‹ Collection des ouvrages anciens concernant MadagascarChapitre 12 sur 117 · TRISTAN DA CUNHA VISITE MADAGASCAR AVEC SA FLOTTE · texte numérisé non relu

TRISTAN DA CUNHA VISITE MADAGASCAR AVEC SA FLOTTE

1® Relation de Correa*. — Jean-Rodrigues Pereira, l'un des capitaines de la flotte de Tristan da Cunba, ayant été séparé des autres navires par une tempête', vint atterrir à Tîle de Saint- Laurent, dont il visita plusieurs ports ^. S'étant emparé dé deux indigènes, il s'en alla à Mozambique et fit au commandant en chef un rapport sur ce qu'il avait vu, exposant que, d'après le dire de ces indigènes, il y avait dans leur pays, en aussi grande quantité qu'on pouvait le désirer, du gingembre, des clous de girofle, des épices diverses, de la cire et môme de l'aident. Tristan da Cunha prit de suite la résolution de partir à la découverte de ces richesses, au lieu de perdre son temps sur la côte d'Afrique, mais Alfonso d*Albuquerque, qui n'ajoutait aucune foi aux dires des nègres, fut d'un avis din*érent;il jugeait préférable d'aller immédiatement entreprendre, conformément à ses instructions, la conquête du royaume persan d'Ormuz.... Malgré tout, l'amiral Tristan da Cunha décida de faire voile pour l'île de Saint-Laurent, emmenant avec lui les navires de Jean Qomes d'Abreu, de Jean Rodrigues Pereira et de Job Queimado, et

1. « Mais, disait la nymphe en élevant la voix, quelle est cette lumière éclatante qui illumine la mer de Malindi, toute teinte du sang des cites de Lamo, d'Oya et de Baraoua? — C*est Cunha, dont le nom sera à tout jamais conservé sur TOcéan qui baigne les îles du Midi et les côtes qui sont célèbres dans tout le Sud sous le nom de Saint- La turent » (Camoens, La Lttsiade, chant X, 39^* strophe).

2. Dans VHistoria do descobrimento e primeiras conquistas da India, la plus ancienne histoire des conquêtes portugaises puisqu'elle date de 1516, il n'est pas parlé de l'expédition de Tristan da Cunha à Madagascar.

3. Le navire d'Alvaro Teles passa aussi à l'Est de l'île de Saint-Laurent et alla atterrir à Malindi. Les autres se rendirent à Mozambique.

4. D'après dautres récits, Ruy Pereira aurait vu l'île de Saint-Laurent le 10 août 1500 et aurait jeté l'ancre dans la baie de Boina (?), à laquelle il aurait donné le nom de Bahia formosa.

TKISTAN DA CUNHA

Amirjl poriugjïs, envoyé par le roi D. Matioel

à \3 lêie d'une flotte de sciïe vaisseaux ei de treize cents soldats

pour atTermir la domini«iion portugaise en Afrique et dans les Indes.

Il a visili^ la cAle Nord-Ouest de Madagascar en 1506.

Que tiunca rxtincto

Sirà siu mmutm lodo 0 niar que lava

As ilhas do Amtro

Camoens, As Luiioilai, X, 5y.

