement.

De par les prévoit des marchands et eschevins de la ville de

Anthoine. La garnison du bois de Vincennes (1) s'estanl advancée a donné le coup de pistolet jusques à la garde dudict fauxbourg, qui cria au secours; dont Messieurs de la ville ayant esté advertis > ils résolurent le mandement qui ensuict :

« Il est ordonné à tous bourgeois de cette ville , de toute qualité et condition qu'ils. soient, de satisfaire incessamment à nostre ordre du jour d'hier, et en ce faisant fournir,

» Sçavoir : Ceux qui ont des portes cochères, un cheval au meilleur équipage que faire se pourra , et aux autres, qui n'ont que des portes ordinaires , un soldat ayant baudrier, une espée, un fuzil ou une arquebuse ; le tout pour le service du Roy et conservation de cette ville. Enjoignons ausdits quartiniers d'ycelle de recevoir lesdits chevaux et hommes en Testât que dessus, et de faire un roolle de ceux qui les auront fournis , et se transporter aux maisons de ceux qui auront manqué à ce faire, pour nous informer de la cause du reffut; le tout sur les peines portées par nostredicte

(1) Le prince de Condé s'était saisi du château de Vincennes, « où il mit une garnison de quatre cens hommes et deux cens chevaux, sous le commandement du sieur Drouet, capitaine au régiment des gardes, et licentia du chasteau les morte-payes des villages de Fontenoy-sur-le-Bois , de Noisy-le-Sec , de Bagnolet et de Montreuil ; lesquels villages furent tellement barricadez par leurs habitans, en nombre de plus de mille, de leurs communes, assemblez avec fuzils, mousquets , fléaux, hallebardes , longs pieux et battans à deux bouts, qu'aucune des garnisons de Saint-Dcnys e: du bois de Vincennes ne les ont peu forcer, et toutes les fois qu'ils s'en sont approchez, ils ont toujours laissé quelques-uns des leurs tuez ou blessez.»

(Le Courrier de Paris, 16A9.)

DE l/ltOTBL-DK-VILLE [1648]. 311

ordonnance ; ce qui sera dénoncé au public , affiché partout où il appartiendra, à ce qu'aucun n'en ignore.

» Il est ordonné et enjoinct à tous les bourgeois et habitans du ïauxbourg Sainct-Germain-des-Prez d'aller travailler et faire travailler incessamment et sans discontinuer aux lignes, tranchées et fortifications que le sieur Mallet a ordre de faire faire depuis le dernier des murs des Chartreux jusqpes à la rivière , au droict de la porte de la Conférence , pour la seureté de ladicte ville et fauxbourg.

» Il est ordonné au maistre des ornemens de la ville, en exécutant nos ordonnances précédentes, de faire murer et entièrement fermer les portes Sainct- Louis , le Temple, Richelieu, des Poissonnières, autrement dicte Saincte-Ànne, Sainct- Roch, la Conférance, Nesle, Sainct-Marcel et la Tournelle, ensemble toutes les bresches qui se trouveront dans les murs et remparts de ladicte ville » et mettre incessamment toutes sortes en besoigne, mesme cejourd'huy. »

« Sire Jacques Tartarin, quartinier^ faictes incessamment exécuter les ordres qui se viennent de donner pour faire murer et entièrement fermer les portes de Sainct-Louis, le Temple, Richelieu, de Sainct-Ànne , Sainct-Roch, la Conférance , Nesle , Sainct-Marcel et la Tournelle, ensemble toutes les bresches qui sont au pourtour des murailles et remparts de ladite ville , dont vous advertirez le colonel de vostre quartier, à ce qu'il y contribue et y donne main-forte; et faictes en sorte fermer toutes les advenues des lieux qui sont descouverts , tant en la ville que fauxbourgs , et partout où il sera jugé nécessaire. » Pareil envoyé aux autres quartiniers.

c II est ordonné à monsieur Tallement, colonel destiné à la garde de la porte de la Conférence, et à sire Jullien Gervais, quartinier, défaire incessamment rompre le pont de la deuxiesme porte de la Conférence, à peine de respondre en leyrs propres et privez noms des inconvéniens qui en pourraient arriver cette nuit.

