‹ Collection des ouvrages anciens concernant MadagascarChapitre 14 sur 117 · RELÂCHE DE JEAN GOMES D*ABREU DANS LE SUD-EST · texte numérisé non relu

RELÂCHE DE JEAN GOMES D*ABREU DANS LE SUD-EST

DE MADAGASCAR, en 15011.

En 1507, Ruy Soares, étant à un peu plus de vingt lieues de Mozambique, rencontra la Santa Maria das Virdudes que commandait Jean Gomes d'Abreu et qui s'était séparée de Tristan da Cunha sur la côte de llle de Saint-Laurent; il apprit des matelots de ce navire qu'ils avaient atterri au port de Matitanana, sur la côte Sud-Est de Madagascar, et que Jean Gomes était allé à terre voir le roi, dont il avait reçu un message, et était entré dans la rivière avec son embarcation. A ce moment, était survenue une grande tempête qui avait fermé la bouche de la rivière. Après quatre jours, ne recevant pas de nouvelles de Jean Gomes, et la mer très houleuse ne leur permettant pas d'attendre plus longtemps, ils étaient partis à la grâce de Dieu sans pilote, puisque celui du boi*d avait accompagné Jean Gomes à terre. On a su depuis que Jean Gomes mourut de chagrin et de maladie dans la maison du seigneur du lieu; quant au pilote et

1. Voîi plus haul, p, 34 et 35, ce ni<>me récit par Castanheda.

aux matelots qui Tavaienl accompagné, ils raccommodèrent tant bien que mal Tembarcation après la mort de leur capitaine ^t arrivèrent à Mozambique, non sans de grands périls et beaucoup de souffrances (Barros, Dec. II, liv. i, ch. vi, p. 87-88).

LE ROI DE PORTUGAL ANNONCE AU PAPE JULES II LA DECOUVERTE DE MADAGASCAR, sn 1507.

A la fln de YEpistola Serenmima Régis Portugalensium ad Julium Papam secundum de victorià contra Infidèles habita^ qui est datée du 25 septembre 1S07 (in-4*, imprimée à Abrantes), le Roi Dom Manoel annonce la découverte d une grande île qui ne le cède pas à Taprobane [Ceylan] et qu'habitent des Sarrasins [musulmans], île située sur la côte orientale d'Afrique et avant une longueur d'un million de pas.

LUDOVICO Dl VARTHEMA* PASSE À PROXIMITÉ DE MADAGASCAR, en 1508.

Nous étant ravitaillés à Mozambique, nous fîmes voile pour le cap de Bonne-Espérance et nous passâmes auprès de Tîle de Saint-Laurent, nommée aussi Madagascar, qui, dans la partie la plus étroite du canal, est à 80 lieues du continent africain.

Je suppose qu'avant peu de temps, les Portugais seront les maîtres de cette île, où ils ont pillé et incendié deux villes. De ce que j'ai vu tant dans l'Inde qu'en Afrique, je crois que le Roi de Portugal sera le plus riche monarque de toute la terre, s'il plaît à Dieu et s'il continue à remporter, comme par le passé, victoires sur victoires (//merano de Ltidovico Varthema, Wenise, 1520; Ramusio, Primo volume délie Navigationi e Viaggi,

i. Ludovico Varthema ou, comme plusieurs auteurs rappellent, Barthema, est un Italien de Bologne qui est parti de Damas en 1503 et a fait !e pèlerinage de la Mekke, puis est allé dans Tlnde et est revenu à Lisbonne en 1508 par le cap de Bonne- Espérance.

!• édit., 1550, p. 188, 2* édit., 1554, p. 189, et 3* édit., 1653, p. 173 [verso]; et aussi Kerr's General History and Collection of Voyages, t. VU, 1812, p. 139; Hakluyt Society, t. XXXII, 1863, The Travels of Ludovico di Varthemay p. 296).

EXPLORATION DE MADAGASCAR PAR DIOGO LOPES DE SEQUEIRA, en 1508.

