‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 3)Chapitre 15 sur 23 · Voir la noie p · texte numérisé non relu

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2. Dans la vingt-deuxième leltnî, qui n'est pas reproduite i)arce qu'elle est à peu près identique à la lettre tlix-neuvième, il est dit qu'on coupe le fil de laiton en tronçons ou baguettes de 8 pouces de long environ et qu'avec 12, 14, 10, 18 ou :20 de ces baguettes, de grosseur moyenne, on peut acheter une belle vache grasse.

CONCEHNANT MA[»A<iASCAK 509

nos embarcations et en mettant le feu à Tautre. Tous ces actes criminels ont été commis sans que nous leur en ayons donné le moindre motif. Au bord de la mer, il n'y a aucun pâturage où Ton puisse garder du bétail; nous avons donc été forcés d*envoyer notre troupeau de 160 bœufs à Vorunko [Voronioka], où les indigènes, à Tépoque des pluies, mènent paître leurs animaux. Les individus qui ont été les principaux acteurs de ce vol sont Andia Pela [Andriampela], Andia Soris [Andriantsoritsa] qui liabite sur le bord de la rivière, Andia Pison [Andriampesina] qui a tué de sa main Ilopkins, Andia-Copiuk [Andriankopoka], Tassassin de John North et de John Stocke, c^mme-Tont déclaré plusieurs dos noirs (|ue nous avons pris et passés par les armes, et Andia-May [Andriamay^ que nous considérions comme un vrai ami depuis notre arrivée. Plusieurs indigènes nous ont avoué qu'ils avaient agi ainsi parce que, ayant peu de bétail à eux, ils voulaient s*cmparer de celui que nous leur avions confié, ce qui leur eût été facile du moment qu'ils nous auraient massacrés ou afTamés. Vous voilà avertis de n<* pas vous fier à res roquins, ni sur le bord de la mer, ni dans rinlériour, quelques belles promesses qu'ils vous fassent; ne sortez jamais sans armes, et, si vous pouvez mettre la main sur quelques-uns de ces « chiens », exterminez-les sans pitié. Malgré tout notre désir, nous n'avons pu en attraper que trois que, comme je l'ai tlit, nous avons fusillés; les autres se sont retirés au loin dans l'intérieur, où il nous a été im|K>ssil)le de les poursuive avec le petit nombre d'hommes (|ui nous restaient, et qui étaient alTaiblis par la maladie et par la faim, car ils n'ont eu pour toute nourriture pendant deux mois que de la |)eau de bœuf. Ce dont j(î suis le plus peiné, c'est de ne pas pouvoir me venger d'eux comme je le désire; car, comme vous le savez, j'ai agi envers eux avec

grever le petit fonds dont nous disposions, notamment le ravitaillement des deux navires à destination d^Atchin, c*est-à-<Iire de la Reftecca^ commandée par M. Richard Buckham, et du Friendskipj qui n'avaient pris de provisions en Angleterre que pour la traversée jusqu'ici. Dieu sait à quels expédients nous avons, dû recourir pour leur fournir des vivres. Aujourd'hui, nous dépendons entièrement de vous et notre unique espérance repose en votre succès, tant au point de vue des vivres qu'au point de vue des marchandises de troc pour trafiquer dans ces pays-ci ou dans ceux que vous avez visités et qui vous auraient, comme j'ai tout lieu de le supposer, paru bons pour y faire un établissement; j'ai en effet appris par le Thomas and John^ qui est parti «"ici au mois d'octobre dernier, que vos opérations ont été rapidement menées à Assada [baie d'Ampnsindava], où, paraîtil, vous avez acheté des esclaves, et que, au mois de septembre dernier, vous avez touché à Anjouan. J'espère que vous aurez réussi dans la suite de votre expédition.

Comme vous pouvez en juger d'après tout ce que je vous dis, vous devez en conscience vous hî\ter le plus possible de venir à notre secours, car il ne nous reste plus pour pourvoir à notre subsistance que 200 piastres ■? et un lot de fer; ces fo!ids une fois épuisés, nous n'aurons jdus qu'à mourir de faim, à moins que Dieu dans sa miséricorde ne pourvoie autrement à nos besoins.