9 II est ordonné à monsieur de Billenault, lieutenantcolonel de monsieur de Guénégaud , de mettre ce soir cinq cens hommes de guerre à la porte Sainct-Anthoine; ce qu'il ne différera, à peine d'en respondre en son propre et privé nom. »

Et d'aullant qu'on disoit tout haultement qu'il se devoit faire un grand effort cette nuit, et qu'il estoit constant que les ennemis avoient dessein de brusler les moulins et les fauxbourgs , il fut donné les ordres qui ensuivent :

« Il est ordonné aux colonels de cette ville de faire tenir toutes les compagnies de leurs colonnelles soubs les armes cette nuit , et aux quartiniers de faire incessamment tendre les chaisnes de leurs quartiers jusques demain matin qu'elles seront destendues , à peine d'en respondre en leurs propres et privez noms.

»I1 est enjoinct à Robert Joffrey de la Commune , et à Pierre Vaille, dit Chevalier, d'aller ce soir avec trente soldats joindre les compagnies de la ville qui gardent cette nuit la porte de la Conférence, pour y servir selon les ordres qui leur seront donnez par monsieur Tallemont, colonel, ou par celuy qui commandera en son absence.

» Estant nécessaire de dresser deux ponts de batteaux sur la rivière de Seyne pour le service du Roy et seuretè delà ville, l'un au-dessus de l'Arsenal et l'autre entre

nu l'hotel-diï-ville [1648]. M3

le pont des Tuilleries et la porte de la Conférence , les sieurs Levieux et Baudequin, conseillers de ladicte ville, sont commis à cet effet ; lesquels y feront travailler incessamment, pour faire en sorte que lesdicts ponts soient faicts dans ce soir. A quoy Pierre Mautier et Richard le Noble, maistresdes ponts, s'employeront à leur pourvoir. »

Le raesme jour, la cour de parlement rendit les deux arrests dont la teneur ensuict :

Extraict des registres de parlement.

t Ce jour, la cour, toutes les chambres assemblées, sur l'advis qu'en hayne de l'arrest de ladicte cour, rendu le huitiesme de ce mois et an, le cardinal Mazarin, pour exercer sa vengence contre ladicte cour et cette ville de Paris, fait advancer touttes les trouppes qui estoient sur la frontière , içe&mes celles qui estoient en garnison dans les places les plus importantes, et tous les canons des citadelles desdictes villes frontières , et expose par ce moyen touttes les villes aux ennemis et le royaume en proye , a ordonné et ordonne que ledict arrest sera exécuté; faict inhibition et deffenses à tous capitaines et soldats d'approcher à vingt lieues près de cette ville de Paris; enjoinct à ceux qui sont plus advancez de se retirer incessamment dans les garnisons des villes frontières, et, faute de ce, permet et enjoinct aux habitans des villes, bourgs et communes, de s'armer et leurs courir sus, à cette fin sonner le tocsin. Faict aussi dçffence à touttes personnes de les retirer et leur fournir aucuns vivres et munitions, et à tous capitaines et gouverneurs de laisser sortir aucu-

nés garnisons , canons ny munitions, à peine contretous les contrevenans de confiscation de corps et biens. Et sera le présent arrest publié et affiché par tous les carrefours de cette ville et fauxbourgs de Paris , et envoyé aux autres villes , bourgs et villages, pour y estre pareillement publié et affiché à la dilligence du procureur général, Faict en parlement , le dixiesme jour de janvier 1649* »

Extraict des registres de parlement.

