‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 2)Chapitre 46 sur 61 · FRANÇAIS · texte numérisé non relu

FRANÇAIS

Tous.

Vivant.

1. Il y a lieu de remarquer que les habitanls des côtes omettent d'ordinaire Vs après le l (ex. : viiika au lieu de vitsika) et transforment les tlnales tra de rimerina en (sa (ex. : lavitsa au lieu de lavilm), na en ka (ex. i.favenoka pour iavenona); souvent même ils font disparaître le na flnal (ex. : Vtnlsy au lieu de Vintsina) et changent le d en l (ex. : malio au lieu de madio), 11 faut aussi remarquer que Vn simple de limerina a, dans TEst et dans le Sud, un son fortement guttural {ng). Drury met d'ordinaire pour les verbes l'impératif au lieu de rinfinitif.

2. Le Rév. J. Richardson a reproduit, dans VAnlananarivoAnnual^{%li, p. 105tll, le vocabulaire de Drury (a), mettant, en regard des mots tels que l'auteur les a écrits avec son orthographe fantaisiste, ces mêmes mots orthographiés correctement (6); il y en a cependant quelques-uns qu'il n'a pu idenlifler ou quelques autres dont l'identiflcation prête à discussion. Nous avons marqué d'un (G) tous ceux que nous avons complétés, changés ou modifiés. Le Rév. J. Richardson a fait précéder ce vocabulaire d'un avant-propos fort intéressant, que nous ne pouvons mieux faire que de traduire ici : « 11 y a tout lieu de croire que Drury n'a pas écrit lui-môme son vocabulaire, mais qu'il l'a dicté. En eiïet, il avait quatorze ans quand il est parti d'Angleterre, et il est resté à Madagascar

(a) M. Richardson avouo que lo livre do Robert Drury Ta convaincu que la langue malgache est la mdme par toute l'île, ot que tons les dialectes ont une source commune. « Après avoir passé une année dans le pays dos Betsileo, dit-il, je commençais à croire que la langue primitive de ce pays, tout en provenant pcut-<^tre d'une source commune, diH'érait totalement de celle parlée par les Hova {maina pour maisinay mariny pour akaiky);)e m'étais formé cotte opinion en rencontrant chez les Betsileo un grand nombre de mots usuels qui ne se trouvaient pas dans los dictionnaires, en constatant que beaucoup do mots usuels hova étaient inconnus aux Betsileo [mauffoakoaka (B.) pour hahakabaka (H.) ; fajiry (B.) pour kintana (il.); houka (B.) pour varavarankely (II.); langeza (B.) pour êtUtiratêy (H.); rota (B.) pour rovitra (H.); coacitiy (B.) pour ranjo (H.)] et enfin en voyant qu'un grand nombre de mots usuels hova ont une signification toute différente dans los deux provinces {Afatary se dit chez les Betsileo pour MatMatuo; meloka pour tezitra\ Hoca {)our Andriana\ namalahy pour êokaiza; raha pour zaï^atra). I/absence de la syllabe finale /m, roihplacée par tta, et la prononciation fortement nasale de \'n m'avaient amené à croire que les relations des Hova avec les Betsileo leur avaient faitchan^^er leur langue. Mais j'ai, depuis, abandonné cette opinion, la lecture du livre de Drury, et plus spécialement de son vocabulaire, m'ayant tout à fait convaincu quo la langue est et a toujours été réellement une dans toute l'Ile, et que tous les dialectes proviennent d'une source unique. Je ne crois pas avoir jamais rien lu sur Madagascar qui m'ait fait autant de plaisir et qui m'ait donné autant à réfléchir que le vocal>ulaire de Drury. Beaucoup de mots flfi^urent dans ce recueil avec la forme qu'ils ont dans la bouche des Betsileo actuels (ex. : lanilra, ciel; manitra, doux; vo^itra^ bœuf; ratrony aujourd'hui), et il y en a qui ne pourraient 6tre compris par les personnes n'ayant jamais quitté rimorina (ceux signifiant • jambe », « couteau », « écouter », etc.). On remarquera d'ailleurs, en tenant compte des influences locales et de la mauvaise orthographe anglaise, que la plupart des mots de Drury sont les mômos que ceux usités aujourd'hui par les Hova, et, comme ils ont été écrits en Angleterre, il y a cent cinquante ans, ils n'ont pu Atre recueillis de leur bouche.

(b). L'article du Hev. J. Richardson a été reproduit dans le tome II de VAdi^enture itriti édité à I^ndres en 1890, chez T. Fisher Umorin, par le capitaine Pastleld Oliver, p. 316-335, Avec quelques modifications ou additions.

CONCEHNAXT MADAGASCAR

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