‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 2)Chapitre 45 sur 61 · Nosy Andriamitaroka est par 21'' 4' 20' (pointe Nord · texte numérisé non relu

Nosy Andriamitaroka est par 21'' 4' 20' (pointe Nord

2. Nosy Andriangory, nommé aussi Nosy Langoro, est par 20^50'.

3. La baie de Lovobé, où se jette un des bras du Morondava, est par 20* 20' 5" lat. S.

Un peu plus au sud , il y a une autre baie du nom de Luna (Bona [Boina?]), où les navires arabes viennent une fois par an, et qu'on appelle aussi Massalege ou le pays de Munnongaro [Mananara']; c'est là que règne Deaan Toke-Offu [Ândrian- Toakafo] dont j'ai déjà parlé '.

Nos affaires nous appelaient à Yong-Owl [Ony ola? (baie de Lovobé)], où nous sommes arrivés le 16 octobre [1719]. A peine arrivé à terre, j'appris que le roi Rer Trimmonongarevo [Ratsimanongarivo] était mort et que Rer Moume [Ramoma], qui lui avait succédé, habitait dans l'intérieur du pays, à Moherbo [Mahabo]. Je lui envoyai un messager pour Taviser de notre visite et lui faire savoir que, fidèle à ma promesse, j'avais amené un navire pour trafiquer avec lui. Le capitaine vint avec moi et se fit suivre de ses musiciens.

Nous traversâmes une petite ville où un grand nombre d'indigènes étaient en train d'abattre une maison en bois dans laquelle Rer Trimmonongarevo [Ralsimanongarivo] était enterré parce que, me dirent-ils, Rer Trimmonongarevo [Ratsimanongarivo] avait apparu, pendant la nuit, à Rer Moume [Ramoma] et lui avait demandé pourquoi il l'avait placé au-dessus de son père Lohefuter [Lahifoty]; il parait qu'il était fort irrité contre son fils à ce sujet, et il lui avait ordonné de changer son cadavre de place et de le mettre plus bas; il avait en outre commandé que la maison, qui lui servait de tombeau, fût faite plus basse et non pas plus élevée que celle de son père.

Malgré l'avis que je lui avais envoyé, Rer Moume [Ramoma], quand j'arrivai auprès de lui, ne me reconnut pas, tant j'étais changé; mais il vit bientôt qui j'étais, car je lui léchai le genou

1. Il n^est pas douteux que Drury ne connaissait pas ou connaissait mal la côte Nord-Ouest; il confond les divers c< Massalege » et les rivières qui se jettent sur cette côte.

2. Voir plus haut pages 3, 342, 353, 355, 363, 388 et 392-394.

comme autrefois. La générosité et Thumanité avec lesquelles il m'avait traité faisaient que je Taimais comme un père ; de son côté, il fut enchanté de me revoir et ses femmes en éprouvèrent également un vif plaisir. J'allai visiter mon bétail, car, conformément à sa promesse, le prince me Tavait gardé, et, comme il s'était acru, j'appliquai sur les jeu nés bé tes ma marque, puisque Rer Moume [KamomaJ persistait à dire qu'elles étaient ma propriété.

Nous demeurâmes en ce lieu dix semaines, pendant lesquelles nous complétâmes notre cargaison d'esclaves.

Nous mimes à la voile le 7 janvier 1120; nous touchâmes à Sainte-Hélène et à la Barbade, puis nous nous rendîmes à la rivière Rappahanack en Virginie, où nous vendîmes nos esclaves et embarquâmes du tabac. De là, nous fîmes voile pour l'Angleterre, où nous sommes arrivés aux Downs le 11 septembre 1720.

Je me suis eflbrcé, dans ce récit, de rendre compte de ce qui m'a frappé à Madagascar. J'ai lu 1' < Atlas Geographicus » ', qui, je suppose, renferme tout ce qui a été écrit sur cette île; j'y trouve mentionnées certaines choses dont je ne parle pas, mais je ne vois aucun motif de modifier ce que j'ai dit ou d'y rien ajouter, car je ne raconte que ce que j'ai vu moi-même et ce que je sais. Ainsi, je n'ai point parlé des scorpions, qui sont de méchantes bètes ; quant à d'autres animaux venimeux, je n'en ai jamais vus et je n'en connais point. On prétend que les indigènes sont mahométans ; depuis que je suis revenu en Angleterre, j'ai lu quelques livres traitant de l'islamisme et je ne trouve aucun point de resemblance entre cette religion et celle des Malgaches. Bien au contraire! En efTet, Mahomet prétendait converser avec Dieu, tandis que les indigènes de Madagascar ne

1. Atlas Geographicus, avec cartes de Moll, de Saoson, etc., 5 vol., 1711-

veulent pas admettre qu'un homme quelconque ait jamais eu de relations avec Deaan Unghorray [Andriananahary], le Dieu suprême. Je dois toutefois faire remarquer, ce que j*ai omis de dire en parlant des coutumes malgaches, que, à certaines époques, ils s'abstiennent, tout comme les Juifs, de rapports avec leurs femmes. Quant aux Virzimbers [Vazimba], que certaines personnes considèrent comme les aborigènes de Madagascar, j'ai ditqu*ils ont une religion difTérente de celle des autres habitants, mais cette différence ne porte que sur les formes extérieures du culte et sur les cérémonies, car ils ont des < Owleys » [Oly ou Aoly], comme les autres indigènes, et, comme eux, ils croient i un Dieu suprême, aux Maîtres ou Seigneurs des quatre points cardinaux, aux Esprits, etc.

N. B. * On peut me trouver tous les jours au café de V « Old Tom », dans Birchin Lane, où je donnerai volontiers à quiconque me le demandera tous les détails qu'il désirera sur ce que j'ai raconté dans ce livre, et je répondrai aux questions qu'on voudra bien me poser, heureux d'élucider les points qui peuvent paraître douteux ou obscurs.

UOBERT DrURY [1728].

1. A la fîn de Tédilion de 1750, la note suivante remplace celle ci : iV. B. — Pendant les quelques années qui ont précédé sa mort, Fauteur s'est tenu tous les jours au café déVOld Tom, dans Birchin Lane, h la disposition des personnes curieuses qui ont voulu Tinterroger sur ses aventures et avoir de sa bouche la confirmation des détails qui pouvaient sembler douteux ou qui paraissaient être romanesques.

Il semble donc que Robert Drury est mort entre 1743 et 1750. ËtanC donné qu'il a dû avoir gagné une somme d*argent considérable dans son commerce d'esclaves, il est curieux de le retrouver neuf ans après, réduit à la modeste situation de portier à l'IIÔlel de la Compagnie des Indes Orientales. Qu a-t-il fait dans l'intervalle? Peut-être une nouvelle piraterie Tavait-elle conduit en prison. En tout cas, on le considérait évidemment comme inapte à occuper un poste de conflance; et, après avoir gaspillé ou perdu les gains qu'il avait acquis malhonnêtement, il était tombé de la position de co-propriétaire et de subrécargue d*un navire, à celle d'un humble domestique. (Capt. Oliver.)

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