1® Relation de Barros. — Comme nous l'avons déjà dit, les motifs pour lesquels Tristan da Cunha entreprit le voyage à l'île de Saint- Laurent furent, d'une part, la manille d'argent que Ruy Pereira, commandant le Sa7ito Vincenie, avait rapportée du port de Matitanana et, d'autre part, les renseignements fournis par les deux Malgaches qu'il avait amenés avec lui à Mozambique et qui dirent qu'il y avait dans leur pays beaucoup de clous de girofle et de gingembre. Quoique Tristan da Cunha, qui pour cette raison se rendit à Madagascar, n'y trouva rien de ce qu'il y était venu chercher et qu'il eut une traversée dangereuse, cependant lorsqu'il renvoya en Portugal Antonio de Saldanha avec la cargaison du navire Flor de la Mar, qui était désemparé, il écrivit au Roi Dom Manoel, lui rendant compte de ce voyage et lui envoyant la manille d'argent et les deux indigènes afin qu'il put se renseigner sur leur pays. Antonio de Saldanha arriva à Lisbonne en août 1507; le Roi, qui était alors à Abrantes, l'accueillit avec joie à cause des bonnes nouvelles qu'il apportait.

Après avoir causé avec le Roi qui manifesta l'intention d'envoyer un navire à la découverte de Madagascar, Saldanha lui demanda de vouloir bien lui confier cette mission, puisque c'était lui qui avait apporté la nouvelle. Mais le Roi n'accéda |)as à sa demande et en chargea Diogo Lopes de Sequeira; quant à Antonio de Saldanha, il eut la capitainerie de Sofala en rem-

Owragis ancittis crnicerHanl Madagascar, t. I, p, t

DIOGO LOPES DE SEaUElRA

a exploré Madagascar en 1508 et 1509.

11 a été le quattîème gouverneur de l'Inde Portugaise.

placement de Vasco Gomes d'Abreu, dont on ignorait encore la perle. La raison pour laquelle le Roi chargea Diogo Lopes de Sequeira d'explorer Tîle de Saint-Laurent, c'est que, déjà avant Tarrivée d'Antonio de Saldanha, il lui avait donné Tordre d'aller visiter la presqu'île de Malacca, et, pour ne pas envoyer deux flottes différentes, ce qui eût occasionné une trop forte dépense, il décida de joindre les deux explorations, de sorte que, si l'île de Saint-Laurent ne fournissait pas de quoi charger les navires, il irait commercer à Malacca. Diogo Lopes partit avec ces instructions en 1508; la première terre qu'il aborda, en venant de Lisbonne, fut le cap Talhado, au delà du ca[> de Bonne-Espérance, où il fit de l'eau et du bois à brûler. Étant par le travers des Meddos de ouro (les Dunes d'or), il rencontra Duarte de Lemos, et tous deux naviguèrent de concert. Surpris par une tempête, ils furent séparés de Jeronimo Teixeira et furent portés vers l'île de Saint-Laurent, où, le 4 août 1508, ils jetèrent l'ancre dans une baie que nous appelons baie de Saint- Sébastien ^baie de Ranofotsy]. Ils y trouvèrent deux mousses du navire Sania Maria da Luz, l'un Portugais nommé André et l'autre Génois nommé Barthotolomé, qui s'étaient perdus sur la côte Sud-Est avec Jean Gomes d'Abreu. Duarte de Lemos partit «le là pour Mozambique, et Diogo Lopes longea la côte de l'île de Saint-Laurent jusqu'à un port que les naturels appellent Ttiruftaija [le Fort-Dauphin actuel], du nom du capitaine d'un navire du Goudjerat qui s'y est perdu jadis. Tous les habitants de cette région, suivant le récit qu'ils en firent à Diogo Lopes, descendent des matelots de ce navire'. Il y avait dans ce port un