Nous avons jugé à propos d'emmagasiner dans la maison de M. Barrett toutes les peaux ([ueiious n'avons pas mangées et qui sont au nombre de 120; nous laissons cette maison debout parce que, avec s(»s cheminées et ses poêles, elle peut être utile pour des malades et pour divers usaires. Quant aux autres, qui étaient nombreuses et bien bâties, nous v avons mis le feu et

les avons brûlées avec les objets ([u'elles contenaient, afin que ces méchants cociuins ne puissent pas s'en servir.

512 OUVIIAGES ANCIENS

Nous avons transporté à bord, non sans difficulté, notre artillerie ainsi (|ue les objets indispensables, mais ceux-là seulement. Nous désirons que la personne entre les mains de qui cotte lettre tombera, en laisse des copies pour ceux qui viendront par la suite, en particulier pour M. Jérémie Weddall, et prenne soin du paquet destiné à M. Courteen.

Nous vous recommandons à la protection de Dieu et nous restons vos amis fidèles, qui sont dans la plus triste des situations.

^I"" Li:ttke: de John Smart a M. John Farren [a Goa], de la BAii: i)K Saint -Al'glstin lk 20 mai 16i6*. — Mon noble ami, ma dernière lettre vous a été transmise par M. Thomas Spencer, le commandant du navire le Sun. Par le Thomas andJohn^ qui est arrivé iri b? 14 décembre dernier, j'ai appris que vous l'aviez rerue, (|u<»ique ce navire ne m'ait pas apporté de réponse; ce jour-là môme, il a eu à supporter une tempête dangereuse, tlont vous trouverez certainement tout le détail dans la lettre ci-jointe de MM. Dorrill et lloneycburch; il est resté sur notre rade jusqu'au 10, puis il a fait voile pour TAnirleterre où j'espèn? que, iiviici' h Dieu, il est à présent sain et sauf.

Au mois d'ocloluT, oui reh\rlié ici, venant d'Angleterre, ileux navires frétés par M. Courteen pour Atchin, la Rebecca, de 200 tonneaux, eoniniandée par M. Huckani, et le Friendshipj eomniandé par M. James Moorecocke, n'ayant pas à eux deux i)()i) tonnes de manhandises.

J'ai expétjié It» |>renner de ces navires le jour où est parti le Thomas (nul JuJm. Ils n'avaient tous deux de vivres que pour leur traversée jiis(|u'i(:i et ils no nous ont apjiorté ni provisions, ni inareliandises, ni renfort en hommes! Dieu sait que j'ai eu

1. C<.*tto l»Mln» rt.int l.i réprlilion i»rosquo lextu<*lle dos deux pn'rcô- (lenlos, nous non dt^iniuns que qiU'ltiuos pa.ssai:<'S.

assez de peine à exécuter les ordres donnés en Angleterre pour des projets que je ne connais pas.

Un jeune homme, un certain Thomas Lamberton, qui y est embarqué comme subrécargue, doit se mettre, dès son arrivée, aux ordres de mon cousin Arthur Kynnaston. Je ne puis pas m*expliquer qui a pu mettre en tète de M. Courteen Tètrange idée d'envoyer au loin deux navires comme ceux-ci, sans vivres, sans marchandises, dans Tunique but de chercher du fret. Au mois de février, il y avait, je crois, douze mois qu'ils étaient partis de Londres et ils sont arrivés ici le 12 octobre dernier, ce qui réellement fait un bon laps de temps pour des navires affrétés au mois.

Nous avions mis tout notre espoir dans le retour du Jcwies, auquel j'avais ordonné d'être ici au plus tard à la fin de mars. Je suis convaincu qu'il aurait pu être ici longtemps avant cette date; les marins de ce navire savaient parfaitement qu'ils avaient pour unique mission d'approvisionner notre établissement et de faire le commerce avec les ports voisins, et ils savaient aussi quelle était notre triste situation. En conséquence, si ce navire est sur la côte de l'Inde ou dans quelqu'un de vos ports, je vous confère par la présente pleins pouvoirs et autorité pour ordonner à son capitaine, Jérémie Weddall et aux chefs de traite, Thomas Page et Josepli Cuttancc, qui sont à son bord, de venir me retrouver à l'île Mayotte le plus promptement possible et, dans le cas d'un refus, de les rendre responsables de tous les dommages qui pourront en résulter, tant pour nos personnes que pour nos biens et pour ceux de l'honorable William Courteen.

