‹ Collection des ouvrages anciens concernant MadagascarChapitre 15 sur 117 · DESCRIPTION DE MADAGASCAR PAR DUARTE BARBOSA · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE MADAGASCAR PAR DUARTE BARBOSA

A une distance de 70 lieues du cap Corrientes, il y a une grande île nommée Saint-Laurent, dont l'intérieur est peuplé de

I. C'est en effet dans la partie de la côte Nord-Est où se trouve Vohémar (|u'jl existe des bois de copaliers.

l'iEfoi no présente anno de 1516 que acabeo de escrever este rneu

payens et dont les ports sont habités par des musulmans; les uns et les autres ont de nombreux rois. Il y a beaucoup de bétail, du riz en abondance, du maïs, des oranges et des citrons; dans Tintérieur, le gingembre est commun et les indigènes le mangent frais, sans remployer à d*autres usages.

Les indigènes vont tout nus, portant seulement un petit morceau de toile autour des reins. Ils ne sont pas en relations avec les gens d'outre-mer et ne s'écartent pas des côtes, le long desquelles ils pèchent avec des pirogues. Ils sont doux et ont une langue particulière. Us sont continuellement en guerre les uns avec les autres; leurs armes sont des sagayes très légères, dont la pointe est en fer; ils en portent d'ordinaire plusieurs à la main, qu'ils lancent avec adresse, ce qu'ils apprennent par un long exercice. Us sont agiles et adroits à la lutte. Ils ont de l'argent impur. Leur nourriture consiste surtout en ignames qu'ils cultivent et qui ressemblent aux patates des Nouvelles- Indes espagnoles. Cette ile, qui est parallèle à la côte d'Afrique, a une longueur de 300 lieues et est distante du continent de 60 lieues (Duarte Barbosa, CoUeccào de Noticias para a Historia e G(*Ofjrafia das Nacoes uUramarinas que viven nos dominios portuguesefiy Lisboa, 1813, t. II, n® vu, p. 240, et aussi Ramusio, Primo volume de Navigationi e Viagfji, 1* edit., looO, p. 313; 2' edit., i:)o4, p. 321-322; 3- edit., 1363, verso p. 289 [traduction italienne]. Voir aussi Hakluyt Society, t. XXXV, 1886, A Description of the consts of East Africa and Malahary

livro » (j). 231). — Le voyage est de l'année 1514. — On croit que ro l>iiarte Barbosa est le beau-fn-re de Fernand de Magellan, qu'il a accompagné plus tard dans son tour du monde en lol9 et avec lequel il est mort en ri21.

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Eiplorations de Madagascar pap les PoHugajs de 151&àlâ28.

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BASTIAN DE SOUSA TENTE DE NOUVEAU D'ÉTABLIR DES RELATIONS COMMERCIALES AVEC MADAGASCAR, en 1521.

r Relation de Correa. — En septembre 1521, Bastiaa de Sousa vint de nouveau dans le canal de Mozambique à bord du San Barlholomeuy qu^accompagnaient trois autres navires, toujours dans le but d'établir des comptoirs dans Tîle de Saint- Laurentt mais il n'arriva à aucun résultat, car les renseignements qui avaient été fournis au Roi étaient faux (Correa, As Lendas da India, t. II, p. 674).

2* Relation de Barros. — En février 1321, Bastian de Sousa de Elvas partit à la tête de deux navires, dont le second portait Jean de Faria et Henrique Pereira, Tun comme commandant et l'autre comme chef des traites de la forteresse que le roi D. Manoel envoyait construire à Matitanana dans Ttle de Saint- Laurent par Bastian de Sousa, à cause du gingembre que produisait ce pays. Le Roi avait déjà envoyé sans résultat Luis Figueira en 1514 pour y traiter cette épice; Bastian de Sousa fit eocore moins, comme nous le verrons plus loin (Barros, Dec. III, liv. vn, ch. i, p. 107 et 108).

3' Suite de la relation dé Barros. — D. André Henriques, étant en route pour Tlnde, rencontra dans les parages du royaume de Pedir (Sumatra) deux navires commandés par Bastian de Sousa et par Martin Correa, qui allaient charger des noix de muscade à Tile Banda. Nous avons dit plus haut que Bastian de Sousa était parti en 1S21 du Portugal avec Tordre de bâtir un fort dans Tîle de Saint-Laurent et nous le retrouvons en septembre 1523 auprès de Tile de Sumatra; il est utile de donner connaissance de ce qu^il a fait pendant ces deux années. Sousa, en route pour Matitanana où il devait construire ce fort, fut séparé de Jean de Faria par une violente tempête et, quand

il arriva à ce port, il fut très fâché de ne l'y point trouver, parce que c'était à bord de son navire qu'étaient les matériaux nécessaires à la construction du fort et les hommes destinés à le garder et qu'il était par conséquent dans l'impossibilité d'accomplir les ordres du Roi.

. Après avoir attendu quelques jours, il s'en fut à Mozambique, où il espérait le rejoindre, mais en vain. La saison étant très avancée, il hiverna à Mozambique, et, lorsque vint la mousson en 1522, il mit à la voile pour l'Inde dont D. Duarte de Meneces était gouverneur, afin d'y aller chercher les matériaux nécessaires pour construire la forteresse. Gomme il approchait de la côte de l'Inde, il rencontra le navire qu'il cherchait et qui était arrivé à Malitanana dix jours après lui. Quand Jean de Faria avait eu connaissance du départ de Bastian de Sousa, il s'était décidé à passer la mauvaise saison dans l'île et avait attendu le temps propice pour se diriger vers l'Inde afin de se renseigner auprès du gouverneur.