« Ce jour, sur ce qui a esté proposé à la cour, toute* les chambres assemblées, qu'aucuns ennemis du repos public avoient publié cejourd'huy qu'il y avoit de la division entre le parlement et les officiers de la ville, et, soubs le prétexte de ces faulces suppositions r commençoient d'atroupper le peuple pour favoriser leurs mauvais desseins ; la matière mise en délibération, a esté arresté qu'il en sera informé à la dilligence du procureur général du Roy ; enjoinct au prévost des marchands et eschevins de continuer l'exercice et la fonction de leurs charges avec la mesme affection et fidélité qu'ils ont tesmoignées cy-devant, dont la cour est satisfaite; a mis et met leurs personnes , familles et biens, en la protection et sauve-garde de ladîcte cour; faict très expresses inhibitions et deffences à toutes personnes de leur meffaire ny mesdire, à peine de la vie* Faict en parlement , le dixiesme janvier 1649. »

Ce mesme jour, la cour de parlement, les chambres assemblées, receut le serment de monsieur le duc d'Elbeuf de la charge de général de l'armée qui se lève pour le service du Roy et de la ville.

de l'hothl-de-ville [1648]. 315

Monsieur le prince de Conty fut aussy au parlement luy donner assurance de la bonne affection qu'il avoit au service du Roy et de l'intention de seconder la cour en ses justes desseins pour l'extirpation de l'ennemy commun du royaume.

Du lundy unziesmejour de janvier i6&9.

Ledict jour, messieurs les prévost des marchands et eschevins estant assemblez en l'hostel de ladicte ville , huict heures du matin , pour adviser à ce qu'il y avoit à faire ,

Sont arrivez messieurs les présidens Aubry , Perrot , Barthélémy le vieux et Baudequin, conseillers de ladicte ville ;

Et peu de temps après monsieur le duc d'Elbeuf , qui a assuré la compagnie que messieurs les ducs de Bouillon (1) , le mareschal de Lamotte-Oudencourt (2) , le marquis de Noirmoustiers (3) et autres personnes de qualité et de grandes expériences au faict de guerre , s'estoient déclarez pour le party. Se sont aussy trouvez maistres Nicolas Voisin, Jean sire Jean Rous-

(1) Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, frère de Turenne, né en 1605 à Sedan, mort en 1652. Il a laissé des Mémoires imprimés avec ceux d'Agrippa d'Aubigné , à Amsterdam, in-12, 1731.

(2) Philippe de la Mothe-Oudancourt , duc de Cordoue , maréchal de France , né en 1605 , mort à Paris en 1657.

(3) Louis de la Trémouille , duc de Noirmoutiers , mort en 1666.

seau et sire Nicolas Poupl.es, quartiniers, en la présence desquels il fut résolu ce qui ensuict :

« Il est ordonné à tous carriers, plâtriers, et à tous autres qu'il appartiendra, de fournir incessamment les matériaux nécessaires pour les réparations et fortifications de la ville de Paris, lesquels leur seront payez comptant, et à tous massons et maneuvres, et autres ouvriers nécessaires, de travailler incessamment aux ouvrages qui leur seront ordonnez par les quartiniers de celte ville , en leur payant leurs peines et sallaires , à peine de punition , et à cette fin ordonner que tous autres atteliers cesseront dès à présent.

»I1 est ordonné aux quartiniers de faire incessamment la levée des hommes et chevaux, ainsy qu'il leur a esté enjoinct par nos mandemens précédens, et, en cas que l'on ne puisse fournir des chevaux , de recevoir cent cinquante livres pour cheval; et, à l'égard de ceux qui ne pourront fournir d'hommes, payeront pareille-

ment la somme de trente livres.

» On faict assçavoir à tous les officiers qui sont employez dans le party contraire, en cas qu'ils quittent leurs charges pour venir servir le Roy en cette armée, qu'ils y seront indemnisez du prix des charges qu'ils occupent, après les choses terminées, ou restablis en icelles; ce qui sera publié à son de trompe et affiché, à ce qu'aucun n'en ignore. »

Ce faict , monsieur le duc d'Elbeuf se seroit levé et dicta ces messieurs qu'il s'en alloit au parlement, où se dévoient trouver monsieur le prince de Conty et monsieur de Longueville ; et, après que ces messieurs luy auroient rendu les civilitez ordinaires, ils reprirent

de l'iiotel-de-villb [1648]. 317

leurs places pour donner audience à M. Talion , général , qui les entretint longtemps , sçavoir sur ce qui avoit esté ordonné que la porte Saint-Michel seroit fermée , ou du moings qu'il n'y debvoit avoir qu'un guichet ouvert, à laquelle l'on mettroit une escouade , ladicte porte estant exposée à l'advenue des Chartreux ;

