COMMANDEE PAR LE COMMODORE BARNET
DANS LA BAIE DE SAINT- A L'GUSTIN , en 1744.
Le 29 août 1744, la flotte commandée par le commodore Barnet a mouillé dans la baie de Saint-Augustin ' ; les matelots ont campé sur le rivage. Elle en est partie le 15 septembre {TraclSy East-India Library, vol. 187)*.
1. Li Bourdonnais a rt'ncontrr celte escadre, qui rtait composée d'un vaisseau de Oi canons, de deux de iiO, d'un de îiO, d'un «le U), et d'une frégate de 20, le 6 juillet 1740 en vue de la côte de ('moniandel; elle était alors sous les ordres du capitaine i*eytun, le commodore Barnet venant de mourir au Tort Saint-David [Mnnoires de La Bourdonnais, Paris, 1827, pp. 85-86).
2. On peut citer parmi les marins anglais ou danois qui ont visité Madagascar dans la seconde moitié du xvni" siècle les suivants qui ont dressé des cartes ou des plans des baies de celte île. sans laisser de récits de leurs voyages (en outre de ceux du wir* siècle : Wilde, HVM) vuir l. III de la Coll. des Ouvrayes anciens concernant Madayascar,, vX William Hacke (a), 1680) : 1" Ilolst, 1740 (/>): 2" John Hrohier, 17^6 (c); :V' Nichelson, 1758 (d); 4" White, 1763 e); V)'' Les olticiers de VAryo, navire anglais, 1763 if); 6" Peter Fea, 1707 y); 7- Lockhart Hussel, 1771 (h); H'* Selh Loflus, 1780 (/); 1>" Hob.'rt Hughes, 1781) (k\
(a) Carte de l'ile de Madagascar en *J feuilles a 1,2 000 000' (Ms, fonds maritime du Musée britanniiiiie, VI, 0 et 7), re[>rodiiite dans VHisl. dt* la déoyraphie de Madagascar d'Alf. «irandidier, pi. XVP-, et p. 48 (noie 1) et 236.
{b) Carte de la côte N.-O. à l/ToO 000% où les baies de Haly et de Bombétoke sont indiquées pour la première fois (publice par Dalrymple dans le Neptmie anglais, 1784, et repruiliiite dans l7//.v^ de la Gcogr. de Madagascar «l'Alf. Grandidier, pi. XLV, i, et page i3 (avec noie i}, 44 (noie a), 69 mole \) et 270\
(c) Plan du port de l'ile de Sainte-Marie à 11 I 600* (publié par Dalrymple dans le Seplune anglais^ \'i:\, et reproduit dans Vliisl. dr la Gcogr. de Madagascar d'Alf. Grandidier, pi. XXXIL 7, et p. 47 (note U) et 230).
{d) Plan de la baie tle Saint-Augustin à 121 000' (plan gravé), reproduit dans VHisL de la Géogr, de Madagascar d'Alf. Grandidier, pi. XL et p. 44 (notes 1 et d), 38 (note a) et 205. Nirhelson était le « master »■ de VÉlisabclh, navire de guerre anglais commandé par l'amiral Kempenfell.
(e) Cartes de la côte 0. et de la cùle N.-O. de Madagascar h. 1/7 40 000* (publiées par Dalrymple dans le Spfjtuae anglais^ 1784, el reproduites dans 17/ijf^ de la Géogr. de Madagascar d'Alf. Grandidier, pi. XLllI, 2, et XLIV, 1, et p. 43 (avec la noie I), 44 (notes 1 et a), iV^ (noie 1), 207 el 270:.
{/) Plan de la baie «le Saint-Augustin à 1/73 000* (Ms Musée britannique,
CONCEKNANT MAtLVr.ASuAH 237
mérite, car il est, au sens le plus élevô du mot, épris île sairesse. Durant la première partie de sa vie, il eut tie nombreuses atTaires d'honneur, tant à cause de la vivacité de son caractère que par suite de Tesprit militaire qui régnait à cette époque; la dernière eut lieu avec un ^gentilhomme de service à la cour, dans le jardin de Versailles, sous les fenêtres mêmes des appartements du roi, et elle eût eu les [dus graves conséquences, si M. de Maupeou, qui était scm parent et qui occupait alors un poste élevé, ne lui avait fait quitter la France en lui procurant une charee dans Tlndo' où il servit avec distinction.
M. de Grenville de Forval, le lils puîné de M. de (îrenville, a été mêlé à des événements «ju'il est utile de relater ici.