Alfonso d'AIbuquerque dut le suivre. La flotte aborda à un ilôt qui n était qu'à une portée d'arbalète de la terre ferme*, et où il y avait des Maures en grand nombre, gouvernés par un roi; en face, sur la terre ferme, la population était encore plus nombreuse et s'adonnait à la culture et à l'élevage du bétail. Lamiral envoya en avant deux embarcations, armées de pierriers, pour surveiller le détroit et empêcher les habitants de I ilôt de s'enfuir, et il alla ensuite mouiller dans le port. Les Maures, saisis de frayeur, cherchèrent à gagner la terre ferme, les uns en pirogues, d'autres à la nage, mais beaucoup d'entre eux, surtout des femmes et des enfants, se noyèrent; l'amiral et ses marins descendirent à terre et massacrèrent la plupart de ceux qui étaient restés dans l'îlot et qui étaient mal armés, puis ils pillèrent la ville, mais sans grand profit, parce que le commerce y était peu important, se faisant seulement avec Malindi et Mombaz dont les boutres y venaient échanger des étoffes de l'Inde (de Cambaye) contre des esclaves, de la cire et des vivres. Ils prirent ensuite de l'eau et des provisions, puis longèrent la côte jusqu'à un cap [cap d'Ambre] * qu'ils ne réussirent pas à doubler à cause des vents qui leur furent constamment contraires. Ils s'en retournèrent alors vers le Sud et s'arrêtèrent à divers ports où ils ne trouvèrent rien d'intéressant. Alfonso d'Albuquerque, voyant l'insuccès de cette tentative, appela l'attention de Tristan da Cunha sur ce qu'on était déjà en janvier 1507 et qu'il lui paraissait préférable d'aller établir un

1. Gel ilol est Nosy Manja, qui est situé à l'entrée de la baie de Mahaiamba, l'îlot Buqui des anciens cartographes, où se trouvaient des comptoirs arab<?s.

2. Le cap Nord de Madagascar, que nous appelons cap d'Ambre, a été nommé par Tristan da Cunha cap Natal, parce qu'il y était le jour •If Noël. Les vents et surtout les courants, qui viennent de l'Est et qui *-jnl violents, ne permettent guère aux navijres à voiles de le doubler en venant de l'Ouest.

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fort à Socotora, d'où Von pourrait conquérir le royaume d'Ormuz; il lui demanda, si toutefois il croyait utile de continuer son voyage de découvertes, de le laisser se rendre à Socotora. En ayant obtenu Tautorisation, il alla s^approvisionner à Mozambique* et, en passant auprès de l'archipel des Comores, en route vers le Nord, il y retrouva Tristan da Cunha qui, depuis son départ, avait éprouvé un grand désastre. En effet, les navires de Jean Rodrigues Pereira et de Ruy Mendes étaient venus, une nuit, trop près de terre et, ayant touché un banc de coraux, ils s'étaient perdus; un des naufragés avait suivi la côte pour tâcher d'informer l'amiral de ce malheur et, après quatre jours de marche, il l'avait trouvé qui attendait, ayant mis en panne parce que le vent, qui était contraire, ne lui permettait pas de revenir en arrière. Après s'être acquitté de sa mission, il était retourné sur ses pas pour dire à ses compagnons que l'amiral, ne pouvant venir les prendre à cause du mauvais vent, se rendait de suite à Mozambique, d'où il leur enverrait un bateau pour les recueillir, et que surtout ils n'abandonnassent pas les navires que les indigènes ne manqueraient certainement pas de piller ou de brûler. Mais, lorsqu'il était arrivé, les naufragés avaient déjà coupé les mâts afin de rendre les navires plus stables et, sans vouloir tenir compte de ses paroles, ils construisirent, avec les planches du bordage, des embarcations qu'ils remplirent de biscuits. Les capitaines de ces navires, qui en étaient aussi les armateurs et qui étaient associés avec Tristan da Cunha, s'entendirent avec les matelots afin qu'ils plongeassent pour retirer de l'eau les marchandises dont ils leur promirent le tiers en récompense de leurs peines. Trente d'entre eux se mirent à la

1. Dans une lettre datée de Mozambique le 8 février 1507, Alfonso d'Albuciuenjuo annonce au roi de Portugal, Dom Manoel, la dt'*couverte (!) do l'île de Saint-Laurent.

^MuJjyajegj-, i-.î,p.If*?'

FjqAopations dp Mnda^ascar par Tristan da Cimha el ses coinpa^ons .>if<insod'.%u<|uei>qu£.<leanRodriguiesPei>eira elJeanConves dAbrea.lSOG-lSO?.