Qu'il y avoit quatre jours que sa compaguie estoit soubs les armes et qu'il estoit impossible qu'elle pust subsister davantage ; que la pluspart des bourgeois se dispensoient d'aller à la garde en personnes, et n'y envoyoient que des personnes incognues , ausquelles l'on ne se pouvoit confier sans courre hazard; qu'il fauldroit adviser de mettre une des neuf compagnies de la colonelle de monsieur de Chastey-Nonville, qui sont dans la ville , en lieu commode pour y faire une place d'armes, pour faire patrouille toute la nuit dans l'estendue du quartier; que la ville estoit menacée d'incendie , à quoy il seroit à propos de pourvoir autant que faire se pourroit. Ayant esté remercié et assuré que la ville y pourvoiroit à son possible , il s'est retiré, et à l'instant fut résolu le mandement qui ensuit :

« Il est ordonné à tous chefs d'hostels et de familles, de se trouver à toutes les gardes ordinaires et extraordinaires qui se feront par l'ordre de la ville, en personnes, s'ils ne sont malades ou ayant autres incommodités qui les en puissent exempter , à peine chacun de cinquante livres d'amende par chacun défaillant, au payement de laquelle ils seront contraints sans départ ; enjoinct à toultes personnes de tenir un muid plein d'eau en sa maison pour s'en servir en cas d'incendie. »

En mesme temps est venu nouvelle que madame la

duchesse de Longueville et mademoiselle de Longue- Tille (1) estoient descendues de carosse et qu'elles venoient loger en l'Hostel-de- Ville , ce qui auroit donné sujet à messieurs les prévost des marchands et eschevins de se lever pour les aller recevoir; ce qu'ils ne purent sitost faire qu'ils trouvèrent lesdictes dames qui se promenoient dans la grande salle, qui leur dirent d'abord que, monsieur de Longueville n'ayant poinct de plus chers gaiges , il les envoyoit icy pour y respondre de sa fidélité, et qu'elles demandoient le couvert. A quoy ces messieurs repartirent qu'il y avoit peu de logement à l'Hostel-de-Ville pour des personnes de leur qualité , et que la ville n'estoit point en doute de l'affection et bienveillance que monsieur de Longueville avoit pour elle ; mais ayant dit qu'elles s'accomoderoient ainsi qu'il leur plairoit, et voyant que c'estoit tout de bon, lesdicts sieurs les conduisirent dans la vieille chambre du greffier (2) qui respond sur la rue du costé de Saint-Jean, où elles firent apporter les licts et quelques serges de Thostel de Longueville.

L'on est venu donner advis qu'il y avoit à Saint-Martin- des- Champ s, dans un lieu qu'on appeloit le Magagazin du Roy , trois cens pièces d'armes pour chevauz-

(1) Anne-Geneviève de Bourbon Condé, duchesse de Longueville, fille de Henri II de Bourbon-Gondé , née au château de Vincennes en 1619 , morte à Paris en 1679.

(2) Grâce à la présence de madame de Longueville , cette vieille salle du greffier devint bientôt comparable , pour les poètes du temps, à la tente d'Angélique ou d'Armide. La société la plus brillante et la plus aimable s'y donna rendez-vous. On y voyait les soldats tout cuirassés venir faire assaut de galanterie auprès des dames, ornées de l'écharpe bleue et admises aux délibérations les plus importantes de la politique.

pb l'hotel-dk-ville [1648]. 519

légers, cinq cens pour carabiniers, trois cens bouts de picques, et que lesdictes armes estoient au Roy; qu'il y avoit aussy dans lesdits prieurés quinze grands moulins et cent dix petits pour faire farine, et qu'il y avoit un marchand qui s'appelle Assemagne qui avoit trois cens mousquez et bandolières à sept livres dix sols pièce.