Dans les îles de France et de Bourbon, il n'y a |)as d'exemj>le qu^un homme soit difforme ou contrefait, ce «jui provient certainement du genre d'éducation libre et sans contrainte qui y prévaut. Aux avantages physiques, Grenville de Forval joignait un air martial, un courage à toute épreuve et l(»s plus nobles et les plus généreux sentiments que peut avoir un cœur humain.
Dans nos colonies, on a besoin d'esclaves qu'on va chercher au loin et, dans ce but, on envoie des navires soit sur les cotes d'Afrique, soit sur celles de Madagascar, avec «[uebiues soldats pour faciliter et ap|)uyer ces expéditions.
Forval re(,'ut Tordre dc^ commander un détachement de ce genre envoyé à Madagascar. Arrivé dans cette île, il débarqua ses soldats et les (il camper dans la petite île de Sainte-Marie, que les indigènes appellmt Ibrahim Nosy Boraha] et qui n'est séparée de la grande île que par un chenal très étroit. C'est là qu'eurent lieu les pour|)arlers entre les chefs de l'exjiédition et un des petits princes malgaches.
Forval était si confiant dans les bonnes dispositions des indi-
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à mes parents; je vous révélerai ensuite ce qu'il est de la plus grande importance pour vous de savoir ! » Forval prit de suite rcmgagement qu'elle lui demandait, si la révélation qu'elle lui annonçait avait réellement l'importance qu'elle y attachait.
c Eh bien! voici, dit-elle. A la pointe du jour, sous prétexte d*une visite amicale, mon père viendra dans votre tente; s'il brise la canne qu'il tiendra à la main, ce sera le signal de votre mort : ses gardes entreront avec leurs haches et vous tueront, et tous vos gens seront massacrés avec vous î » Elle ajouta que, au cas où le roi voudrait que ses gens se retirassent, il leur jetterait son chapeau.
Forval conduisit la princesse en un lieu sur et, ayant donné à ses soldats l'ordre de rester toute la nuit dans l'intérieur de leurs tentes l'arme au hras, il attendit les événements, après avoir préparé ses armes, et, ayant placé une paire de pistolets sous le tapis de sa tahle, il s'assoupit ayant la main sur eux. Le matin, le roi arriva et, peu après, brisa sa canne; sa garde se précipita aussitôt vers la porte de la tente, mais, terrifié en voyant Forval lui mettre le [)islolet sur la poitrine, il jeta son chapeau vers ses f.'^ens (jui s'éloignèrent immédiatement. Le petit détachement de soldats (jue Forval avait avec lui, avança alors en ordre de bataille, mais tous les nègres avaient disparu; le roi seul resta prisonnier. On ne le relAcha qu'après que hi [>rincesse se fut embarquée avec tout l'équipage, et Forval quitta cette cote |>erfide avec bonheur.
Il ne se montra pas in^a^al; il é|)ousa solennellement la princesse Betsy en dépit do toutes les remontrances de ses amis et il mène avec elle une vie heureuse. Le teint foncé de la princesse déplaisait naturellement aux blancs, et son éducation ne la qualifiait certes |)as pour être la compagne d'un homme comme son mari; mais elle a les traits fins, un air noble, et tous ses
et qu'il était douteux que nous pussions arriver à doubler Tile Sainte-Marie.
« A dix heures, le Lys fit un signal de détresse : son màt de misaine et son beaupré s'étaient brisés; une demi-heure plus tard, notre navire tangua de telle façon que notre màt de misaine se cassa à environ vingt pieds du pont et, peu après, le grand màt de hune tomba; puis, presque aussitôt, notre màt d*artimon et le beaupré se brisèrent. Le navire roulait avec tant de violence et il y avait tant d*eau dans la cale que, vers onie heures, je crus tout perdu. Cependant, en jetant par-dessus bord tout ce que nous pûmes, le navire se trouva suffisamment allégé, et, vers le matin, Teau sembla diminuer dans la cale; la tempête commença aussi à se calmer et, quelques heures plus tard, nous fûmes hors de danger. Le seul navire qui était resté de conserve avec nous était le L/ys; nous aperçûmes cependant le Neptune sous le vent, qui n'avait plus que deux mâts.