..LtiiSaèandeniutàAimtilaMuta^... IS07

besogne et sortirent de la mer les coffres du Roi, qui contenaient chacun 12000 cruzades^ et beaucoup de caisses de corail ouTré, mais treize moururent à la peine. Les embarcations étant trop petites pour tout contenir, on n y mit que l'or et l'argent, avec de Teau et des provisions, laissant les marchandises à terre, et une partie seulement des naufragés y prit place; ils atterrirent à la côte d'Afrique après de nombreuses péripéties...

Aussitôt arrivé à Mozambique, Tristan da Gunha avait envoyé Jean Piabeiro avec sa caravelle au secours des naufragés, mais, quoiqu'il ne se fôt pas écoulé plus de douze jours, les bateaux étaient déjà partis. Les quarante hommes qui étaient restés sur le lieu du naufrage furent embarqués avec les marchandises, le corail, le cuivre, l'artillerie, etc., que des plongeurs envoyés par les subrécargues retirèrent de la mer, et furent transportés à Mozambique, d'où l'amiral était déjà parti pour Goa. Ils reçurent du vice-roi de l'Inde la prime à laquelle ils avaient droit pour le sauvetage (Correa, As Lendas da India^ t. I, p. 662 et p. 665 à 668).

2* Relation de Fernan d'Albcquerque. — [La flotte portugaise partie de Lisbonne le 6 mars 1506 sous les ordres de Tristan da Cunha, flotte qui comprenait quatorze navires, fut assaillie dans l'océan Atlantique austral par une terrible tempête qui les dispersa; seul, celui d'Alfonso d'Albuquerque réussit à rester auprès du vaisseau amiral, mais un second coup de vent les . sépara à leur tour. Albuquerque doubla le cap de Bonne-Espérance et atterrit aux îles Primeiras, où il rencontra François de Tavora, avec lequel il se rendit à Mozambique].

Peu de jours après, Tristan da Cunha arriva dans ce port avec les autres navires, à l'exception de ceux d'Alvaro Teles et

i. Soit environ 40,000 francs. La cruzade ancienne vaut en effet 3 fr. 30. I. 2

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de Ruy Pereira. Alvaro Teles, ayant passé dans TEst de Tîle de Saint-Laurent, accosta à Malindi et alla attendre la flotte au cap Guardafui ' ; Ruy Pereira aborda i un port de Tile de Saint- Laurent nommé Tanana [Matitanana] , où il demeura quelques jours pour recueillir des informations sur ce pays jusque-là inconnu, puis il se rendit à Mozambique, emmenant deux indigènes qui Vy suivirent de bonne volonté.

Voici le récit que Ruy Pereira fit à Tamiral de son voyage : € Aussitôt que nous eûmes jeté Tancre dans le port de Matitanana, lui dit-il, deux grandes pirogues accostèrent notre navire et deux nègres vinrent à bord et me montrèrent de Targent, de la cire et des étoffes de coton, me faisant comprendre par signes qu*il y en avait beaucoup dans leur pays et que, si je voulais m'y arrêter, je pourrais en acheter. Sur ces dires, je me résolus à entrer dans la rivière, mais le pilote, le mattre et le subrécargue du navire me prièrent de n'en rien faire et d'aller droit à Mozambique, car ce navire était leur propriété et ils n'avaient aucunement l'obligation de découvrir des terres nouvelles; ils ajoutèrent qu'ils me rendaient personnellement responsable de ce qu'ils pourraient perdre. Je me rendis à leurs raisons, mais, comme les deux indigènes paraissaient intelligents et capables de fournir des renseignements importants sur les ressources que pouvait présenter l'île pour le commerce, je les ai amenés. »

L'amiral reçut avec joie ces nouvelles qui lui faisaient espérer qu'après avoir visité les côtes de l'Ile de Saint-Laurent, il pourrait retourner directement au Portugal avec une riche cargaison. Il envoya de suite chercher à terre un Maure qui par-

1. Antonio Galv&o {Tratado dos descobrimentos antigos e modernoSy 1651) dit qu'Alvaro TcIes courut tellement au large qu'il alla aborder h Tile de Sumatra, d'où il revint au cap Guardafuy.