{. Quand les Portugais sont venus dans Tlnde, il y avait déjà deux

•vnts ans que les Arabes s'étaient emparés du royaume de Cambave. Ils

-«V'tiient d abord établis dans une île voisine de la terre nommée Betexagor

Ile de Bet ou Bâte), faisant le commerce avec les Hindous. Mais, ceux-ci

Il ayant point d'armes dans leurs maisons parce que leur religion le

mousse portugais, nommé Antonio, qui était aussi venu à Madagascar avec Jean Gomes et qui, sachant la langue du pays, servit d'interprète entre le roi, nommé Diamom [Andriamamy], et Diogo Lopes, mais celui-ci n*obtint aucun renseignement satisfaisant au sujet des clous de girofle, du gingembre et de l'argent qu'on disait exister dans cette région; il y prit beaucoup de vivres et partit avec Jeronymo Teixeira qui était venu y atterrir de son côté. Le 12 août, jour de la Sainte-Claire, il arriva à une île contiguë à la terre, à laquelle il donna le nom de cette sainte, et qui, bien peuplée, lui fournit aussi beaucoup de provisions. Poursuivant son voyage d'exploration, avec précaution à cause des nombreux îlots et hauts-fonds qui se trouvent tout le long de cette côte, il arriva au royaume de Matitanana où il espérait se procurer, d'après les renseignements qu'on lui avait donnés, du girofle et du gingembre; il fut bien accueilli par les indigènes, mais il n'y trouva rien. Il apprit seulement que les clous de girofle qu'on y avait vus provenaient d'une jonque de Java qui, ayant perdu sa route pendant une grande tempête, s'était jetée à la côte près de là; le girofle qu'elle avait à bord s'était éparpillé sur la plage; c'est ce qui avait trompé Tristan da Cunha. Il est vrai d'ajouter que les indigènes, voyant que cette fleur était estimée par les Maures qui ont commerce avec eux, recueillirent les fruits de certains arbres qui portent des

leur défend, ils furent facilement soumis par ces nouveaux venus qui devinrent vite les maîtres du pays. Les Arabes y construisirent alors des navires qui allèrent trafiquer au loin; le deuxième roi de la dynastie musulmane de Cambaye, qui était un grand conquérant, en envoya à la cote d'Afrique, à Malindi, d'où ils poussèrent jusqu'au cap de Bonne- Espérance avec rintention de se rendre au Portugal. Mais dans les parages du Cap, le temps fut si mauvais qu'ils furent rejetés du côté de l'île Saint-Laurent, où ils s'établirent, leurs navires n'étant plus capables de tenir la mer. On croit que ce sont ces navires qui ont amené la population musulmane de cette île {Commenlarios de Alf, d'Albuquerque, partie IV, ch. xxiii, p. 1-22).

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Ezf^pations de Madagascar par les P^rUigals de 1508 à 151 II.

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baies analogues à celles du laurier [ravintsara] et dont la saveur rappelle celle des clous de girofle, et les apportèrent à la côte pourvoir si on les leur achèterait. En 1527, dans un des ports de celte île où se perdirent, comme nous le verrons plus loin (p. 08 et p. 70-73), deux navires qui allaient dans Tlnde, leurs commandants Manoel de La Cerda et Aleixo d*Abreu y trouvèrent ces fruits qu'on leur montra comme objets ayant de la valeur et dont des échantillons furent rapportés en Portugal.

En ce qui concerne le gingembre, il est certain que le pays en produit, mais pas en quantité suffisante pour en charger des navires, car les indigènes n'en plantent pas ; ils en possèdent seulement quelques pieds parce que les Maures ont du goût pour cette racine. Les noirs de Tintérieur de File portaient bien quelques manilles d'argent, mais les Matitanais ignoraient d'où venait cet argent, très impur du reste. Diogo Lopes, voyant que tous ses efforts aboutissaient à un aussi piètre résultat et ayant le vent favorable, mit le cap sur l'Inde (Barros, Dec. II, liv. iv, ch. m, p. 391-395).