« Notre situation était fort triste. Nous nous efforçâmes d'atteindre Tile Sainte-Marie, mais nous en étions loin; le lendemain, nous nous trouvâmes heureusement à l'entrée de la Baie d'Antongil, d'où Je dépêchai à Sainte-Marie une pirogue, que j'avais apportée de Bourbon, pour dire aux navires qui s'y trouvaient de me rejoindre à l'Ile Marotte [Marosy], où je jetai l'ancre à dix heures du soir avec le Lys. Le Duc (VOrléans^ qui n'avait pas mouillé à Foulepoiiite, pas plus du reste que le Neptune qui venait de France, arriva le 11 avec son beaupré cassé; les autres navires vinrent successivement.
« Il me faut maintenant remonter au 9 avril, date à laquelle j'ai abordé à l'île Marotte | Marosy], afin de vous donner un aperçu des événements qui ont suivi ce mouillage.
« Mon premier soin a été de i)réparer des baraquements pour loger les troupes, un chantier assez vaste pour y fabriquer des
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in Sepiune nous a fourni les moyens de mater et de gréer le Ly$ et de le mettre en état de nous soÎTre. Le surplus du cordage a servi à XAekMej ainsi que celui que nos cordiers ont fabriqué ici. En fin de compte, je suis parvenu, par toules sortes de moyens et au prix d*eObrts incessants, à mettre les navires en aussi bonne condition qu'avant la tempête, et j*espère pouvoir sous peu partir pour Tlnde : je me propose de lever Tancre sans faute le 20.
€ Je vous envoie la Parfaite pour vous informer de tous ces événements et vous aviser en même temps de la perte de deux navires de Flnde, le Saint-Pierre et le XepiunCj afin que vous puissiez prendre les dispositions que vous jugerez nécessaires pour remédier à ces malheurs.
€ Le regrettable désemparement de ma flotte m'a fait perdre l'avantage que j'aurais eu sur les navires anglais qui vont de Surate en Europe, si j'étais arrivé dans l'Inde au moment voulu; mais j'espère encore y être à temps pour rencontrer leurs navires de guerre.
• Je dois aussi vous informer que j'ai eu très peur que nos noirs ne se sauvassent pendant notre séjour à Madagascar. Il est vrai qu'on ne les traite pas avec rudesse à bord et il n'y en a eu que trente qui ont déserté et dont, grâce à un cadeau de poudre que nous avons fait au chef de Manahar [Mananara , plusieurs nous ont été restitués.
« Je vous prie de ne rien modifier aux arrangements que j'ai pris avec vous pour que je sois informé de l'arrivée dans vos îles de tous les navires venant d'Europe et des nouvelles qu'ils apportent. Malgré mon séjour à Madagascar, je serai toujours à portée de vos dépêches aux dates et aux endroits qui ont été convenus entre nous. Les mesures prises au sujet de la destination des navires pour l'Europe subsistent tou-
jours; veuillez agir conrorinémeiit à nos conventions. Si, néan~ moins, il ne vous est pas commode de m'expédier la Parfaite^ envoyez-moi les nouvelles par quelque autre bateau. Vous pouvez èlre assuré qu*au mois de septembre j*expédierai un navire chargé de provisions pour vos îles.
c Ainsi que je vous Tai fait savoir dans ma dépèche de Saint- Paul, j'avais promis au capitaine du navire portugais d'envoyer le Neptune à Bourbon pour amener son navire à Tlle de France, mais la perte du Neptune m'a malheureusement empêché de tenir cette promesse; je vous prie néanmoins de montrer tous les égards possibles à ce capitaine et de lui donner toute l'assistance en votre pouvoir. Il est absolument nécessaire de donner à son navire, qui en a besoin, tous les secours que vous pourrez, car je serai moi-même obligé d'avoir recours aux Portugais pour beaucoup d'objets essentiels que je ne pourrai obtenir qu'à Goa j».
En quittant la Baie d'Antongil, M. de la Bourdonnais avait encore neuf vaisseaux avec trois mille trois cent quarante-deux hommes, com|)renant sept cent vingt noirs et trois ou quatre cents malades (Grant, Ilist, of Manritius, pp. 241-245).
IlELACHK DU VIGILAST ET DU liUliV A LMLE DE SAINTE-MARIE, en 1751.
