Tafia-Saba, litt. : le port au cuivre
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loin en mer, on trouve 8 et 10 brasses; il faut gouverner bien en face de la montagne de manière à l'avoir à l'Est pour apercevoir le chenal qui la sépare de la terre ferme et en fait une île. Ailleurs, le long de cette côte [Ouest], du côté du Sud comme du côté du Nord, il y a des récifs et de nombreux bancs de sable. A l'époque de la mousson Sud-Ouest, cette baie, qui en est bien abritée, est très tranquille, mais à la mousson Nord-Est, la mer y est, dit-on, souvent houleuse et agitée; à cette époque, il est préférable de mouiller le long du bord Ouest.
Au Sud de ce mouillage, à une bonne lieue, débouche dans cette baie, par deux bras formant une île très fertile, une rivière nommée Cuàla [Hoalal '; c'est sur le premier de ces bras, à trois ou quatre lieues en amont, que se trouve la capitale du roi Tinguimaro j^Itongomaro], appelée aussi Cuàla [Hoala], qui est très g^rande et très populeuse. Cette rivière, qui a la largeur d'une portée d'escopette, est navigable à toute époque pour des bateaux ne calant pas plus de deux palmes [environ 0 m. 40 à 0 m. 50]; le courant y est modéré, et, non loin de son embouchure, l'eau est douce. Les habitants de cette contrée sont des Bouques [Malg-aches noirs] païens. Le pays est riche en riz, viande de bœuf, de chèvre et de tortue et en esclaves; il y a beaucoup d'ignames, de bananes, d'oranges et de cannes à sucre, des sangliers, des volailles et même des chapons. On y fait des étoffes de paille [de rafia (rabanes)] fort belles, et on peut s'y procurer des planches, du bois de construction, de beaux mâts, le tout en échange d'étotîes, surtout d'étoffes de couleurs vives, et de grosses chaînes d'argent, de manilles d'étain, de verroteries, principalement bleues, et de bassins et de cuvettes. Le trafic doit se faire sur la plage et non dans la ville même de
1. Hoala en malgache signifie « baie », « golfe », et Ankoala, [la côte] où il y des baies; c'est le nom qu'on donne à la côte N.-O. de Madagascar.
Cuàla [Hoala\ où l'on serait exposé à des vexations et où l'on n'aurait pas toute sa liberté d'action.
Chap. III. — De la rade et des îles de sada [baies d'Ano- RONTSANGA ET DE Radama ACTUELLES]. — Au sortir de la baie de Tinguimaro [Itongoniaro (baie d'Ampasindava)], lorsqu'on veut aller dans le Sud, on suit d'abord la cote qui est orientée Est-Ouest, puis qui tourne vers le Sud-Sud-Ouest; après avoir navigué pendant six à sept lieues, on arrive au 14" degré de latitude; les terres sont élevées tout le long' de cette côte et on aperçoit deux montag'nes très élevées [Andranomiserana (ait. 686 m.) et Ambohimirahavavy (ait. 733 m.)]. Tout près de terre, on ne trouve pas de fond et il n'y a pas d'écueils. Entre 14" et 14'^ 30' de latitude Sud, il y a une g'rande baie (|ui décrit dans sa partie Sud une courbe en forme d'arc, ou plutôt de sac dirigé vers l'Est et ayant une longueur de plus de quatre lieues, en avant de laquelle il y a deux îles à côté l'une de l'autre, disposées O.N.O.-E.S.E. [Nosy Antanimora et Nosy Yaliha]; un peu plus en dehors, il y en a une troisième placée vis-à-vis l'endroit où la côte forme un coude [Pointe Sangajira, à côté et à l'Est de Sada' ou Anorontsangaj; elle est reconnaissable à la bosse que forme sa montagne [Nosy Kalakajoro (ait. 166 m.)]; elle est à quatre ou cinq lieues dans le Nord-Nord- Est de la seconde-; la première est d'une lieue et demie plus dans l'intérieur de la baie. Ces trois îles, qui ont toutes environ deux bonnes lieues de tour, se ressemblent beaucou[), tant au ])oint de vue de la grandeur que de l'abondance d'eau et du
1. S;i(l;i est le nom de la colline sur laquelle élail bàli le fort liova et au pied de laquelle est, sur le bord même de la mer, la ville d'Amironlsanga.
2. Il y a dans le texte « troisième », mais comme il est paiié ici de la troisième lie, il n'est pas doulmix (ju'il y a là une erreur de transcription.
