‹ Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (volume 5)Chapitre 80 sur 108 · Ce nom d,u navire manque dans la traduction allemande · texte numérisé non relu

Ce nom d,u navire manque dans la traduction allemande

dans laquelle se plongeait chaque soir le capitaine pour s'emparer de ce navire et flt voile pour l'Océan Indien, mettant

romanesques. Aussi, l'auteur de ce livre, qui en a parfaitement connu le héros, a jugé à propos de ne pas servir au lecteur une de ces relations pompeuses auxquelles se complaisent les écrivains actuels, mais de mettre sous ses yeux, sans se préoccuper de la mode, les événements tels qu'ils ont eu lieu, dans le même simple appareil qu'avait le héros de ce récit au moment de sa naissance.

Le capitaine Jean Avery est né en 1653 à Plymouth, grand port de mer du Devonshire, de parents plus connus par leur industrie que par leur noblesse.

Son père avait longtemps été au service du roi sous les ordres de l'amiral BalUe. qui était son compatriote et son camarade; mais, ne trouvant pas grand profit dans cette carrière et voyant que, dès le début de la guerre civile, tout le monde entrait en révolte contre le roi, il préféra abandonner son ami plutôt que son roi, et il entra en relations avec des marchands qui lui donnèrenl, à cause de sa conduite prudente et laborieuse, une position convenable; il acquit en peu de temps la réputation d'un bon marin. Pendant ses voyages en pays étranger, sa femme veilla à l'éducation de son fils, le jeune Avery, dont elle prit grand soin, et elle ne négligea rien pour qu'un jour il fût aussi ca])able que son père. Malheureusement, elle mourut pendant que son mari était sur mer, son fils n'ayant pas encore six ans. Elle le légua à une de ses sœurs, jjnie jXorris, qui habitait la même ville qu'elle; cette dame, qui était veuve sans enfants, témoigna une affection, toute maternelle à ce neveu dont elle admirait la vive intelligence et prit à cœur de lui faire donner une éducation aiipropriée à un enfant qui donnait les plus belles espérances; elle l'envoya à l'école et eut le plaisir de voir qu'il surpassait non seulement les enfants de son âge, mais même ceux qui étaient beaucoup plus âgés que lui. 11 semblait que la Providence l'eût d'avance destiné à la fortune et à la grandeur auxquelles il a malheureusement atteint dans la suite, d'autant plus qu'il était audacieux et aimait à tyranniser ses camarades, ce qui n'était pas sans désagréments pour quelquesuns d'entre eux et ce qui provoijuait des plaintes continuelles contre lui. Mais c'est bien inutilement qu'ils se plaignaient, car l'amour de la domination était profondément enraciné en lui et il était aussi peu disposé à obéir à ses supérieurs qu'à traiter avec douceur et bonté ses inférieurs. Son maître, qui n'était pas sans voir tous ses défauts, le punissait, mais sans arriver à ce qu'il s'amendât.

Enfin son père revint. Satisfait de la fortune qu'il avait acquise, il prit la sage résolution de ne plus courir les chances des voyages lointains et de se fixer dans son pays natal, où il serait è l'abri des dangers auxquels il avait été si souvent exposé en mer. A cet effet, il loua près de Plymouth, moyennant un loyer annuel de 160 livres, dans une localité nommée Cat-Down, une colline d'où l'on voyait le bras de mer qui s'enfonce de plusieurs milles dans les terres en décrivant divers courbes et détours; son nom vient d'une dune qui la domine et la protège contre les tempêtes. C'est là que ce vieux brave établit sa demeure.

Il vécut assez longtemps pour voir la restauration des Stuarts et sa patrie délivrée de la domination illégitime et de la tyrannie de Gromwell sous laquelle elle avait langui pendant tant d'années. Puis, ayant chanté son Nunc dimillis, il rendit le li mars 1G63 son âme à Dieu.

