C.OXCEHXAXT M.UUGASCAR
d'intenter des procès à mes adversaires toutdénuéa «le scrupules, dont quelques-uns m'ont Hl* trouver le moyen d'exercer mon métier légitime lier ma vie, ainsi que relie de ma femme et de rants qui sont do ce fait ruinés, je n'en prie pas de pardonner à nies persécuteurs leur conduite *mi charitable; ils en sont du reste eux-mêmes honque leur amour-propre les empêche de rapporter llîers jugements si iniques, et, comme saint Etienne - (•■u\ qui le lapidaient, je dis : Seigneur, ne mettez >^Ar n leur charge.
H h donner le renseignement suivant, non par oubli
ndilTérence pour le bien d'autruî, mais dans l'espoir d'en
I avantage particulier pour moi, vu que j'espérais et
Humer dans l'Inde. Voici ce que c'est : Lors de mon
têjour à Madagascar, j'ai observé dans la mer, tout
Kilre débarcadère, par trois pieds d'eau tout au plus,
■ de gelée semblable au frai de grenouilles (sorte de
I qui nageait à la surface et qui avait à peu près le
d'un pi-ck [seau ou mesure d'une contenance de
iTuul d'un coup, le centre de cette masse devint noir,
que les cotés et les parties minces étaient d'une magni-
Hmr bleue ou pourpre. Désireux de me rendre
i ce que ce pouvait être, avant d'avoir bien réfléchi,
• à l'eau deux marins alla qu'ils saisissent ce corps
, mais, quand ils voulurent le prendre, il se brisa et une
miltt à. fond, tandis que l'autre se désagrégea. J'en fus
m. ni étonné et j'ai pensé qu'il s'agissait d'un objet
car la masse restée flottante teignit une grande
de la mer d'une très belle couleur pourpre, ce qui
i*a ù supputer que c'était la vraie pourpre marine, qui,
si je ne me trompe, est, suivant ce que j'ai lu ou entendu dire, aussi précieuse qu'un bijou de grand prix.
Aujourd'hui que, vieillard infirme et décrépit, je ne pourrai probablement plus, malgré tout mon désir, revoir ces contrées lointaines, je ne crois pas devoir plus longtemps cacher à mes compatriotes la connaissance de ce fait. Je désire que des hommes industrieux prennent la peine de rechercher cet animal, qui se trouve le long des côtes de l'île de Madagascar. Je crois que, lorsque, d'après cette courte description, on découvrira ce corps flottant à la surface de la mer, trois ou quatre hommes au moins devront chercher à passer en dessous de lui une large toile ou drap et le soulever doucement de tous les côtés à la fois, de manière qu'il ne puisse pas glisser et perdre l'eau qu'il contient; pour le conserver, on le mettra immédiatement dans un vase, puis, au fur et à mesure qu'on en aura l'occasion, on en fera sécher au soleil une petite quantité que Ton enfermera dans des bottes. A mon humble avis, il s'agit là d'une denrée précieuse qui peut valoir son poids d'or. Aussi, avant de mourir, serais-je heureux d'apprendre qu'on a trouvé de grandes quantités de cette matière et que l'on a fait, sur elle, des expériences concluantes. Il serait bon que la Compagnie des Indes donnât aux commandants de ses navires l'ordre de faire chercher ce corps le long du rivage, tout en étudiant les côtes de l'île. J'ai encore à dire un mot, d'après M. Lloyd, sur un projet antérieur de colonisation dans l'Ile de Madagascar. Quand le Conseil des Ministres eut décidé que le prince Rupert ' devait partir comme vice-roi de Madagascar, on convint de mettre à sa disposition douze navires de guerre de Sa Majesté le Roi Charles et trente navires marchands chargés de l'escorter et de lui apporter chaque année des provisions d'Angleterre; en outre,