Et, s'il plaît à Dieu que vous ne [missiez exécuter notre volonté, je vous supplie en tout cas de bien vouloir compatir à notre misérable situation et de nous envoyer de l'Inde quelques marchan- V. 33

qu'elle soit remise au capitaine Edw. Thompson lors de son prochain passage sur cette rade. En eflet, nous avons vu son nom écrit avec un morceau de cliarLon sur un mur, ainsi que celui de William Hix, marchand; ils sont venus ici le 4 mars dernier sur le navire le Ruth sans laisser aucun écrit, mais les insulaires nous ont dit ({ue, après avoir séjourné ici quelque temps, ils sont allés à Mozambique, puis à Messelage [baie de Boina] et à Assada [baie d'Ampasindava] où, ainsi que nous Ta annoncé un boutre ({ui vient d'arriver de Messeluge [baie de Boina] avec 800 esclaves, il est mouillé depuis 50 jours avec Tintention de revenir ici à Anjouan et de faire roule ensuite pour rinde.

Partis de la baie de Saint-Augustin le 19 mai dernier, nous aTons vu l'île Mavotte le 26. Le lieutenant du bord. Peter Qaint, qui y a déjà été deux fois avec le capitaine Quayle, nous a assurés que, le lendemain, il nous mènerait dans un bon port; il n'y a pas réussi, n'ayant pu le retrouver. J'ai alors envoyé notre chaloupe à terre ([ui nous a amené, [ïour nous piloter des indigènes» un nommé Bouly |Boto] et trois autres qui sont restés a bord avec nous penilanl six jours et ont mené le navire aussi près que possible de la terre. Ils ont en vain cherché un chenal et ont dit à la fin au capitaine qu'ils ne pouvaient pas mieux faire, car ils n'en connaissaient pas ayant plus de 2 brasses d'eau et môme parfois moins, et que, s'il voulait s'approcher davantage, il fallait faire faire des sondages par le canot. Le capitaine les fit mettre alors à terre.

A ce moment, j'étais allé avec la chaloupe faire une visite au roi dans sa ville; comme ce roi désirait beaucoup que notre navire entrât dans le port, il renvoya avec nous le meilleur pilote du pays qui affirma qu'il amènerait le navire en un lieu où il y

parlais de le dédommager plus tard, car nous étions venus à terre, ne pensant pas du tout à y rester et par conséquent sans provisions et sans cadeau à lui oiïrir; il nous dit que son désir était d*étre c fils et sujet > du roi d'Angleterre, ajoutant d*autres bonnes paroles.

Le jeudi matin, 18, nous arrivâmes à Anjouan où nous trouvâmes le Friendship à Tancre. C'était bien lui qui, huit jours auparavant, s'était éloigné de Mayotte, parce qu'il n'avait pas de pilote et qu'ayant beaucoup de monde à bord et n'ayant presque plus d'eau, il lui fallait de toute nécessité se ravitailler. Il nous croyait perdus, mais, grâce à Dieu, nous étions de nouveau réunis à notre grande joie.

Arrivé ici, j'envoyai à terre le lendemain un « Ordre * » pour sommer nos gens, qui presque tous étaient descendus avec leurs paquets, de venir à bord, car mon intention était, conformément i ce qui avait été décidé, d'aller à Mayotte. Ils me firent répondre d'une manière très nette que, se trouvant maintenant en un lieu d'où ils pouvaient espérer regagner l'Angleterre, ils y resteraient et qu'ils ne voulaient pas aller à Mayotte où ils savaient qu'aucun navire ne viendrait les chercher et où ils resteraient esclaves pendant toute leur vie. Telle fut la décision à laquelle s'arrêtèrent la plupart des liommes et toutes les femmes, disant qu'ils aimeraient mieux être pendus que de revenir à bord. J'ai eu beau |>rotester, je n'ai rien obtenu ; ils ne veulent pas bouger d'ici, si ce n'est pour aller aux Indes et, de là, regagner l'Angleterre. Vous pouvez facilement vous imaginer. Monsieur, combien notre situation est fâcheuse.

En ce qui concerne M. WeJdall, le cai)itaine du James, je n'ai aucun renseignement certain sur ce qu'il est devenu. Je sais

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