Notre jeune pirate, qui entrait alors dans sa onzième année, retomba entièrement sous la tutelle de sa tante, chargée expressément par son beau-frère, avec un marin nommé Barlholoméc Knowles, de s'occuper de son éducation. Ce Knowles était aussi riche que le vieil Avery, mais non point aussi honnête, comme nous le fera voir la suite de ce récit. Le jeune Avery vécut donc sous la surveillance de sa tante et de son co-tuteur pendant quatre années environ, jusqu'au moment où cette brave dame, qui était fort âgée, mourut, laissant à son neveu une somme de 500 livres qui augmenta d'autant sa fortune. Knowles resta alors son seul tuteur et, libre dorénavant de mettre à exécution les

le capitaine et les cinq ou six hommes qui ne voulurent pas rester à bord dans un canot avec lequel ils allèrent à terre.

mauvais desseins qu'il nourrissail d'ancienne date, il se mit en mesure de les accomplir. 11 parut voir avec plaisir les désirs ambitieux de son pupille et il l'encouragea à partir à bord d'un des navires de guerre de la flotte envoyée de Plymouth pour détruire le nid de pirates d'Alger. Avery ne voyait dans la conduite de Knowles à son égard qu'un témoignage d'afl'ection. Une lettre patente royale lui conféra le grade de sous-lieutenant et il partit avec cette escadre...

Pendant son absence ', ce tuteur malhonnête s'entendit avec un homme de loi qui était son voisin pour fabriquer des actes qui le mirent en possession de la fortune de son pupille.

Quant à Avery, il se montra très habile marin et reçut toutes sortes de témoignages d'estime de ses chefs, notamment du contre-amiral Lawson ; il se distingua au siège d'Alger; ayant eu une querelle de jeu avec un lieutenant, il se battit en duel avec lui, puis il alla à la Jamaïque et donna pendant deux ans la chasse aux pirates, gagnant pour sa part plusieurs lingots d'or et d'argent, qu'il gaspilla fort vite.

De retour en Angleterre, après avoir vainement tenté de rentrer en possession de son patrimoine, il reprit du service pendant la guerre contre la Hollande et revint en Angleterre lorsque la paix fut conclue. 11 fit alors plusieurs voyages aux Iles sous le vent [Petites Antilles] comme capitaine de divers navires. Revenu encore une fois en Angleterre, il tomba amoureux de la fille d'un cultivateur qu'il épousa; mais le beau-père était un malhonnête homme qui ne lui donna pas un sou de dot et sa femme n'était pas des plus honorables, car, six mois après le mariage, elle accoucha d'un garçon qui était tout le portrait d'un certain aubergiste de la ville.

Avery, fort désappointé et la rage au cœur contre la société, s'en fut alors à Londres, où il contracta un nouvel engagement avec les négociants pour lesquels il avait déjà voyagé. Comme l'Angleterre et la France étaient en guerre, il en tira prétexte, ayant le secret dessein de se livrer à la piraterie, pour armer son navire d'un plus grand nombre de canons qu'il n'est ordinaire et embaucher un équipage comme on n'en avait encore jamais vu en mer; il n'eut j)as de peine à persuader ses hommes de le suivre dans cette voie. 11 relâcha d'abord h la Jamaïque; le commis du bord qui avait eu vent de ses projets et qui espérait en les dénonçant obtenir une bonne récompense, s'entendit avec le maître canonnier pour aller les dévoiler au gouverneur de cette ile; mais heureusement le maître cannonier, pris de remords, découvrit le plan de son complice à Avery qui l'empêcha de descendre à terre et qui, une fois en mer, le fit pendre; puis ayant fait jurera ses hommes fidélité et discrétion, il commença sa carrière de flibustier dans la merdes Indes.

Sa bonne fortune lui fit rencontrer un grand navire 2, armé d'un bon nombre de canons, qui portait un millier d'hommes et une masse de marchandises, les plus précieuses qu'on trouve dans l'Orient. 11 y avait à bord une petite fille d'Aurengzeb, le Grand Mogol d'alors, dont l'empire était plus étendu qu'aucun autre dans le monde. Ce vaisseau était si fort et on y voyait sur le pont un si grand nombre de soldats qu'au premier abord le capitaine Avery ne laissa pas que d'hésiter à l'attaquer, craignant que son premier fait d'armes eût un résultat malheureux. Il se recueillit donc un instant et, après avoir supputé les forces dont il disposait, confiant dans le courage et dans l'extraordinaire audace de ses compagnons dans les combats navals, il jugea que le nombre considérable d'hommes qui encombraient ce vaisseau et qui n'étaient pas habitués aux guerres

1. Toute la partie comprise entre cet alinéa et la page X est un simple résume du te.xto original dont il nest nullement utile de donner une traduction complète.

Page 1