Andreo, synonyme provincial de Uiannreo
armes en lieu sûr, ne laissant de fusils ni de lances à personne. On abattit d*abord le toit du hangar sous lequel était déposé le € toak n [toaka], et je reçus Tordre d'égorger le taureau et les bœufs; comme les convives étaient très nombreux, j'en allai chercher trois autres, que je pris parmi ceux amenés en cadeau. On fit alors bouillir, griller ou rôtir la vinnde et tout le monde se mit à boire du toak [toaka] et à chanter, à crier, à soufOer dans des conques, à battre du tambour jusqu'à épuisement des forces. Il n'y avait pas, je crois, vingt personnes qui eussent conservé leur raison. Cette bacchanale dura toute la nuit. Quelques uns des assistants partirent le lendemain matin, mais la plupart restèrent jusqu'au soir, si bien que la fête s'est prolongée pendant trois jours.
Ces indigènes sont de grands buveurs de « toak > [toaka] et quelques-uns des gens du peuple sont aussi ivrognes que l'ivrogne le plus invétéré d'Angleterre et tout aussi paresseux ; pour boire, ils vont jusqu'à vendre leurs provisions de sorgho et de pois chiches et même leurs bêches et leurs pelles, obligés ensuite de se contenter pour se nourrir de ce qu'ils trouvent dans les bois; ils vendent même jusqu'à leurs « lambers > [lamba ou vêtements] et s'en confectionnent alors de tout à fait primitifs, qui cachent à peine leur nudité, avec les fibres d'un arbre appelé t wooring » [voara*]. C'est un arbre que l'on abat d'un coup de lance; on enlève la couche intérieure de l'écorce qui est blanche et qu'on bat avec une palette jusqu'à ce qu'elle soit souple et molle; on peut alors en faire un t lamber > [lamba], mais qui ne supporte pas le lavage.
La plupart des < lambers > [lamba] sont en coton teint, sauf ceux des grands personnages et des gens riches qui achètent