Sire François Sanson, quartinier , est venu dire qu'il y avoit un grand nombre de personnes qui voulloient entrer dans le prieuré Saint-Martin-des-Champs (1), qui croyoientque les greniers fussent remplis de bleds et de farines; que les relligieux demandoient secours et ayde pourempescher le pillage. SurquoymonsieurHeylot, eschevin, et deux <Je messieurs les conseillers de ville ont esté députez pour aller donner ordre; et comme le mesme bruit a esté porté au Pallais, la cour auroit député messieurs Quellin et Bitault , conseillers, à pareille fin, lesquels ont passé par rHostel-de-Ville audit lieu de Sain t-Martin-d es-Champ s.

Monsieur Lescot, eschevin, a représenté que ceux qui commandent à la porte Saint-Martin ont veu quelque quinze canailles qui rodoient vers Belleville et qui empeschoient les provisions de venir à Paris, lesquels

(1) Le prieuré de Saint-Martin-des-Champs fut fondé par Philippe I er en 1079. Sous les rois de la première race il y avait hors la ville une église du nom de Saint-Martin que les Normands ruinèrent lors de leur invasion. Henri I er releva les murs de cette ancienne église et en forma une abbaye qu'il dota richement. En 1079 l'abbaye passa sous la dépendance des moines de Gluny et n'eut plus que le titre de prieuré. La maison claustrale, finie en 1739, était une des plus grandes et des plus spacieuses. Les religieux de Saint-Martin-des- Champs avaient fait construire un très beau marché où les boulangers des environs de Paris se rendaient le mercredi et le samedi.

demandoient permission de courir sus affin d'empescher leurs mauvais desseins.

Les officiers de la colonelle de monsieur de Thiles se sont venus plaindre de ce qu'on leur a osté la garde de la porte Saint-Marcel , et de ce qu'on avoit ordonné que celle de Saint-Bernard seroit fermée , pour ce qu'elle estoit la plus nécessaire de la ville , et de ce que le pont au-dessus de la rue de Copeaux s'estoit rompu.

Monsieur Baudequin, bourgeois, et l'un des conseillers de ladicte ville, a proposé de se saisir d'une maison qui est sur le chemin de Vaugirard , où il y a donjon et des fossez , de laquelle les ennemis s'estaut emparez , ils pourroient faire des courses ^qui incommoderoient la garde du fauxbourg Sainct-Germain.

Monsieur Mandat, maistre des comptes, est venu donner ad vis à la Ville que la cour vient de donner arrest par lequel monsieur le prince de Gonty avoit esté déclaré généralissime de nostre armée à vingt lieues à la ronde de Paris, et monsieur le duc d'Elbeuf son lieutenant général, et monsieur le duc de Longueville généralissime des armées du royaume au-delà des vingt lieues.

Monsieur le Conte, député pour aller au parlement, prie la cour de donner arrest pour faire ouvrir les boutiques.

Monsieur Miron et tous les officiers de sa colonelle se sont venus plaindre des violences que les habitans du fauxbourg Sainct-Germain leur faisoient.

Ledict jour, de relevée , vint à l'Hostel-de- Ville monsieur le prince de Conty, assisté de monsieur le duc de Bouillon, le mareschal de Lamotte-Oudancourt, monsieur de Noirmoustier et autres seigneurs et gentilshommes , qui dit à messieurs les prévost des marchands

DB LH0TBL-DB-V1LLB [1649]. 321

et eschevins qu'ayant embrassé le party de la ville et du parlement il s'en venoit demeurer avec eux pour concurremment travailler aux affaires qui se présenteront; et fut conduit au petit bureau, où on luy accommoda sa chambre pendant que la compagnie fut en la chambre de la Reyne , où ils résolurent assembler toutes les après -disnées le conseil de guerre; où tous les susnommez ayant pris séance ensemble, monsieur le président de Mesme et quatre autres députez du parlement, deux de la chambre des comptes, deux de la cour des aydes , il y fut résolu ce qui ensuit :

Il sera fait plus ample recherche de tous les officiers de l'armée ennemie , pour les arrester prisonniers , qui seront mis dans la conciergerie du Pallais , et se saisir de leurs chevaux et bagages.

