‹ Collection des ouvrages anciens concernant MadagascarChapitre 10 sur 117 · FEHNAN SOARES LONGE LA COTE ORIENTALE DE MADAGASCAR · texte numérisé non relu

FEHNAN SOARES LONGE LA COTE ORIENTALE DE MADAGASCAR

il-IO FÉVRIER ir>Of>K

PRelvtion de Barros. — Le vice-roi D. Francisco de Almeida envoya do Cochin au Portugal six navires qui partirent en

1. AntuiUsiu'onriipfiifjueSy lO'lùMiojrraphioiri'Oiîraphique aunuell»» lOcX) .

2. The Land of IVirrols» The Scott ish Geograithicni Manazine^ Jaiiv. lyOO,

3. La flotte oommundèe par SaKlanha a suivi de pros celle des Albuquei\|ue. Partie du PortUiial ;\ la tin de mai i:»03,olle compreuail trois navires, qu'une tempête di>persa auprès du eap de Uonne-Espêranoe :

décembre loOo et furent divisés en deux escadres, Tune sous le commandement de Bastian de Sousa qu'accompagnaient Manoel Teles et Diogo Fernandes Correa, l'autre sous celui de Fernan Soares avec Diogo Correa et Antâo Gonçalves. Fernan Soares eut vent contraire, aussitôt après avoir quitté Flnde, ce qui fit qu'il ne prit pas la route ordinaire et qu'il passa à l'Est de l'île (le Saint-Laurent; ce fut lui qui, le premier, découvrit cette ile du côté du Sud ^ En y faisant de l'eau, il s'empara de quelques iodigènes qu'il emmena avec lui; il fit si rapidement la traversée par cette route qu'il arriva au Portugal le 23 mai 1506* (Barros, Asia j^ortuguesa, Dec. I, liv. ix, ch. v, p. 359).

2* Rfxation de Castanheda. — Parti de Cochin le 26 novembre 1503 avec sept navires et de Cananore le 2 janvier 1506, Tainiral Fernan Soares aperçut une terre le 1" février. Il crut que c'était l'ile de Mohély, l'une des Gomores, mais, ayant suivi la côte en mer calme, il vit, le 7 février qui était un samedi, venir dix pirogues montées par des hommes au teint brun, aux cheveux crêpés, qui étaient armés de sagaies, de boucliers, d'arcs et de flèches, et qui tournèrent autour des navires comme s'ils n'en avaient jamais vu, faisant toutes sortes de gestes.

Saldanha s'en fut à Mozambique et à Malindi; Ruy Lourenço Ravasco alla aussi à Mozambique, puis à Kiloa, à VWe de Zanzibar, qui était encore inconnue des Portugais, et à Maiindi; seul, Peteira longea la côte de Madagascar.

1. Cette assertion est erronée, puisque Diogo Dias, six ans auparavant, el Peteira, en 1503, avaient déjà suivi toute la côte orientale de Madagascar.

1 Fernan Soares a eu la vue de Madagascar le 1®' février, et c'est le 10 qnil a doublé le cap de Sainte-Marie. Le 43, il a mouillé devant une pointe de terre où débouchait une rivière et il y est resté quatre jours, jusqu'au H; le 48, il était en face de Taolankara (le Fort Dauphin actuel), où il fut surpris par un violent orage. Il a donc eu quinze jours de navigation effective le long de la côte de Madagascar, pour un parcours de 189 lieues marines ou 567 milles marins (c'est-à-dire de 4050 kilomètres}, suivant l'estime de ses pilotes; en conséquence, sa marche moyenne a été d'environ 70 kilomètres par jour.

12 OUVRAGES ANaENS

L*amiral leur Gt signe d approcher; Tune d^elles accosta et il en sortit 25 hommes; les autres se tinrent à distance. C'étaient des Maures qui étaient tout nus. Personne à bord ne comprenait leur langage. On leur donna, à leur grande joie, des étoffes pour se vêtir, puis ils mangèrent et s*en allèrent, sans faire le moindre remerciement, et si rapidement qu'on n'en put saisir aucun. En s'éloignant du navire, ils se mirent à tirer sur les Portugais, qui mirent alors le feu à leurs pièces d'artillerie, sans toutefois arriver à en prendre par manque d'embarcations. Mais Ruy Freire, voyant plusieurs pirogues s'approcher de son navire, et avisé de ce que les indigènes avaient fait à Fernan Soares, fit sauter à l'improviste plusieurs matelots dans ces pirogues; les indigènes, surpris et effrayés, se jetèrent à la mer, et les Portugais en capturèrent vingt et un et en blessèrent quelques autres.

L'amiral continua à suivre la côte, sur laquelle s'étageaient de hautes montagnes; les pilotes ne se rendaient pas compte si c'était le continent africain ou bien une île. Arrivé à une pointe de terre où débouchait une rivière qui faisait marcher plusieurs moulins (!), il s'y arrêta pendant quatre jours pour y faire de l'eau; un matin, les matelots en débarquant de la chaloupe furent assaillis à l'improviste par des Maures, qui étaient cachés derrière des arbres, et ils durent se sauver à la hâte sous une pluie de flèches qui blessèrent l'un d'eux. S'il n'y eut pas plus de mal, ce fut grâce à l'artillerie des navires qui les protégea et tua deux indigènes, sans compter les nombreux blessés qui teignirent la terre de leur sang.

Après avoir fait sa provision d'eau, Fernan Soares repartit, longeant toujours la côte qu'il suivait depuis dix-sept jours et qu'il pensait être celle de l'Afrique. Tous les soirs, au coucher du soleil, il se levait une forte brise, accompagnée d'averses et d'orages qui duraient toute la nuit, si bien que la flotte fit une

fois 30 lieues sans voiles; le 18 février, le tonnerre tomba sur le vaisseau amiral, jetant à bas des morceaux de mât.

Le lendemain, on atteignit le cap Sud de cette terre, après avoir, d*après les pilotes, suivi la côte sur une longueur de 189 lieues; on sut alors que c'était une île, celle que les Arabes nomment île de la Lune \ que les Européens appelaient jadis Madeigastar et que les Portugais appellent île de Saint- Laurent C*est Fernan Soares et ses compagnons qui Tout découverte du côté de TEst ' et qui, les premiers, ont amené des indigènes de ce pays au Portugal. L'amiral fit route alors vers le cap de Bonne-Espérance; il arriva à Lisbonne le 2 mai 1S06 (Castanheda, Historia do descobrimento da India pelos PortugueseSy 1332, édit. 1833,t. II, p. 72»).

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