2* Relation de Castanheda. — Lopes de Sequeira arriva en

vue de l'île de Saint-Laurent le 4 août 1508, poussé par une

tempête. Le 10 de ce mois, il' doubla un cap sur la côte Sud-

Esl, auquel il donna le nom de cap Saint-Laurent [cap Anda-

vaka], puis il aborda à des îles où il trouva un des Portugais

de l'équipage de Jean Gomes d'Abreu, du nom d'André, qu'il

recueillit à son bord ; longeant la côte, il arriva au grand village

de Turouaya (notre Fort-Dauphin actuel), que gouvernait un roi

maure avec lequel vivait un autre Portugais, nommé Antoine,

qull emmena aussi. Allant plus Nord, il découvrit, par 24^ 1/2

de latitude Sud, plusieurs îlots qu'il nomma 5an^a Crara [îles de

Saiote-Claire] , et il y jeta l'ancre dans une baie très bien abritée

contre les vents ; il descendit à terre, où la végétation est luxu- I. 4

riante et où il y a des bœufs, des sangliers, du riz, des ignames, toutes choses que les indigènes, gens doux et hospitaliers, lui fournirent. Le 14 octobre, il partit et atterrit sur la côte de la province de Matitanana; en allant à terre, comme la mer était forte, Tembarcation chavira et un matelot se nova. Il retrouva là deux hommes de son équipage qu'il avait envoyés de la baie de Sainte-Claire [baie de Lokara] à la découverte et qui avaient marché pendant cinquante lieues, sans trouver autre chose qu'un peu de gingembre marron; ils avaient rencontré deux Indiens de Cambaye, les seuls survivants de Téquipage d'un navire qui, se rendant à Sofala, s'était perdu dans ces parages trente ans auparavant (vers 1480). Puis, il longea la côte jusqu'à l'embouchure de la rivière Matatana [Matitanana], où s'était arrêté Jean Gomes, et il y rencontra trois autres Portugais. Continuant sa route, il visita divers villages et arriva à une grande baie, où débouchaient trois rivières et qu'il nomma baie de Saint-Sébastien [baie de Diego Soarez], parce qu'il la découvrit le 20 janvier 1509. Il fit ensuite voile vers l'Inde et arriva à Cochin le 21 avril 1509 (Castanheda, Historia de los descubrimentos de los PorlugueseSy t. II, 1552, ch. cvi, p. 341 *).

VOYAGE DE JUAN SERRANO À MADAGASCAR, en lolO.

V Relation du P. Lafitau. — Le Roi Dom Manoel fit partir en 1510 trois flottes, dont l'une, composée de trois bâtiments, fut mise sous les ordres de Jean Serran, qui devait aller prendre une connaissance exacte de l'île de Madagascar et des avantages qu'on en pourrait retirer. Mais Serran, après avoir perdu beaucoup de temps à parcourir cette île de port en port, sans être plus heureux que ceux qui l'avaient précédé, continua sa route pour les Indes,

1. Barros [Da Asia portuguesaj Dec. III, p. 233) dit que ce m(*me Diogo Lopes de Sequeira partit d'Europe, comme gouverneur de Tlndo, en lol8.

CONCERNANT MADAGASCAR bl

OÙ ii arriva avec Pelage Sala à Tentrée de la belle saison en ioil (R. P. Lafitau, Hist. des découvertes et des conquêtes des Portugais dans le Nouveau Monde ^ t. I, 1733, p. 398 et 446).

2** Relation de Major. — Le Roi de Portugal envoya Juan Serrano à l'île de Saint-Laurent avec Tordre d'y établir des postes de traite. Cet amiral mit un comptoir dans la province d'Anosy, auprès de la presqu'île qu'on appelle aujourd'hui Fort-Dauphin, comptoir qui ne prit pas une grande importance. On ne trouve plus ensuite de traces d'un établissement européen à Madagascar jusqu'en 1640 (Major, Life of prince Henry of Portugal ^ p. 418).

DE LILE DE SAINT-LAURENT, OÙ ABONDENT TOUTES SORTES DAXIMAUX DOMESTIQUES ET SAUVAGES, OÙ IL Y A DE L'ARGENT, DE L'AMBRE GRIS, DU GINGEMBRE, DU GIROFLE DONT LE PARFUM EST SUPÉRIEUR À CELUI DE L'INDE ET BEAUCOUP D'AUTRES CHOSES- — DES MOEURS DE SES HABI- TANT? BT DE L'ILE D'OETABACAM, PAR A. CORSALI (1514).

Pendant que nous étions à Mozambique, deux petits navires portugais sont arrivés sur cette rade venant de Tile de Saint- Laurent, qui est située en pleine mer en face de Mozambique et qui est Tune des plus grandes îles découvertes de notre temps.