lait la langue des indigènes de la grande ile, et il lui ordonna de demander aux deux nègres amenés par Ruy Pereira ce qu'il y avait dans leur pays et quel en était le nom. Ceux-ci répondirent que leur pays s'appelait Tanana [Matitanana] *, et quil y avait chez eux une grande abondance de gingembre, de clous de girofle, de cire et d'argent. Tristan da Cunha convoqua Alfonso d'Albuquerque et les capitaines des autres navires, ainsi que les maîtres et les pilotes, et, après leur avoir rendu compte des résultats de son enquête, il leur dit qu'il était d*ayis d'aller le plus tôt possible au port que venait de découvrir Ruy Pereira. Interrogés sur la meilleure route à suivre, les pilotes et les maîtres furent d'avis qu'il fallait y aller par le Nord; Alfonso d'Albuquerque, qui était un bon marin, leur demanda pourquoi ils préféraient la route par le Xord puisque personne n'avait encore visité ce côté de l'île; quoîqu*ils n'aient pu donner aucune bonne raison, ils n'en maintinrent pas moins leur avis. Alfonso d'Albuquerque exposa alors qu'il ne lui semblait pas bon de se lancer dans l'inconnu, mais que, si l'on voulait faire ce voyage de découvertes, il valait mieux prendre la route du Sud, celle qu'avait suivie Ruy Pereira, puisqu'on avait u» pilote capable de les conduire par là au port de Matitanana sans risques et en six jours, avec bon vent; il ajouta qu'à l'époque à laquelle on se trouvait, il serait très difficile de doubler la pointe septentrionale de l'île qui était far 12* de latitude et qu'on perdrait un temps précieux, parce ijae les vents d'Est y soufflaient avec violence et que le courant y était contraire et très fort. Personne ne prit la parole pour combattre l'opinion d'Alfonso d'Albuquerque; néanmoins, Tristan da Cunha déclara que toutes ces raisons ne l'avaient point

i. C'est le nom d'une grande rivière du S.-E. de Madagascar, dont lembouchure est par 22«24'45'' de lat. S.

convaincu et il se rangea à Tavis des pilotes et des maîtres. Il reconnut plus tard son erreur, lorsqu'il eut perdu trois mois à côtoyer Ttle et qu'il eut couru beaucoup de dangers et enduré de grandes fatigues sans aucun résultat.

L'amiral, ayant pris sa décision, partit de Mozambique au commencement de novembre 1506 avec les navires d'Alfonso d'Albuquerque, de Jean Gomes, de Ruy Pereira et de Job Quei mado *. Peu de jours après, il passa sur un grand banc de sable, dit banc de Sainte-Marie [banc de Chesterfield?], qu'avait découvert Alfonso d'Albuquerque lors de son premier voyage dans l'Inde, et qui est situé par 17** 1/2 de latitude Sud, à une soixantaine de lieues de Mozambique. Les pilotes ayant reconnu avec la sonde qu'il n'y avait que 4 brasses 1/2 à 8 brasses d'eau, on y jeta l'ancre et on y passa la nuit, puis le lendemain matin on repartit, allant devant soi jusqu'à ce qu'on fût en vue de terre. L'amiral fît alors mettre les chaloupes à la mer, et les matelots s'emparèrent d'une petite pirogue où se trouvaient deux Maures qu'ils amenèrent à bord et qui guidèrent les navires vers une ville arabe qui était tout près [dans la baie de Boina]. Les Maures, en voyant venir la flotte, abandonnèrent la ville et s'enfuirent; les Portugais débarquèrent et les poursuivirent, en tuant quelques-uns qui s'étaient cachés dans la brousse. L*amiral rappela ses matelots à bord, de peur qu'ils ne se débandassent, et il fit relâcher les quelques femmes qu'ils avaient amenées avec eux, puis, après avoir donné l'ordre d'incendier la ville, il s'en alla longeant la côte à petite distance et atterrit dans une baie nommée Lulangane [baie de Mahajamba]; il y trouva, à une portée d'arbalète du rivage, un îlot très peuplé, où résidait