Sera faict une ordonnance en faveur des officiers qui sont dans le party ennemy, qu'au cas qu'ils quittent leur employ pour venir servir ils seront indemnisez du prix des charges qu'ils occupent à présent, après l'affaire achevée, ou restablis en leursdictes charges.

Monsieur le duc de Bouillon a esté commis pour aller demain matin dans les quartiers , affin de recognoistre quels chevaux il y a dans Paris dont on puisse faire estât, monsieur Deslandre-Payen s'estant offert d'aller avec luy pour en dresser un estât et faire l'estimation , avec deffense, à ceux qui les auront, de s'en deffaire à autres personnes qu'à ceux qui leur seront ordonnez.

Les bleds de provision seront portez dans la gallerie du Louvre , dont les prix seront , sçavoir : le froment à seize livres le septier, et le seigle à neuf; et pour le pain aura trois prix qui sont : vingt-quatre deniers pour le blanc, la livre, vingt-deux deniers le bis-blanc, et vingt deniers pour le plus noir.

!!• sébib, t. vu. 21

Sera donné surcéance à toutes sortes de passeport pendant trois jours . et la perquisition des bleds incessamment continuée.

Sera l'arrest du parlement du jour d'hier, portant injonction à toutes sortes de villes et communautés de courir sur les gens de guerre , avec deffenses d'approcher vingt lieues près de cette ville, imprimé, et coppie d'iceluy portée à la dilligence de la ville par toute la généralité de Paris.

Il a esté arresté que monsieur de<fiezancon, prisonnier, seroit eslargy à la caution de monsieur le président de Novion, qui en a respondu à la compagnie.

Mémoire des régiment de cav aller ie de quatre cens maistres

chacun*.

Monsieur le duc d'Elbeuf.

Monsieur le duc de Bouillon.

Monsieur le mareschal de Lamotte-Oudencour.

Monsieur le duc de Brissac.

Monsieur de Senigny, pour monseigneur le coadjuteur.

Monsieur le comte de Rieux.

Monsieur de Lislebonne.

L'homme que présentera monseigneur le marquis de Noirmoustiers.

Monsieur D'Louviers , fils de monsieur de Brouxelles.

Monsieur Dambuse.

Messieurs de Matha et de Lergue.

Monsieur de Noirmoustiers.

Tous les régimens d'infanterie, qui seront de cinq cens hommes partagez en dix compagnies.

de i/hotel-de-ville [1649]. 323

Monsieur de Longueville faict un régiment.

Monsieur le baron de Louguet.

Monsieur de Beauseur.

Monsieur le duc de Brissac.

Il sera tenu conseil tous les jours à l'hostel de cette ville, à trois heures de relevée.

Il sera donné quatre pistolles à chasque cavallier, auquel Ton fournira un cheval avec selle et pistollet. Il fault donner cent écus pour chaque cavallier. La compagnie des gardes de Son Altesse de Gonty sera de cent hommes et celles des autres de cinquante chacune.

Il sera donné pour subsistance quarante solz par jour à chaque cavallier, et à chaque homme de pied douze solz.

Il sera payé douze cens livres pour la levée d'une compagnie de cinquante hommes de pied.

Il est ordonné à monsieur Martineau, colonel, d'envoyer demain matip à six heures quatre compagnies de sa colonnelle pour chercher les hardes du Roy et de la Reyne régente, de monsieur Jacques, hors le fauxbourg Sainct - Honoré , auquel n'y arrive aucun désordre.

Il est ordonné aux habitans d'Arcueil , Gentilly, de faire incessamment rompre les ponts desdicts lieux, affin d'empescher qu'aucuns gens de guerre puissent venir de ce costé-là , tant de cheval que de pied. Enjoignons aux syndics et marguillers des susdictes paroisses d'y mettre telle quantité d'ouvriers en besoigne que lesdicts ponts soient hors d'estat de pouvoir passer dans demain midy , à peine d'estre déclarez désobéissons au Roy et à la ville, et d'encourir au surplus telles peines que de raison.