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nombre d'arbres et de leur grande hauteur; elles sont toutes trois inhabitées. La quatrième [Nosy Ovy ou Berofia] est beaucoup plus grande que les précédentes qui, pour ainsi dire, l'environnent de toutes parts ; elle a à peu près deux lieues de long sur une demi-lieue de large et est habitée; dans sa petite ville réside une des femmes de Tinguimaro [Itongomaro], le roi de cette région. Cette grande île est séparée des deux premières [Nosy Antanimora et Nosy Valihaj par un chenal large de [)lus d'une lieue, où l'on trouve les fonds que l'on peut désirer, mais tout^autour il y aune chaîne de récifs, au-dessus desquels il n'y a pas plus de 4 brasses d'eau et qui sont à une lieue environ dans la mer et s'étendent à trois ou quatre lieues dans la direction N.N.E.- S.S.O. Au bout de ce chenal, il y a un grand fleuve [le Manongarivo] dont l'embouchure mesure plus d'une lieue, et où les fonds sont de 6 à 7 brasses et excellents. Ce fleuve a une direction Sud, pendant cinq lieues, puis il se divise en deux bras, dont l'un vient du Sud-Ouest et l'autre du Sud-Sud-Est. On peut, de ce coté, faire quelque commerce, comme celui ilont j'ai parlé ci-dessus. Les points de repère sont, outre les diflérentes montagnes situées au bord même de la mer ou dans l'intérieur des terres, les îles mêmes, en particulier celle de la Bosse [Nosy Kalakajoro (ait. 166 m.)]. Je ne parlerai pas ici des autres chenaux, quoiqu'ils nous aient paru excellents, parce que nous n'y avons pu jeter la sonde.
CUAP. IV Du FLECVli DUNA [LOZA (BAUi DE NaRI:NL>RY)] ; DE
Mazal4gem le vieux [baie de Mahajamba] ; DE Manangaka [Maxa-
XARA (baie DE BoMBÉTOKE)], ET DE BeM [BoIXa] OU LE NOUVEAU
Mazalagem. — De 14''20' jusqu'à 15" [de la pointe Sud de la baie actuelle de Ramanetaka (cap Ankabamby) à la pointe Nord de la baie de Mahajamba], la côte se dirige du Nord-Est
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au Sud-Ouest. Par 14°30' [en réalité li^SS'], débouche le fleuve Duna [Loza" ^ où, assure-t-on, le fond est excellent et de 1 brasses environ. Comme points de repère, il y a vis-à-vis, dans le Nord, trois îles [Nosy Saba, Nosy Lava, Nosy Soy^]; mais on n'a pas exploré ces parages et on n'y a pas jeté la sonde. Au Sud de ce fleuve, jusqu'à cinq ou six lieues en mer, les fonds sont formés en partie de sable, en partie de boue et en partie de galets et de pierres; on trouve du reste les mêmes jusqu'au cap Saint-André. Mazalagem le Vieux [Langany (Nosy Manja)] est situé un peu au delà du 15" degré [en réalité par 1.049']. L'entrée de la baie a une largeur d'une lieue et demie; dans l'intérieur, elle se rétrécit et ne mesure jdus qu'une lieue ^; elle est orientée Nord-Sud, et, à environ deux lieues dans l'intérieur ^ et près de sa côte Est, il y a un îlot qu'on voit parfaitement de l'entrée de la baie et qu'on reconnaît sans difficulté à un grand arbre très touffu qui y existe. Cet îlot a été autrefois la résidence des rois de Mazalagem, mais il y a douze ou quatorze ans qu'ils l'ont abandonné, parce qu'ils n'étaient pas de force à lutter contre Tinguimaro [Itongomaro, le roi du Nord]. Le mouillage est en face de l'îlot par 10 ou 12 brasses ou même plus, s'il en est besoin, car j'ai entendu dire que l'on y rencontre les fonds que l'on veut
1. Dona ou plutôt Donana [litt. : qui est craint] est synonyme de Loza [litt. : qui est étrange, qui est effrayant].
2. H y a en elTet trois îlots [Xosy Lango, Nosy Faohina et Nosy Soy] en face de l'embouchure du Dona ou Loza, mais à l'Est et non au Nord; comme Mariano n'a pas explon' la baie de Narendry et n'a fait que passer au large, il n'a pu apercevoir que Nosy Saba, Nosy Lava et Nosy Soy, les deux autres îlots n'étant pas facilement visibles du large.
3. 1,'entiée de cette baie mesure en réalité une lieue marine troisquarts; l'étranglement en face de Nosy Manja a un peu plus d'une demilieue marine.