1. Job Queimado, qui avait Hé sépan* des autres navires par une lenipt^te dans rAllantique, <^tait arrivé à Mozambique seulement deux jours auparavant.

le roi du pays qui avait ses cultures et son bétail sur la terre ferme. Afin d'empêcher la population de s'enfuir, Tamiral fit placer deux chaloupes à l'entrée du chenal, avec Tordre de couper* la route aux habitants qui chercheraient à se sauver, puis il embossa tous ses navires devant la ville et fit débarquer les équipages. Quand les Maures se furent rendu compte des intentions des Portugais, ils furent pris d'une terreur folle et la plupart, sans prendre garde aux deux chaloupes qui gardaient le chenal, se jetèrent pêle-mêle dans des pirogues qui, étant trop chargées, chavirèrent sous le choc des vagues formées par le courant d'une petite rivière qui se jette dans cette crique; en un instant, la mer fut couverte de cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants. L'amiral, en descendant à terre avec ses marins, trouva beaucoup de Maures qui l'attendaient sur la plaire armés de sagaies et de boucliers; il les chargea, Tépée à la main, et les mit en déroute, puis il saccagea la ville et s'empara de beaucoup d'étoffes, d'argent et d'or, car c'est dans ce port que les boutres de Malindi et de Mombaz apportent les marchandises de l'Afrique et de l'Arabie en échange d'esclaves el de riz ; il y avait tant de riz dans la ville que vingt navires n'eussent pas suffi à l'emporter.

L'amiral resta trois jours dans cette baie pour faire des prolisions et de l'eau, puis il suivit la côte, avec l'intention de contourner la pointe Nord de l'île, mais les vents et les courants, qui étaient contraires, l'en empêchèrent, et, après avoir perdu beaucoup de temps dans ces parages, il renonça à son projet. Il captura dans ce voyage un Maure qui lui montra des clous de ^rofle dont, disait-il, les forêts étaient plemes, mais il était si débouté de tous les mensonges que lui avaient faits les indigènes qu'il n ajouta pas foi à ses paroles et le laissa aller.

Ayant viré de bord, il atterrit, sur les indications des deux

22 ^VRaGES anciens

Maures qu*il avait emHlenés deLulangane [baie de Mahajambaj, à une grande baie nommée Çada ou Sada [Anorontsanga 'J, dont la population était fort nombreuse et composée principalement de Cafres, car c'est là que se réfugiaient les esclaves des villes de Malindi, de Mombaz et de Mogdicho.

Quand la flotte fut à rancre, Tristan da Cunha fit mettre les embarcations à Teau et se dirigea avec tout son monde vers la terre; environ 2 000 Cafres, armés de boucliers, de sagaies, d'arcs et de flèches, étaient groupés sur la plage avec l'intention bien évidente de l'empêcher de déimrquer, mais, pris tout à coup de peur, ils se sauvèrent dans la brousse, sans attendre que les Portugais eussent débarqué.

Alfonso d'Albuquerque, voyant que le temps passait sans qu'on eût de résultat et que la flotte courait de grands dangers sur ces côtés inhospitalières, fit observer i l'amiral qu'on était déjà au milieu de janvier et qu'il serait préférable pour le service du roi d'aller au cap Guardafui, afin d'y attendre les navires venant de l'Inde avec des épices et de construire une forteresse sur l'île de Socotora, conformément aux ordres reçus au départ, mais que, s'il croyait devoir continuer son voyage de découvertes sur les côtes de l'île de Saint-Laurent, il lui donnât la permission d'aller à Socotora et d'emmener avec lui tous les navires qu'il rencontrerait sur sa roule. Tristan da Cunha, qui, d'ordinaire, recevait fort mal les conseils, accepta cependant cette proposition parce qu'il avait le plus ^^f désir de faire la circumnavigation de l'île, et il lui donna les pouvoirs nécessaires pour que tous les capitaines qu'il trouverait sur la côte d'Afrique lui obéissent....

Alfonso d'Albuquerque, [après avoir réparé ses navires à

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