32& EXTRAITS DBS REGISTRES

Du mardy douziesmejour de janvier 16&9.

Ledict jour, messieurs les prévost des marchands et eschevins estant assemblez en l'hostel de ladicte ville, y sont arrivez

Messieurs les président Aubry, Perrot, Lambert» Joubert, Baudequin et Trouchot, conseillers de ladicte ville.

Sur l'advis donné qu'il y avoit quantité de chevaux et armes en la maison de monsieur le vidame d'Amiens, seize rue Matignon, et aux lieux circonvoisins, messieurs Cottars et Joubert, conseillers de ladicte ville, ont esté députez pour s'y transporter, veoir ce qui en estoit, et, au cas qu'il se trouvast quelque chose de ce qui en estoit rapporté , le saisir et donner en garde à des bourgeois qui en puissent respondre, et de tout faire bon procès-verbal , comme aussi pour se transporter aux Augustins deschaussez, au fauxbourg de Montmartre (1) , veoir les meubles et bagages qui y sont , ensemble les bleds et farines qui se trouveront, mettre le tout par inventaire , et le donner en garde aux relligieux dudict couvent, s'ils se veulent charger de le reporter ou le faire transporter où ils jugeront à propos, leur ayant esté baillé quatre archers de la ville à cette fin.

« Il est ordonné à tous marchands , maquignons et

(1) Les Augustins , dits Petits-Pères, fondés par Louis XIII, qui posa la première pierre de leur église dédiée à Notre-Dame-des-Victoires. Le couvent occupait un terrain de trois cents pas de longueur sur cent de largeur. On y remarquait un assez beau cabinet de ipédailles et antiques.

de l'hotel-dk-villb [1ôû9]. S25

loueurs de chevaux de cette ville de Paris» de se trouver tous les matins en la maison de monsieur Deslandes- Payen » conseiller au parlement , et l'un des commissaires députez de la cour» seize près la porte Sainct-Michel» y mener et conduire les chevaux qui pourront servir aux gens de guerre qui se lèvent pour l'armée commandée par Son Altesse le prince de Gonty , et y mettre le prix qu'il jugera raisonnable ; à quoy lesdicts marchands , maquignons et loueurs de chevaux seront tenus d'obéir à peine de confiscation d'iceux. Ce qui sera publié à son de trompe » et publié et affiché où besoingsera» à ce qu'aucun n'ignore* »

De par les prévost des marchands et eschevins de la ville de

Paris.

c On faict assçavoir que le pain de munition» pour la nourriture des gens de guerre qui se lèvent pour le service du Roy et de la ville » sera baillé mercredy prochain» deux heures de relevée» en l'hostel de cette ville» au rabais » à l'extinction de la chandelle » à la charge pour l'entrepreneur de donner bonne et suffisante caution » tant des deniers qu'il recevra que de la quantité de pain qu'il sera obligé de fournir par chaque jour. Ce qui sera publié à son de trompe et cry public, et affiché où il appartiendra, à ce qu'aucun n'en ignore. »

De par les prévost des marchands et eschevins de la ville

de Paris.

« Sire Jacques Tartarin » quartinier, sur la difficulté

qui se trouve à fournir des chevaux et des hommes, il a esté advisé , pour soulager les bourgeois et habitans de cette ville, de convertir chaque cheval et son équipage à cent cinquante livres , et chaque soldat armé à trente livres, lesquelles sommes seront par vous receues; vous enjoignant de les percevoir et icelles mettre entre les mains de monsieur le Prévost, conseiller en parlement, demeurant au cloistre Nostre-Dame. Et afin d'éviter toutes contestations, est qu'aux maisons où il y aura plusieurs locataires lesdictes taxes seront payées an prorata du loyer ; et pour l'exécution du payement desdictes taxes, deux de Messieurs du parlement de vostre quartier seront priez de se transporter ausdictes maisons pour juger et déterminer ce que chaque particulier pourra porter. »

De par les prévost des marchands et eschevins de La ville

de Paris.