Ils s'en ; allèrent de concert à Goa, où ils atterrirent le 20 août 4522; quelques jours après, arriva la nouvelle de la mort du Roi D. Manoel avec l'ordre de suspendre la construction de toutes nouvelles forteresses jusqu'à ce que le Roi Jean III eût statué à ce sujet. Bastian de Sousa fut alors relevé de sa mission et envoyé à l'île Banda pour y prendre une cargaison J'épices (Barros, Dec. III, liv. vni, ch. iv, p. 269-270). i"" Relation de Gastanheda. — En l'an 1521, le Roi de Portugal Dom Manoel résolut de faire construire une forteresse dans l'Ile de Saint-Laurent, à cause des renseignements qu'on lui avait fournis sur sa richesse en argent et en gingembre, et aussi afin que les navires venant d'Europe pussent y faire de l'eau et gagner l'Inde en passant à TEst de Tlle, cette route étant plus sûre que celle par le canal de Mozambique. Il chargea

Il concernant Madagascar, t. I, p. $6 *'

D. JOAO m, roi de Portugal (lin-iss;). . comme son père, favorisé le commerce avec l'EstrEme-Orient. n règne. j;8 vaisseaux soni partis de Lisbonne pour les Indes Orientales, envoyé successivement Duane et Dîot;o d^ Fonseca, Diogo Botelho ei Balihazar Lobo de Sousa explorer Madagascar.

Bastian de Sousa d'aller établir ce fort et d'en prendre le commandement, et il envoya dans ce but deux navires, dont lun fut confié à Sousa et dont le nom du commandant de l'autre nous est inconnu. A bord se trouvaient les ouvriers chargés de construire ladite forteresse, ainsi que les pierres, la chaux et tous les matériaux nécessaires.

Bastian de Sousa, ayant été séparé de son compagnon en cours déroute par une grande tempête, atterrit a l'île de Saint-Laurent et attendit pendant quelque temps son compagnon, mais, ne le voyant pas venir, il pensa qu'il était perdu et, comme c'était sur son navire qu'étaient les matériaux et les ouvriers, il alla à Mozambique où il n'en trouva aucune nouvelle et où il dut hiverner, la mousson favorable pour aller dans l'Inde étant passée. Il en partit en 1522 et, en mer, il rencontra le navire qu'il cherchait et dont le capitaine lui dit qu'il était arrivé à l'île de Saint-Laurent avant lui et que, le croyant perdu, il s'en était allé. Tous deux gagnèrent alors l'Inde sains et saufs. Le gouverneur leur promit de leur donner toute l'aide nécessaire pour retourner à l'île Saint-Laurent et y construire la forteresse ; mais, sur ces entrefaites, arriva D. Pedro de Gastelo Branco, qui était parti du Portugal cette année-là même et qui apportait au gouverneur les instructions du Roi Jean III, successeur de son père Dom Manoel récemment mort, qui ordonnait qu'on ne construisit aucune des forteresses que son père voulait faire bâtir dans l'Inde, excepté celles qui étaient déjà commencées. C'est pour cette raison que Bastian de Sousa n'a pas construit la forteresse dans File Saint-Laurent (Gastanheda, Historia dos descobrimentos portugueses, t. V, ch. lxxix, publié en 15S2, édit. 1833, p. 290 et 291).

NAUFRAGE DE MANUEL DE LA CERDA SUR LA COTE SUD-OUEST DE MADAGASCAR, bn 1527.

1*" Relation de Correa. — En 1527, le navire Conceiçao qui portait l*amiral Manoel de La Gerda échoua pendant la nuit par la faute de son pilote sur un des Lancs de sable de la pointe Sud de Madagascar, Un autre navire de cette même Qotte, que commandait Âlcixo d*Âbreu, se mit aussi & la côte en un autre endroit ; l'équipage se sauva à terre, mais les indigènes, effrayés du grand nombre de ces blancs, les répartirent entre plusieurs villages où ils moururent peu à peu. Quand, Tannée suivante, Nuno da Cunha perdit son navire dans ces mêmes parages, il ne trouva qu'un seul de ces naufragés survivant, qui donna les détails de leur désastre (Correa, As Lendas da India, t. III, p. 182-183).

2° Relation de Diogo do Couto. — L'année 1527, il partit du Portugal pour Flnde une flotte comprenant 8 navires sous les ordres de Manoel de La Cerda; deux de ces navires, celui de Manoel de La Cerda et celui ,d*Aleixo d'Abreu, se mirent par la faute de leurs pilotes sur les hauts-fonds de la côte Ouest de Tîle Saint-Laurent, dans la baie de San lago [baie de ïsîngilofilo] *, par 20° 1/2; les équipages se sauvèrent à terre et, pour se mettre en sûreté, ils firent des tranchées dans Tinlérieur desquelles ils se réfugièrent avec les quelques provisions et objets qui avaient échappé au naufrage et les épaves que la mer leur apporta. Us y vécurent misérablement, échangeant quelques marchandises contre des vivres (lesquels sont très rares dans cette région) et espérant qu'il passerait par là un navire auquel ils pourraient faire des signaux pour qu'il les vînt prendre (Diogo do Couto, Dec. IV, liv. m, ch. v, p. 206-207). [Voir la suite p. 70 à 73,

1. Cette baie est un peu au Sud de celle de Morombé, par 21^52'.

CONCERNANT MADAGASGAB 59

OÙ est raconté le voyage de Nuno da Cunha sur la côte occidentale de Madagascar].

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