En 173t, le Viffilanl et le Ituhj/, navires de guerre anglais, ont hiverné à l'île de Sainte-Marie et transporté sur cette île le bétail qu'ils ont acheté sur la Grande Terre. Au moment de leur départ, ils ne retrouvèrent plus ce bétail que les indigènes avaient volé. Ils prélevèrent alors sur les troupeaux des habitants de la Grande Terre le nombre d'animaux qui leur avaient été pris [Dalrymple's Oriental Iteperto7*y, t. II, pp. 139-140).
passait sur la radeoù était son navire, il ordonna d*einbarquerdans un canot «lu biscuit, du fromage et quelques bouteilles d*eau-de' vie mélangée d'arsenic et chai^ea deux marins de mettre à terre cette car^^aison perfide et de faire semblant de s*en régaler. A cottr vuo, les pauvres diables auxquels en voulait le capitaine drscondirent le plus vite qu*ils purent pour s'emparer de ce butin inespéré: les marins regagnèrent leur canot, en apparanco à contre-cœur, et les nègres, croyant avoir fait une bonne l>risr, se gavèrent de ces victuailles. Le lendemain, vingt d'entre eux étaient morts et vingt autres, qui étaient encore en vie, étaient tellement enflés par suite de la quantité d'eau qu'ils avaient bue à une source voisine qu'ils ne pouvaient bouger de place, et ils ne tardèrent pas non plus à aller dans l'autre monde, où très ])robabIement ils auront trouvé un meilleur sort que relui qui attendait le capitaine lorsqu'il fit le même voyage. Quelques babitanls m'ont dit que la vigne réussirait dans les deux lies, mais ({ue la Com[mgnie n'encourage pas cette culture, de peur (|u'elle n'en entrave d'autres plus nécessaires et plus avanlafieuses.
La C()nijia,i:nio s\»st |»roruré à jjirands frais dans les colonies néerhunlaises de jeunes |»lanls d'arbres à épices, dont quelquesuns se sont développés, mais d<»nl la pluj)arl ont dégénéré; on en continue néanmoins la culture avec beaucoup d'ardeur dans l'espoir qu'elle finira par réussir. On a, dans ce but, fait venir un nouveau lot plus considérabb» t\o ces plants (Grant, Iliatory o/Maitrilius, Londres, 1801, pp. loi)-16.*î).
UELACHK l)i: NAVIKK DK «U'EinU-: AN(iLAlS LE LESOX DANS LA HAIE DE SAINT-AUCITSTIN (1759).
[Parti de Saint-llelens (port d'Angleterre sur la côte de l'île de Wiglit) le 13 avril 17ijy, le Lcnojc, (|uc commandait le contre-
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amiral Gornish, mouilla à Madère le 2 mai, croii] il fit voile le 8 vers la baie de Saint-Augustin. Il y arriva le H août et, après
y avoir fait del'eau et s'y être ravitaillé, il en est parti le l*' septembre.
Les notions qu'on a de Madagascar sont très imparfaites, car elle est peu fréquentée par les Européens, sauf en temps de guerre, les navires anglais de la station de TOcéan Indien y venant alors prendre des provisions. En somme, ce pays est, par rapport à nous, ce qu'étais jadis le nôtre pour les Romains, penitus loto divisa orbe [à peu près séparé du monde]. Ce qui est certain, c'est que c'est une très belle île, qui produit non seulement toutes les choses nécessaires à la vie, mais où l'on trouve toutes sortes d'agréments. Si je vous rapportais tous les récits que l'on m'en a faits et toutes les observations que nous venons d'y recueillir pendant notre séjour, je remplirais beaucoup de pages.
Il me suffira de dire que, dans les parages de la baie de Saint-Âugustin, nous avons vu beaucoup de baleines nager auprès de notre navire dont elles avaient presque la moitié de la longueur. Ce sont des bêtes effrayantes; les indigènes les appellent tushes (trozona) ; elles crachent de l'eau à une hauteur énorme et, en remuant leurs queues, elles transforment une mer calme en grosse mer. Il y en a tant dans ces parages qu'on en voit souvent une douzaine envoyer en l'air des jets d'eau qui feraient croire à quelque gros rocher sur lequel se briseraient les vagues.
Madagascar est divisé en une foule de petits États, dont le plus grand est celui des Bouques [Sakalava], qui, m'ont dit les indigènes, abonde en mines d'or, comme le royaume de Volambo [des Amboalambo ou Hova] en mines d'argent. Et il y a tout lieu d'ajouter foi à celte assertion, car les dents de beaucoup des moutons et des bœufs que nous avons tués à notre bord étaient
re Kobert Drury's fiction », Anlananarivo Annual, 1889, p. 192-195, ainsi que dans Tédition de Madagascar or Drurijs Journal during fifleen years Capiivity in that island de 1890, avec notes du cap. S. Pasfield Oliver, p. 10-15.