Un dit qu'elle abonde en bétail et en animaux sauvages de toutes sortes; on y trouve aussi, et en grande quantité, du riz et dautres grains dont se nourrissent les habitants de Ttle, ainsi que de Taisent, de Tambre gris, du cardamome et du gini^embre, du girofle différent de celui de Tlnde [ravintsara], qui D*a pas une grande valeur, mais dont le parfum est meilleur et qui a la forme de nos glands. Il y a beaucoup de miel et de cannes à sucre que les indigènes ne savent pas utiliser, du safran semblable à celui de Tlnde, des citrons et des oranges de différentes espèces en grande quantité, de Teau douce et des ports de mer excellents.

Les habitants sont grossiers ; ils parlent une autre langue que les gens de Mozambique; ils ne sont pas très noirs, mais leurs cheveux sont crépus comme ceux des nègres africains. Les Maures sont les maîtres des ports où, avec des cotonnades et d'autres marchandises de Tlnde, ils achètent les produits de File, comme cela se pratique sur la côte d'Afrique. Près de cette île, il s'en trouve, dit-on, une autre toute petite qu'on appelle Oetabacam *, et qui est riche en argent; étant donnée la quantité qu'on en voit à Mozambique et sur la côte, il ne peut en être autrement; les Portugais n'y ont pas encore été - {Lettre d'Andréa Corsaliy florentin^ au duc Julien de Médicis^ datée de Cochin du 6 janvier 1515, dans Ramusio, Primo volume délie Navigafioni e Viaggi, Venise, 1' editione, 1550, p. 193; 2* edilione, in-folio, t. I, 1554, p< 196; 3' editione, t. I, p. 178, B).

VOYAGE DE LUIS FIGUEIRA ET DE PEDREANES SUR LA COTE SUD-EST ET LA CÔTE NORD-EST DE MADAGASCAR, en 1514.

Lopo Soares d'Albergaria partit de Lisbonne le 1 avril 1515, par ordre du Roi D. Manoel, à la tête d'une flotte de treize navires, et, favorisé par le temps, il arriva rapidement à Mozambique où il trouva deux navires, commandés l'un par Luis Figueira et l'autre par Pedreanes, surnommé le Français, qui servait en même temps de pilote; ces navires étaient partis du Portugal le 11 juin 1514, chargés par le Roi d'explorer l'île de Saint-Laurent et d'y installer, pour y faire le commerce du gingembre, une factorerie à Matitanana, où il y a une ville très peuplée avec quelques Maures de la côte de Malindi. Luis

1. Voir p. 132 la carte de celte île imaginaire par André Thevet.

2. Cette île doit être probablement le pays des Mahafaly où tant de navires se sont mis jadis à la côte et ont été pillés par les naturels, qui étaient à cause du droit d'épave riches en piastres et en objets d'argent.

Figueira y établit un fortin où il séjourna six mois, les habitants lui disant d'attendre la récolte du gingembre, mais à la fin ils l'attaquèrent pour s'emparer de ses marchandises. 11 se décida alors à s'en retourner à Mozambique, où il retrouva Pedreanes qui venait d'y arriver quelques jours auparavant et qui, pendant que Luis Figueira était à Matitanana, avait exploré la côte orientale de l'île et avait découvert plusieurs ports, notamment la baie qu'on appelle maintenant Santo Antonio [baie d'Antongil], parce que c'était le nom du navire que commandait Pedreanes. Plus au Xord, il avait trouvé un port que les indigènes nomment Bemaro [Vohémar], où il avait acheté beaucoup d'ambre (copal) *. Comme le vent n'était pas favorable pour retournera Matitanana, il avait fait voile pour Mozambique. Lopo Soares emmena avec lui ces deux navires à Goa, où il arriva le 8 septembre 1515 (Barros, Da Asia, Dec. III, liv. i, ch. i, p. 5 et 6).

BASTIAN DE SOUSA EST ENVOYÉ À MADAGASCAR POUR Y ÉTABLIR DES RELATIONS COMMERCIALES, en 1515.

Le Roi de Portugal envoya, en 1515, une flotte sous le comiDandement de Bastian de Sousa pour établir des relations commerciales avec l'île de Saint-Laurent et la côfe d'Afrique, mais, le navire qui portait le chef de traite s'étant perdu, Sousa alla à Mozambique, où il hiverna, puis il partit pour l'Inde sans avoir rien fait dans ces parages (Correa, As Lendas da India, l.ll, p. 464).

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