‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 2)Chapitre 10 sur 61 · Ou peut-Aire Andria-Mivarotsa · texte numérisé non relu

Ou peut-Aire Andria-Mivarotsa

tout d*un coup pris de désespoir et me mis i pleurer, croyant qu*ils allaient me tuer et me manger; mes craintes s'évanouirent lorsque je vis deux esclaves traînant à Taide d*une conle attachée à ses cornes, un bœuf dans la gorge duquel mon maître planta de suite sa sagaie. Ils se mirent immédiatement à dépecer la bête et a en préparer les entrailles à leur façon, puis ils découpèrent le corps, qu'ils se partagèrent, et chacun s'en alla cacher sa portion de viande en un lieu secret d'où il pourrait aller la retirer dans le courant de la nuit. Nous regagnâmes ensuite chacun nos demeures respectives, ne marchant point en troupe pour éviter d'attirer l'attention. Je compris alors que le boeuf qu'on venait de tuer était une bête volée à quelque voisin. Je m'étais déjà maintes fois étonné que la tante chez laquelle j^habitais préparftt souvent de la viande au beau milieu de la nuit, mais j'en compris ce jour-là la raison. Ce n'est point du reste la seule fois que j'ai assisté à des vols semblables.

Après trois ou quatre mois, comme je commençais à savoir les mots les plus usuels et qu'un jour j'étais, avec mon maître et ma maîtresse, dans leurs plantations ou leurs esclaves étaient occu|iés à sarcler les mauvaises herbes qui envahissaient les jeunes plants de Voêmes [voanemba], ils me mirent entre les mains une bêche ' ; mais, comme je n'entendais pas travailler, j'afiTectai une ignorance extrême et arrachai tout à la fois les mauvaises herbes et les Voêmes ; ils rirent et m'ôtèrent la bêche. D'ailleurs, cette ruse ne me servit guère, car mon maître, voyant que je ne savais pas ou que je ne voulais pas travailler aux plantations, me chai^ea dès le lendemain d'une autre besogne où il n'avait pas à craindre que je fisse du mal; il me confia le soin de veiller à son bétail, que je devais mener boire au puits où

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