• Il est ordonné aux quartiniers de cette ville d'aller, aussitostle présent mandement receu, au prieuré Sainct- Martin-des-Champs , et en icelluy prendre les quinze grands moulins et les cent dix moyens qu'on nous a desclarez estre audict prieuré , pour iceux moulins distribuer par les quartiers de la ville aux lieux et endroicts où ils croiront estre nécessaires , et charger ceux en la maison desquels ils seront mis pour estre retirez et reportez audict prieuré aussitost que les mouvemens présens seront cessez; à quoy ils ne feront faute. »

L'on a aussi expédié des mandemens à messieurs les colonels les plus proches des portes par lesquelles il

de l'hotel-de-villk [1649], *27

arrive du pain à Paria, et à ceux qui estaient les plus proches des places publiques, les premiers pour envoyer dans les fauxbourgs pour escorter le pain et le conduire aux marches publics» les autres pour se trouver avec d'autres compagnies dans lesdicts marches, affin d'empescher qu'il n'y eust aucune confusion à la vente et distribution dudict pain ; et fut mesme résolu que tels mandemens s'expédieroient tous les mardy et vendredy de chacune sepmaine.

Il fut aussy résolu , sur les remonstrances que vinrent faire les habitans de Ville-Juif (1) du besoing qu'ils af oient des armes pour se conserver et garantir des ennemis, mesme qu'ils avoient besoing d'escorte pour amener du pain à Paris , que l'on leur envoy eroit demain une compagnie pour faciliter lo convoy, et qu'à leur retour l'on leur donneroit des armes pour se deffendre.

De par les prévoit des marchands et eschevins de la ville

de Paris.

«Sire Jacques Tar tarin, Nicolas Phillippe, Jean Demoucher et Nicolas Souple, quartiniers, rendez demain , dix heures du matin , dans la cour de l'Arsenal » tous les hommes de pied que les bourgeois de vos quar-

(1) Avant qu'ils n'eussent été chassés de Paris par l'ordonnance de Philippe-Auguste , ce petit bowg appartenait aux Juifc. De là le nom que porte aujourd'hui cette localité , dont les produits agricoles figurent encore pour une bonne part dans l'approvisionnement Journalier de Paris. Ville-Juif est h une lieue et demie à Test de la car pitale.

tiers vous livreront, en Testât porté par nosïnandemens précédens; lesquels soldats vous livrerez à monsieur le duc de Brissac, dont il vous donnera descharge» Faict au bureau de la Ville, le douziesme janvier mil six cent quarante-neuf. »

Et d'aultant que la rivière déborda d'une telle façon que toute la Grève estoit pleine d'eaux, estant bien avant dans la rue de la Tixeranderie, en sorte que de mémoire d'homme l'on ne l'avoit vue si haute (1) , l'on fit ouvrir le passage qui est au derrière de l'Hostel-de-Ville , puis une petite ruelle qui sort au derrière de l'hospital du Saint-Esprit; et comme le lieu est fort estroit à cause des maisons et autres bastimens que la fabrique de Saint-Jean a faict bastir dans ladicte rue depuis dix ou douze années , et faict fermer ledict passage , ce qui ne se debvoit poinct souffrir, il fut résolu le mandement qui ensuit :

De par les prévost des marchands et eschevins de la ville

de Paris.

« Il est enjoinct à Rencé Moutier et Richard Lenoble, maistres des ponts de cette ville, de faire amener présen-

ti) Les vents et les ploies causèrent cette année de grandes pertes « tant de batteaux que de marchandises, et particulièrement du bois, outre la chute d'une partie du pont des Tirailleries et des moulins sur pilotis , qui estoient sur le pont de Grève , qui ont esté emportés, et dix-sept hommes et vingt-cinq mulets noyez. Ce ravage a continué jusques aulundy dix-huictième du mois. »( Voyez le Courrier François. 1669 J

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